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Muntz, chef des travaux chimiques à l'Iu.-titut national agronomique Ed. Henry, professeur à l'École na- tionale forestière. P. Fliche, professeur à l'École natio- nale forestière. Correspondants des Annales pour l'étranger. ALLEMAGNE. L. Ebermayer, professeur à l'Univer- siti' lie Munich. J. Konig, directeur de la Station agro- nomique de Munster. Fr. Nobbe, directeur de la Station api'ououiique de Tharand. Toliens, professeur à l'Université de Gùttingen. ANGLETERRE. R. Warington, chimiste du laboratoire (le Uuthamsted. Ed. Kinch, professeur de chimie agri- cole au collège royal d'agricullui-e de Cirencester. AUTRICHE-HONGRIE. de SeckendorfF, direct"ur de la Station forestière de Vienne. BELGIQUE. A. Petermann, directeur de la Station agronuuiii[ue de Gembloux. ECOSSE. T. Jamieson, directeur de la Station agronomique d'Aberdeen. ESPAGNE ET PORTUGAL. R. de Luna, professeur de chimie à l'Université de Madrid. ETATS-UNIS D AMERIQUE. E. 'W. Hilgard, professeur à l'Univer- sité de Californie. HOLLANDE. A. Mayer, directeur de la Station agro- nomique de "Wageaingen. ITALIE. A. Cessa, professeur de chimie à rÉeole d'application des ingénieurs, à Turin. NORWÈGE ET SUÈDE. Bergstrand, directeur di- la Station agronomique de Stockholm. SUISSE. E. Schultze, directeur du laboratoire iigruuuuuque de l'École polytech- nique de Zurich. RUSSIE. Thoms, directeur de la Station agro- nomique de Riga. Nota. — Tous les ouvrages adressés franco à la Rédaction seront annoncés dans le premier fascicule qui paraîtra après leur arrivée. Il sera, en outre, publié s'il y a lieu, une analyse des ouvrages dont la spécialité rentre dans le cadre des Annales (chimie, physique, géologie, minéralogie , physiologie végétale et animale, agriculture, sylviculture, technologie, etc.). Toutes les communications relatives à la rédaction des Annales {manuscrits, mémoires, livres\ doivent être adressées franco à M. L. Grandeau, rédacteur en chef des Annales, à .\ancy. ANNALES IIK LA SCIENCE AGIIONOMIOUE FRANÇAISE ET ÉTUANGEUE ORGANE DES STATIONS AGUONOMIQUES ET DES LABORÂTOlllES AGRICOLES i'UBLIKES Sous les auspices du Ministère de l'Agriculture PAR Louis QRANDEAU DIRECTEUR DE LA STATION AGRONOMiaUE DE l'eST MEMBRE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE l'aGR ICULTU RE VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d'eNCOURAGEMEXT A l'aGRICULTURE DOYEN DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE NANCY PROFESSEUR A l'ÉCOLE NATIONALE FORESTIERE DEUXIÈME ANNEE Tome I ■^ S85 PARIS BERGER-LEVRAULT ET G'", LIBRATRES-ÉDrrEURS ô, rue des Bcaux-Arls, MÊME MAISON A XANCY 188() CHIMIE APPLIQUÉE A L'AGRICULTURE ri^ niAVAUX ET EXPERIENCES DU D^ A. VCELCKER CIIIMISTIC-COXSHII, IHRI-.C'I'K.nil DU LAnOUATOlIJR I)K LA SOCIKTÉ UOYALE Il'AGltlCUI/riTIÎK I)'AN'ni,i;T|-.Itl£:". Par M. A. RONNA VltrK-PKÉsIOKNT Dti I. \ SOCIÉTÉ NAIIONALIC o' E N(.UL [( AGKMiiNT A I.'aGIIICI 1 7 URK Gomme MM. Lawcs et Gilijcrt de Uothamsted, comme J. Jolmston et Andcrson, en Ecosse, et Thomas Way, en Angleterre, le docteur A. Vœlcker, pendant ces quarante dernières années, a contribué par ses recherches de laboratoire, ses expériences de culture, ses mé- moires, ses conseils et son enseignement, à vulgariser les saines pratiques de l'agriculture, à éclairer par l'analyse les nouvelles méthodes cultuiales et à élever le niveau de la science agronomicjue dans son pays. Sa mort, survenue le 23 décembre I880, à l'âge peu avancé de Cl ans, a créé un grand vide dans la Société royale d'agriculture d'Angleterre, dont il était le chimiste-conseil depuis 1857; elle a causé une perte considérable à la science expérimen- tale en généra.. Il y a quelques années, notre ami commun, M. A. Ronna, entre- tenait A. Vœlcker de l'utilité qu'il y aiuait pour les agronomes du continent à possédci* un résumé de ses nondji'cux travaux disséminés dans les recueils scientiri([ues et principalement dans le Journal de la Socli'h' rnijale d'uyrlcuUure d'Anylcterrc. Il l'informait du désir (pi'il a\aiL de faire, pour son univi'c, ce (pi'il a\ail déjà réalisé avec tant de (aient poiu' celle des savants de Rotbamsled. VI ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Nous sommes hcuroiix (jiic M. A. Roiina ait donné suite à son projet; cela nous permet de rendre un hommage posthume à A. Vœlker en puhliant aujourd'hui dans les Annales de la science ar/ronomique les premiers hvres de ses Travaux et expériences, comprenant le sol et la plante. Les Uvres suivants, que nous puhlierons successivement, compren- nent les divisions suivantes : Livre III. L'engrais. — Livre IV. Les expériences de culture. — Livre V. Les aliments et les expériences d'alimentation du bétail. — Livre VI. Les industries de la ferme. — Livre VII. Recherches cliimiques et diverses. Nous sommes assurés, à l'avance, de l'accueil que ne manqueront pas de faire à cette œuvre importante les lecteurs des Annales. Le D"" Vœlcker a emhrassé dans cette longue série de recherches expé- rimentales presque toutes les questions qui touchent aux deux grands huts de l'agriculture, la produclion maxima du sol et l'ali- mentation du hétail. Grâce au laheur de M. A. Ronna, toutes les données des travaux de Vœlcker sont présentées en mesures métriques, ce qui seul peut en rendre la lecture abordable aux lecteurs du continent. C'est un nouveau service que M. A. Ronna a rendu aux agronomes, qui lui doivent déjà d'avoir été mis au courant des travaux de Rothamsted par l'excellente analyse qu'il a donnée de l'œuvre de MM. Lawes et Gilbert. L. Gli.VNUEAU. LIVRE PREMIER. — LE SOL. I. — Des sols arables. Les terres soumises à la culture offrent une grande diversité, autant sous le rapport de l'aspect, de la texture, de rhumidifé et de la sécheresse, que des récoltes mêmes et de la fertilité. Les causes de cette diversité sont physiques ou. chimiques'. 1. — Caractères des sols. Caractères physiques. — L'état mécanique du sol joue un rôle essentiel, car il permet à des modifications chimiques de la plus haute importance de s'opérer au bénéfice des récoltes. Souvent de hoiines terres fournissent des récoltes médiocres faute de façons suffisantes, et il est hors de doute que l'emploi d'instruments ai'atoires perfectionnés, surtout dans les terres fortes, est la source de sérieuses améliorations. On ne saurait toutefois admettre, malgré les résultais préconisés par Smith de Lois Weedon, par Mechi, et d'autres agronomes, qu'il suffise de recourir à des labours profonds ou répétés, à des hersages ou à d'autres façons tendant à ameublir les sols, pour les améliorer d'une manière durable, à moins que l'on n'augmente en même temps la masse des aliments mis à la dis- position des plantes. L'épaisseur de la couche arable est un autre point digne d'atten- tion, afin de pouvoir juger sa capacité productive et les moyens de la développer. Tel sol peut être régénéré par des labours profonds, 1. The composition 0/ fertile and burren soils. A lecture dclivered at yewlon. Janvier 1857. ANN. SCIENCE AGUON. 1 2 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. et tel autre absolument perdu. Il n y a pas de règle générale qui exige que les terres soient également labourées à 15 ou 20 cen- timètres de profondeur ; qu'elles soient toutes sous-solées ou sou- mises aux mêmes façons de culture. Quelques conseils qu'il ait reçus, le cultivateur devra se faire, par lui-même, une opinion sur l'opportunité qu'il y aurait à modifier le système de façons appliquées à ces terres, plutôt que de suivre aveu- glément des recommandations venues du dehors. Il en est de même de l'emploi des engrais commerciaux: s'il n'exerce pas son jugement personnel quant à leur application, il vaudrait mieux qu'il s'en tînt au fumier de ferme, l'engrais universel, qui renferme toutes les substances que la plante exige pour atleindre son plein développe- ment. Or, le jugement personnel ne peut se fonder que sur les prin- cipes de la science. Si le cultivateur est ignorant de ces principes, il lui en coûtera moins de suivre la routine plus ou moins arriérée, que de se jeter tête baissée dans les améliorations de façons cultu- rales ou de fumures, sans savoir si elles conviennent à ses terres ou à ses récoltes. Caractères chimiques. — Un sol fertile contient tous les éléments qu'exigent les plantes cultivées pour atteindre leur parfait dévelop- pement. Ces éléments doivent s'y trouver en abondance et dans un état tel que les plantes puissent promptement les assimiler. Telle est la définition donnée par le chimiste, mais elle doit être complétée par celle de la condition physique qu'offrent les bonnes terres ara- bles. Sols argileux. — Les caractères chimiques des bons sols peuvent s'étabUr d'après les analyses exactes de terres d'une fertilité recon- nue. Les analyses 1, 2 et 3 du tableau, exécutées par le D'" Vœlcker, se réfèrent à trois sols argileux également remarquables par leur fertilité ; l'un d'eux provenant de la vallée d'Evesham, dans le comté de Gloucester. Un grand nombre d'éléments entrent dans la composition de ces sols; d'abord la silice, élément principal de tous les sols, qui ne se trouve pas toujours à l'état non combiné de sable, mais bien à l'état de combinaison avec l'alumine, dominant dans les terres argileuses, c'est-à-dire, de silicate d'alumine ou l'argile. En d'autres termes, le TRAVALX ET EXPERIENCES DU D A. VOELCKEU. à sable et l'argile forment les deux éléments prédominants du sol ara- ble. Puis vient la chaux ; elle n'est pas en très forte proportion dans les sols fertiles, mais en proportion sulïisanlc pour subvenir aux besoins des récoltes. Toutes les terres, pour produire de bonnes récoltes, doivent renfermer de la chaux ; aussi la chaux ajoutée aux terres qui en sont dépouvues produit-elle des effets remarquables. La chaux est donc le troisième élément principal des sols. La ma- tière orgauique provenant des résidus des récoltes antérieures, cons- titue le quatrième élément principal. On la trouve invariablement dans les bonnes terres, mais il y a lieu de remarquer (|ue sa propor- tion ne détermine pas la fertilité. On trouve des terres très fertiles renfermant relativement peu de matière organique ou d'humus, et d'autres également fertiles qui en renferment beaucoup. TABLEAU I. — Analyses de sols par Vœlcker. Eau Matière organique et eau combinée . . . Oxyde de fer . . . ., Alumine ' Carbonate de chaux. . Chaux Magnésie Potasse Soude Acide phosphoriiiue. . Acide suifurique . . . Silice soluble .... Silicates insolubles . . Acide carbonique. . . Perte SOLS ARGILEUX. SOL calcaire. i. SOL marneux. 5. 1. ^ s. 5.539 3.621 3.070 0.740 0.605 0.269 0.220 0.3S6 Traces. 1.450 84.100 » 3.38 8.82 0.67 (.44 0.92 1.48 1 .OS 1..J1 Traces. 72.83 2.87 6.11 8.34 » 0.41 1.49 0.65 » 0.04 Traces. 80.69 2.27 1) G. 3.39 9.311 54.566 » Traces. 1.032 Traces. Traces. 28.947 l> > 10.50 11.92 19.92 0.25 0.G2 0.09 0.38 0.04 13.45 42.07 • 0.76 100.000 100.00 100.00 100.195 100.00 Sols calcaires. — L'élément dominant des sols calcaires est la chaux. L'analyse n" 4 du tableau 1 fournit un exemple d'un tel sol 4 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. provenant de la ferme du Collège royal agricole de Girencester. Aussi bien dans les terres crayeuses que dans celles de la grande oolilhe, la proportion de carbonate de chaux atteint 70 et 80 p. 100. Ces terres à forte dose de calcaire ne sont pas en général très pro- ductives, mais elles conviennent très bien aux légumineuses et no- tamment au sainfoin. La nature physique de ces sols varie autant que leur composition et que leur valeur productive. Les terres calcaires qui renferment beaucoup d'argile sont froides, d'un travail pénible, tandis que celles qui contiennent plus de sable sont plus légères et faciles à travailler. Sols marneux. — Dans les sols marneux, on retrouve les caractères tantôt des sols argileux, tantôt des sols calcaires. Suivant qu'ils con- tiennent plus ou moins de chaux ou d'argile, ils sont plus ou moins tenaces, mais se rangent dans la catégorie des bonnes terres, pro- ductives de grosses récoltes de légumineuses, de pois, de trèfle et, quand ils sont suffisamment divisés, de racines. L'analyse n° 5 du tableau I se réfère à un sol marneux des environs de Girencester. Tous les sols marneux renferment entre 5 et 20 p. 100 de chaux ; quand ils tiennent beaucoup de sable, ils sont désignés sous le nom de marne sableuse ; et inversement, (juand l'argile domine, de marne argileuse, qui sert à l'amélioration des terres légères sableuses. Sols sableux. — Le D' Vœlcker définit, d'après les analyses du D' Sprengel, les sols sableux comme désagrégés, friables et poreux. La plupart de ces sols exigent une fumure constante pour produire de bonnes récoltes. Ce sont ceux qui conviennent le mieux à l'emploi des engrais liquides. D'une manière générale, on peut dire que tous les engrais solubles, appliqués par faibles quantités à la fois, et à doses répétées, fournissent d'excellentes récoltes, même sur les sables les plus pauvres. La silice, qui forme le principal élément de cette espèce de sols, atteint jusqu'à 96 p. 100 ; mais alors elle les frappe de stérihté. Les sols sableux productifs renferment des quantités appréciables de matière organique, de chaux, de potasse, de soude, d'acide phos- phorique et d'acide sulfurique. ■Terreaux et sols tourbeux. — Les sols où abonde la matière orga- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 5 nique peuvent être d'une extrême fertilité, témoin ceux provenant des terrains conquis sur la mer en Hollande et analysés par Muldcr; ou bien, par excès de sable, sinon de matières organiques, ils peuvent être absolument pauvres ou stériles, connue l'indiquent les analyses duD'Sprengel. Des terres contenant au delà de 80 p. 100 d'humus, représentent à proprement dire de la tourbe, dans laquelle on arrive parfois à rendre la culture profitable en chaulant. La chaux jouit en eiïet de la propriété de convertir l'humus acide en matières directe- ment utilisables pour la végétation , c'est-à-dire de détruire les ma- tières organiques ; mais le plus souvent ces terres exigent une amé- horation radicale, surtout lorsque la dose d'humus excède 80 p. iOO. Sous le bénéfice des observations qu'il appuie sur des analyses chimiques, A. Vœlcker considère que la classification des sols peut s'étabhr suivant la prédominance des éléments constitutifs, de la ma- nière suivante : 4. — Sols sableux renfermant au delà de 80 p. 100 de sable sihceux. 2. — Sols calcaires — — de 20 — de chaux. 3. — Sols argileux — — de 50 — d'argile '. 4. — Sols à terreau — — de 8 — d'humus ou de ma- tière organique. 5. — Sols marneux renfermant de 5 à 20 p. 400 de chaux, et de 20 à 50 p. 400 d'argile par rapport au poids total du sol à l'état sec. 6. — Sols loam renfermant également de 20 à 50 p. 100 d'argile, mais avec moins de 5 p. 400 de chaux. 2. — Sols fertiles. En démontrant que les matières minérales contenues dans les cendres du blé, de l'avoine, de l'orge, de l'herbe, des racines, ne sont pas accidentelles , mais bien indispensables , et que si les plantes ne les rencontrent pas dans le sol, elles ne peuvent pas être utilement cultivées, Liebig a formulé un axiome fondamental 1. Ce chiffre paraîtra excessif, mais il faut se rappeler qu'au moment où A. Vœlcker le publia, on ne connaissait pas la méthode que M. Schlœsing a donnée pour séparer fargile proprement dite du sable très ténu confondu avec elle dans les analyses méca- niques faites par lévigation. La plus l'oite propoi'lion d'argile qu"on rencontre dans les sols fertiles excède rarement 30 à 3û p. 100. (Ao;e de la Rédaction.) 6 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. qui règle les condilions de fertilité des sols arables. Les terres d'une grande fertilité, les argiles par exemple, ne renferment pas seule- ment la plupart des substances que révèle la composition des plantes, mais elles en renferment plusieurs essentielles, en telle abondance, qu'elles ne peuvent être épuisées pratiquement. Encore convient-il de savoir comment ces substances dans les sols riches sont le plus avantageusement mises à profit. Est-ce par des instruments de culture perfectionnés? Est-ce par l'apport d'eugrais, tels que l'ammoniaque et le nitrate de soude? Dans le premier cas, on aère le sol et on facilite la décomposition chimique de la masse ; dans le second cas, on rend solubles et assimilables les substances que réclame le développement de la plante. Il ne s'agit point d'ap- porter des matières minérales qui sont exubérantes dans de pareils sols. La réponse ne saurait être fournie que par l'expérience, carie chimiste s'appuyant sur la théorie, ne peut résoudre des questions de gain ou de perte, en indiquant le meilleur procédé à suivre. Dans les sols maigres et pauvres, comme les landes et les sables, où l'acide phosphorique se dose à peine, qui manquent de chaux, etc., et abondent en silice dont la plante ne peut pas vivre unique- ment, il est facile de reconnaître à 'priori que l'apport d'engrais riches est indispensable. Le fumier de ferme, qui est l'engrais com- plet, car il renferme tous les éléments constitutifs des terres fertiles, convient évidemment mieux à de tels sols que la plupart des engrais fabriqués, renfermant seulement deux ou trois de ces éléments, il est vrai, très importants; mais encore ces sols exigent-ils d'autres procédés de culture que les sols argileux. Un autre point à considérer, c'est le pouvoir absorbant plus ou moins grand des sols. Les terres argileuses ou fertiles, par exemple, jouissent à un haut degré du pouvoir d'absorber l'ammoniaipie, tandis que les terres sableuses ou pauvres, ne le possèdent aucune- ment. De plus, tous les sols que caractérise une grande fcriilité, retiennent les substances fertilisantes beaucoup plus longtemps que les sols maigres. Il en résulte une pratique différente dans le système de culture et de fumure à employer. Enfin, les récoltes que l'on se propose de produire n'ont pas les mômes exigences. Ce qui convient au blé ne convient jias toujours aux TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d' A. VOELCKER. 7 racines, et inversement, non pas en raison des diiïérences de com- posilion des cendres des plantes, mais bien de leur mode de crois- sance, du temps qu'elles ont à passer en terre avant d'atteindre leur pleine matuiitc. Le sol fertile ou non peut contenir un excès de nour- riture en vue de telle ou telle plante, sans que cette nourriture y soit sous la forme qui convienne aux exigences spéciales de celle que l'on veut cultiver. Tel sol qui renferme assez d'acide pliosphorique pour subvenir aux besoins de vingt récoltes de blé peut n'en avoir pas assez pour une récolte unique de turneps ; et pourtant l'analyse indique qu'une récolte de turneps représente moins d'acide pbospho- rique qu'une récolte de l)lé. C'est que le blé reste assez longtemps en terre pour se procurer ce qui lui faut de cet acide, tandis que le turneps qui y séjourne moitié moins de temps, bien qu'il exige moitié moins d'acide, ne pousse pas ses racines assez profondément pour se le procurer ; c'est la justification des bons résultats, pour la cul- ture des turneps , de l'emploi des superphosphates ou des phos- phates solubles de chaux comme engrais. L'analyse des terres ne suflit donc pas au chimiste pour affirmer que tel sol est fertile pour telle ou telle récolte, ni pour aider le cul- tivateur dans la pratique culturale ou dans l'emploi des engrais naturels ou commerciaux, à moins que le cultivateur ne mette à sa disposition les résultats de son expérience, ou de celle de la contrée dans laquelle il exploite. 3. — Sols infertiles '. On a pu voir, d'après ce qui précède, que les causes qui affectent la fertilité des terres, dues à leur composition chimique ou à leur état physique, ou bien aux deux à la fois, sont nombreuses. Une terre argileuse, tenace, compacte, non drainée, à laquelle ferait défaut, par exemple, la potasse, l'acide phosphori(|ue ou la chaux néces- saires au développement de la plante, est improductive, autant par sa composition que par sa nature. C'est une singulière remarque à faire ; combien d'écrivains agri- 1. On some causes of nnproducliveness in soils. Janvier ISGj. 8 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. coles se bornent à constater le caractère de pauvreté ou de stérilité des terres, sans spécifier à quelles raisons on doit l'attribuer. Les causes les plus fréquentes de l'improductivité, sinon de la stérilité des terres, se rapportent : 1° A la présence d'éléments nuisibles à la végétation ; 2" A l'absence d'un ou de plusieurs éléments essentiels ; 3" A l'excès d'un ou de plusieurs éléments utiles ; 4° A l'imperméabilité du sous-sol ; 5° A la nature physique du sol. Quand un agriculteur les a reconnues, et le plus souvent l'analyse chimique peut lui venir en aide pour les reconnaître, il peut facile- ment apporter le remède nécessaire. a. — Présence d'éléments nuisibles. Une terre de bonne qualité n'exerce aucune action acide sur le papier bleu de tournesol ; elle est au contraire légèrement alcaline, en ce sens qu'elle rend au papier rougi par un acide sa coloration bleue primitive. L'acidité des terres peut dépendre : 1° de quantités plus ou moins fortes de pyrite et de sulfate de fer; 2° d'un excès d'acides organi- ques ou humiques ; 3° de sels tels que les chlorures de sodium (sel marin), de potassium et les nitrates. Sels de fer. — Le sulfate de fer en excès qui exerce une action nuisible sur les plantes, résulte de l'oxydation des pyrites au contact de l'air et de l'eau; une proportion de un demi à i p. iOO de ce sulfate frappe le sol de stérilité. La présence du fer à l'état de pro- toxyde est un signe à peu près certain de pauvreté des sols; mais le drainage, le sous-solage et les autres façons de culture qui activent la circulation de l'air dans le sol, peuvent modifier sensiblement cette condition. La teinte bleu grisâtre ou vert foncé qu'offrent certaines terres argileuses, tenaces, mal préparées, indique la présence du pro- toxyde de fer. Quand elle s'est changée en brun rouge, par suile de l'exposition à l'air, le protoxyde s'étant converti en peroxyde, on peut considérer que la terre s'est améliorée. Ce n'est pas que le protoxyde de fer soit en lui-même, comme le sulfate de fer, un poison pour la TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d' A. VOELCKER. 9 plante ; mais il déiioLe l'absence dans le sol de l'oxyi^ène atmosphéri- que si essentiel pour le développement et le maintien de la végétation. Plusieurs analyses de A. Vœlcker (tableau II) démontrent la funeste influence d'un excès de sulfate de fer; elles se rapportent: 1° à un TABLEAU II. — Analyses de sols improductifs par la présence d'éléments nuisibles. Eau Matière organique et eau com- binée Oxydes de fer et d'alumine. . Sulfate de protoxyde de fer. . Bisulfure de fer Acide phosphorique Acide sulfurique Sulfate de chaux Carbonate de chaux Azotate de chaux Magnésie Potasse Soude Ghloi'ure de potassium. . . . Chlorure de sodium Matière siliceuse insoluble . . SOIj SOL SOL, SOL SOL du lac de Haarlem. 1. de la côte du Hamp- shire. 2, de Saiidy (BedforU). 3. nitreux. 4. de lleare Bridgo- water. 5. à 100' c. à lOOu c. à 100'. c. » 5.45 » 10. 8G » 14.71' 9.93 4.27 4.84- 97.760' 9.27 7.18 3.84 11.28 0.536 0.74 1.39 1.05 II » 0.71 0.78 0.56 )) 0.27 1} 0.09 2.35^ 0.053 LOS )> » » 0.051 1.72 0.34 0.85 }) )) » » » 5.21 0.855 n n n 2.32^ s 0.73 0.51 0.96 1) . 1 44 0.53 0.32 0.83 0.47 » 0.131 0.0G5 II n » 2.31 1) 0.09 0.04 )) 11.61 » 69 . 83 73.55 87.91 49.22 0.405 100.00 100.00 100.00 100.00 100.000 1. Renfermant azote : 0.52 égal à ammoniaque : 0.63. 2. Renfermant azote : 0.21 égal à ammoniaque : 0.29. 3. Renfermant azote : 1.428. 4. Egal à phospliate de chaux : 5.08. 5. Égal à acide nitrique ; 1,526. sol du lac de Ilaarlem (Hollande), d'une composition minérale très appropriée à la culture, particulièrement riche en acide phosphorique et en matières organiques représentant plus d'un demi p. iUO d'am- 10 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. monia(iiie ; mais l'imprégnation de sulfate de fer le rendait à peu près siérile ; 2" à un sol de la côte du Hampshire, conquis sur la mer, qui se trouvait dans les mêmes conditions que le précédent, sans être aussi riche en matière organique; 3" à un sol absolument stérile de Sandy, dans le comté de Bedford, de couleur presque noire, bien que renfermant peu de matières organiques ; mais dans lequel le sulfate de fer était à l'état d'extrême division. Le sol du lac de Haarlem mérite une mention spéciale. Avant de passer aux mains du propriétaire, il avait été à peine entamé et les récoltes, bien que peu abondantes, pouvaient paraître suffisantes. Dans le but d'accroître la production , le propriétaire laboura plus pro- fondément, mais la récolte de céréales avorta complètement. Une forte fumure de fumier aggrava la situation, non seulement pour les céréales, mais pour les racines qui pénètrent plus avant en terre. L'examen chimique conduisit à reconnaître que le sol en question offrait une réaction acide prononcée, due à la présence de la pyrite de fer. Tant que la terre n'avait pas été profondément labourée, la pyrite de la couche superficielle s'était à la longue, sous l'influence des eaux pluviales, réunie dans le sous-sol. Par le labour profond, le sulfure de fer, ramené à l'air, s'était oxydé et converti en sulfate de fei', en proportion telle que les autres éléments minéraux et les sels solubles, surtout sous l'influence du fumier de ferme qui en ajoutait, étaient neutralisés. Dans des cas pareils, le remède est fourni par l'apport au sol, de chaux, de marne ou de craie. La chaux décompose le sulfate de fer, et, se combinant avec l'acide sulfurique mis en li- berté, forme du plâtre et de l'oxyde de fer qui se rencontrent dans les terres fertiles. L'analyse du sous-sol est par cela même aussi nécessaire que celle de la couche aral)le. Les terres noires imprégnées de sulfate de fer donnent des éma- nations fétides dues à l'hydi-ogène sulfuré qui se dégage par l'action de l'acide carbonique de l'air sur la pyrite finement divisée. En été plus encore qu'en hiver, ce gaz si pernicieux pour la végétation, même à l'état d'extrême dilution, se dégage dans les terres noires pyriteuses. On peut dire en généralisant que toutes les matières salines très solubles dans l'eau, exercent une influence néfaste sur les plantes, TRAVAUX ET EXPÉRIKNCRS DU d"" A. VOELCKER. 11 quand elles sont en excès. La (jueslion est de savoir ce qu'on entend |)ar excès. Le professeui" Knop, de Loip/ig-, a constaté que de l'eau renferniant j)lus d'iui niilliènic d(; matière minérale soluhlc donnait à la plante une végélation languissante, et la dose élmit (dus consi- dérable, l'arrêtait complèlement. A. Vœlcker conclut lui-même de sses propres expériences ipi'une terre contenant j)lus d'un dixième pour 100 de ces matières solubles, telles que sel marin, ou plus de I p. 100 de nitrate de chaux et de chlorure de potassium, ne peu! maintenir la vie végétale dans de bonnes conditions. L'analyse n" 4 du tableau II se rapporte à une terre qui renrerme, ontre une fui'te pi-oportion de chlorure de sodium, deux sels encore |tlus solubles (jue lui, le chlorure de potassium et l'azotate de chaux ; ce dernier sel, accompagné de phosphate de chaux provenant évi- demment de l'oxydation des matières animales. Cette terre peut constituer un amendement, mais pas un sol cultivable. ^ L'analyse n° 5 se réfère à une espèce de sol très communément rencontré dans les districts à tourbe. Le sol analysé provient de Meare, j)rès de Bridgewater; à l'état naturel, il renferme 88 p. 100 d'eau. La proportion de nicitières minérales et d'acide phosphorique est très faible, et l'excès de matières organiijues est incomi)atible avec une bonne végétation. On amende ces sols par de la chaux et de la marne qui neutralisent les acides humiques et ajoutent des maiières minérales essentielles. b. — Absence d'un ou de plusieurs éléments essentiels pour lu rrijélntion. Parmi les éléments essentiels que décèle l'analyse des cendres des plantes cultivées, et dont rabs(!nce altère la productivité du sol, il faut noter l'acide phosphorique, la chaux, la potasse, ou plusieurs de ces éléments à la fois. Beaucoup de sols pèchent par défaut d'acide phosphori(jue , ce qui justifie l'emploi des phosphates comme fertilisants. Les analyses n"' 1, () et 7 (tableau III), d'un sol sableux et de deux sols argileux, montrent que ce défaut se rencontre dans des sols offrant un carac- tère diamétralement opposé, de sorte que l'examen physique des terres ne peut donner une idée exacte des conditions de fertilité. 12 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. La chaux est aussi un clément qui se rencontre souvent en trop faible proportion dans les terres arables, d'où la pratique adoptée, dans beaucoup de districts, de chauler et de marner, s'appliquant aussi bien à des sols sableux, argileux et de pâturage qu'à des sols (ourbeux. Les analyses n°' 2, 8, 11 et 12 (tableau 111) indiquent le manque de chaux dans une série de ces terrains. Les alcalis, surtout la potasse, expliquent beaucoup plus souvent qu'on ne le croit, par leur faible dosage, l'insuffisance de production de certains sols. La potasse occupe une trop large place dans les cendres des produits de la ferme pour qu'elle ne soit pas fournie par le sol ou par l'engrais. Les cendres des racines, par exemple, sont riches en potasse; or, les racines cultivées souvent sur des sols dépourvus d'alcalis, ne reçoivent pour fumure que du superphos- phate de chaux, et comme le produites! exporté ou incomplètement consommé sur place, il s'ensuit que les sols s'épuisent graduellement en potasse. On est porté à croire que les terres sableuses légères sont les seules qui pèchent par défaut de potasse. Bien que les terres argi- leuses soient, en efiet, moins sujettes à en manquer, il y en a qui, sous ce rapport, sont plus dénuées que les sols sableux. Les analyses des sols argileux n"' 9 et 10 le prouvent surabondamment. Tableau TRAVAUX KT EXPERIENCES DU D A. VOELCKER. 13 a a tn u S 0) ai -a o a s rt <<-■ •Q) •a es p< o s •a o en ^-« o en 0) 13 U3 O eo >r, H a < < H n Eh =- a >- • IM oc J ^ ro O o CM Ci _ ^ lO O cci TO c» *,-* c* o c/) o Oî cr3 o u t— o t^ o -»— « 1— ■ O V Cl r- o _; V = "^^ . ~ o , , -* ^^ ._ o o O « c o T-H o Q. E^ c^ o •2 à 5^ (M ■7^ .^^ ..^ o co 1— o §<=■ û ^ 05 -^ -•— • ^ o ^ ■ ■ • .§ ro » 3 =3 • • ' • Cl 5^=^ = 1 , -^ 030 g^ 1 3 ~ m t> D a .3 3 o 3 3 .£3 ^ O- -v X n -^ M ^ = - § 2 •■: j- -n £• Ci 5 t/3 3 3 "ô ■^ « -^ „ „ 0. J =• 'c 3 _CJ o =3 ■ _; a 3 0: 33: ^ O c^ o o c; 3 c •" n o o T3 3 en ■3 J3 C C .2 '^ M X » ,» 2, le 2. ^^'^ = 3 3 = îrt r: cj i 5 5 «-'5 s -4) ■a >> « v2 tï. •/3 5|=S«^ _"^_ « ffS X '3 'G .s ^ C3 C3 ^ î3 J ^J -<■ ri n •*■ 1.-: -s iJ s ' — "^ "^ :^ C/:;' U ■^ 73 14 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le sol II" 10 \ cultivé en houblon, dans la partie orientale du comté de Kent, est à peu près dépourvu de potasse dont il n'y a que des traces à l'analyse; cependant, ipioiiju'il contienne de la chaux en abondance, plus que la proportion nioyenne d'acide phospborique, et suffisamment de matières azotées , le sol ayant été fortement amendé par de la chaux et fumé, à raison de 5000 kilogr, par hec- tare, de tonlisses de laine, le houblon y dépérit par moisissure. Dans une pareille terre, l'apport de sels de potasse en mélange avec du superphosphate est- tout naturellement indiqué. On peut dire qu'en général les terres maigres manrpient de plu- sieurs éléments à la fois, et que les sols sablonneux, surtout, récla- ment des fumures à base de chaux , d'acide phospborique et d'alcalis. Les analyses 4 et 5 en fournissent la preuve. Tant que la potasse sera coûteuse comme engrais, le fumier de ferme bien préparé offre la seule ressource pour augmenter la production de pareilles terres, à moins de disposer d'eaux d'égout dont l'épandage à fortes doses assure des résultats excellents'. c. — Excès de matière organique, de sable, de chaux, d'alcali et même d'argile. Les sols les plus fertiles, ceux, par exemple, qui sont fournis par les alluvions, peuvent être considérés comme des mélanges mécaniques d'argile, de chaux, de sable, de matière organique, renfermant une dose notable de potasse et de soude, mais dans lesquels aucun des éléments constituants ne prédomine. Chacun de ces éléments jouit de propriétés physiques et chimiques appropriées au développement des plantes, et leur mélange intime est une condition de fertihté. Si, au contraire, l'un d'eux domine au détriment des autres, le sol de- vient improductif; c'est ce qui ressort de l'examen des analyses des diverses espèces de sols comparées avec un sol stérile par excès d'alcahs (tableau IV). 1. Annual Report for 1883; Journ. of Ihe Roy. agric. Soc. of England, 2* série, vol. .\X. 1SS4. •2. Aujourd'hui la potasse est à bon marché, grâce au.x mines de Stassfurt, et le cul- tivateur a tout intérêt à remployer à l'état de chlorure et de sulfate. (Ao 1) 1) 35.01 Il 3.19' 4.48 / 4.54 0.19 Traces 2.58 1.50 0.81 0.58 0.17- 0.04^ n 81.92 Matière organique et eau . . . Oxyde de fer Alumine Acide phosphorique Acide sulfurique Carbonate de chaux Magnésie l'otasse Soude .Nitrate de potasse Chlorure de sodium Silice Matière insoluble siliceuse. . . 100.000 100.00 100.00 100.00 100.00' 1. Kenfermant azote 0.09, ou amm 2. — acide nitrique 0.09. 3. — chlore 0.02. 4. -Matière minérale soluble dans 1' oniaque 0.1 eau 0.49. 1. 1. Annual Report for 1882 ; Journ. Roy. aijric. soc. o/ England, 2^ série, vol. XIX, 1883. 16 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. d. — Imperméabilité du sous-sol. Ou bien la couche arable, quoique d'excellente qualité, est trop rap- prochée de la roche qui forme le sous-sol, ou bien elle repose sur une couche de grande épaisseur, absolument imperméable , telle que l'argile, et, dans les deux cas, les efforts de l'agriculteur demeurent à peu près impuissants. Le drainage est susceptible d'améhorer les terres reposant sur un sous-sol argileux compact, comme dans la formation liasique, mais il ne modifie pas leur état physique. Ces sols tenaces sont toujours plus ou moins endommagés par l'excès d'humidité et l'abaissement de température qui retarde la végéta- lion et empêche la plante d'arriver à maturité. e. — Nature physique du sol. Comme exemple de l'influence funeste qu'exerce une mauvaise condition physique des sols, A. Vœlcker cite l'analyse d'une terre de Churchdown, près de Gloucester, qui renferme tous les éléments appropriés aux plantes, mais dont l'état physique est tel que les plantes ne peuvent pas en tirer parti. Cette analyse décèle la présence d'une forte dose de matières organiques; mais, en raison de son adhésion ou de sa ténacité, le sol est difficile à drainer et demeure imperméable à l'air. Après avoir fourni de grosses récoltes de foin pendant deux années, le sol est devenu improductif; ce qui indique que, sans lui donner de l'engrais, il y a lieu de le défoncer pour rétablir la circulation de l'air, et de continuer le défoncement par intervalles. Analyse d'un sol improductif par sa nature physique. SOL, adhésif compact . du comté de Gloucester. Eau 4.04 Matière organique et eau combinée 11. 60 Oxydes de fer et alumine 1G.(Î7 Acide pliosphorique « Acide sulfurique , » Chaux M Sulfate de chaux » TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d'' A. VOELCK.ER. 17 SOIj adhésif ooinpact du comté de Gloucester. Carbonate de chaux 10.03 Magnésie 1.38 l'otasse et soude 1.01 Matières siliceuses insolubles (principalement de Targile) . . 55.21 100.00 L'application d'engrais dans les terres de cette nature se fait en pure perte, surtout si la saison est sèche. Le guano ou les sels am- moniacaux ne pourraient que nuire. La question de savoir s'il con- vient de les mettre en prairie ou de les soumettre à l'assolement des terres fortes est la seule qu'il y aurait lieu d'examiner. Il est hors de doute pour A. Vœlcker que le labourage à vapeur sur de telles argiles froides, adhésives, riches en matières minérales, ferait merveille. L'air et la gelée sont les meilleurs agents pour venir à bout de ces sols rebelles, qu'il faut se borner à briser et à abandonner pour quelque temps à l'action atmosphérique. 4. — Analyse des sols. L'analyse chimique des sols a pu paraître pendant longtemps sans valeur pratique aux yeux du cultivateur ; et pouilant elle est d'une utilité incontestable pour celui qui, initié à la chimie, sait en inter- préter les résultats. Un chimiste qui ignore les rudiments de la pra- tique agricole, ou un agriculteur étranger à la chimie, sont égale- ment incapables de tirer parti de la composition chimique des sols. Il ne faut pas croire, d'ailleurs, ([ue l'analyse des terres réponde à toutes les questions que soulève le problème complexe de la cul- ture. Il n'y en a qu'un certain nombre, d'après A. Vœlcker, auquel une analyse bien faite offre une réponse nette et pratique ; ce sont les suivantes : 1. La stérilité est-elle ou non causée par la présence d'un élément nuisible, tel que le sulfate ou le sulfure de fer? 2. La stérilité résulte-t-elle de la prédominance des matières or- ganiques, de la chaux, du sable ou de l'argile? ANN, SCIENCE AQRON. 2 18 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 3. La stérilité provient-elle de l'absence ou de l'insLilTisance de la chaux, de l'acide pliospliorique, des alcalis, notamment de la potasse, ou de substances minérales formant les cendres des plantes ? 4. Les terres renferment-elles du sel marin, des nitrates ou d'autres sels solubles en proportion trop abondante pour une bonne culture ? 5. Les sols glaiseux analysés sont-ils fertiles ou stériles? 6. Les glaises peuvent-elles être utilement brûlées et servir, à cet état, d'amendement? 7. Les terres peuvent-elles ou non être améliorées par le chau- lage ? 8. Est-il préférable d'amender à l'aide de la chaux, de la marne ou de l'argile ? 9. Y a-t-il lieu, pour rendre au sol sa fertilité, d'appliquer cer- tains engrais, tels que le superphosphate de chaux ou les sels ammo- niacaux, sans nuire au sol, ou bien de recourir au fumier de ferme ? 10. Quels sont les engrais commerciaux les mieux appropriés aux sols de composition différente ? 11. Les labours profonds ou le labourage à vapeur peuvent-ils servir à développer les ressources minérales d'un sol analysé? 12. Les aliments'dans le sol analysé se trouvent-ils à l'état dispo- nible pour la végétation, ou à l'état inerte ? En dehors de ces questions auxquelles A. Vœlcker dit qu'il eût lui-même hésité de répondre, il y a une vingtaine d'années, il y en a auxquelles la meilleure analyse ne permet pas de satisfaire. Ainsi, l'analyse ne dit pas : 1. Si la stérilité est due à un drainage défectueux du sol. 2. Dans quelle mesure la stérilité ou l'improductivité sont-elles dues à une mauvaise condition physique des terres ? 3. En quoi le climat, l'orientation ou l'altitude d'un sol affectent- ils sa productivité ? 4. Quelle action exerce une couche trop mince de sol arable, ou bien un sous-sol imperméable de trop grande épaisseur? 5. Quelle est la capacité relative de production des différents sols ? Il est digne de remarque que sur la valeur des analyses du sol, l'opinion de A. Vœlcker a sensiblement varié. Ainsi, après la leçon TRAVAUX ET E.YPÉRIENCES DU I)'' A. VOELCKER. 19 [iiofessée à Newloii, en janvier 1857, cL (|ui vient d'èlre résumée, il s'exprimait comme il suit' : « Je désirerais mettre mon auditoire en garde contre les résultats « que l'on doit attendre des analyses de sols; ils ont été beaucoup « exagérés par des personnes incomplètement initiées à la question. c( On se rappellera, en effet, (pie la présence de certaines substances « dans les plantes n'est pas seule à régler le mode de culture, et i' (pi'il y a d'autres données à prendre en considération. L'analyse « détaillée des sols n'a pas produit les effets favorables que l'on « avait cru devoir tout d'abord signaler; et pourtant, lorsqu'elle (( indique les éléments principaux constitutifs, tels (pic l'argile, la « matière organique, la chaux et le sable, elle peut, dans bien des « cas, permettre au chimiste et à l'agriculteur de donner de précieux « avis sur la culture pratique » Plus tard, en 1865, dans son mémoire sur les causes de stérilité des sols% Vœlcker dit : « Il fut un temps où je croyais, comme beaucoup d'autres jeunes (( chimistes, que les analyses de sols feraient tout pour le cultiva- (( leur; mais après trois ou quatre années d'expériences suivies et de 5. — Terres laxatives du Somerset. Comme exemple d'étude des terres insalubres, le D' Vœlcker a pubUé un mémoire ^ dont le résumé trouve sa place naturellement 1. The composition of fcriile and barrvn soils. Four lectures ou agricuUural chem/slnj. London, IS57, in-8", p. 59. ■2. Somc causes of unproducticeness in soils, janvier ISGô. a. On the Scouringlands oj cenlral Somerset j janvier I8G2. 20 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. après l'examen des condilions de fertilité et de stérilité des sols arables. C'est à la demande du conseil de la Société d'agriculture de Bath et de l'Ouest de l'Angleterre, que A'œicke)' entreprit la recherche des causes auxquelles on doit attribuer l'action laxative sur le bétail, et notamment sur les vaelies laitières, de certains herbages situés dans le comté de Somerset, en pleine formation basique, et aussi dans le comté de Gloucester, aux environs de Cirencester, dans la formation oohthique. Cette recherche a conduit à l'examen analytique des sols que recouvrent les pâturages en question, et qui, générale- ment tenaces, compacts, de couleur foncée, reposent sur l'argile bleue ou jaune du lias, de même que sur les argiles de l'oohthe in- férieure (forest marhle), d'Oxford, et de la grande oolilhe. Les faits d'observation recueillis par A. Vœlcker dans ses visites aux terres laxatives des Polden Hills, et dans le mémoire de Clarkc ' sur les sols du Somerset central, sont les suivants : 1. Ces sols dominent dans la formation liasiquc ; ils sont presque toujours fortement colorés, et reposent invariablement sur un sous- sol argileux imperméable ; mais il y en a qui n'appartiennent pas aux argiles du lias, et, d'ailleurs, les argiles du lias n'offrent pas toutes cette particularité. 2. A certaines époques de l'année, le bétail subit les effets de la purgation, aussi bien sur des pâturages drainés que non drainés. Dans plusieurs cas, le drainage a été un remède. 3. Certaines eaux, dont l'analyse n'a pas été faite, exercent, dans les districts où dominent les terres aigres, une action médicinale mar- quée sur le bétail qui s'en abreuve. Le bétail préfère l'eau de pluie ou l'eau douce et noire des tourbières aux eaux dures des sources du bas. 4. On prétend qu'il se trouve dans la flore des prés aigres des plantes particulières possédant des vertus purgatives. L'herbe de ces prés ne ressemble point à celle des prairies pauvres et maigres ; elle est plutôt luxuriante, et le fourrage constitue peut-être un ah- ment insalubre pour le b('tail. Les engrais semblent augmenter I. Journal of thc Buth und wext of En gland Society, vol. III, p. 5-2. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d"" A. VOELCKER. 21 le mal dans la mesure où ils développent la végétation. Pendant les mois les plus chauds de l'année, les herbag'es des terres hautes sont les plus laxatifs ; à partir des premières gelées de no- vembre, ils perdent plus ou moins complètement leur j)ropriét(', de telle sorte que, dans les mois froids et humides, on ne s'aperçoit plus guère de leur action. Pour expliquer ces faits empiriques, classes d'après la nature géologique des sols, le drainage, la composition des eaux et la na- ture des herbages, A. Vœlckcr a procédé par voie d'analyse. Analyse des sois. — Le tableau V reproduit la composition chi- mique de quatre sols, comparée à celle d'une terre tourbeuse non purgative. * TABLEAU V. — Analyses de terres laxatives et tourbeuse. Eau Matière organique et eau com- binée Oxydes de fer et alumine . . Carbonate de chaux Sulfate de chaux Carbonate de magnésie . . . Magnésie l'otasse Soude Acide pbosphorique Acide sulfurique Silice insoluble FKRME DE M. RuGO à Cossington. 1. 2. 4.73 7.12 1G.57 14.76 14.20 15.87 5.25 2.53 » » 3.G7 2.08 )) 1) 1.04 2. GO « 1) » II 54.48 55.04 100.00 100.00 DOMAINE de Sir AI. Hood à Shepton Mallet. 3. 4.54 14.40 14.45 1 4 . 80 0.2G II 0.96 O.'JS 49.66 100.00 ARGILE du lias (sous -sol de Cos- sington). 4. 3.05 5.11 SOLi tourbeux de Mearc. 6 40 .98 .93 \ 97.760' II 0.536 0.855 2.96 » » 40 .97 100 .00 0.144 0.131 0.065 0.053 0.051 0.405 100.000 1. Renfermant azote : 1 .428. Les sols 1 et 2, provenant d'un même champ de la ferme de M. Rugg (paroisse de Cossington), dans le comté de Somerset, ne 22 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE:. révèlent ricii ti l'analyse qui ne soit conforme n la composition de bonnes terres arables ^ Le sol n" 3, prélevé sur le domaine de Sir Alexandre lïood, à Sliepton Mallet, était notoirement insalubre pour le bétail. De couleur foncée, due en partie au protoxyde de fer et en partie à un excès de matières organiques, ce sol, bien que non nuisible en lui-même, dénote une condition mécanicpie peu favorable à la bonne croissance des plantes. Le sous-sol n° 4 provient de l'ar- gile très tenace du lias de Cossington. Sauf une forte proportion de carbonate de chaux, l'analyse n'indique rien de spécial. Enfin, le n" 5, recueilli dans une tourbière de Meare dont riici'bage n'est point laxatif, indique, en même temps qu'une énorme proportion de ma- tière organique* une faible quantité de matières minérales, ce qui est le cas pour tous les terrains tourbeux; mais rien ne caractérise sa propriété non purgative par rapport aux autres sols analysés, dont la composition se rapproche de celle d'une foule de terres parfaite- ment saines des environs de Cirencester. On ne saurait donc inférer des analyses que les terres du bas ren- ferment des matières nuisibles, bien que l'on puisse attribuer à leur état physique les résultats particuliers soumis à l'examen. Influence du drainage. — S'il y a des cas où un bon drainage a pu porter remède aux terres de prairies laxatives, il y en a d'autres où le drainage a aggravé les inconvénients signalés. 11 est avéré que dans la formation basique, des champs attenant aux herbages pur- gatifs sont absolument salubres et qu'aucune différence n'existe entre eux sous le rapport du drainage, des eaux ou des herbes, mais si l'on pouvait mettre à nu les sous-sols , on reconnaîtrait sans peine que l'herbage laxatif provient d'un sol reposant sur une couche imperméable et compacte, située à une faible profondeur, tandis que l'herbage salubre est superposé à un sous-sol bien plus poreux, sinon situé à une plus grande profondeur. Il s'ensuit que tous deux étant également bien drainés, les herbes peuvent avoir une composition identique, sans que la qualité respective des sols soit pour cela modifiée. C'est une erreur de croire que le diai- nage agit comme un talisman pour convertir un sol infertile en un 1. Sauf peut-('tre l'absence d'acide phosphorique. A. Ronna. TRAVAUX ET EXPERIENCES DU D' A. VOELCKliR. 23 sol fc'ilile; il n'agit pas de la même manière sur toutes les terres, car il y a des terres que le drainage améliore à peine. Là oùlesous- sul imperméable est très rapproché de la couche arable, à 5 ou 8 centimètres par exemple, le drainage reste sans elT(!t; mais, s'il est à 45 ou 50 centimètres de profondeur, son cfTicacité, j)ar la dériva- tion des eaux superficielles, est manifeste. 11 n'y a pas d'exemple de terres purgatives reposant sur un sous- sol poreux, tandis (|u'il y en a beaucoup où le sous-sol argileux com- |)act affleure presque à la surface, et où le drainage en conséquence est impuissant à remédier à l'état de la couche arable. Influence des eaux. — D'après des faits positifs allégués dans le mémoire précité de Glarke, et attestant les propriétés purgatives de certains cours d'eau provenant du lias, Vœlcker a analysé deux échantillons d'eaux signalées par M. Poole; l'une, recueillie à Dunball, dans une tranchée du chemin de fer de Bristol à Exeter, et l'autre puisée à la source de Ford Farm, qui s'écoule à travers les prés de Sedgmoor. L'analyse a donné les résultais suivants (tableau YI) : TABLEAU VI. — Analyses des eaux du lias. COMPOSITION DU RÉSIDU PAR LITRE SÉCHÉ A 150" O. M;ilière organique Sulfate de eliaux Carbonate de chaux Sulfate de magnésie (sulfate d'Epsoni). . Sulfate de soude (sel de Glauber). . . . Çulfate de potasse Clilorure de sodium (se! marin) Total du résidu par litre EAU de la tranchée de Dunball. 1. Grammes. O.Oli l.'lOi 0.4il 0.522 O.OSi 0.063 0.263 2. 881 EAU de source de Ford Farm Grammes. 0.008 1.567 0.378 0.308 0.088 0.095 2.504 L'eau n" 1 de la tranchée de Dunball renfciine une quantité con- sidérable de matière minérale dans laipielle figurent, en proportion imporlante, les sels d'Epsom , de Glauber et d'autres substances 24 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, apéritives. C'est de plus une eau très dure, renfermant huit fois plus de résidu solide que les eaux potables de dureté moyenne. Le bé- tail, exposé à boire dans les mois secs et chauds une pareille eau, absorbe une masse de matières salines dont l'action sur l'appareil digestif cause inévitablement la diarrhée. L'eau n" 2 de la source de Ford Farm offre une analogie frappante avec l'eau n" 1, bien qu'elle ne soit pas aussi riche en matières salines, et son absorption par le bétail doit être suivie des mêmes effets. Ainsi, l'analyse confirme que certaines eaux de la formation basi- que ont des propriétés laxatives, et que l'argile bleue du lias est la cause première du mal dans les localités où le bétail s'abreuve des eaux qui y prennent leur source. La forte proportion de sulfates que contiennent les eaux de l'argile basique explique l'odeur particulièrement désagréable d'hydrogène sulfuré qui s'en dégage, parle contact des sulfates et des matières organiques dans le sol dépourvu d'une circulation d'air sufTisante. Si les eaux dures des sources du lias sont beaucoup plus froides en été que celles des étangs, des marais, etc., on ne saurait attribuer à leur température ce qui est le fait de leur composition. L'eau des tourbières, toujours douce, renfermerait, afïirme-t-on, un principe astringent, à l'instar du tannin, qui en ferait un. remède contre les désordres de la diarrhée, mais le tannin qui se forme dans les matières végétales fraîches est un composé trop sujet à facile décomposition pour exister dans la tourbe. Des expériences directes qu'il a faites sur la composition des tourbes, Vœlcker déduit qu'elles ne renferment ni tannin, ni principes astringents analogues, mais bien certains composés d'acide ulmique et d'acide humique qui colo- rent les eaux stagnantes des tourbières. Influence des herbages. — Suivant les théories botaniques en cours, la propriété des terres du Somerset serait due à une ou plusieurs espèces de plantes médicinales qui abondent dans les pâturages à effet purgatif, à savoir: le Linum cdtharticum (lin ca- thartique), YAha respitosa (couche gazonnante), le Bumex acetosa (oseille), le Leontodon taraxacum (lion-dent) ou. \t Colchicum au- lumnale (safran des prés). Dans les visites faites par Vœlcker, rien TRAVAU.K ET EXPERIENCES DU D' A. VŒLCKER. 25 ne. lui a indiqué la j)rédominanco de ces plante.s dans les prés des Polden Hills, pas i)lus ((uc dans ceux des environs de Cirencester. La plupart, du reste, se rencontrent dans les pàlui-ages où les ani- maux paissent sans éprouver de diarrhée continue. Reste alors l'explication que les herbes des prés en question offrent une alimentation insuffisante et par conséquent laxative. Mais est- elle insuffisante parce que le sol pèche sous le rapport de matières organiques et minérales? Il y a lieu de répondi'c négativement. Est- elle insuffisante parce que le sol est privé de certaines substances essentielles? L'engrais, dans ce cas, permettrait de remédier au mal; au contraire, il l'aggrave. TABLEAU VII. — Analyses de foins laxatifs et normal. FOIN laxatif de FOIN NORMAL de FOIN LAXATIF récolté FOIN d'un sol touibeux recouvert Rugg Farm prés tourbeux de sol à Cossington. 1. à Meare. 2. à Meare. 3. à herbes laxatlves à Meare. 4. a. 6. a. b. Cendres p. 100 de foin séché à 100° C 8.94 1.707 7.11 7.14 10.24 10.38 8.70 2. 3 54 Azote 1.414 1.782 Correspondant à matières azotées. 10.6G8 8.837 11.137 14.712 Analyse des cendres j). 1 00. Chaux » 1) 12.05 3.27 12.31 2.71 11 Magnésie Oxyde de fer )) )) )> 0.33 21. 3G 8.03 0.89 17.47 20.01 » » l'otasse Chlorure de potassium Chlorure de sodium » 9.08 4.G1 1.70 0.42 » 1) Acide phosphoi'ique )t Acide suH'urique » 4.3G 3.76 » Silice }) 1> 37.34 » 27.22 1.51 1) Acide carbonique et perle. . . . 100.43 100.00 L'herbe des prés tourbeux est des plus pauvres et ne purge pas 26 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. \o. bétail, tondis que l'iierbe des prés où le bétail est purgé est le plus souvent luxuriante, et rien à r(eil ne la distingue de l'berbe des meilleurs pâturages. Vœlrker n'en a pas moins voulu rechercher, à l'aide de l'analyse, les différences chimiques enti'e le foin fi'ais provenant de prairies salubres et de prairies à effet laxatif. Il convient de noter que le foin de ces dernières, quand il est frais, a les mêmes effets que l'herbe sur pied. Quand il est récolté tardi- vement, il perd ces propriétés ou bien elles sont moins accusées. Les résultats des analyses sont consignés dans le tableau VII ci- dessus. Il ressort du tableau VII que le foin laxatif renferme plus de matières minérales que le foin normal de la même localité. Pour 100 kilogrammes de foin laxatif de Meare, il y a I kilogramme de inatièrcs minérales en plus que dans le foin normal récolté sur les prés lourbeux du môme endroit. La proportion pour 100 de ma- tières minérales n'est pas seulement plus forte, mais la composition des cendres diffère essentiellement sous le rapport de la silice et de la potasse, comme du chlore. Enfin, la teneur en matières azotées du foin à effets laxatifs est plus élevée que celle du foin normal. Si la, composition du fourrage frais au lieu du foin, avait pu être détermi- née, elle aurait révélé, quant à l'analyse organique, des différences encore plus marquées. Ainsi, se référant aux résultats qu'il a déjà constatés sur les dif- férences en azote qu'accusent les turneps, le trèfle, le raygrass, suivant leur état plus ou moins avancé de maturité, Vœlcker n'hésite pas à conclure qu'un plus haut titre en azote, du foin à effet laxatif, correspond à un état de maturité et à une condition de nutrition moins complètes qui justifient pleinement, neuf fois sur dix, les plaintes contre les herbages en question. Il ajoute qu'il a maintes fois constaté les propriétés laxatives de trèfles et d'herbes luxuriantes, venues rapidement et renfermant à hautes doses de l'azote et des cendres, surtout dans les prés arrosés. Le fait (jue l'emploi d'engrais sur ces prairies accroît le mal, s'ex- plique en raison de la végétalion luxuriante de l'herbe et du relard apporté à sa maturité, avant l'époque de la fenaison. Gomme il y a TRAVAUX KT EXPÉRIKNCES DU o'" A. VOELCKER. 27 abondance de nialièrcs assiinilal)los dans le sol liasiiiiic, le dévclop- pcmriil licrhacf'', anx mois secs de ïi'U\ i)i-ogTCSse trop rapidciiiciil, (le (elle sorif ipic si riinlic pi'iit l'estor siif pied jiisipi'anx premièi'cs liclées de nov('nd)i(% la inaturilé ayant en le temps de s'elfectncr. rinconvénient disparaît on est notahlenuMit mitigé. Les conclusions de ce travail sont les suivantes: I. Les tenvs argileuses du lias ne renienncnt rien de nuisihle ;'i la v(''gétation ; "2. Elles contiennent en abondance les matières assimilables i)ro- pres à la plante ; 3. Les eaux de la formation basique sont très dures ; beaucou|) d'entre elles jouissent de i)ropriétcs purgatives pour le bétail; A. Dans quelques cas exceptionnels, les terres sur lesquelles les prés ont une action purgative sont mal di'ainées; 5. Dans la plupart des cas, le mal est du à la maturité incomplète de l'berbe consommée par le bétail, sur le pré ou à l'état de foin ; G. Ce défaut de maturité est plus remarquable pend mt les mois cbauds et secs, quand l'berbe croît très rapidement ; 7. 11 est attribuable principalement au caractère du sous-sol ; 8. Rien n'indique que des berbes d'espèces particulières vient la cause du mal. En regard de ces conclusions, les remèdes se foi'iuulent natu- rellement ainsi qu'il suit : 1 . Dériver les eaux dures du lias et al)reuver le bétail d'eau douce ; 2. Construire poui' cela des réservoirs à eau pluviale; :^. Recourir dans quelques cas exceptionnels à un meilleur diai- nage ; A. Éloigner le bétail autant que faire se peut des prairies à elVct laxatif, pendant les mois de l'année où l'berl)age est le plus luxu- riant ; 5. Retarder la fenaison ])our que l'berbe atteigne, s'il est possible, sa maturité ; fi. Au cas où aucun de ces moyens n'aura réussi, surtout si riieibe persiste à ne point mûrir, ce qui arrive le plus souvent et cause le mal, ne point craindie de défoncer les prairies pour les convertir eu leries arables. 28 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'agronome émiiient, M. PorLiiiaii, fort de l'expérience acquise sur les terres laxatives de Pylle, se range à cette dernière conclusion comme étant la seule pratique et recommandable. Le trèfle venu sur ces prairies défoncées, le chaume de trèfle et les racines que con- somment les moutons, n'ont en effet aucune propriété purgative. IL — Pouvoir absorbant des sols arables. Outre les observations publiées par Thompson dans le Journal de la Société royale d'agriculture d'Angleterre \ sur les propriétés ab- sorbantes des terres arables, le savant professeur Way, prédécesseur de Vœlcker, en qualité de chimiste-conseil de la Société royale, avait élucidé ce sujet par une série de recherches qui ont pris place dans les annales de la science. Par ses travaux, Way a démontré que les terres arables, non seulement absorbent et retiennent l'ammo- niaque gazeuse, mais qu'elles séparent cette base, de même que la potasse et les autres substances fertihsanles, de leurs combinaisons solubles. Ses essais ont été faits surtout sur des sols simples, et on a pu arguer avec quelque raison que dans le cas de mélanges com- plexes de substances solubles, tels que ceux fournis par les engrais liquides ou les purins, il pouvait s'opérer, dans les terres arables, des modifications telles qu'il y ait perte d'éléments de fertilité, prin- cipalement si les engrais sont appliqués longtemps avant que la récolte soit ensemencée. En d'autres termes, il a été objecté que parce que le sol absorbe l'ammoniaque d'une dissolution de sulfate ammoniacal, ce n'est pas un motif pour qu'il l'absorbe, quand les sels ammoniacaux sont mêlés à une demi-douzaine d'autres subs- tances. Les essais de Vœlcker, dont le résumé suit, ont porté sur l'absorp- tion par les différentes terres, de l'ammoniaque en dissolution; du chlorhydrate et du sulfate d'ammoniaque ; des purins de fumier con- sommé et de fumier frais; des engrais liquides; des phosphates so- lubles ; de la potasse ; du carbonate et du sulfate de potasse ; du chlo- rure de potassium; du nitrate de potasse ; de la soude; du chlorure 1. Journ. of the Roy. agr. Soc, vol. XII, p. 68, l'* série. TRAVAUX KT EXPÉRIKNCES DU I)'' A. VOKLCKKH. 21> (le sodium; du sulfate cl du uilruLe de soude, cl couslituenl un en- semble des plus importants i)iuu- la délenninalion du rôle du sol cl de l'engrais par rapport à la plante. 1. — Absorption de l'ammoniaque Les expériences de Vœicker sur le pouvoir absorbant pour l'ani- nioniaque, des sols d'une composition déterminée, ont liait à cinn types de terres différentes par leurs caractères pliysiques et chimi- ques, à savoir : i° une argile calcaire ; 2» un loam fertile, renfermant un peu de chaux, dont le ihélange a été fait en parties égales avec le sous-sol argileux sui^ lequel il reposait; 3° le sol et le sous-sol d'un champ argileux tenace, renfermant à peine de sable ; 4" un sol sa- bleux stérile renfermant beaucoup de matière organique et à peine de chaux; 5" un sol de pâturage, ou terreau, contenant de la matière organique en abondance et une bonne moyenne de sable et d'argile. Les analyses mécanii[ues et chimiques de ces sols et sous-sols sont rapportées dans le tableau Mil. i"" série. — La solution ammoniacale qui a servi aux premières expériences titrait 0,o32 d'ammoniaque caustique pour 1000 de li- quide. Après des agitations fréquentes avec le sol expérimenté, et trois jours de repos, le li(juide, clair, décanté, avait perdu les doses suivantes d'ammoniaque correspondant aux ([uanlités absorbées par les divers sols, à savoir : Pour lOuO parties de sol. 1. — Sol argileux calcaire 0.882 2. — Loam fertile (sol et sous-sol mélangés en parties égales) . . CSOi 3. — Sol ai'gileux compact (surface et sous-sol uiélangrs en parties égales! 0.7J4 4. — Sol salileux stérile O.SGS 5. — Fol en pâturage 0. JTG Sans entrer dans le détail de ces expériences pour chacune des- (luelles le dosage a été contrôlé, notamment eu égard à l'am- moniaque que l'acide humique pouvait neutraliser, il y a lieu de re- 1. On Iftc choinicul propvrlics of soils. juin ISGO. 30 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU VIII. — Composition des sols essayés pour absorption de l'ammoniaque. Anolijse mécanique Eau Matière organique et eau combinée Chaux, magnésie, etc. . Carbonate de chaux. . . Argile Sable Analyse cltiinique, so r, argileux calcaire. 1. EliU Matière organique. . Eau combinée . . . Oxydes de fer . . . Alumine Chaux Carbonate de chaux. Sulfate de chaux. . 1.51 11.08 1) 10.82 52.06 24.53 100.00 Magnésie Potasse Souile Acide phosphorique. Chlore Acide sulfurique . . Acide carbonique. . Silicates insolubles . Silice soluble . . . 1.51 11.08 li.25 10.82 0.71 0.51 0.32 0.05 0.10 GO. 65' SOr, LOAM FKRTILE. SiD'face. S-ius-sol. 4.;î8 1.37 )) 18.09 76.16 100.00 4.oi; ) 3.15 I 2.15 0.77 » 0.13 0.40 0.13 0. 12 Traces. 0.06 0.31 88.31' 100.00 100.00 2.59 41 .79 55. 15 100.00 : . o 9' SOL JRGILEIS COMI'ACI. 3. Surface. 3.91 4.80 2.19 ') 78.13 10.97 100.00 7.16 5.39 0.26 1.22 0.88 0.28 0. 19 Traces. 0.02 1.79 80.24 100.00 3.91 4.80 7 . 85 2.08 0.15 0.32 0.04 Sous-sol. 9.46 4 . 87 1.12 » 75.29 9.26 100.00 SOL sableux stérile. 4. 5.36 0.25 » 4.57 89 . 82 100.00 100.00 9.46 4.87 17.38! 1.02 0.13 0.92| 0.45| 0.06 65.71 SOL de prairie. 5. 2 .42 11.70 1.54 48.39 35.95 100.00 \ Il .420 ,700 » 100.00 5.36 5.70 I) 0.25 0.49 Traces. )} 0.08 I) 87. IP 1.01 I1.8G0 100.00 67 4. , 240 .306 II 910 112 ,080 530 090 100.248 1. Priacipalement de l'argile. 2. — du sable. 3. Renfermant 0.182 azote zjz 0.220 ammoniaque. 4. — 0.03 azote = 0.11 — marquer que le sol sableux stérile a absorbé à pou près autant d'ammoniaque que le sol calcaire et plus que le sol argileux com- THAVVUX ET EXPÉIUENGKS DU D'' A. VOEr.CKKH. 31 (lacL Ainsi les sols ai'gileux iio sont pas seuls à jouir de la |iin|)iir't(; de retenii' l'ammoninque. Les sols sableux la ftossèdeiit égaleiinnl, ce que confirme la pratique avantageuse des engrais, tels (pic le iii- •Irate de soude, le sulfate d'ammoniarpie et les autres malièrcs solu- ])les appli(piées en couverture avant la saison des fortes pluies. Si ces engrais étaient proinptemcnt lavés dans les terres sableuses, cette pratique serait un non-sens. Il est vrai que les terres argileuses, en général, ont à un plus haut degré le pouvoir de retenir les ma- tières fertilisantes, mais il n'y a pas lieu pour cela de craindre que le sulfate d'ammoniaipie ou le guano, répandus sur un sol sableux léger, soient sans action sous l'influence des pluies. On remarquera de même que le sol en pâturage où abonde la matière organique, a absorbé le moins d'ammoniaque. La raison en est-elle dans la présence de la matière organique ou dans d'autres circonstances particulières de ce sol? D'autres essais seraient né- cessaires pour trancher la question. Toujours est-il que sur les terres en pâturage d'ancienne date, les engrais ammoniacaux produisent peu d'effet, tandis qu'ils en ont un remarquable sur la croissance de l'herbe. Dansées sols de pâturage ancien, il y a toujours excès de matière organique et il se pourrait (pi'elle empêchât l'absorption de l'ammoniaque. 2" série. — Le degré de concentration de la dissolution d'anuuu- niaque pouvant modifier les résultats , Vœlcker a repi'is les expé- riences sur les mêmes sols déjà traités, avec un liquide plus concentré, c'est-à-dire contenant à peu près le double d'ammoniaque, soit 0.67ci pour 1 ,000 de liquide. Les résultats constatés diffèrent absolument de ceux de la précé- dente série, en ce sens que l'absorption est à peu i)rès identique pour quatre des sols mis en expérience et très peu inférieure poui- le cinquième, n" 3. Les doses totales absorbées sont les suivantes, après les deux essais : pom- 1,000 parties de sol. 1. — Sol argileux calcaire 1.5193 2. — Loani fertile 1.5303 3. — Sol argileux compact 1.1-240 4. — Sol sableux stérile 1.5220 5. — Sol en pâturage 1.5217 32 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le sol en pâturage a absorbé beaucoup plus d'ammoniaque dans cette deuxième expérience que dans la première ; ce qui l'a rangé au niveau des autres. Tandis que dans le premier essai, une partie de la matière organique avait passé dans la solution décantée en la colo- rant en jaune foncé, dans le second essai, la solution était à peu près incolore, ce qui indiquerait que les acides organiques du sol, eu se combinant avec, l'ammoniaque de la dissolution faible du premier essai, avaient donné naissance à des combinaisons solubles, avant que les composés insolubles eussent pu se former dans le sol; de telle sorte que les acides oiganiques ayant été enlevés dans la première expérience, le sol a développé sa propriété absorbante dans la se- conde. 3" série. — Bien que ces deux séries d'essais démontrent que, quelle que soit leur nature, les sols absorbent plus d'ammoniaque dans une dissolution forte que dans une dissolution faible, mais qu'ils ne l'ab- sorbent pas complètement, une troisième série d'expériences a été suivie sur un même sol avec quatre dissolutions anuuoniacales de différents titrages. Le sol choisi renfermant beaucoup d'argile et de carbonate de chaux, appartenait aux argiles calcaires, moyennement compactes et absorbantes ; en voici la composition : Eau 4.72 Matière organique et eau (le combinaison 11.03 Oxydes de fer 9.98 Alumine G. 06 Carbonate de chaux 12.10 Suil'ate de chaux 0.75 Alcalis et magnésie (par perte] 1.43 Silice soluble 17.93 Matières insolubles (argile) 36.00 100.00 Les quatre dissolutions d'ammoniaque dans l'eau distillée titraient : Pour 1000. N» 1 0.634 N" 2 0.304 N" 3 0.176 KM 0.0S8 TRAVAUX ET EXPKniENGES DU d' A. VOELCKER. 33 100 i>roinines de sol fiirciit Unités par 4 litres environ de chaque dissoliilion, riéquemiiient ngilés; puis le liquide décanlé après quatre jouis (le repos, a été dosé. Suivant le degié de concentration des difl'ércntes dissolutions , 1,000 parties de sol ont absorbé : .Oe la sulutioii n" 1 1.32 — n» 2 . G4 — Il" 3 0.2(5 — Il" 4 0.10 Ainsi, In quantité absolue d'ammoniaque que le sol absorbe est d'autant plus grande tpie la dissolution est plus forte ; mais les dis- solutions faibles sont relativement plus épuisées que les autres. Tandis que dans les deux premiers cas, moitié environ de l'ammo- niaque est retenue par le sol, dans le troisième il n'y a qu'un tiers, et dans le quatrième, un quart environ de retenu. 4* série. — Les expériences ont été poursuivies dans le but de re- connaître si le même sol, après avoir absorbé autant d'ammoniaque que possible au contact d'une dissolution faible, pouvait en absorber davantage en contact avec une dissolution plus forte. Poui- cela, le sol, après traitement par la solution n" 3 (dans la précédente série), a été soumis à l'action de la solution n" 1 ; celui traité par la solution n" 3 à l'action de la solution n" 2 ; enfin, celui traité par la solution n° -4 à l'action de la solution n" 3. Les résultats ont été les suivants : 1000 parties du sol n" ô, ancien n" 2, ont absorbé en total 1 .CS7 d'ammoniaque. — n" 6 — n" 3 — — 0.737 — — . n" 7 — n" l — — 0.374 — D'où il semblerait résulter (jue non seulement le degré de la dis- solution influe sur la (juantité d'ammoniaque retenue par le sol, mais encore que la quantité de liquide traversant le sol affecte la jiropor- tion d'ammonia([ue que le sol est capable d'absorber. Il résulterait également de ces essais qu'un poids donné de sol doit retenir plus d'ammoniaque au contact d'un grand volume de li([ueur ammoniacale (|ue d'un petit volume de cette même liqueur. Mais il faut des expériences suivies pour le démontrer. On ne sau- rait en effet estimer exactement la perte d'ammoniaque que subis- .\.\.\. SCIE.NCE AQRON. 3 34 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sent les engrais ammoniacaux au contact du sol, si on no connaît pas intimement les conditions dans lesquelles cette remarquable pro- priété des terres se manifeste. 5" série. — Quel que soit le pouvoir absorbant des sols pour l'am- moniaque, cet élément de fertilité est-il assez complètement fixé ou d'une manière assez durable pour pouvoir être utilisé entièrement par la plante? Les eaux de drainage au printemps renferment inva- riablement, on le sait, de l'ammoniaque entraînée par les pluies. Il y a donc lieu de rechercher expérimentalement quel est le pouvoir des sols pour retenir l'ammoniaque. Pour cela, Vœlcker a soumis 100 grammes du même sol traité dans la 3" série d'expériences et, ayant absorbé 4.66 d'ammoniaque au contact d'une dissolution ammoniacale concentrée, à sept lévi- gations successives avec 4 litres d'eau distillée par opération, qui ont enlevé : 1" lévigiition 0.23G 2« — 0.642 3* — 0.610 4" — 0.622 } 2.631 d'ammoniaque. 6« — 0.120 6^ — 0.193 7^ — 0.228 Ainsi, quoique le poids de sol soumis à l'expérience ait été traité par 28 fois son poids d'eau, seulement la moitié de l'ammoniaque préalablement fixée a pu être enlevée par lavage méthodique. Un tel lavage n'a pas lieu dans la nature par l'action des pluies. Il sem- blerait donc, d'une part, que la propriété qu'ont les terres d'absor- ber l'ammoniaque est pins prononcée que celle dont elles jouissent de rendre à feau fammoniaque déjà fixée, et, d'autre part, que la lé- vigation des terres par les eaux pluviales n'a pas les effets que cer- tains cultivateurs redoutent. Il y a d'autant moins lieu de craindre ces effets que chaque pluie rend soluble une partie de l'ammoniaque que le sol a primitivement absorbée. Or, une des fonctions du sol est précisément d'empêcher l'accumulation des matières solubles fertilisantes, en les rendant insolubles, ou, pour parler plus correc- tement, en diminuant la solubilité de celles qui autrement nuii-aient TRAVAUX ET EXPÉIi I ENGES DU iV A. VOELCKKU. 35 par leur excès nu (l('veloj»[)cmeul des phuiles, de façon (juc le sol, non seule nient enipèclie la d(''pi'idilion de ramnioniacjuc dans des engrais tels que le guano, le suH'ale d'ammoniaque, etc., mais il emmagasine celte ammoniaque à un état d'insolubilité tel qu'elle puisse encore être directement utilisée par les plantes. 6^ série. — La 6" série d'expériences s'est faite sur les mêmes sols que ceux choisis pour la 1'" série (tableau Vlll), avec une dissolution renfermant 4.1 i de chlorhydrate d'ammoniaque, soil 0.3C d'ammo- niaque pour i,000 parties. Elle a donné les résultats suivants : 1. — 1000 parties de sol calcaire ont absorbé 0.G8 d'ammoniaque. 2.— ~ de loam fertile — 0.76 — 3. — — de sol argileux — 0.80 — 4 — — de sol sableux — 0.1 G — ô. — — de sol en pâturage — 0.6i — Les quantités absorbées varient considérablement, car le sable en a fixé une très faible ; mais l'ensemble des résultats prouverait qu'un sol peut absorber une forte dose d'ammoniaque libre, sans jouir de la propriété de séparer ni de fixer l'ammoniaque que renferme un sel ammoniacal. 7" série. — Les expériences de la série précédente, répétées avec une dissolution de sulfate d'ammoniaque titrant 0.228 d'ammoniaque pour i ,000, ont fourni les résultats ci-après : 1. — 1000 parties de sol calcaire ont absorbé 0.G08 d'ammoniaque. 2.— — de loam fertile — O.GiO — 3. — — de sol argileux — 0.576 — 4. — — de sol sableux — 0.25G — 5. — — de sol en pâturage — 0.448 — Le sol sableux a également absorbé peu d'ammoniaque du sulfate, et l'ensemble représente un pouvoir d'absorption moindre pour l'am- moniaque à cet état de combinaison ijue pour l'ammoniaque libre. 8* série. — Vœlcker a renouvelé sur le sol calcaire ayant servi dans la S*" série, les mêmes essais de lévigation après l'absorption de l'ammoniaque contenue dans la dissolution de sulfafe, pour consta- ter s'il la retenait dans les mêmes conditions. Le sol, dans une dissolution concentrée de sulfate ammoniacal, 36 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ayant fixé jusqu'à 2.78 d'ammoniaque pour 1,000, conformément à ce qui avait eu lieu pour la dissolution d'ammoiiiaciue caustique, il fut procédé à cin{j lévigations successives qui enlevèrent : l^Mévigation 0.278 d'ammoniaque. 2<= — 0.633 — 3'= — 0.813 — 4^ — 0.416 — je _ . . . .• 0.242 — 2.382 d'ammoniaque. Celle quantité, par rapport à celle de 4,872 absorbée effective- ment, représente environ la moitié. Les résultats obtenus avec une dissolution d'ammoniaque libre dans la 5^ série d'expériences, se trouvent ainsi confirmés. 9*' série. — La même nature d'essais a été répétée sur le sol de la S*" série, après traitement par une dissolution concentrée de chlor- hydrate d'ammoniaque renfermant 8.02 d'ammoniaque par 1,000. Le sol ayant séparé 3.20 d'ammoniaque pour i, 000 abandonna par quatre lévigations les quantités suivantes : r*^ lévigation 0. i09 d'ammoniaque. 2« — 0.6i6 — 3^ — O.Sll — 4« — 0.499 — 2.0GÔ d'ammoniaque. Cette quantité, par rapport à celle de 9.60, effectivement absorbée par le sol, représente encore environ la moitié, et confirme les résul- tats obtenus dans la 5" et la 8" série. Ainsi, que le sol ait absorbé de l'ammoniaque à l'étal libre ou à l'étal de combinaison avec l'acide sulfurique ou chlorhydrique, l'eau en enlèvera de nouveau une certaine quantité, mais dans chacun des cas, la propriété tju'a le sol de retenir l'ammoniaque est beaucoup plus grande que celle dont il jouit de la rendre à l'eau. Vœlcker tire des neufs séries d'expériences que nous avons résu- mées les conclusions suivantes : 1. Tous les sols soumis à l'expérience ont la propriété de retenir l'ammoniaque contenue dans une dissolution aqueuse ; TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D""- A. VOELCKER. 37 2. Le sol sableux a absorbe autant d'ammoniaque que le sol argi- leux ; 3. Les sols liclies eu matières organicpies retiennent moins d'am- moniaque que ceux où ces matières ne sont pas en excès; k. Les différences dans le pouvoir absorbant des divers sols, sa- bleux, calcaires et argileux, ne sont pas aussi grandes qu'on le croit généralement ; 5. Aucun sol n'a la propriété de fixer la totalité de l'ammoniaque avec laquelle il est mis en contact ; 6. Le sol absorbe plus d'ammoniaque au contact d'une dissolution concentrée ; mais les dissolutions plus faibles sont relativement plus épuisées que les dissolutions fortes ; 7. Les sols riches en matières organiques (acides humiques) com- mencent par absorber moins d'ammoniaque au contact de liqueurs faibles ; mais plus tard ils en absorbent davantage au contact de liqueurs fortes ; 8. Un sol qui a absorbé une quantité déterminée d'ammoniaque au contact d'une dissolution ammoniacale faible, en absorbe de nouvelles quantités au contact de dissolutions plus fortes ; 0. Tous les sols expérimentés absorbent non seulement l'ammo- niaque à l'état libre, mais aussi celle existant dans les dissolutions de sels ammoniacaux ; 10. Avec les dissolutions de sulfate ou de chlorhydrate d'ammo- niaijue, la base seule est retenue par le sol, tandis que l'acide reste dans le liquide, associé à la chaux et aux autres matières minérales; 11. Les dissolutions de sels ammoniacaux filtrées à travers le sol lui enlèvent plus de matières minérales que les dissolutions aqueuses d'ammoniacjue caustique ; 12. Les sols absorbent plus d'ammoniaque au contact des dissolu- tions fortes de sels ammoniacaux qu'au contact des dissolutions fai- bles ; 13. Non seulement le degré de la dissolution, mais le volume, in- fluent apparemment sur la dose d'ammoniaque que retient le sol; 14. Dans aucun cas, l'ammoniaque absorbée par le sol n'est fixée d'une manière assez complète ou durable, pour (juc par lavage il ne soit possible de lui en enlever des quantités appréi-iables ; 38 ANNALES DÉ LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 15. Les quantilés enlevées par lavages successifs sont faibles re- lativement à celles réellement retenues par le sol; 16. Les sols ont plus de force pour absorber l'ammoniaque que Veau n'en a pour la dissoudre une fois fixée ; 17. Les pluies d'orage ne sont pas à craindre dans l'utilisation pour les céréales des engrais ammoniacaux appliqués en couverture ; 18. Toutefois, dans les saisons très pluvieuses, ces terres ainsi fu- mées, même les argiles tenaces, perdent des quantités appréciables de l'ammoniaque contenue dans l'engrais. 2. — Absorption des purins de ferme. Les expériences de Vœlcker sur les modifications qui se produi- sent dans les terres arables par l'application des purins de ferme', ont été exécutées avec un poids déterminé de sol, 1 partie en poids, et un grand excès de liquide, 2 parties en poids. Après mélange intime et un repos de 2i heures, le liquide décanté fut filtré et litre. a. — Essais avec du purin de fumier conso)iimé. L'analyse mécani{{ue et l'analyse chimique de la terre (jui a servi à ces essais figurent sous le n" 1 dans le tableau IX. Le sol superficiel renfermant beaucoup de matière organique, assez d'argile, peu de sable et de la chaux à l'état de calcaire, a été mélangé en parties égales avec le sous-sol plus riche en argile el moins friable. Cette terre arable rentre dans la classe des marnes argileuses tenaces. Dans un premier essai 1:20,5 grammes de sol superficiel et 1:29,5 grammes de sous-sol ont été traités par 259 grammes de purin, dont la composition chimique est donnée plus loin ; dans le second essai, le même poids de sol a été traité par 250 grammes de purin mélangé avec un poids égal d'eau distillée. Les deux essais ont eu pour ré- sultat que plus des deux tiers de l'ammoniaque contenue dans le purin naturel ou dilué, à l'état de sels ammoniacaux, ont été absor- bés par cette petite quantité de sol. 1. On Farm i/ard iiianiire, juin 1807, TR.A.VAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELGKER. 39 Si, malgré le volume de liquide fillré, le sol retient deux tiers de rammoniiUjiie, il est permis de ne pas craindre la déperdition d'am- moniacjue, vu la masse du sol arable, daii.^ ta pratique qui consiste à répandre le fumier en automne. TABLEAU IX. — Composition des sols essayés pour absorption des purins. Eau. . . MARNE A * Surface. RGILiEUSF.. l. Sous-sol. Sable léger. 2. 5.36 25.86 14.30 ■ 34. 8 i 19.64 3.66 8.79 26.03 56. 76 4.76 3.-Î5 13.94 11 2.82 ' 6.30 i 6.67 ( 47.00 19.82 Matière organique et eau combinée Chaux i grossière Argile •, fine ' en suspension ( grossier. . Sable ; ( fin . Eau 100.00 100.00 100.00 5.36 25.86 13.88 li.30 0.5 G » 1.04 1.07 1 0.18 ' 11 Traces. Il 38.75 3.66 8.79 10.13 26.03 » }) / 11 » 49.73 3.45 13.94 5.87 14.74 . :i 1 0.5:j 0.18 » 0.25 )) 0.11 0.06 11 7.4 2 53.32 .Matière organique et eau combinée Oxydes de fer .\luniine Carbonate de chaux . Sulfate de chaux- Maynésie Carbonate de magnésie Soude Chlorure de sodium Acide phosphorique Silice soluble ... Matières insolubles 100.00 100.00 100.1 s La composition chimique d'un litre de purin avant et aprcï> filtrage sur le sol n" 1 est donnée ci-après. 40 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Avaut filtrage Après filtrage COMPOSITION Dn PURIN. dans le sol. daus le sol. — Grammes. Grammes. Ammoniaque à rétat de sels ammoniacaux 0.280 0.098 Matières organiques 1.911 1.689 Silice 0.011 0.031 Phospliates de chaux et de fer 0.113 0.022 Carbonate de cliaux 0.249 1.137 Sulfate de chaux 0.031 0.113 Carbonate de magnésie 0.183 0.088 Chlorure de sodium 0.32G 0.269 — de potassium 0.503 0.377 Carbonate de potasse 1.216 0.061 4.823 3.888 On remarquera que le liquide a subi de notables changements après avoir été en contact avec le sol, notamment en ce qui concerne le carbonate de potasse ; ce qui démontre que le sol jouit non seule- ment de la propriété d'enlever l'ammoniaque des sels ammoniacaux en mélange avec d'autres substances fertilisantes, mais encore la po- tasse soluble des composés potassiques. De plus, une quantité consi- dérable de chlorure de potassium est retenue; de telle sorte que, par rapport à la soude pour laquelle le sol se montre à peu près indiffé- rent, il absorbe avec avidité les sels solublcs de potasse. Cette propriété des sols -a pour effet de convertir les sels de po- tasse que renferment les engrais en composés qui, tout en n'étant pas insolubles dans l'eau, sont pourtant assez difficilement solublcs pour ne permettre à la plante d'en assimiler qu'une quantité limitée, dans un temps donné ; de là, une dose à peu près constante de po- tasse que l'on rencontre dans les cendres des récoltes. Pour la soude, au contraire, dont la présence dans les cendres des végétaux cultivés est très variable, surtout à l'état de chlorure de so- dium, suivant les conditions locales des terres, il est évident, puisque les terres arables ne l'absorbent pas en quantité, que les plantes qui puisent par leurs spongioles radiculaires, sans vertu sélective, dans les dissolutions avec lesquelles elles sont en contact, n'assimilent une plus grande quantité de soude que dans les terrains plus riches en cet alcali ou amendées avec du sel marin. Il y a lieu encore de remarquer dans les analyses ci-dessus, le pou- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 41 voir absorltanl du sol pour les phosphates, et inversement la (juan- tilé de carbonate de chaux (pii a été dissoute et entraînée pai' le filtrage. Les résultats constatés dans ces premiers essais doivent varier îîuivant les sols; ils n'en confirment pas moins les observations de Way quant à leur pouvoir absorbant pour l'ammoniaque, la potasse, la soude et la chaux. Pour les compléter, il a été procédé à une lévigation du même sol avec de l'eau pure. La composition du résidu par litre d'eau après filtrage a été trouvée la suivante : Grammes. Matière organique avec un peu (l'eau combinée 0.G84 Carbonate (le chaux 0.383 Sulfate (le chaux 0.nS2 Phosphate de chaux et un peu d'oxyde de fer 0.009 Carl)0iKite de magnésie 0.007 Chlorure de sodium 0.018 rotasse 0.014 Silice 0.013 1.210 Cette liqueur renfermait une forte proportion de matière organi- que lui donnant une coloration jaune et une odeur fétide. L'eau pure peut donc rendre soluble une quantité notable de ma- tières minérales qui se retrouvent dans les ccndi-es des récoltes et sont nécessaires à leur croissance. b. — Essais avec du purin de fumier frais. Le sol traité par du purin de fumier frais était sableux, léger, rougeâtre, très poreux, renfermant beaucoup de matière organique, mais peu d'argile et encore moins de chaux, comme l'indiquent les analyses mécanique et chimique sous le n° "1 du tableau IX. On soumit 325 grammes de ce sol au même poids de purin frais mélangé avec son poids d'eau distillée, soit avec 050 grammes de hquidc mixte. L'analyse du h(juide avant et après filtrage à travers le sol a donné les résultats suivants : 42 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Avani filtrage Après filtrage daus le sol. dans le sol. Grammes. Grammes. Ammoniaque libre 0.109 0.101 Matières organiques 5.112 4.303 — inorganiques (cendres). ._ 4.4G3 3.50i Matières solides par litre 9.68i 7.908 Analyse des matières inorganiques. Silice 0.068 0.214 Phosphates de chaux et fer 0.518 0.473 Carbonate de chaux 0.425 0.304 Sulfate de chaux 0.102 Traces. Carbonate de magnésie 0.071 0.034 — dépotasse 2.121 1.225 Chlorure de potassium 0.432 0.563 — de sodium 0.72G 0.691 4.463 3.504 Les matières organiques renfermaient : Azote 0.221 0.179 Égal à ammoniaque 0.269 0.218 La proportion d'ammoniaque libre, comme celle de l'ammoniaque des matières azotées, retenue par ce sol, est peu considérable. 11 est clair que de tels sols possèdent, à un bien moindre degré que les sols compacts, la propriété d'absorber beaucoup d'éléments ferti- lisants. L'alumine, bien qu'en quantité notable, se trouve dans le sol soumis à l'expérience, à l'état libre ou si faiblement combiné avec la silice qu'elle peut facilement en être séparée par des acides faibles. Way avait d'ailleurs déjà constaté que le pouvoir absorbant des sols ne dépend pas autant de l'alumine à l'état libre que de ses combinaisons particulières. Il est plus que probable que les terres argileuses arables contiennent des silicates doubles auxquels Way attribue leurs dilTérentes propriétés absorbantes, et qu'en détermi- nant seulement la jjroportion d'argile contenue, on n'arrive pas à déterminer les conditions de leur productivité agricole. Dans cette seconde série d'essais, le cbangementle plus important apporté par le filtrage dans le sol, se rapporte à la potasse dont près TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU Ti' A. VOELCKER. 43 de la moitié a été absorbée, tandis que pour la soude, comme dans les essais précédents, la diminution est peu sensible. En outre, comme le sol est dépoiu'vu de cliaux, une partie du carbonate de chaux et la totalité du sulfate de chaux ont été absor- bées. Par ce motif, le résultat est conti'aire à celui constaté précé- demment. Dans l'état des connaissances que l'on possède sur les fonctions du sol, il n'y a guère lieu de tirer d'autres conclusions des analyses fournies par le filtrage des purins à travers les types de sols choisis pour ces essais. 3. — Absorption des engrais liquides '. Les expériences de Vœlcker sur les purins ont été continuées sur les engrais hquides mis en contact avec des sols de composition dé- terminée. Une première série de quatre essais a été tentée avec le même engrais liquide, dont la composition est donnée dans le tableau XI, sous le nom d'engrais liquide I, appliqué à quatre sols dont l'ana- lyse figure dans le tableau X, colonnes 1, 2, 3 et 4. Le sol n" 1, calcaire argileux, provenant de la pièce n" 19 de la ferme du collège agricole de Cirencester, devient, par la pluie, très tenace et collant, et en temps sec se met en mottes intraitables. Par les façons d'automne, ses propriétés physiques se sont améhorées. Le sol n" 2, provenant d'une prairie permanente, appartient à la catégorie des terreaux; assez tenace, pauvre en chaux et plus riche en sable que le sol précédent, il produit de bons herbages en assez grande abondance. Le sol n" 3, dépourvu de chaux, contenant un excès de sable, est d'une inferlihté constatée aux environs de Cirencester. Le sol n° 4 est représenté par parties égales de la couche arable formée d'un loam friable et du sous-sol plus compact, c'est-à-dire renfermant plus de sable et moins d'argile ; il représente un sol moyen comme pouvoir absorbant, et naturellement très fertile. 1. Liquid ntaniire. On the changes which il undcigoex in contact wHIi soils of known composition; juin 1859. 44 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU X. — Composition des sols essayés pour absorption d'engrais liquide. Analyse mécanique. Eau Matière organique . Chaux Carbonate de chaux Argile. Sable . Analyse chimique. Eau Matière organique . . Eau combinée. . . . Alumine Oxydes de fer. . . . Chaux Carbonate de chaux . Acide carbonique . . Sulfate de chaux. . . Acide sulfurique. . . Magnésie. ..... Potasse Soude Chlorure de sodium . Acide phosphorique . Chlore Silice soluble. . . . Silicates insolubles. . SOL calcaire argileux. 1. 1.51 11.08 I) 10.82 52.06 24 . 53 100.00 1.51 11.08 li.25 I) 10.82 II 0.71 II 0.51 0.32 0.05 » 0.10 II 11 61.78 SOL en prairie per- manente, o 101.13 SOL sableux infertile. 3. 2.12 11.70 1.54 I) 48.39 35.95 5.36 0.25 II 4.57 89.82 100.00 ! 100.00 2.420 11.700 II 11.860 1 . 240 I) 0.306 I) » 0.910 II 0.112 . 080 4.090 67.530 5.36 5. 70 0.25 II » 0.08 0.49 LOAM ARGILEUX friable. 4. Surface. 4.38' 1.37 II 18.09 76.16 100.00 100.248 )) Traces. n 1 .01 87 11 100 .00 4.38 2.15 3.15 0.77 II 0.31 0.06 0.13 0.49 0.13 » 0.12 Traces. Il 88.31 100.00 Sous-sol argileux. I) 2.59* 0.47 I) 41.79 55.15 100.00 iiOL ÀRGlLEll lEXiCE de Tiptree Hall. 5. Surface. 3.91 4.80 2.19 78.13 10.97 100.00 2.59 5.39 1 7.16 i 0.26 1) 1.79 i> 0.02 1.22 j. 0.88 ( 0.28 \ 0.19 Traces. Il 80.24 3.91 4.80 7.85 » 2.08 11 0.15 » 0.32 Sous-sol. 9.46 4.87 1.12 II 75.29 9.26 100.00 100.00 ). . . . Il .04 M » 80 .85 100 00 9.46 4.87 17.38 11 1.02 11 0.13 0.92 0.45 » 0.06 11 11 65.71 100.00 1. Contenant azote 0.182 — ammoniaque 0.220. 2. — — 0,09 =: — 0.11. 2,000 grains de chacun des sols (129^', 5) ayant été agiles d'une manière répétée avec 7,000 grains ('453^'',4) d'engrais liquide clarifié, TRAVAUX ET EXPEIilENCES DU D A. VOELCKKn. 45 -;7- ^^ ^^ — - — r- m w -0 œ r- es >n l^ Oï n C5 W o ÇJ ■M « oî s m -H ^ g 10 t<< lO M> < • B ^. ^1 q 000 i>j q q c c q q c q q f^. a o 11 c3 o 600 d d = d d d d d d H •i* ^ a fe 1 X 1 x^ , + 1 + + + + 1 + + 1 + + '/i S Cl "^ c^ -^^ co m -0 'r» ri n ifl 1- r 05 r* rH '" S CD ri c- ^ = CD N ri f-H -f »c co 1- m ■^ as • t- CD q q >o q q " ^ " q CO H fi. < CT' ci q d d d d d d d c d d 3p 1?: *- O ô^ =, d d d d d •^ o> 1 tû -" '•— CT> c; 1 "o u . o 'rT CO 'r" 'h^ — • — ' -M ^ r— 1.0 r>. 1^ 00 »3 ri ! co U3 -* co 1-1 1^ co co t- ce co ^ *i< ■^ < es ^* H o 6 (M O a^ q q d q q d d = d ft q d d d d ^ -J £3 i2i 1 X + 1-1 , + 1 + + 1 1 + 1 1 + + M S" co CO ■^ ca rj wi m -* co oo »H -i< S a. O •to -■ -" co co co co co >o t^ 10 î"! t~ -n ^ -^ u CD CD lf3 d 6 co •^ à c> ri d q d T-1 d q d 10 d q = d DO Ci 1 < CT) C5 1 ca u / . 00 ■* -* -i' rt - ■* Ci •^ c- -j -. co 11 "M _- — ^ i (« O co 00 = (M co r n ir CV~ r* co -f ri ■(D U 03 a: îO -3 S ;5 ta d + ô <= ode + li -1 q c à i: <6 é ■=. \ + + + 1 c 1 q d 1 q d ! d d + 1 1 q q d d 1 + ce Ci : - 1 <-> oo ■5? IT- lO r^ -M Tji a: -* iH CD ^ l> (TJ ri ©« V o o r— lO '^t -M C^ t— (M ri rH ^H t- '5 'y\ -1 -T 4-> 15 ':j ■■^ oo CD C3 -l< CD CD d — q -i' d d q d d d c q -H d d co ri «8 < O T. > u ■-D ^ c:^ ^ ^ -• >n t— co t^ w ^^ ,» , -1^ lO i-* — « m — -!l co -^ -^ -( -o 03 O d •M 6 iH d d d 0; q 3 d d = d = d s d d n d d '3 o ë 1 1 +++ +++ + 1 + 1 1 1 + Cï" , ^ , ^ , , • rH z r^ co ,-1 co I> co -1< rs -H -# =5 rs -* W y o •Jf :- rs en -s -H .0 r- ■-0 m r co 1" -S* - =" co ii <:r q in q q co q >.o c q eo CO 'S « 1 & 1 •d o 0^ d d -.; d d d d d d d d 00 •a < \ CT> ~ c^ " / 71 co lO co co ro .^ -^ co _ * '- ri S !^ i/j -M r^. ce ri « ri w -1 00 C/3 ^ < H 2 Q ^ 6 q ô d ^ ^ ^ à d> à .H q 00 = q d d q d q 0* a q d 0) ^ O « t.. 1 X + + + 1 1 + + 1 1 1 1 1 1 + s ( lO ï— co "S" ri — -^ t^ 00 >o w m 22 o ' C5 o> 05 ri co «M W ; Ci^ ri -t< t^ — co ■^ fl. ' =• û CD o_ ^ c q cd d d —_ q " d c: cr S c -i; d ° 1? co 00 03 O 05 ~J •< C5 a o tn oj M ^ r* r- co CT -j5 -H CO Hl ^ ■n :o co ■^•^ < "n = to <* q CT> -M ri co . „ :o t* co „ r- •^ ir: 00 -4< « ■=: - ■^ ?= 5 •^ o Cd co 1-1 3< "^ ■n C ÏO g.H- r: — O CD CD 0^ d d T^ d d d d c d d C5 u ^ ~ CD Cï 1 • 3 C" • h-i a " rt • X 5 Co • t=i 5 < CJ ■^ g • M 6. O 5 a • m « î^ yi 3 ^ c ^_, 3 O a « S c e a 1 c 0- a oc 0. a a î •3 m c j .1 c o 09 09 3 tn ■S' 2 .ï ~ c g (B g. .2 1 5 £ II C 1 c 1 1 H rt S. 2 c t- .-r ' >- c !d c si 't fiï. C> C3 , m c 1 ? M a c( O ■g •Sa ç. 3 g c4 « ee -j 3 a ^ 2 •« ^ — 1 1 1 1 1 1 1 1 O V c- "W 0) " •0» ■•-• i 1 1 1 1 1 u 1 ^ 5 1 il ^^^ ^— ^^ ^^ — — — — ^^ 46 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 011 liiissa ivposer le tout pendant 2i' heures. Le liquide surnageant restant trouble après décantation, on le lit séjourner pendant huit jours avant de filtrer et d'analyser. Une partie du liquide décanté a été évaporée pour y doser, par le procédé de la chaux sodée, l'ammoniaque fixe et l'azote. Sur une seconde partie du liquide sursaturé à l'aide de l'acide chlorhydrique, qui convertit le caibonate volatil, les humâtes et les ulmatcs d'ammo- niaque en chlorhydrate, on a également dosé, dans le résidu d'éva- poration, l'azote contenu. Enfin, sur une troisième partie évaporée jus(|u'à siccité, pesée à cet état, puis incinérée, on a déterminé les éléments des cendres. Sans aborder le détail, nous avons reproduit , sous forme de tableau, les résultats des analyses du liquide avant et après filtrage sur les sols choisis (tableau XI). A chaque analyse a, h, c et d, une colonne indique les différences en plus ou en moins pour chaque élément. Les chiffres consignés dans le tableau XI représentent des grammes par litre, correspondant aux grains par (jallon impérial obtenus par Vœlcker. a. — Essai sur le sol h° \ . On remarquera que l'engrais liquide a abandonné au sol n" 1 une quantité considérable d'ammoniaque, plus du double que le purin n'en avait abandonné dans les expériences décrites au chapitre pré- cédent. Est-ce le maximum que le sol n" 1 puisse absorber? ou bien en est-il absorbé plus ou moins suivant l'état de dilution de l'engrais liquide? Toujours est-il que la force du liquide semble influer sur le degré d'absorjition du sol. De nouvelles expériences seraient néces- saires pour décider si le pouvoir absorbant d'une terre pour l'am- moniaque est constant. La matière organique a augmenté par le filtrage à travers le sol; l'engrais liquide en renfermant une faible quantité, il n'y a pas lieu de s'étonner qu'il s'en soit dissous dans un sol relativement riche. La matière minérale, en l'evanche, a diminué à peu pi'ès dans la même proportion. L'engrais liquide qui ne renfermait pas d'oxyde de fer, en traver- TRAVAUX KT KXPKR IKNG ICS DU D'' A. VOELCKER. 47 saiil le sol, (il a dissous O^'jOol) [)ar litre, [.a lifiiicur (Hant limpide, l'oxyde n'a pas pu pi'oveiiir des malièi'es en suspension. D'ailleurs, Vœlcker a toiijoiiis constaté <|ue sur des terres riches en oxyde de fer et en substances organirpies, l'engrais liipiiile di;ssout de l'oxyde de fer. Ne serait-ce pas l'explication d'insuccès obtenus sur certains sols p;u- l'application des engrais licpiides? La chaux a été rendue soluble par l'engrais licpiide, et la proi)or- tion de bicarbonate a beaucoup augmenté dans h' liipiide après filtrage. La potasse a été absorbée pai- le sol pour la plus grande partie, ainsi (jue la totalité tlu chlorure de potassium, ce (pii équivaut aune absorption de 0,76o de potasse ou de 1,138 de carbonate par 1000 parties de sol. Le chlorure de sodium a été retenu à un degré bien moindre. Ou retrouve dans le li(piide filtré la plus grande partie du sel marin, et le sol n° 1 n'en renferme point. Comme pour la potasse, le sol s'est montré avide pour l'acide phosphorique rpi'il a retenu presque entièrement. Il n'y auiait pas lieu d'en conclure que c'est là une dose maximum, car ce sol, on le verra, peut en retenir bien davantage; ni que les plantes puisent l'acide phosphorique à l'état de composé insoluble, car il en reste toujours assez à l'état soluble pour expliquer la présence de cet acide dans les cendres des plantes. Suivant toutes probabilités, une des fonctions du sol consiste à convertir des composés facilement solubles d'acide phosphorique en combinaisons qui, tout en étant peu solubles dans l'eau, le sont assez pour subvenir aux besoins de la plante. b. — Essai sur le sol h" 2. L'absorption du sol n" 2 pour l'ammoniaque de l'engrais litpiide a été à peu près la même que dans l'essai a. La terre en prairie, riche en matière organique, a également abandonné de l'ammoniaque à l'engrais licpjide ai)rès filtrage ; mais la matière minérale a diminué, ce qui est dû princii)alement au car- bonate de chaux dont la proportion dans le licjuide, après filtrage, 48 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. surpasse celle de l'essai a, bien que le sol n" 1 renfermât beaucoup plus de carbonate de cbaux (jue le sol en prairie. Ainsi, un sol con- tenant moins de chaux peut abandonner plus de cet élément à un liquide chargé de matières organiques et inorganiques, qu'un sol trois ou quatre fois plus riche en carbonate de chaux. La proportion de chlorure de sodium a à peine varié, tandis que la potasse a été absorbée par le sol, en comprenant cehe du chlorure, à raison de 0,519 pour 1000. Enfin, l'acide phospborique a été retenu à peu près complètement, ce qui prouve que, même dans les sols dépourvus de chaux, les phosphates solubles sont rendns relativement insolubles. c. — Essai sur le sol 7i° 3. Le sol sableux infertile, soumis à l'essai, possède à un bien faible degré la propriété d'absorber l'ammoniaque ; il offre, sous ce rap- port, un coniraste frappant avec les sols précédemment expéri- mentés. La proportion de matière organique a augmenté, mais sans causer de grande différence dans la dose d'azote. L'oxyde de fer, sans doute préexistant à l'état de combinaison avec des substances organique^, a été dissous en quantité appréciable; de même, la silice solublc du sol se retrouve dans le liquide filtré. Contrairement à ce qui a été observé dans les deux essais précé- dents, c'est le sol dépourvu de chaux qui a retenu le carbonate de cbaux renfermé dans l'engrais hquide. La pratique, du reste, con- firme ce fait, car il n'y a pas d'engrais qui profitent plus aux terres sableuses que la chaux et les composts calcaires. De même que pour l'ammoniaque, le sol n" 3 a retenu peu d'acide phospborique, et encore moins de sels de soude. H y a heu, toute- fois, de remarquer qu'étant dépourvu de chaux, il n'en a pas moins absorbé de l'acide phospborique fourni par des combinaisons solu- bles. L'insuccès des superphosphates comme engrais à turneps dans les terres sableuses pourrait ainsi s'expliquer par la facilité avec la- quelle les phosphates solubles sont lavés. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D*' A. VOELCKER. 49 d. — Essai sur le sol n" i. Les observations à présenter sur cet essai, où le sol constitue une moyenne par rapport aux n°' 1 et 2, sont analogues à celles que les essais a cl b ont suggérées. e. — Essai sur le sol n" 5. Un dernier essai a été répété avec un engrais liquide fourni par la ferme de Tiptree Hall qu'exploitait le célèbre agronome Mcchi, sur le sol de cette même ferme, représentant une terre argileuse très compacte et tenace. L'analyse de l'engrais de Tiptree Hall ligure sous le n° 2 dans le tableau XI, en regard de celle de l'engrais après filtrage sur le sol n" 5 du même tableau. Une colonne spéciale indique les différences des éléments contenus dans les liquides. On remarquera que l'engrais de Tiptree Hall est beaucoup plus dilué que celui ayant servi aux essais précédents, mais que le sol, très ricbe en argile, contient assez de chaux et très peu de sable. Un tel sol devrait jouir à un haut degré de la propriété absorbante pour l'ammoniaque, la potasse et l'acide phosphorique. En ce qui concerne l'ammoniaque, l'absorption des sols précé- demment traités par l'engrais liquide I, a été : Pour 1000. Sol n" 1 , calcaire argileux 0.7:]S Sol n° 2, en prairie permanente 0.737 Sol n° 3, sableux infertile 0.121 Sol n" -i, loam fertile 0.487 tandis que le sol n" 5, traité par l'engrais liquide II, a absorbé seu- lement 0,005 d'ammoniaque p. 1000. Malgré les conditions favora- bles présentées par le sol n° 5 pour l'absorption complète de l'am- moniaque, moitié à peine a été retenue par le sol, ce qui s'expli(pie par ce fait que les composés formés dans les terres argileuses sont encore solubles dans l'eau, au contact des composés ammoniacaux solubles fournis par l'engrais. ANN. SCIENCE .'VGRO.\. 4 50 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Pour la potasse et le chlorure de potassium, loin que le sol en ait absorbé, la proportion de potasse a augmenté dans l'engrais, après son séjour au contact du sol. Il s'ensuivrait que la terre de Tiptree Hall, comme la plupart des terres argileuses, renfermait en abondance des silicates alcalins qui ont cédé au liquide une faible partie de leurs bases alcalines. La proportion d'acide phosphorique n'a guère varié, c'est-à-dire que les composés d'acide phosphorique formés dans le sol sont si peu importants que l'eau de l'engrais a suffi pour les maintenir en dissolution. Conclusions. Les conclusions à tirer de ces essais complètent celles auxquelles ont conduit les expériences sur les dissolutions ammoniacales et les purins de ferme. Les modifications de l'engrais hquide au contact du sol sont plus grandes pour les terres argileuses et calcaires que pour les terres sableuses. L'engrais liquide filtré sur les sols argileux, les loanis et les sols calcaires, leur apporte une (Quantité notable d'ammoniaque, de po- tasse et d'acide phosphorique. • Les sols sableux soumis à l'engrais liquide lui enlèvent peu d'am- moniaque et de potasse. Sauf pour ces terrains, l'engrais liquide abandonne au sol la plus grande partie des matières fertilisantes nécessaires. La force d'absorption comparative des différents sols pour l'ammo- niaque, la potasse et l'acide phosphorique contenus dans l'engrais liquide, varie considérablement. L'engrais liquide sur les sols sableux, riches en silice soluble, en- lève de la siHce soluble. Les sols qui absorbent beaucoup d'ammoniaque, absorbent beau- coup de potasse et inversement. Les sels de soude (sel marin) restent en totalité ou à peu près dans l'engrais liquide , de même que le chlore et généralement l'acide sulfurique, tandis que f engrais enlève le plus souvent de la chaux TRAVAUX ET EXPÉRIENCKS DU D'' A. VUELCKEIl. 51 aux sols, sans qu'il y ait de rapport proportionnel avec la chaux qu'ils renferment. Les sols pauvres en chaux retiennent celle contenue dans l'engrais, tandis que les sols pourvus de chaux en ahandonnent à l'engrais liquide. Dans certains cas, également, le sol rend de la potasse à l'engrais, au lieu d'en prendre. Toutes les terres, de moyenne fertilité, uni le pouvoir de réduire la soluhililé des substances fertilisantes les plus importantes, mais aucune de ces substances, dans les essais qui viennent d'être dé- crits, n'a été rendue complètement insoluble. Le sol qui jouit de la propriété d'emmaganiser la nourriture des plantes, non seulement comme ammoniaque, potasse et acide phos- phoriquc, mais aussi comme chaux, quand il en manque, ne semble pas offrir l'aliment minéral à la plante sous la forme de combinaisons complètement insolubles. 4. — Absorption des phosphates solubles'. Dans le but de s'assurer si l'inefficacité dans certains sols du su- perphosphate minéral appliqué à la culture des i-acines, est due à leur porosité et à leur légèreté qui permettent l'entraînement par les grosses pluies des phosphates solubles, ou bien à des modifica- tions des composés phosphatés à l'intérieur de ces sols, des essais ont été institués sur six sols d'espèces différentes, à savoir : a. — Loam rouge. b. — Sol calcaire, où prédominait le carbonate de chaux à l'état de division extrême. c. — Sous-sol argileux compact. (/. — Sol superficiel argileux compact, provenant, comme le précédent, de la ferme Mecbi, à Tiptree Hall, et ayant déjà été expérimenté pour Tengrais liquide. e. — Sol sableux léger, renfermant peu d"argile. de matière organique et de gravier calcaire ou de chaux ; mais beaucoup d'oxyde de fer hydrate et de Talumine. /. — Sol marno-argileux. Sur les cinq premiers sols, on a employé du superphosphate ren- 1. Tlie absolution of phosphate of lime and phosphatic manures for root crops. Janvier 18G3. 52 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XII. — Composition des sols et résultats des essais pour absorption des phosphates solubles. LOAM rouge. SOL calcaire. SOUS-SOL argileux compact. SOL superficiel argileux compact. SOL sableux léger. MAKXE argileuse. a. b. c. d. e. /• Composition des sols. Eau 2.95 6.75 3.62 4.24 9.46 4.87 3.91 4.80 1.43 3.39 4.72 11.03 Matière organique et eau combinée Oxyile de fer Alumine 6.10 7.54 17. 3S 7.85 12.10 9.9S 6.06 Acide pliospliorique. . . . 1) » 0.06 0.04 Traces. » Carbonate de chaux. . . . 1 .22 67.50 1.02 2.08 0.15 12.10 Sulfate de chaux » )) 0.13 0.15 » 0.75 Magnésie rotasse et soude 1.20 1 0.44 0.79 0.92 0.45 0.32 0.46 1.43 Silice soluble 1) » 1) )> » 17.93 Matières siliceuses insolubl . Conditions des essais. 82.22 15.88 65.71 80.85 82.41 36.00 100. 4i 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 Poids de sol traité .... 340s^00 esos^oo 340''',00 324S'-,00 3248^,00 1036S^00 — de superphosphate. . 7 ,08 14 ,16 7 ,08 7 ,16 7 ,15 13 ,79 — égal à phosphate de chaux soluble 2 ,63 5 ,26 2 ,63 2 ,66 2 ,65 5 ,12 Volume d'eau Bésultafs des essais. 0'",850 1"S700 0''S850 l'",360 l''S360 l''S8I5 Poids de phosphate soluble absorbé par le sol après > ^-,573 4s^715 Is^250 ls'-,305 1»"%389 )) 24 heures \ Tdem. Après S jours . . 2 ,039 5 ,202 1 ,792 1 ,615 1 ,549 5S^,00G — Après 17 jours. . » » 1) 2 ,249 1 ,893 li — Après 26 jours. . 2 ,476 5 ,260 1 ,931 1) )> » fermant 37.20 p. 100 de phosphate rendu soluhle par Tacide ; et, pour le sixième, un superphosphate contenant 2o.84p. lOOde phos- phate soluble. Les deux superphosphates étaient exempts de matière organique et de sels ammoniacaux. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES D[I d"" A. VOELCKER. 53 L'essai du premier sol a été opéré sur 340 grammes, intimement mélangés avec 7 grammes de superphosphate à 37.20 p. 100 de phosphate de chaux soluhle, soit avec 2^'', 63 de phosphate solulile, et agités dans un flacon houché à l'émeii avec 0',8D0 d'eau distillée. On a successivement dosé le phosphate dans la liqueur claire surna- geante après 2-4 heures, après 8 jours et 20 jours de repos. Les autres essais ont été opérés de la même manière en faisant varier le poids de sol et de superphosphate et le volume d'eau. Les résultats figurent dans le tableau XII, au-dessous des analyses centésimales de chacun des sols expérimentés et des données de cha- que essai. Essai a. — Dans ce premier essai, l'absorption du phosphate so- luble n'a pas eu lieu complètement après 20 jours. Il est donc pos- sible que, dans les 24 heures suivant l'application de superphosphates riches en phosphates solubles, une grande quantité soit entraînée par la pluie, en pure perte pour la récolte de racines en terre; mais les fumui'es au superphosphate sont appliquées au sol dans de tout autres proportions; la masse du sol est si considérable qu'après la plus forte fumure en usage, l'analyse du sol ne révélerait pas une différence dans la dose contenue d'acide phosphorique. Pratiquement, l'absorption complète du phosphate soluble par le sol est assurée. Essai h. — Le sol crayeux a absorbé le phosphate soluble bien plus rapidement et complètement que le loam contenant bien moins . de chaux, de (elle sorte que, même en présence d'un grand excès de carbonate de chaux extrêmement divisé, l'absorption non seulement n'est pas immédiate, mais imparfaite encore au bout de 24 heures. Essai c. — Dans le sous-sol de Tiptree Hall, renfermant peu de carbonate de chaux, l'oxyde de fer et l'alumine à l'état d'hydrates s'associent facilement avec l'acide phosphorique pour former des composés insolubles dans l'eau. Le phosphate acide de chaux au contact de l'alumine et de l'oxyde de fer abandonne une partie de son acide et se convertit en phosphate de chaux basique ou inso- luble. Les terres argileuses sont généralement riches en oxydes et théoriquement représentent un i)Ouvoir élevé d'absorption pour le phosphate soluble, même si elles sont dépourvues de carbonate de chaux. L'essai c confirme cette induction. 54 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Essai d. — Dans cet essai sur le sol formant la couche arable superposée au sous-sol précédent, l'absorption s'est faite incomplè- tement après 8 jours, et même après 17 jours, le liquide renfermait encore du phosphate en quantité appréciable. Essai e. — Les sols sableux légers, sur lesquels le superphosphate est communément regardé comme inefficace, en raison de l'entraîne- ment du phosphate soluble par les pluies, ne sont pas doués au même degré que les autres sols du pouvoir d'absorber les phos- phates solubles. Essai f. — Après 8 jours, le sol marno-argileux a absorbé la.pres- que totalité du phosphate soluble mis en contact avec lui. De même que les terres crayeuses, les marnes ont, à un bien plus haut degré que les autres terres, le pouvoir absorbant pour les phosphates. C'est évidemment à la chaux qu'il faut l'attribuer. La transformation dans le sol du phosphate soluble en phosphate insoluble est absolu- ment nécessaire pour assurer le développement des racines et des autres récoltes auxquelles on apphque les superphosphates. Il ne faut pas oublier qu'aucune combinaison acide ne peut alimenter la plante sans lui nuire ; même les acides végétaux, humiques, ulmiques, etc., à l'état libre, frappent la végétation et, à moins qu'ils ne soient neu- tralisés par la chaux, la marne ou la terre, ils ne permettent la venue que d'herbages grossiers et non nutritifs. Dans les terrains tourbeux, toutes terres d'amendement, à l'exception de sables purs, apportent une amélioration sensible à ce point de vue, outre qu'elles contri- buent mécaniquement à la consolidation du sol. Les essais dont il est rendu compte démontrent péremptoirement que les sols les plus différents, argile ou sable, craie ou loam, ren- dent insoluble le phosphate acide soluble. Si quelques sols jouissent de cette propriété à un plus haut degré que d'autres, ou bien opè- rent plus promptement que d'autres la transformation, on n'en peut pas moins affirmer que toutes les terres arables la possèdent. Au cas contraire, l'emploi du phosphate acide serait préjudiciable aux ré- coltes, ce qui serait en opposition absolue avec les faits de la prati- que; or, dans une eau renfermant tant soit peu d'acide libre, aucune plante ne peut prospérer au delà d'un temps limité. La proportion de phosphate acide employée dans les essais a été exagérée par rap- TRAVAUX ET EXPÉRIENCKS DU D*" A. VOELCKER. 55 pori n colle (lu sol trnité et à celle de la prallfjiie, pour ne laisser aucun doute sur la conversion en composés neutres ou insoluldes, dans la masse du sol, des 500 ou 400 kilogr. de superpliospliato à l'hectare (|ui constituent la fumure usitée. 5, — Absorption de la potasse '. Les terres argileuses passent pour absorber la potasse avec plus ou moins d'avidité, suivant leur degré de ténacité, tandis que les terres sableuses sont regardées comme privées de cette propriété. L'expérience seule permet de vérifier ces appréciations. Les essais de Vœlcker ont été exécutés en soumettant des sols de compositions déterminées à des liquides renfermant de la potasse caustique, du carbonate de potasse, du sulfate de potasse, du chlo- rure de potassium, ou du nitrate de potasse. Les analyses des sols qui ont servi à ces essais sont consignées dans le tableau XIll ; elles se rapportent : 1. — A un sol calcaire où domine le carbonate de chaux, renfermant peu d'argile et de matière organique; c'est une marne crayeuse; 2 et 3. — A une argile (sol et sous-sol) extrêmement tenace et adhésive, dite d'Essex, contenant peu de chaux et d'argile; 4. — A un loam léger, friable, fertile, coloré en rouge, ou terre à turneps; ."). — A une terre de prairie, riche en matière organique, dépourvue de chaux, mais renfermant assez de potasse soluble; Ck — A une marne contenant une forte dose de silice soluble, ainsi que de l'oxyde de fer et de Taluniine; 7. — A un sol sableux ferrugineux, coloré en rouge, infertile, contenant h peine d'argile, des traces de chaux et beaucoup d'oxyde de fer; ,S et 9. — A deux sols argilo-calcaires, assez profonds et |)erniéables, diffé- rant entre eux par la quantité de carbonate de chaux, mais prove- nant des pièces n"'* 7 et 12 de la ferme du collège royal agricole de Girencester. i'" série. Potasse caustique. — La solution de potasse employée dans les expériences do la première série a été préparée en dissol- J. Absorption of po'nsh hy soih oflvotrn componilion. Juillet lS6i. 56 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. a o Pi -o C o • 1-4 *J Pi u o co .a <« s o Pi ■05 >> OS m m m o u co s o en o Pi S o u < H 1-3 « H C5 i-( »o h- CO O S^ co co iH CO o eo (Tï -M (Ti ■^ o w îD COOiCDCqOGOOOOOO^O CO QO -^ rji 5^ CO CO ■<* CO O -^ r- CO 'JD vH (M CO o -^ (M o O iH O O O 'M CO on O t* o Cï o ■^ iH Cl ÇO s -3 •M O •^ t- ce 00 o (M eo ■M — — o »-1 o O C5 t- *-( — o Ci r- o 1— 1 o lO -f rr ^^ C3 GO rH iH Cl o O GO GO o o iH n ■* OO CM o y-i CO •^ t^ o « •s a Ô ,o 'W a g o «> s Si ri s O s S O" a es . bo 8 s; § 'i & I 6 H S <; O w a '3 oS O C3 O < o y, •r J o " .a i, O a ■2 rt C TJ O .a ! o-' -N m S ri< GO (M i-> CM o ■^ CD CO o O <-< 3Ï -* i- o s «^ Cï -^ ir 1-1 Ci o C-. _^ t>- o »-< o O o « o o t- o -H «o o TRAV.4.UX ET EXPERIENCES DU D A. VOELCKER. 57 vant 2»'",6:20 de potasse hydratée caustique, eliiiiiiquement pure (KO,HO), dans I'",8'10 d'eau; elle tilniit par con.séquent 0.1145 p. 100 de jiotasse causti(iuc hydratée, ou 0.1218 de potasse anhydre. Cette solution, introduite dans un flacon fermé, avec 220-'', 70 de sol, laissée en contact et agitée à plusieurs reprises avec le soi pendant 4 jours, puis décantée, filtrée, bouillie avec de l'eau de baryte pour précipiter les matières terreuses enlevées au sol, éva- porée jusqu'à siccité après avoir chassé l'excès de baryte, a laissé un résidu dans lequel on a dosé la potasse parle bichlorure de platine. Les résultats des expériences faites sur les cinrj sols n"' 1 à sont groupés dans le tableau XIV. TABLEAU XIV. — Absorption de la potasse caustique. r" SÉRIE. Potasse caustique. 1000 parties de dissolution titraient en potasse, avant contact avec le sol . . . Après contact Tarte 1000 parties de sol ont ab- sorbé potasse caustique . SOL calcaire marne crayeuse 1. ARGILE tenace, sous-sol et couche arable.' ■2 et 3. L o A M léger à turneps. 4. TEKRB de prairie. 5. SOL marneux. C. SOL sableux stérile. 7. . 1.213 0.413 1.213 0.39y 1.213 0.501 1.213 0.390 1.213 0.305 1.213 0.430 O.SOO 0.814 0.712 0.823 0.908 0.783 6.40 6. -A 5.69 6.57 7.26 6.16 Comme observations spéciales, il y a lieu de signaler (|ue le loam fertile à turneps n" 4 a absorbé moins de })otasse que les terres cal- caires et argileuses ; et que le sol marneux a, de tous les sols soumis à l'expérience, absorbé le plus de potasse. Or, ce sol marneux renfermait une forte proportion de silice soluble, et relativement d'oxyde de fer et d'alumine. La présence de ces éléments dans des terres marneuses et argileuses bien cultivées semble être une garan- iie du pouvoir d'absorption pour la potasse. Dans les terres de celte 58 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. nature, qui ne sont pas suffisamment labourées et ameublies, où l'action de l'air et de l'eau ne s'exerce pas librement, les oxydes de fer, l'alumine et la silice sont à un tel état que les réactifs chimiques ne les altèrent pas. D'une manière générale, on doit constater que tous les sols, depuis l'argile la plus dense jusqu'au sable le plus pauvre, ont ab- sorbé une quantité notable de potasse dans une dissolution aqueuse de cet alcali. La quantité absorbée, considérée à un point de vue absolu, varie beaucoup, notamment d'après le degré de force de la dissolution, comme pour l'ammoniaque ; et aussi d'après les rapports des volumes de sol et dé liquide ; de toutes manières, l'absorption n'est jamais complète. 2'' série. Carbonate de potasse. — Les deux sols argilo-calcaires n"' 8 et 9 du tableau XIII ont été traités, comme dans la série précé- dente, par une dissolution contenant 0.556 p. 400 de carbonate de potasse pur. 1000 parties du sol n° 8 ont absorbé 8.69 de carbonate égal à 5.92 de potasse caustique anhydre. 1000 parlies du sol n° 9 ont absorbé 7.98 de carbonate égal à 5.435 de potasse anhydre. S^ série. Sulfate de potasse. — a. Les deux sols argilo-calcaires n"' 8 et 9 ont été également soumis à l'action d'une dissolution de sulfate de potasse pur, en quantité de 0.621 p. 100. Pour le sol n" 8, 1000 parties ont absorbé 8.770 de sulfate, égal à 4.715 de potasse, et pour le sol n" 9, 1000 parties ont absorbé 8.901 de sulfate égal à 4.809 de potasse. L'absorption au- rait été moindre pour le sulfate que pour le carbonate de potasse. J). Le sol marneux n° 6 du tableau (0"'',453) a été traité par une dissolution de 7^'', 824 de sulfate pur de potasse dans 3'"^, 027 d'eau distillée, soit 2°'", 156 par litre. Au bout de quatre jours, le liquide décanté a été analysé ; il renfermait par litre : Grammes. Matière organique et eau combinée 0,097 Silice soluble 0,003 Oxyde de fer, alumine et traces d'acide phosphorique 0,003 Sulfate de chaux 0,703 Sulfate de magnésie 0,033 5î5 TRAVAUX ET EXPERIENCES DU D A. VOELCKER. Grammes Sulfate de potasse 1,273 Chlorure de potassium 0,027 Chlorure de sodium 0,022 2,161 Ainsi, la matière solido esl à peu près la môme que celle contenue flans la dissolution avant le contact avec le sol ; mais ce n'est plus uniquement du sulfate dépotasse. Le sulfate de magnésie, ainsi que le sulfate de chaux prédominent dans là liqueur; c'est qu'en effet, tandis (ju'une portion de la potasse s'est fix-ée, l'acide sulfurique mis en liberté s'est combiné dans le sol avec la chaux et avec la magnésie. Aucune absorption d'acide sulfurique n'a eu lieu, car la liqueur après contact avec le sol indique à l'analyse une légère augmentai ion due au sulfate de chaux contenu dans le sol. Le contact d'une dissolution d'un simple sel avec le sol donne lieu en conséquence à nombre de nouvelles combinaisons chimiques, dont plusieurs jouent un rôle important dans l'ahmentation des plantes. c. Le sol sableux n" 7 du tableau XIII, traité par la même dissolu- tion de sulfate qu'en h, a, dans les mômes conditions, laissé un liquide renfermant par litre : Grammes. Matière organique et eau combinée O,!-!» Silice soluble 0,002 Oxyde de fer, alumine et traces d'acide pliosphorique . . . . 0,002 Sulfate de chaux O,0SS Sulfate de magnésie 0,027 Chlorure de potassium 0,05.3 Sulfate de potasse 1,820 2,137 La dissolution renfermait primitivement S^^I.jO par litre de ma- tièi^es solides ; après filtrage dans le sol, elle en renferme à peu près la même quantité, mais comme dans l'essai précédent, la composition a été notablement modifiée. Tandis que dans l'essai b, 1000 partiel de sol ont absorbé 3. 07 de potasse, dans celui-ci, 1000 parlies de sol en ont absorbé 60 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. seulement 1.10. Le sol sableux jouirait ainsi d'une puissance absor- bante pour le sulfate de potasse moins forte que le sol marneux. Avant d'avoir été en contact avec le sol, la dissolution dosait 9*^'', 91 5 par litre, d'acide sulfurique; tandis que le résidu du liquide après contact renfermait 9^%011 de ce même acide réparti comme il suit : Grammes. 8,364 combiné avec la potasse. 0,521 — avec la chaux. 0,192 — avec la magnésie. 9,077 Il s'ensuivrait qu'une partie de l'acide sulfurique a été absorbée par le sol ; ce qui n'est pas le cas, car en dosant cet acide séparé- ment dans la dissolution après contact avec le sol, sans recourir à l'évaporation, on y trouve lO^'jOC^ par litre , c'est-à-dire un léger excédent. Il est évident, d'après cela, qu'en évaporant jusqu'à siccité et en cbaufîant fortement le résidu, on a chassé une partie de l'acide; mais comme la dissolution n'accusait aucune réaction acide, cet acide n'y était pas à l'état libre. On doit admettre qu'il s'y trouvait en combinaison avec l'ammoniaque et comme le sulfate d'ammoniaque est volatil à une haute température, il ne s'est plus retrouvé dans le résidu d'évaporation ; ce qui expUque la perte. Ces remarques ne sont pas les seules qui méritent d'être présen- tées. Ainsi, le sol sableux renfermant de l'oxyde hydraté de fer dont l'aflinité pour la potasse caustique est connue, a absorbé beaucoup moins de potasse contenue dans la dissolution de sulfate, que de cette même base dans la dissolution de potasse caustique. Après filtrage dans le sol sableux, la dissolution de sulfate renfer- mait une quantité appréciable de sulfate d'ammoniaque, contraire- ment à ce quia été observé pour le sol marneux. Quoique le pouvoir absorbant des terres arables pour l'ammoniaque soit regardé comme supérieur à ce qu'il est pour la potasse, on observera que, dans cet essai, un sel de potasse agissant sur un composé ammoniacal dans le sol a dominé l'affinité du sol pour l'ammoniaque. Le manque de chaux dans le sol sableux a causé l'élimination et la perte de com- posés ammoniacaux que le sol marneux riche en chaux a, au contraire, TRAVAUX ET ENPÉIUENCES DU D*" A. VOELCKER. 61 retenus. La cliaiix, dans des circonstances délerminées, |»fiil aiii.S2 1.191 0.744 1.191 0.722 0.4F,9 4.174 0.723 11.776 9.944 1 11.771; 1 7.501 0.447 0.49G 2.533 3.451 1.S32 i . 2 1 5 1000 parties de sol ont ab- sorbé : potasse 6.903 3.578 3.97 •2.G26 3.7.JS •j.OGG 1.465 3.373 4" série. Chlorure de potassium. — Des essais aussi complets que pour la potasse caustique, ont été renouvelés sur les mêmes sols, 62 ANNALES DE LX SCIENCE AGRONOMIQUE. avec des dissolutions de chlorure de potassium à titres variables. Les résultats sont consignés pour huit sols différents dans le tableau XV. Dans les quatre premiers essais opérés avec une dissolution titrant 4889 de chlorure de potassium égal î\ 1101 de potasse p. 1.000, c'est le sol argileux (n°' 2 et 3) qui a absorbé le plus de potasse, et le loam léger (n° 4) qui en a absorbé le moins. Avec une dissolution plus forte, les argiles calcaires (n°' 8 et 9) ont retenu une proportion bien plus considérable de potasse. Enfin, avec la dissolution la plus forte, le sol sableux (n" 7) a montré le pouvoir absorbant le plus faible. Gomme pour l'acide sulfurique, le chlore manquant dans le résidu d'évaporation de la liqueur filtrée n'a pas été retenu par le sol, mais s'est combiné avec l'ammoniaque et a été volatiUsé à l'état de chlorhy- drate d'ammoniaque, tandis que la totalité de la potasse a été fixée. Dans le dernier essai sur le sol marneux (n" 6), la potasse du chlo- rure décomposé a été retenue- par le sol, et le chlore combiné avec le calcium a passé dans la liqueur filtrée. 5^ série. Nitrate de potasse. — Une seule expérience a été faite sur le même sol marneux (n° 6) traité par une dissolution titrant S'^BS par litre, de nitrate de potasse. Dans la dissolution, après trois jours de contact avec le sol, on a dosé séparément l'acide ni- trique et la potasse : ACIDE nitrique. Avant contact avec le sol 1.950 1.698 Après contact avec le sol 1.930 0.754 0.020 0.944 Ainsi, l'acide nitrique ayant à peine varié, la potasse a beaucoup diminué. 1000 parties de sol ont absorbé 3.776 de potasse. Dans cet essai, comme dans les précédents, la base seule a été re- tenue et l'acide combiné avec la chaux est resté dans le liquide filtré. La chaux joue ainsi un rôle important dans la mesure du degré d'absorption des terres arables. Quoique l'absence de chaux dans un sol n'empêche pas sa propriété absorbante d'agir, on est en droit d'en conclure que la présence d'une plus ou moins forte dose de chaux affecte le degré d'absorption d'une terre pour les substances solubles fertilisantes. TllAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VOELCKER. 63 6. — Absorption de la soude '. Au point de vue agricole, la soude et les sels de soude jouent comme fertilisants un rôle bien moins important (juc la potasse et ses combinaisons. Les analyses de cendres des plantes cultivées indicjucul la présence sans exception d'une plus forte proportion dépotasse que de soude; ce n'est pas là un fait accidentel, mais bien une conséquence de la distribution plus abondante dans le règne minéral, de la potasse. Quelle que soit la composition du sol qui produit le blé, l'avoine, les turneps, etc., la quantité de soude renfermée dans les cendres des récoltes est à peu près insignifiante par rapport à celle de la potasse. La soude est absorbée par les plantes, comme la potasse, et mise en circulation dans l'organisme végétal, mais il est douteux qu'elle en fasse partie intégrante comme la potasse et l'acide phospliorique, sans lesquels les plantes ne peuvent accompbrle cycle de leur végé- tation. Tandis (juc dans les cendres de nos récoltes, la quantité de po- tasse et d'acide pbospborique varie peu entre certaines limites, celle du sel marin dans les fourrages, l'herbe, les céréales avant d'avoir atteint leur maturité, est réglée par des circonstances accidentelles et varie beaucoup. L'herbe des marais salants est plus riche en sel marin que celle des hauts plateaux et pour cela plus savourée par le bétail. Les mangolds qui ont reçu une forte fumure de sel marin, contiennent invariablement plus de sel,' surtout dans leurs feuilles; ces mêmes racines obtenues sans engrais salin en renferment rela- tivement peu. Il n'y a pas de plante cultivée dont la composition ne révèle la présence de la potasse en proportion appréciable. Quoicpic le sol soit peu riche en potasse, les plantes ont la propriété de l'extraire et de l'assimiler, pour l'incorporer dans leur organisme. Pour la soude dont la présence se manifeste par des quantités variables dans la sève des plantes, les combinaisons organiijues avec le carbone, l'hydrogène, l'azote et les autres cléments, n'offrent point un ca- 1. On tlie functions of socla-salts in agriculture; 18GJ. 64 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ractère aussi intime, ni aussi définitif. Ainsi, on ne trouve pas de sel marin dans les graines à parfaite maturité (blé, orge ou avoine), même dans les terres où le sel abonde, et pourtant les racines, les tiges, les feuilles renferment du sel à forte dose. Il semblerait ainsi que le sel marin et les sels de soude d'une ma- nière générale, circulent dans la plante, après avoir exercé une ac- tion dissolvante sur les principes insolubles contenus dans la terre arable, et jouent le rôle d'agents assimilateurs, mais ils ne sont pas des éléments essentiels des cendres des plantes, absolument néces- saires pour la culture. Ce n'est pas un motif pour contester l'action favorable du sel marin dans des cas déterminés; au contraire, le sel marin judicieu- sement appliqué dans certaines conditions , constitue un engrais économique , destiné à accroître le rendement des céréales, des racines ou du foin, et qui est rarement nuisible. Dans les terres sableuses, perméables, lorsque la saison est sèche, les feuilles des racines se développent et se fanent avant d'avoir pu recevoir une nourriture suffisante de l'atmosphère et accumuler dans les bulbes assez de matières minérales du sol. Une fumure de 400 à 500 kilogr. de sel marin à l'hectare, augmente considérablement la récolle; et si elle est portée jusqu'à 1,000 kilogr., la fumure, loin de nuire, assure uu rendement plus élevé en racines, de 6,000 à 10,000 kilogr. Mais, dans le cas de terres argileuses, tenaces, humides, et en gé- néral, dans les terres froides, où la maturité des récoltes s'obtient lentement, une fumure de sel marin qui excéderait 600 kilogr. à l'bectare ferait du mal, car le sel prolonge la durée de la végétation et retarde la maturité au détriment du volume du poids et de la qua- lité des racines. Les expériences de Vœlcker sur le pouvoir absorbant des terres arables pour le sel marin et les sels de soude ont eu pour but d'é- clairer le rôle qu'ils jouent dans le sol par rapport aux récoltes, et de vérifier ainsi les idées émises plus haut. 1''* série. — Sel marin (chlorure de sodium). — Les sols au nombre de six, soumis aux essais, ont été analyses et leur composi- tion figure dans le tableau X\I. Les quatre sols, n"' 1 à 4, traités par une dissolution de sel marin TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'" A. VOELCKER. 65 tilniiil 'If^'',48 declilonirc pai'lilie, coiTespoiulaiiL à 0"'',898 de cliloi'C et 0^''',785 de soude et kiisscs en contact pondant quatre jours avec TABLEAU XVI. — Composition des sols essayés pour absorption de la soude. And/ ij.se mécanique. Eau Matière organique et cau( SOLi calcaire. 1. combinée Argile Ch;uix Sable Analyse chimique. tan .Mntière orgiinifiue. Oxydi' do fer. . . Alumine .... Carbonate de ciiaux Sulfate de chaux . .Maijnésie .... l'otasse Soude Chlorure de sodium Chlore Acide phosphorique Silice soluble . . Matières insolubles \ AKcal.E con)|iïict(". 2 3.91 4 . S() 78.13 2.19 10.92 100.00 3.G2 4.23 7 . ,Vl (J7.50 0.14 0.7U( » traces » l.J.SS 100.00 3.91 4 . 80 7.8,-) 2.08 O.\'o 0.32 . 04 80. 8. j 100.00 1. Renfermant azote 0,21 = ammoniaque 0.25. LOAM sableux fertile. 3. 2.9.J 6.75 6.10 1.22 ÏEURE (le prairie. i. 82. 22 100.44 2 I i 420 700 SOL marneux. U.SGO 240 30(i 1.20 0.910j 0. » 0. 4. 67. 112 080 090 530 4.72 11.03 9.98/ 6.06 \ sAui.i; ferrugi- neux stérile. 100.248 12 10 0. 75 1 43 » » )) 17 93 36 00 100 00 1.43 3.:;9' 12.16 0.1.:, u 0.46 » traces 82.41 100.00 elle, ont donné une dissolution dont la composition après filtrage est indi(piéc dans le tableau XVII. Dans les deux sols ii°' 5 et 6, le titre de la dissolution variait par rapport à celui de la dissolution précédemment employée : il était .\NN. SCIENCE AGRON. 5 66 .\NNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. de U'/t^! de chlorure correspondant à 0,874 de chlore et 0,76^ de soude. La composition de la dissolution filtrée, après séjour dans le sol, se trouve également dans le tahleau XVII sous les numéros res- pectifs, en grammes par htre. Les résultats quant à l'ahsorption du chlorure et de ses deux élé- ments, chlore et soude, sont rapportés dans le tableau XVIII, de même que les combinaisons du chlore avec le sodium, le magné- sium, le potassium et le calcium dans la dissolution après filtrage. TABLEAU XVII. — Analyses des dissolutions de chlorure de sodium après filtration dans le sol. SOIi calcaire. 1. ARGIIjE compacte. 2. LOAU sableux fertile. 3. TERRE de prairie. 4. SOL marneux. 5. SABLE ferrugi- neux stérile. 6. Matière organique . . Silice solubie .... Oxyde de fer et alumine Chlorure de sodium. . — de potassium. — de magnésium — de calcium. . Sulfate de chaux. . . Carbonate de chaux. . Acide phosphorique. . « 0.013 0.006 1.294 0.037 0.011 0.216 0.269 » traces 1) 0.013 0.010 1.246 0.0G4 0.048 0.136 0.049 » 0.003 » 0.004 0.007 1.334 0.061 0.011 0.164 0.034 » traces » 0.004 0.010 1.247 0.026 0.017 0.189 0.015 I) traces 0.090 0.004 0.003 1.201 0.019 0.016 0.206 0.051 0.077 0.001 0.078 0.006 0.004 1.293 0.029 0.011 0.022 0.038 M 0.001 Total par litre . • 1.S46 1.569 1.615 1.508 1.668 1.482 On reconnaît d'après ce dernier tableau que la quantité de chlo- rure de sodium absorbé par la terre est très faible, et en tout cas bien plus faible pour la soude que pour la potasse; de plus, qu'au- cune absorption de chlore ne s'est opérée. Dans la dissolution filtrée, le chlore ne se trouve plus entièrement combiné avec le sodium, mais il s'est produit des doubles décompositions entre le sel marin et les sels contenus dans la terre arable, de telle sorte que la dissolution filtrée renferme avec une moindre (luanlité de clilo- THAVALX 1:T expériences du D'' a. VOEI.CKEH. 67 iLifL' de budiuin, de failtlcs (juiiQlilés de cliluruics de niagné^iuiii, de polassiuni et de calcium. Le pouvoir absorbant pour la soude est plus élevé dans la terre argileuse et marneuse ou calcaire que dans les sols légers ou sa- bleux. En analysant le li(piide salé qui avait séjourné dans les terres n°' 5 et 6, au point de vue de la matière organique contenue, il a été reconnu qu'une partie du chlore était combinée avec l'ammo- niaque, à l'état de chlorure, qui se volatilise naturellement pendant l'évaporation à siccité. 11 y aurait ainsi lieu de conclure que le prin- cipal rôle du sel marin est d'amener à l'état de chlorhydrate d'am- moniaque les combinaisons ammoniacales qui sont fixées dans la terre arable. Dans la pratique, en effet, on constate que l'emploi du sel est particulièrement utile lorsqu'il est appliqué sur une terre légère, après une bonne fumure au fumier de ferme, seul, ou en mélange avec le guano du Pérou, pour la culture du blé et des autres cé- réales. Des expériences faites sur une large échelle ont montré que le sel employé seul, sur des terres bien fumées précédemment, a produit un excédent de rendement en grains; et dans ce cas, le sel marin a eu évidemment pour effet de dégager l'ammoniaque et de la mettre immédiatement à la disposition des céréales. Sur des terres non fumées et hors d'état, le sel marin ne saurait produire d'aussi bons effets, par suite de l'absence, par épuisement, des com- posés ammoniacaux. L'avantage reconnu par beaucoup de cultivateurs, (}u'il y a à mé- langer du sel avec le guano, ne serait donc pas dû à ce que le sel fixe l'ammoniaque du guano, comme on l'a souvent prétendu à tort, car le bon guano ne renferme pas d'ammoniaque libre, mais consisterait, bien au contraire, à la dégager et à la disséminer dans le sol à un état tel qu'elle puisse y être fixée. Le sol sableux stérile n° 6 soumis à l'essai, qui avait reçu l'an- née précédente une bonne fumure de guano, avait retenu assez d'ammoniaque à l'état libre pour (pie l'analyse en ait constaté la pré- sence ; de telle sorte que se combinant avec une proportion équiva- lente du chlore contenu dans le chlorure de sodium, celte ammo- 68 ANNALES DE LA SCIENCK AGRONOMIQUE. Iliaque est passée à l'état de chlorhydrate dans la liqueur filtrée, et la soude s'est fixée dans le sol. Ainsi, le mélange du sel marin avec le guano, augmente l'efficacité de ce dernier et se justifie au point de vue économique, surtout dans les terres légères. TABLEAU XIX. — Absorption du sulfate de soude. 1 . — Analyses des dissolutions de sidjate après filtration. Matière organique SOL MARNEUX. 5. .SABLE STÉRILE. 6. gr. 0.016 0.006 0.003 Traces. 0.099 0.009 0.008 0.303 1) n 0.045 1.317 gr. 0.116 0.004 . 003 Traces. Il I) » 0.061 0.023 0.029 0.024 1.417 Silice soluble Oxyde de fer et alumine Acide pliosphorique Carbonate de cliaux — de magnésie — de potasse Sulfate de cliaiix — de magnésie — de potasse Chlorure de sodium Sulfate de soude 2. — Absorption du sidJate et de la soude. Un litre de la dissolution contenait : Avant filtrage : sulfate de soude . . . — : soude Après filtrage : sulfate de soude . . . — : soude Différences 1000 parties de sol ont absorbé : soude. 1.S06 1.G77 l.GO 1.32 » II 0.70 » 0.47 1.60 1.42 1) II 0.70 0.62 — 0.2S — 0.23 — O.IS — 0.08 1.809 053 S*" série. — Snifate de soude. — Les sols n"' 5 et 6 ont été traités pour essai d'absorption par une dissolution renfermant 1,004 de sul- fate de soude anhydre. Après quatre jours de contact, les liquides fdtrés ont donné à l'analyse la composition rapportée dans le ta- bleau XIX. Dans l'expérience sur le sol n" 5, le sulfate de soude a agi sur le TRAVAUX ET KXPÉRIKNCES DU d'' A. VOELCKKR. G9 cai'bonate de cliaux renfennû dans le sol, pour produire en premier lieu du sulfate de chaux, suiïisamment soluhle dans l'eau pour passer dans la dissolution, et du carbonate de soude. Les silicates ou les autres composés pour lesquels la soude a de l'airmitc, agissent sur le carbonate de soude et en fixent la base. Aucune absorption d'acide sulfuritpie n'a eu lieu, car le léger excédent constaté par rap- port à la proportion de l'acide contenu dans le sulfate de soude, ré- sultait du sulfate de chaux du sol. Dans l'essai du sol n" 6, renfermant de l'ammoniaque comjjinée, une partie de l'acide sulfurique associé à la soude s'est cundjinée avec l'ammoniaipie pour passer dans la liqueur fdtrée. De telle sorte qu'une dissolution de sulfate de soude, bien qu'à un moindre degré, jouit de la propriété, comme celle de sel marin, de favoriser la solu- bilité des sels ammoniacaux. Le sol n" 5, riche en carbonate de chaux, a absorbé plus de soude au contact d'une dissolution de sulfate de soude, qu'au contact d'une dissolution de chlorure de sodium, et près de trois fois autant de soude que le sol sableux stérile. 3" série. — Nitrate de soucie. — Cette série s'est bornée à un essai sur le sol marneux n" 5, traité par une dissolution renfermant S^%^6 de nitrate de soude. Après trois jours de contact, le liquide filtré sou- mis à l'analyse a donné les résultats suivants : Un litre de dissolution renfermait : Avant filtrage. Après filtrage. Grammes. Grammes. Acide nitrique 2,260 2,244 Soude 1,300 1,360 Potasse » 0,060 Chaux » 0,344 3,560 4,008 Ainsi le sol marneux a abandonné à la dissolulion de faibles quan- tités de chlorure de sodium, de potasse et de carbonate de chaux ; ce ((ui explique la plus forte proportion de soude dans la dissolulion après filtrage ; mais la proportion d'acide nitrique n'a pas sensible- ment varié, de façon (pie ni l'acide nitrique, ui la soude n'ont été fixés. 70 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. d o 13 O m « o o s o" Si o .a o ;3 •o o • f-l o «S! > X w o 00 'l' « o 1 o O « n; GO o »H -71 1 î^ CO en ^ o :^ t^ => O o CO , O o d d d •* T-l d TH oJ c ï-< »-" d n 1 a K ^ d o » -f iH r- 00 ce § Ci 5 Ci » ci •< + o o d d d 2 - CÔ o ?i o -H O 1 00 «c -M C£ X Q o d u «^ co r- Ci 5 5S . 35 co o Ci o 1-": -S ^ ce 1 o 1 s- O d + o o d o o o d es d es co CO' J 7-i co w ^H ▼H 1 X r o 1 2 t^ _ w d o « ce X -f ■55 es >n 00 t^ co oo 1 O o -J _J "". ce o o 1-1 « 1 o X CD O ■< o o o u + o o d o c CO - 05 s s d « o to t-l 1 • g * • S • • V • • i m s g • œ © s •« 'w s C5 so 60 3 a X * co C o -5 o tri a C3 O C o o O c »0J ■♦a ce B o o 01 fco CJ a 0) œ 3 > -1) u > >- > > C5 fcj D cj il 3 '^ ^ o P. ci s câ Ci rt rt i cï w S .O ;- J2 C3 a o o "o U) « îC O C3 c t. a S o 1 5 1 1 1 la ce > es S 5 5 Q Ci s o a ï '5 >• ci m •3 en 1 1 1 '•3 0) 3 ^ "S co c; et rt 1 1 1 o O o o •O •"^ M xn CQ M S CQ a <3 •a CQ 1 13 •a 0) C3 O s S C •^ ^ ïu 1 _2 I o 1 1 1 O ( 1 1 cr 1 1 1 1 o .^ 3 ^ o i; o -) — tH TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VûELCKER. 71 III. — Conclusions. Dans une remarquable leçon professée à la Rouai Instilution en ItSG.) ', Vœlckcr a résume ses vues sur les propriétés chimiques et la puissance do prodiidion des terres arables. Quehpies extraits de cette leçon serviioiil (!<• cuaclusion naturelle au chapitre que nous avons consacré aux recherches du savant chimiste sur le sol. « Les matières minérales (jui forment la cendre des plantes culti- vées, ont au sens strict une égale importance, car l'absence ou l'in- suffisance dans le sol de l'une d'elles, chaux ou potasse, acide phos- j)horique ou acide silicique, a les mômes cunséijuences défavorables pour le développement de l'organisme végétal. Quiconque a tant soit peu étudié le sujet, n'hésitera pas d'accepter une théorie minérale qui consiste à associer la puissance productive des terres arables à la proportion dn matières minérales contenues dans les cendres des plantes que renferment les terres Les combinaisons dans les- quelles les éléments minéraux des plantes existent dans le sol ; leur distribution uniforme ou inégale dans la couche superficielle ; la com- position et la condition physique du sous-sol , l'épaisseur de ces couches, leur perméabilité et leur propriété d'absorber, de retenir ou de modifier les substances fertilisantes a])pliquées dans la culture, sont en relation intime avec les grandes différences qu'offrent les rendements des terres cultivées. Avant que Liebig eût pidtlié son célèbre livre sur la chimie et ses applications à l'agriculture, qui a donné le couj) de grâce à la théoi'ie de l'humus, la fertilité ou la stérilité des terres était généralement attribuée à leurs propriétés jthysiques et à la présence ou au manque d'humus. Après la publi- cation de Liebig-, les agronomes tombèrent dans l'extrême opposé, en croyant (jue la simple analyse cbimicjue d'un sol et l'analyse des cendres des plantes, suffisaient pour découvrir les moyens de rendre à la terre sa fertilité, sinon de l'améliorer, par l'apport de matières purement minérales, au point de pouvoir y cultiver toutes les plantes avec de gros rendements, sans tenir compte de ses aptitudes spé- 1. Le î?S mai 1883. rarvicr's mcujazine, 23^ vol., ISGo, p. 50-j. 72 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ciales pour telle ou telle culture. Ces vues erronées, tout en rendant moins populaire la chimie agricole, lui ont assigné une utilité plus immédiate aux yeux de l'agriculteur éclairé. « Les recherches capitales du professeur Way sur les propriétés absorbantes des terres arables ont imprimé, dès 1850, une nouvelle direction aux études sur les fonctions de l'humus et du sol ; ces re- cherches avaient pris naissance dans l'observation faite par Thomp- son, de Kirby Hall, comté d'York, que les sols jouissent de la pro- priété de séparer l'ammoniaque de ses dissolutions. » Le professeur Way ayant opéré principalement avec des dissolu- tions de sels simples, il y avait lieu de vérifier non seulement les résultats obtenus, mais encore de les étendre, en agissant avec des liquides complexes; c'est ce que Yœlcker a heureusement fait, en tirant des ses expériences les conclusions importantes que nous avons énumérées. La propriété dont jouissent les sols d'emmagasiner la nourriture destinée aux plantes, n'est pas limitée à une seule substance fertili- sante, mais elle s'applique à toutes les substances, et se manifeste d'une manière que la composition des sols fait seule varier. « Dans toutes mes expériences, ajoute Vœlcker, l'ammoniaque, la potasse, l'acide phosphorique et les autres éléments de fertilité, dans une dissolution quelque concentrée ou quelque faible qu'elle fût, n'ont point été entièrement absorbés par le sol. De fait, si les dissolutions salines sont très étendues, il s'opère à peine une absorption d'am- moniaque , de potasse ou d'acide phosphorique. Tant est que le sewage, ou les eaux des égouts, à cause de leur extrême dilution, laissent en passant à travers le sol une quantité très minime de leurs éléments solubles, à l'état fixe ou moins soluble, bien que le sol possède à un haut degré le pouvoir d'absorber et de retenir les ma- tières fertilisantes solubles. Quelque utiles ou indispensables qu'elles soient, les matières sahnes solubles, si elles sont fournies au sol en trop grande abondance, ou à l'état de dissolution trop concentrée, nuisent à. la croissance rapide de la plante. Une des fonctions du sol consiste apparemment dans la transformation des composés facile- ment solubles, en combinaisons assez peu solubles dans l'eau, sus- ceptibles toutefois de fournir à la plante Taliment minéral voulu à TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU n'' A. VOELCKER. 73 l'état de dissolution. Gctto roinaniiiablc ronclion explique comment les matières fertilisantes ne sont pas entraînées en pure perte par les pluies qui baignent le sol, et rinefficacité de lerlilisants solubles concentrés. Elle ne dépend pas seulement, pour la inudification des matières fertilisantes, de la constitution cliimiquc des terres, mais aussi du degié de concentration des liquides et de la quantité de matièi'cs incorporées avec la masse du sol où végètent les racines. De là naissent les différences que le même engrais révèle dans les divers sols, et que cause une saison sècbe par rapport à une saison humide. « Le sol ne pourvoit pas seulement à l'alimentation de la plante, mais il fabri(pic de la nourriture à l'état assimilable avec des ma- tières brutes; il écarte pour la [liante qui croît, les dangers d'une trop forte accumulation de matières solubles dans la couche arable; il emmagasine l'excédent de ces matières, pour les distribuer plus tard également, là où pénètrent les racines, et les modifier suivant les exigences des récoltes et ses aptitudes particulières. » Les avis des chimistes sur les causes du pouvoir absorbant de la terre arable sont partagés. Liebig le considère comme analogue, sinon identique, à la pro- priété physique que possède le charbon végétal ou animal de lixer les matières colorantes : par conséquent, les matières fertilisantes solubles amenées au contact du sol, sont absorbées en partie ou en totalité pai' la couche superficielle, étant présentes à l'état physique de combinaison, comme il l'appelle. Way, d'autre part, croit que l'absoriition est due à la présence dans le sol de silicates doubles d'alumine. Le silicate double d'alu- mine et de soude, par exemple, abandonne au contact du sol, d'après Way, la soude, et la remplace par de la chaux. Ce double silicate d'alumine et de chaux, au contact de la magnésie, abandonne la chaux qui passe dans la dissolution et il se forme un silicate double d'alumine et de magnésie qui, à son tour, est décomposé de la même manière par la potasse ; finalement, la potasse, dans le sihcate double d'alumine et potasse, cède sa place à fanmioniaque pour former un silicate double d'alumine et d'ammoniaque. En répétant les expé- riences de Way, on constate qu'en effet ces échanges s'effectuent 74 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. comme il l'indique; mais si un composé de silice, d'alumine el d'ammoniaque, préparé suivant ses indications, est mélangé avec un excès de dissolution contenant un sel de potasse, l'ammoniaque passe dans la dissolution et la potasse est absorbée par le composé. De même, si ce composé de silice, d'alumine et de potasse est traité par un excès de dissolution de cbaiix, la potasse s'en va dans la dissolu- tion, et la chaux est absorbée. Gomme, dans aucun cas, la substitu- tion d'une base à l'autre ne s'opère en proportions équivalentes, et qu'aucun silicate double d'une composition délinie n'est produit, tandis que la présence de silicates à formule définie dans le sol est avérée, il y a lieu de recourir à une autre explication que celle sug- gérée par Way. « L'absorption par les terres arables des matières fertilisantes solubles, dit Vœlcker, s'explique facilement en se référant à des faits chimiques bien connus. En ce qui concerne les phosphates solubles, ou l'acide phosphori({ue, l'affinité pour l'acide phosphorique, du car- bonate de chaux, de l'oxyde de fer et de l'alumine, présents dans tous les sols fertiles, justifie l'échange. Quant à la potasse et à l'am- moniaque, les oxydes hydratés de fer et d'alumine du sol jouent un grand rôle dans l'absorption. Comme toutes les bases de la for- mule M._,03, ces oxydes à l'état hydraté agissent vis-à-vis des alcalis à la façon d'acides faibles, et, pour ce motif, ont une tendance, dans des circonstances déterminées, à s'unir avec la potasse ou l'ammo- niaque. L'absoiption par le sol de l'ammoniaque, de la potasse et de l'acide phosphorique, qui sont les agents de fertilité les plus impor- tants, est due par conséquent à des causes chimiques et non pas simplement à des causes physiques. « Il est vrai que la condition physique du sol affecte matérielle- ment sa puissance productive, car les réactions chimiques ne peuvent bien se passer que dans un sol amené à un élat physique approprié. Liebig, comme tous les cultivateurs éclairés, attache un grand prix à la culture mécanique du sol ; mais Liebig insiste surtout sur ce qu'il appelle l'élat physique de combinaison des matières minérales dans la couche superficielle, pour que les plantes puissent les utiliser. Quel que soit le sens précis du terme employé, état physique de combinaison ; quelque hypothèse que l'on fasse sur le mode d'ali- TRAVAUX ET RXPÉRIENCKS DU d"" A, VOELCKER. 75 monlalioli iiiiiiéralc des plantes, par des dissulutions ou (\i;<, roiii- poscs mystérieux, dont Lifl)ig-, dans ses Lois de l'af/rictUlure, a vavïé les formules, il est certain que les iiialières miuéiales uc i)cuvcnt servir aux plantes ipie si elles se trouvent dans l;i couche arable à l'état udlable d'assimilation. Cet ('lai valable, i\m donne une idée au moins aussi nellc que l'état pliysicpie de combinaison, ne peut être obtenu dans le sol que si l'eau le pénètre librement; ce qui se réalise par diverses façons mécaniques, telles que le labour profond, le sous- solage, le hersaj^e, etc. Toutes ces façons culturales ont pour effet d'augmenter la porosité du sol et, par cela même, son attraction capillaire. «'Dès que conmience la saison sèche et cliaude de l'année et que la végétation s'anime, la nourriture minérale, déjà emmagasinée dans les couches inférieures, prend une marche ascendante. Par l'évapo- ration de l'eau superficielle, de nouvelles provisions sont amenées à la surface pai' l'attraction capillaire et la fertilité s'y trouve rétablie. L'apjtarilion des nitrates et d'elïlorescences salines à la surface du sol, après une longue sécheresse, démontre le jeu de cette attraction ((iii ne s'exerce plus, malgré les richesses minérales contenues dans le sous-sol, lorsque la couche arable repose sur un sous-sol imper- méable et non drainé. Si la jachère d'hiver ne rend pas la fertilité au sol qui n'a pas été préalablement labouré, sous-solé ou mécani- quement ameubli, c'est parce que l'attraction capillaire ne peut pas s'exercer. A cette même cause se rattache le succès des cultures sur les terres argileuses, bien cultivées, quand l'intervalle entre les pluies et la sécheresse n'est ni trop court, ni trop prolongé. » LIVRE IL — LA PLANTE Il semble inutile de rappeler de quelle importance a été pour l'étude physiologique de la plante en général, la connaissance de sa composition immédiate et de la constitution chimique des cendres de ses principaux organes. Depuis que les recherches de Dumas et Boussingault, de Liebig, etc., ont assigné le rôle du sol, de l'atmosphère et de l'engrais par rapport à la plante; depuis que des méthodes perfectionnées de dosage des éléments, grâce aux progrès de la chimie, ont été appliquées, les analyses des végétaux de culture usuelle se sont accumulées dans ces dernières années. Le docteur Vœlcker a pris une grande part à ces investigations dirigées vers l'étude des facultés d'épuisement des plantes agricoles, et de leur utilisation comme nourriture des ani- maux. L'embarras ne peut que naître de la crainte d'omettre quel- ques-uns des résultats précieux qu'il a consignés dans de nombeux mémoires et dans ses registres de laboratoire. En dehors de quelques recherches faites au début à un point de vue purement botanique, dont nous rendons un compte très som- maire, Vœlcker s'est attaché surtout à l'examen des végétaux cultivés et conservés, sous le rapport de leurs principes nutritifs; et bien que nous devions consacrer plus tard un chapitre spécial à l'alimentation, nous ferons suivre ses analyses des considérations qu'il a fait valoir, sans égard aux redites qui pourraient se présenter. Nous adopterons pour le classement des recherches de l'auteur sur les plantes agricoles, la division connue de plantes alimentaires, légumineuses, fourragères à racines aUmentaires, fourragères non TRAVAUX ET EXPÉniENCKS DU D'' A. VOELCKEK. 77 Jéguiiiiiu'usL's et iiuliisliielles, en y inlercaluiil les foiiiTages ensilés; et les produits des arbres, utilisés pour la nourriture des animaux. Les méthodes d'analyse que l'auteur a décrites, avec ses remanjues sur le dosage de l'eau, des matières azotées et des cendres des vé- gétaux, précèdent ce ({ui a trait aux plantes alimentaires*. 1. — ReCUERCHES lîOTANIQUES. La composition de la sève sécrétée de certains végétaux avait fait l'objet d'une étude spéciale de rpielques botanistes. On croyait en général que cette sécrétion est de l'eau presque pure, de môme (juc \r liipiide pénétrant dans les vaisseaux par les racines. Vœlcker a examiné la composition chimique de la liqueur que ren- ferment les cupules encore fermées du NepaïUics disl'dlaloria. Cette li(iueur est acide (acide lixe) et contient 0.92 ]i. 100 d(! substance solide , c'est-à-dire une proportion bien supérieure à celle des solu- tions nutritives que les plantes s'assimilent. Le résidu renferme du chlore, de la potasse, de la magnésie, de la chaux et un peu de soude. Dans une autre cupule, le liquide contenait 0.91 p. 100 de lésidu solide, dans lequel jl y avait 25.80 p. 100 de matières organi(|ues. Dans wwQ troisième cupule plus jeune, il n'a trouvé que 0.27 p. 100 de résidu. Enfin, dans les cupules qui venaient de s'ouvrir, la pro- portion s'élevait à 0.58, 0.G2, 0.87 p. 100. Une seule fois il a cons- taté des traces d'acide sulfurique, et plusieurs fois, la présence des acides cilri{{uc et malique^ L'étude faite ultérieurement du liquide sécrété par le Mesembryan- themum crystallimun , connu sous le nom vulgaire de oislalline ou de glaciale, a confirmé les résultats de l'examen de la sécrétion 1. Nous omeUons coiiune n'ollVant rien (lui soit personnel à Vœlciver, le compfe rendu d'une conférence faite par lui à la Société royale d'agriculture d'Angleterre, le 11 mai 1861, sur la nourriture atmosphérique des plantes {Journ. Roij. agite. Soc. qf Emjlund, ISGi). La question de l'aniinoniaque atnios|iliérique a fait de tels progrès par les recherches de Schlœsing qu'il n'y aurait aucun intérêt à retracer l'état de la question il y a vingt ans. 2. On llic sécrétion of Nepenthes distillutoria. Ann. and Mugaz. OJ ^at. Hisl., 1848. 78 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. (lu népcnlhe. I.a glaciale est caraclérisée, comme jilanle, par ses vésicules transparentes recouvrant les feuilles et les liges, qui la font paraître couverte de glace. Vœlcker n'a pu analyser que qualitati- vement le liquide de ces vésicules, reconnu incolore, à peu près limpide, sans odeur, insipide, et légèrement acide, dans lequel il a constaté la présence de matières organiques (albumine, acide oxa- lique, etc.), du chlorure de sodium, de la potasse, de la magnésie et de l'acide sulfurique \ Dans une troisième communication faite de même à la Société botanique d'Edimbourg, Yœlcker a déterminé la composition des cendres de VAmeria marilima, recueillie dans différentes localités, en l'accompagnant d'observations sur la distribution géographique de la plante et sur la présence du fluor dans les végétaux ^ II. — Plantes agricoles. I. — Analyse des produits agricoles. Dans l'un de ses premiers mémoires sur la composition des plantes de culture ^ Yœlcker exprime ses regrets de voir ({u'aussi peu de produits agricoles à celte date aient été l'objet d'analyses organiques auxquelles on puisse se fier. « La plupart de ces analyses, ajoute-t-il, « ont été faites à une époque où la chimie organique était dans l'en- « fance. Les procédés pratiqués alors par les chimistes étaient très « incomplets et par conséquent peu faits pour fournir des résultats « précis. Aussi le besoin d'analyses exactes des matières agricoles se (( fait-il vivement sentir, et devient-il nécessaire, en les publiant, de « décrire les méthodes que l'on a suivies pour la détermination des (' éléments organiques. La description des méthodes offre du reste (( l'avantage d'écarter les résultats obtenus par des procédés impar- « faits et de montrer la voie vers des simplifications utiles. » 1. On the walery sccrdion of Ihe leaccs and sieurs of the Ice plant : — Ann. and Magaz. of Nat. tlist. for March, 1S60. 2. On Ihe composilion of the ash of Ameria marilima, etc. 3. On Ihe conipos/l/on of grecn lûje and Râpe : Truna. of the lUghlund and Agric. Soc. of Scotland for July 1854. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES UU D'' A. VOELCKER. 1\) ' A. — Méthodes d'analyse. FOURRAGES. Au suj(>l, (le la composition du seigle et de la navette à l'état vei-t, Yœlcker décrit la inélhode qu'il a suivie dans les termes suivants : 1" Dosage de Veau et des cendres. — 1(100 grains (G4''",773) de la substance à l'état frais sont desséchés d'abord à l'air, puis au-dessus du bain-marie et finalement dans une étuvc à air cliaud dont la tem- pérature atteint lOi degrés cenligrades. La perte en poids donne par le calcul la quantité d'eau p. 100. Deux parties séparées de la substance sèche sont alors incinérées, à une température modérée, dans une capsule de platine, au-dessus d'un bec de gaz. 2" Dosage de la fibre cellulaire, des composés proléiqucs insolubles et des sels inorganiques insolubles inhérents à la fibre. — La sépara- tion de tous les éléments solublcs s'opère de la manière suivante : 1000 grains (6A"',no) de la substance à l'état frais sont pesés au même moment où l'on pèse la quantité sur laquelle la teneur en eau doit être déterminée, afin d'éviter les différences en poids ducs à la dessiccation atmosphérique. L'échantillon moyen de la substance fraîche soumise à l'analyse doit avoir été prélevé sui' un mi'lango de morceaux ou fragments de ^ à 5 centimètres de longueur, coupés à l'état frais, formant une quantité suffit^ante pour tous les dosages dis- tincts. Sans cette précaution, il arrive (ju'en additionnant les résultats, on obtient un excédent ou un déficit dans le dosage total. Les 1000 grains de la substance choisie sont réduits en pulpe fine dans un mortier, grâce à l'addition d'une petite quantité d'eau dis- tillée. La mise en pulpe fine d'un fourrage ou de feuifies de plantes est difficile si l'on emploie plus d'eau qu'il n'en faut pour empêcher les projections hors du mortier. Lorsqu'elle a été amenée au degré voulu de finesse, on ajoute 125 à 150 grammes d'eau distillée et on laisse macérer pendant une demi-heure. Le liquide contenant après ce temps la gomme, le sucre, l'albumine solublc et les autres matières solublcs est filtré sur de la toile fine préalablement humectée par de l'eau distillée. La fibre cellulaire que retient la toile est exprimée par 80 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. torsion aussi complètement que possible, puis remise dans le mortier et pilée de nouveau avec une légère addition d'eau. Après l'avoir laissée séjourner encore une demi-heure avec 125 à 150 grammes d'eau distillée, on la filtre de nouveau comme précédemment. L'o- pération se renouvelle une troisième lois, et la fibre cellulaire, devenue à peu près blanche et, après lavage, n'abandonnant plus aucune partie soluble, est desséchée au bain-marie et pesée. Une certaine quantité de la fibre brute ayant été incinérée dans une capsule de platine, on détermine la proportion de matières or- ganiques, insolubles, inhérentes à la fibre. Les cendres se composent principalement de carbonate et de phosphate de chaux, et renferment en outre du sulfate de chaux, de la magnésie et de la silice. Une autre quantité de la fibre brute en poudre fine et sèche sert au dosage de l'azote, à l'aide de la chaux sodée. Le calcul de l'azote permet de déterminer la teneur en matières protéiques insolubles. Une troisième quantité de la fibre brute est mise à digérer avec l'alcool et l'élher, pour lui enlever toutes traces de matière grasse. En déduisant de la fibre épuisée par l'alcool et l'élher le poids constaté de matières protéiques insolubles et de matières inorga- niques , on obtient par le calcul la dose de fibre cellulaire pure contenue dans la plante analysée. 3° Dosage de l'albumine soluble. — Les liquides provenant du filtrage sur la toile sont portés à l'ébullition et de nombreux flocons verdàtres d'albumine coagulée se séparent. On laisse ces flocons se précipiter par un repos de 24- heures. Après cela, le liquide qui sur- nage, devenu clair, est filtré sur un filtre pesé qui retient l'albumine. Après lavage de cette albumine à l'eau distifiée, et dessiccation à 100 degrés centigrades, on la fait digérer avec de l'alcool et de l'é- ther, puis sécher au bain-marie jusqu'à ce qu'elle cesse de perdre du poids. La couleur verte est due à de la chlorophylle dont la plus grande partie est enlevée par l'alcool et l'éther. L'addition de quelques gouttes d'acide acétique dans le liquide filtré indique (s'il n'y a aucun changement) que la caséine fait défaut dans le jus des plantes analysées. ^^ Dosage de la gomme, de la 'pectine et des sels insohibles dans l'alcool. — Dans le liquide filtré après séparation par l'ébulfition et TKAVAIX ET KXI'ÉH IK NCES DU D'' A. VOELCKER. 81 le lillragc tic ralljumiiio solublo, se Irouvciit la gomme, la pectine, le sucre et les sels urganiciiies insolubles que l'on n'a pas jusqu'à présent dosés. Pour séparer le sucre et les sels solubles dans l'alcool, de la gomme, de la pectine et des sels insolubles dans l'alcool, on évapore le liquide filtré au bain-marie, jusqu'à consistance sirupeuse. Par l'addition de l'alcool dans ce sirop, la pectine, la gomme et quelques sels inorga- niques sont précipités. Pour éviter que des ti'aces de sucre restent adliérentes, on continue à faire bouillir avec de l'alcool tant que le précipité abandonne des matières solubles. Le résidu insoluble, recueilli dans une capsule de porcelaine tarée, est desséché au bain- maric et pesé. La proportion de sels inorgani{|ues que renferme ce résidu est déterminée par l'incinération, et en déduisant le poids de la cendre de ceux de la gomme et d(3 la pectine à l'état impur, on obtient la teneur en gomme et en pectine jnu'es. Les sels solubles dans l'alcool consistent principalement en chlorures de sodium et de potassium. 5° Dosayc du sucre. — Les liquides alcooliques pruvenant du do- sage de la gomme et de la pectine sont distillés dans une cornue, au bain-marie. Le résidu de la cornue, déversé dans une capsule de porcelaine, est évaporé au bain-marie, desséché à 110 degrés centi- grades jusqu'à ce qu'il ne perde plus en poids. L'expulsion de l'eau du sirop à la température de 100 degrés se ferait sans cela trop difficilement. Le sucre obtenu renfermant une notable proportion de sels inorganiques solubles dans l'alcool, on l'incinère, et par déduc- tion du poids des cendres de celui du sucre impur, on a la dose de sucre |)ur. 6" Doscif/e des matières grasses. — Le dosage quantitatif de ces matières s'opère en laissant digérer dansTélbcr 100 grains (ô^'', 477) de la substance sèche, réduite en poudre. Les solutions éthérées sont jetées sur un filtre, sur lequel la substance pulvérulente, bouillie à diverses reprises avec l'élher, est lavée méthodiquement à l'éther afin d'enlever toutes traces de graisse adhérente. En distillant à basse température, la plus grande partie de l'élher est récupérée à l'état concentré. Le résidu de la cornue, évaporé jusqu'à siccité, rciiferine un [)eu de sucre, dissous avec l'huile i)ar l'eau et l'alcool que ren- an.n. science agkox. 6 82 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ferme d'ordinaire l'éllier du commerce. Pour enlever ce sucre, il faut recourir à l'élher concentré qui l'abandonne à l'état insoluble et retient seulement les huiles et la graisse. Par évaporalion, on a les matières grasses que l'on fait dessécher au bain-marie et que l'on pèse soigneusement. 7° Dosage total des matières protéiques. — Pour vérifier les do- sages directs de l'albumine et des matières protéiques insolubles, on peut procéder à un dosage total des matières protéiques par la com- bustion avec la chaux sodée, de 1 à 2 grammes de la substance. La quantité d'azote déterminée en suivant la méthode de Will et Varren- trapp, étant mullipUée par 6,25 doit concorder avec la proportion trouvée par les dosages directs. RACINES. La méthode d'analyse décrite en 1854 par Vœlcker pour déter- miner la composition immédiate du seigle et du colza, varie naturel- lement d'après les plantes, ou les parties de plantes, autres que celles- ci, soumises aux recherches et d'après les principes immédiats à séparer. . C'est ainsi que dans un mémoire consacré à la composition chi- mique des panais et de la carotte blanche de Belgique \ Vœlcker retrace la méthode analytique qu'il a suivie, avec les variations sui- vantes : i° Dosage de l'eau et des cendres. — Un poids déterminé de racines est desséché d'abord à l'air, puis à une température progressivement plus élevée et finalement au bain-marie, à 100 degrés centigrades. On obtient par le calcul, étant donnée la perte en poids, la teneur en eau pour 100 de racines fraîches. Pour obtenir un bon échantillon moyen des racines, on les coupe en rondelles très minces que l'on mélange intimement. La substance desséchée est incinérée dans une capsule de platine à une température très modérée, de crainte de fondre la cendre par suite de la présence d'une forte proportion de sels alcalins qui en- 1 . On the composition of (hc Parsnip and ichilc Dclgiun Currot. — Journ. lioij. AfjiU:. Soc. of Enrjland, vol. XIII, part. II, 1853. TRAVAUX F.T KXPÉIUENCKS IHJ I)'' A. VOELCKlin. 83 vcloppcnt de matière les parcelles charbonneuses et ^'opposent à leur combustion au contact de l'oxygène atmosphérique. 2" Dosage de la fibre cellulaire, des composés prolciques insolubles cl des sels inorrjaniqiies insolubles inhérenls à la fibre. — La liicine ayant <'!(' coupée en deux dans le sens longitudinal, on en léduit la moiti('' en pulpe linc, en la râpant sur une gratloire à dents serrées. 100(1 grains (64''', 77.1) de celte pulpe sont nn"s à niarérer avec de l'eau distillée à l'roid, elle li(juide renfermant en dissolution la gomme, le sucre, la caséine et les autres matières solubles est filtré sur un linge de toile fine. La hbre impure est traitée comme celle des four- rages, avant de déterminer son poids. Une partie en est de môme incinérée pour doser les matières inorganiques insolubles qui sont inhérentes. Une autre partie de la libre impui'c pulvérisée et sèche est traitée avec de la chaux sodée dans le tube à condjustion, et d'après la proportion pour 100 d'azote constatée, on calcule la teneur en composés proléiques insolubles. Si l'on déduit le montant de ces composés proléiques et des ma- tières inorganiques de celui obtenu pour la libre inipui'e, un Irouve la proportion pour 100 de fibre cellulaire pure. 3" Dosage de Catuidon. — Le liquide laiteux provenant du (illrage de la })ulpe des panais sur la toile, mélangé avec les eaux de lavage de la libre, est abandoimé au repos pendant 2i heures.' L'amidon (]ui troublait le liquide s'étant déposé, on le décante avec soin sur un filtre sec et laré qui reçoit l'amidon. Après des lavages soigneux à l'eau distillée, on dessèche l'amidon, d'abord entre du papier à filtre, puis au bain-marie à iOO degrés centigrades et l'on pèse. Dans le cas des carottes, il n'y a pas d'amidon et le liquide filtré peut être aussitôt chauffé pour le dosage de la caséine. •4" Dosage de la caséine. — Les li([ueurs, après séparation de l'amidon, sont portées à l'ébulliliou. Comme il n'y a pas de trouble, l'albumine soluble fait défaut. On ajoute alors quelques gouttes d'aride acéti((ue et un précipité copieux de caséine se forme ; on le laisse déposer pendant 24 heures. Après décantation, on recueilhî le pré- cipité de caséine sur un iiltn^ laié; on lave à l'eau distillée jusipi'â épuisement de matière soluble, et l'on sèche à 100 degrés jus(|u'à ce ([u'il n'y ait plus de perte de poids. 84 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 5" Dosage de la gomme, de la pectine et des sels insolubles dans l'alcool. — Ce dosage, appliqué an liquide dont, on a séparé la caséine, est pratiqué comme il a été précédemment indiqué pour les fourrages. 6° Dosage du sucre. — Le dosage du sucre est une répétition de celui employé pour les fourrages. 7" Dosage des matières grasses. — Il en est de même pour le dosage des matières grasses. A moins d'apporter beaucoup de soin à l'extraction de l'huile impure par de l'éther anhydre, ne renfer- mant pas d'alcool, on est exposé à trouver plus d'huile qu'il n'y en a réellement dans les végétaux. C'est ce qui explique, dans une certaine mesure, les différences qu'offrent les analyses de divers chimistes quant à la teneur en matières grasses des aliments. 8" Dosage total des matières proléiques. — C'est un moyen de contrôle, tel qu'il a été décrit pour les racines. 9° Dosage des sels ammoniacaux. — Les sels ammoniacaux que renferment les jus de beaucoup de végétaux influent nécessairement sur l'exactitude du calcul des principes immédiats propres à l'ali- mentation. Pour les doser, on prend 1,500 grains environ (97 grammes) de racines râpées fin, que l'on laisse macérer dans l'eau distillée, puis on lave sur une toile jusqu'à épuisement de matière soluble. Dans les liquides filtré et de lavage, on précipite immédiatement, par l'acé- tate basique de plomb, tous les composés protéiques. Le précipité volumineux ainsi formé est lavé avec soin à l'eau distillée sur un filtre, et le liquide filtré, après avoir reçu (juclques gouttes d'aoide sulfurique, est évaporé dans une capsule de porcelaine jusqu'à con- centration; il est ensuite introduit avec de la chaux sodée dans une cornue reliée avec un appareil renfermant de l'acide chlorhydrique qui est destiné à absorber l'ammoniaque dégagée pendant la distilla- lion. On distille jusqu'à siccité [)0ur qu'il ne reste aucune trace d'am- moniaque. En évaporant au bain-marie, également jusqu'à siccité, le contenu du réci[)ient à acide chlorhydrique après addition de bichlo- rure de platine, on obtient le précipité de bichlorure de platine et d'ammonium que l'on lave sur un filtre taré, avec un mélange d'alcool et d'éther qui enlève l'excès de bichlorure de platine préalablement ajouté. On pèse enfin le filtre desséché à 100 degrés contenant le sel TRWAlJX KT KX'PKIUK NCi:s Di; n'' A. VOELCKICn. 85 (Iou-IjIc insoluble de plalino cl (l'ammonia(jiie, pour calculer rammo- niaquc. Le même procédé d'analyse des racines est décrit avec quelques variantes dans un mémoire subséquent sur la composition des bette- raves-globe (niangolds), l'nchiQS et feuilles', au(juel nous emprun- terons ce qui a trait au dosage du sucre. Dosage du sucre. — « Le liquide obtenu par la digestion de la bctterave-gloi)e dans l'eau, après l'avoir lillrée sur le linge, est évaporé jusqu'à consistance sirupeuse en uK'Iange avec de la levure lavée. Le sirop entrant en fermentation, le sucre y est transformé en alcool et en acide carboni(jue. « Comme l'équivalent de sucre fournil exactement 2 équivalents d'alcool aiibydre et i é({uivalents d'acide carbonique, la (piantiti' d'alcool ou d'acide carbonique obtenue par la fermentation d'une licpieur sucrée sert de base au calcul du sucre pour lUO qu'elle contient. « Si la fermentation est soigneusement conduite, dans un appareil convenable, le résultat du calcul est très exact. » Pourtant, dans ses reclierclies ultérieures sur la composition des betteraves à sucre ^ Voîleker a remplacé le procédé de dosage du sucre à l'aide de la fermentation, j)ar celui de la liqueur cupro-po- tassique titrée, tel ({u'il est décrit dans les traités d'analyse ^ B. — Dosage de l'eau et des matières azotées. La (juantité d'eau dans les produits végétaux varie considérable- ment selon les conditions dans lesquelles ils ont été obtenus. Tandis que dans les navets de Suède, par exemple, la teneur en eau varie entre 80 et 91 p. 100, elle varie dans les turneps entre 87 et 04, et dans les betteraves {mangolds) entre 85 et 90 p. 100. Il en résulte que le cbimiste ayant analysé des navets de Suède ((ui titrent 91 p. 100 d'eau et des turneps titrant seuleiueui 'i^^, s'il ne 1. Composition of oranrje (jlobe inamjolds, bulbs and /ops. .luillct ISfiô. 2. On /fie chcmisinj of Silesiun siigar beels. ISuO. 3. Voir le Traité d'aiialijsc des matières agricoles, par L. rimi.loau : MétliOilo ehiniique lio dusago du sirto, p. :]2'). Taris. 1S77. 86 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tient pas compte de la fïncluation qui existe pour les deux racines dans la teneur en eau et en matières solides, conclurait naturellemenL que le turneps est plus nutritif que le navet de Suède; or le fermier serait arrivé à la même conclusion en ne regardant que le résultat comparatif de deux récoltes. Mais des faits isolés ne font pas la règle et il faut se défier de généraliser d'après des observations isolées \ Pour les fourrages verts notamment, le dosage de l'eau et des autres éléments est susceptible de grandes variations, suivant les cbimistes. Vœlcker cite à ce propos les différences obtenues par Way, par Anderson et par lui-même dans l'analyse des mêmes variétés de trèfle, de luzerne et de sainfoin; elles sont consignées dans le tableau XX. TABLEAU XX. — Écarts dans le dosage de l'eau et des matières azotées. Trèfle rouge [TrifoUum pratenxe). . . . Trèfle intermédiaire [TrifoUum médium). Trèfle blanc iTrifolhim repens) Luzerne t.WcI/cago saliva) Sainfoin [Onobrichis saliva] EAU POUR 100 à l'état naturel. MATIÈRES AZOTEES assimilables à l'état sec. Maximum. Minimum. 79.98 Anderson. 74.10 Way. 79.71 Way. 69.95 Way. 7 6.64 Way. Maximum. Minimum. 85.30 Anderson. 81 .76 Anderson. 83.65 Yœlcker. 80.13 Anderson. 77.32 / Vœlcker. 22.194 Way. 20.968 YVay. 27.31 Vœlcker. 16.56 Yœlcker. 18.17 Way. 12.46 Anderson. 10.19 Anderson. 18.45 Way. 12.56 Way. 1 5 . 50 Yœlcker. C'est par des moyennes seulement, basées sur de nombreux do- sages du même produit, et après avoir écarté les données extrêmes ou anormales, que l'on obtient des indications utiles et pratiques pour le cultivateur. Ainsi, pour la teneur moyenne en eau des diver- ses variétés de trèfle frais, comme l'indique le tableau XX, Way On the composition o/ Ihc yellow Lupine, Déoenibre Î860, TRAVAUX ET KXPÉrUENCES DU D"" A. VOELCKEn. 87 trouve 7(S.25 et Vœlker 78.05 ; c'est une concordance suffîsnnte ; de môme pour les matières assiinihddes azotées dans le tiAflc sec, Way li'oiive 19. .'^)1 j». 100 cl Vœlclvcr 10.44, ce qui s'accorde éga- lement ; mais ces mêmes données varient beaucoup par iaj)p()it à celles fonrnies par Anderson. C'est (preii ciïet, pour le trèlle comme pour les autres plantes, la composition ne dépend pas seulement de la variété, mais du sol, du mode de culture et de récolte, et des cir- constances climatériques. C. — Dosage des cendres. Le fait que les matières minérales formant les cendres d'un végétal ne sont pas accidentelles, mais essentielles, c'est-à-dire que si elles ne se rencontrent pas dans le sol, la plante ne peut pas croître, ni atteindre sa parfaite croissance, a exercé une iniluence toute-puis- sante sar les progrès de l'agriculture moderne. Les analyses des cendres des plantes sont donc de la plus grande utilité, bien (ju'elles ne réalisent point tout ce que l'on pensait en tirer, car elles ne suffisent pas pour déterminer, même avec (juclques cliances de cer- titude, quels éléments fertilisants ou quels mélanges d'engrais il faut appliquer aux diverses récoltes afin d'obtenir les meilleurs ren- d(;ments. La composition des cendres n'en est pas moins un guide poui' reconnaître que les récoltes seront cbétives ou médiocres, (juand le sol est dépourvu, ou faiblement pourvu, d'un ou de plusieurs élémenls constitutifs des cendres. Ainsi, il est certain que si l'acide pliospbo- ricpie, la potasse ou la chaux font défaut dans une terre cultivée en turneps, par exemple, la récolte sera médiocre, ou bien les racines deviendront maladives, quoique les autres matières organiques ou minérales y soient présentes en abondance. De même, un sol auquel manquerait la silice ou l'acide phosphorique ne pourrait ]ias subvenir aux besoins inuuédiats d'une récolte de froment. 88 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 2. Plantes alimentaires. A. — Céréales. Vœlcker admet, pour fixer la valeur nutritive moyenne du blé, de l'avoine, de l'orge et du maïs consommés usuellement en Angleterre dans l'alimentation, la composition centésimale suivante ^ : TABLEAU XXI. — Composition type du grain des céréales. Eau BLÉ. AVOINE. ORGE. U AÏS. 12.26 11. 6i 68.74 2.61 1.75 13.09 11.85 63.34 9.00 2.72 14.65 10.84 68.31 3.45 2.75 14. 9G 11.27 67.48 5.02 1.27 Trincipes protéiques assimilables .... Principes combustibles, amidon et graisse. Fibre ligneuse non digestible Substances inorganiques (cendres). , . . 100.00 100.00 100.00 100.00 Tout en faisant remarf|uer que le blé et l'orge ne contiennent qu'une faible proportion de matières grasses {% p. 400 environ), tandis que l'avoine en contient 6 p. 100 en moyenne, et le maïs de 8 à 9 p. 100, il signale l'analogie dans la composition des quatre céréales sous le rapport des principes combustibles. Il ajoute que si la fibre ligneuse ne varie guère, comme quantité, dans les diverses variétés de blé, elle ofïre des différences notables pour l'orge, et surtout pour l'avoine. La nécessité pour l'agriculteur de connaître l'emprunt fait par les diverses récoltes au sol, sous le point de vue des matières minérales, eu égard aux quantités de ces mêmes matières que prélève une bonne récolte de froment, donne un intérêt spécial au calcul basé sur la composition des cendres du grain et de la paille de froment. 1. Ou the dicmislnj of J'ood. — Buth and Wcsl 0/ Enrjlund Arjric. journ., vol. IV, 1S5G. TRAVAUX ET KXPÉniKNCES DU D"" A. VOELGRER. 89 Vœlcker, à diverses reprises \ établit cette composition d'après les ciiiffres suivants d'analyse : Composition des cendres du grain et de la paille de froment. Grain. Paille. Acide pliosphoriqiie .'iO.O ô.O Acide sulfuri(|ue 0..') 2.7 Silice 2.Ô G7.0 Ciiaux 3.5 j.ô Magnésie 11.. 5 2.0 Potasse 30.0 l;].() Soude ) Chlorures de potassium et de sodium . . . . \ 2.0 1.8 100.0 100.0 Si l'on prend pour exemple un rendement moyen à l'hectare de 28, 7i hectolitres pesant 7 4 ''^"■,85 l'hectolitre, on trouve pour le pro- duit en grain d un hectare : 2 152 kilogr., et en évaluant le poids de la paille au double de celui du gain : 4o04 kilogr. de paille. Le grain de blé renfermant en moyenne i.7 p. 100 de matières minérales et la paille 5 p. 100, le calcul donne à l'hectare: l'our 2152 kilogr. de grain 3G''-''',42 l'our 1301 Ivilogr. de paille 215 ,21 Total 251''S'-,G3 qui se répartissent de la manière suivante, conformément à la com- position des cendres : PAILLE. TOTAL,. Acide phosphorique 1S''S'',214 10''"^G50 28"'s>-,S64 Acide sulfuri([ue ,2S0 5 ,S84 G ,16-i Silice 1 ,120 14i ,314 115 ,434 Chaux 1 ,120 11 ,7GS 12 ,888 Magnésie 4 ,202 4 ,202 8 ,404 l'otasse 10 ,928 28 ,022 38 ,050 Soude ) ru A , ■ ► , r ,5G0 10 ,3G8 10 ,928 Chorures de potassium et de sodium. ) 3G''S^424 215''»^208 25l''S^G32 1. The absorption of phosphate of lime and phosphalic m a mire s for root crops ; 1863. — Clocer as a preparalonj croj) for whcat. 18G8. 90 ANNALES DE LA SCIENCE ACtRONOMIQUE. Avoines blanche el noire. — Deux variétés d'avoine sonl vendues couramment sur le marché anglais, l'avoine blanche et l'avoine noire. La première, de qualité supérieure, surtout quand elle vient d'Ecosse, se cote toujours à un prix plus élevé, sans que l'on se soit rendu compte de l'écart entre la valeur nutritive des deux avoines, de façon à savoir s'il est réellement plus économique d'a- cheter de l'avoine blanche écossaise à un plus haut prix, que de l'a- voine noire anglaise à un prix plus bas. Une des premières conditions qui influent sur la mercuriale du blé, de l'orge et des autres graines de céréales, c'est le rapport en- tre la farine et le son, dans les échantillons fournis au meunier. Or, dans les avoines, ce rapport varie peut-être plus que dans tout autre grain. Certaines avoines rendent jusqu'à trois quarts de leur poids en farine, et d'autres, seulement moitié. Vœlcker a donc commencé par déterminer la proportion de farine et de son dans les deux avoi- nes d'Ecosse et d'Angleterre ' : Farine. Son. . A Y O I N F, blanche noire d'Ecosse. d'Angleterre. 71.5 GG.25 28.5 33.75 100.0 100.00 Ainsi, 100 kilogr. d'avoine écossaise rendent à la mouture 5''''',5 de farine en plus que 100 kilogr. d'avoine anglaise, ce qui est déjà à l'avantage de la première variété ; mais l'avoine se vend à la mesure et non au poids; et comme le poids d'un hectolitre varie considéra- blement suivant la provenance, il devient nécessaire do calculer le rapport sur base des volumes respectifs. Dans le cas actuellement examiné par Vœlcker, l'hectolitre d'a- voine blanche d'Ecosse pesait 5^2''°'', 35 el se vendait à Girencester au prix de 6 fr. 88 c., tandis que l'hectolitre d'avoine noire d'Angleterre pesant 46''^'",75, se cotait, également à Girencester, à 5 fr. 35 c.; de façon que pour une dépense de 100 IV., d'après la proportion de fa- rine p. 100, on obtenait avec l'avoine noire 30 kilogr. de farine de 1. The comparative value of whilc Scotlish oals and Black Enijlish oats. — Jouta, of Agric. and TransaçliQns oj' the fjiijfilaiid Acjric. Soc. qf Scotland. Janvier 1853. TRAVAUX KT EXPÉRIKNCFS DU D'' A. VÛELCKKU. 91 plus qu'aven l'avoine blanche ; suit une économie d'environ GO cen- times par hectolitre, en admettant que h^s deux farines eussent lit même valeur iiulrilivc. Or, le dosage de l'azote correspondant aux matières protéiques qui règlent la valcui' nuliilive, indi(pi(' dans la farine séchée à 100 degrés cenligiades : \ Atati(°;re8 piotéinues. l'our l'avoine lilanclie d'Ecosse 2.Ô9 li.7i — noire (l'Angleterre '2.23 13. 'Ji La farine de l'avoine blanche ayant par conséquent une valeur nu- tritive supérieure, l'économie réalisée en argent par l'achat de l'a- voine noire disparaît ; il est préférable au contraire d'acheter l'avoine blanche à un prix plus élevé. Ces observations ne s'appliquent évi- demment (|u'aux échantillons soumis à l'analyse. B. — Paille des cc'rëales. Les analyses de cendres des jiailles des principales céréales ne font pas défaut, mais la composition même de ces pailles a été déter- minée en limitant le plus souvent le dosage à l'eau, aux matières azotées et non azotées et aux matières minérales. Aussi peu détail- lée, la composition laisse à désirer an point de vue de l'alimentation pratique. En outre, il arrive que dans la plupart des analyses publiées, on s'est borné à doser l'eau, les cendres, les substances albumi- noïdes, et à calculer le l'cste par voie de différence. Il en résulte que l'huile, le sucre et les autres matières solubles sont groupés avec la fibre ligneuse jiour constituer le grouj)c des principes alimentaires combustibles, tandis qu'une partie seulement de ces principes sont effectivement assimilables. Vœlcker a repris en conséquence l'analyse de la paille du froment et du chanvre, des pailles d'orge et d'avoine à l'état vert, de bonne maturité et de maturité avancée. Les résultats de ces analyses sont consignés dans un même tableau (labl. XXllj et donnent lieu aux observations suivantes ' : 1 . CoinposHion and nufritivi; value Qf Strauu — Jonrn. Roy. Xgr. Snc. of Emjland. Péc. ISCl. 92 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. •A O > •a es •a o O g o u X! «î H 1-3 m E-< ci ■a S O « H ( •33S JB13.I ? . o d OOT "'IQIÇ 2 aiiiipa>i O -M r- -^4 OS o t* 'M cr. o § O .o C-- C5 iO !M -.o ^ GO O C--. rH rt lO « i as[no|E3 •nB3_p CCI '^91 e r a]inpa>i O lO oo w ^ o 3^ '^ -1< [> O O O lO J W 1-H 'M tr C-- M o i-t o o O O o o "* *03S 1BIf»,ï G u- C5 CO ^ t- O -l^ tH G. 56 19 . 08 31.3(i 29.57 G. 38 3.51 1.13 o o o o o iC 1.G2 10.10 7.09 3 > fc.- •nEa,p 001 ■»' 91 •• =o aiinpaa O :M -" Ci ur5 O O ^ CO O OJ O o lO O cv CCI -^ t- cr co lO - o ^-^ N N ci a (S t; = a ci o 3 ^^ *j — eo --•=! « .2--S OJ 1 -.-' o ce g o TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D*" A. VOELCKER. 93 Paille de froment. — Oiielque dure cl (jucluuc sèche que paraisse la paille tic iiKiliirilé moyenne, on reconnaît par l'analyse (lu'ellc abandonne plus de 5.5 p. 100 de matières organiques à l'eau froide et à l'eau bouillante. La partie insoluble dans l'eau et qui constitue la fibre ligneuse crue s'élève à 80 p. 100 ; mais par le traitement à la potasse causli- (juc diluée, et ensuite à l'acide sulfurique dilué, ^0 p. 100 de cette fibre sont rendus solubles. Cette partie soluble figure comme fibre di- gestible. L'autre partie de matières ligneuses qui, après la sépara- tion des composés albumincux insolubles, des substances minérales, (le l'huile et de la fibre digestive, représente environ 54 p. 100, peut aussi bien être assimilée, dans une certaine mesure, par l'orga- nisme animal. Il n'en est pas moins digne de remarque que la paille, ti'aitée [)ar l'eau et de faibles Uqueurs alcalines et acides, abandonne la moitié de son poids en dissolution. L'huile ([uc renferme la {>aille de froment est jaune, de bon goût; elle la rend plus agréable au goût, sans doute plus digestible, et cer- Lamemenl [)lus nourrissante. Dans l'échantillon analysé, la propor- tion de 1 ^/^ p. 100 d'huile représente 17''^%50 environ par tonne de paille. Des composés albuminoïdes, qui représentent en nombre rond 3 p. 100, un peu plus de la moitié est insoluble; le reste est soluble dans l'eau. Le degré de matiuité de la paille iullue beaucoup sur sa compo- sition ; c'est ce (jue démontrent les deux analyses n°'2 et 3 (tableau XXII) de pailles récoltées en bonne maturité et avec excès de matu- rité. La proportion de sucre, de gomme et de matières extractives et celle de l'huile diminuent par la maturité, tandis que la matière fibreuse augmente notablement. Le rapport entre les composés al- buminoïdes solubles et insolubles, des pailles n"' 1 et 3, varie sensi- blement au détriment de la valeur nutritive de la paille trop mûre. Enfin la proportion de cendres dans les pailles "2 cl S s'est beaucoup abaissée. La moyenne de 10 analyses de cendres de la paille de froment, obtenue par \Yay et Ogston, e.^l représentée par les chiffres sui- vants : 94 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, Composition moyenne des cendres de la paille de froment. Potasse 12.11 Soude 0.60 Magnésie 2.1'l Chaux G. 23 Acide pliospiiorique 5.43 — sulfurique 3.SS Silice 67.88 Peroxyde de fer 0.7i Chlorure de sodium 0.22 99. SG En dehors de la teneur élevée en silice , la proportion d'acide plios- piiorique et de potasse y est minime. Du reste, la teneur p. 100 en cendres peut varier entre 4.5 et 2.5, sans que la résistance de la paille semble dépendre du manque de matières minérales. Vœlcker ajoute à ce propos qu'il n'a point constaté un seul résultat de l'ap- plication du silicate de soude qui ait eu pour effet d'accroître la récolle ou de donner plus de consistance à la paille des céréales. L'analyse n" A d'un chaume de froment récolté sur les terrains de la ferme de Cirencester par un temps sec, vers la mi-décembre, in- dique que le chaume dont la composition est analogue à celle de la paille, surtout sous le rapport des matières azotées, renferme moins d'huile, mais offre à tous égards la même valeur que la paille comme litière et comme engrais. Paille d'orge. — L'orge, destinée au maltage, mûrit générale- ment plus longtemps en terre que les autres céréales ; c'est pour- quoi sa paille est moins nourrissante que si elle avait été coupée plus tôt. La preuve en est fournie par les deu.K analyses sous les n°^ 5 et 6 (tableau XXII) . Dans l'analyse 5 d'une paille qui n'est pas trop mûre, on constate la présence de i^.5 p. 100 de matières solubles dans l'eau, renfermant beaucoup de sucre, qui expliquent la solubihté et sans doute la diges- tibilité de cette paille par rapport à celle analysée sous le n" i et recueillie à l'état de maturité avancée. Dans celle-ci, on trouve, comme pour la paille de fromeni, une dose appréciable d'huile, une proportion très faible de sucre, de gomme et de matières exlracti- TRAVAUX ET liXPÉIUENCES DU d"" A. VOELGKKR. 95 ves; et une teneur très élevée en fibre ligneuse non digestible, par rappoil à celle du froment. La fibre brute insoluble dans l'eau, cède beaucoup moins de parties solubles aux solutions diluées de po- tasse et d'acide suUuriijue que la paille de froment : 6 p. 100 au lieu de ::^0 p. 100; cette dillérence étant due plutôt à l'état de maturité (ju'à une constitution plus résistante de la paille d'orge. Enfin, la teneur en principes assimilables de récbantillun u" 6 est plus élevée ({ue celle des échantillons de paille de froment. Vœlcker conclut de ces analyses que la paille d'orge, à l'état nor- mal de maturité, est supérieure à celle du froment, plus riche en composés albuminoïdes, et plus appropriée, à cause de sa teneur en matières azotées et de sa texture, à la nourriture des jeunes ani- maux, La moyenne des analyses de cendres variant entre 4 et 5 p. 100 sur trois échantillons de pailles d'orge, lui a donné la composition suivante : Composition moyenne des cendres de la paille d'orge. Potasse IS.'IO Soude O.GS Magnésie 4.13 Chaux S. OS Acide pliosphorique 3. '20 - sulfuriquc 2.13 Silice 54. ôG l'ero.vyde de fer 1.81 Chlorure de sodium G. 95 100.00 Paille d'avoine. — Les propriétés nutritives de la paille des cé- réales se modifiant sensiblement, comme on l'a fait voir, suivant l'état de maturité et le moment de la moisson, Vœlcker s'est attaché à établir la composition de la paille d'avoine récoltée à l'éiat encore vert, à l'état de maturité normale, et à un état avancé de maturité ; les trois échantillons compris sous les n"* 7, 10 et 13 du tableau XXII correspondent à ces trois états de maturité. Malgré la grande quantité d'eau contenue dans la paille verte, on doit noter une forte proportion de sucre et de matières solubles 96 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. dans l'eau. En outre, les matières albuminoïdes y sont presque aussi importantes que dans la paille mûre n" 10, tenant 14 p. 100 d'eau seidement. La paille analysée sous le n° 13, récoltée dans un état avancé de maturité, c'est-à-dire un mois plus tard que la précédente, dans la même pièce, renferme encore un peu plus d'un tiers de son poids d'eau. Pour pouvoir comparer utilement les trois pailles, avec un mini- mum d'eau correspondant à leur m.ise en meule, après un certain temps, soit 16 p. 100 en moyenne, Vœlcker a calculé leur composi- tion d'après cette teneur moyenne et aussi, en ramenant les pailles à l'état de siccité (100° centigrades). Les compositions ainsi établies figurent en regard de celles des pailles à l'état naturel. On en déduit les remarques suivantes : 1. En premier lieu, la forte proportion de matières albuminoïdes dans la paille verte, égale à celle du foin de prairie, explique son efficacité pour refaire les muscles des bœufs et des chevaux de tra- vail. Les animaux, surtout les chevaux, s'en délectent, à cause de la vigueur qu'eUe leur rend et de l'état succulent, agréable au goût, sous lequel elle se présente. 2. Les matières albuminoïdes ou protéiques ne sont pas seulement en plus forte proportion dans la paille verte, mais étant solubles dans l'eau, elles se laissent plus facilement digérer. 3. Par l'effet de la maturité, les matières albuminoïdes, solubles et insolubles, se réduisent, comme les matières azotées, de près de moitié. Que deviennent particulièrement les matières azotées qui disparaissent si rapidement au moment de la maturité des céréales? Sans avoir fait des expériences spéciales à ce sujet, Vœlcker est porté à croire qu'elles ne sont point emmagasinées par le grain, mais dis- persées à l'état d'azote, suivant ce que MM. Lawes et Gilbert ont observé, pendant la croissance des céréales. 4. La composition de la paille trop mûre confirme cette diminu- tion d'azote, ainsi qu'une augmentation des composés protéiques insolubles par rapport aux composés solubles, à rencontre de ce que les deux pailles de maturité moins avancée permettent de cons- tater. TRAVAUX ET EXPÉRIENCKS DU D*" A. VŒLCKER. 97 De toile sorte (jne la |)aille trop niùie n'est pas seulement moins riclie en substances albumiiioïïics, mais celles qu'elle lenfernie s'y trouvent à un état moins soluble et sont, par conséfjuenl, moins di- gestibles. 5. Les proportions d'huile varient peu dans les trois pailles. 0. Le sucic, lii gomme et les autres matières solubles dans l'eau, (pii atteignent IC p. 100 dans la iiaille verte, se réduisent à o p. 100 dans la paille liop mûre, et lombent à 10.5 p. 100 dans la paille mûre ; ce qui indiipie que plus la paille reste en terre, plus ces ma- tières qui, avec l'buile, constituent les principes alimentaires essen- tiels, diminuent au détriment delà valeur nutritive. La détérioration de la paille des céréales dans la saison chaude, se fait si rapidement ({ue les résultats varient si l'on avance ou si l'on relarde d'une semaine la moisson. C'est un fait avéré pour Vœlckcr que lorsque les tiges de l'avoine commencent à jaunir sur les deux tiers de la hauteur, l'épi étant encore vert, le temps est venu de moissonner, en vue d'obtenir le maximum de grain et une paille plus succulente. 7. Les analyses mettent hors de doute que la période de matiu'ité approchant, la hbre ligneuse non digestible augmente; il s'ensuit (|u'il y a tout intérêt pour l'éleveur à prévenir la conversion du sucre en fibre en coupant l'avoine de bomie heure. 8. L'action des liqueurs diluées de potasse et d'acide sulfuii(jue est plus marquée sur la paille d'avoine que sur celle de froment : ce qui justifie la préférence accordée généralement à la première connue fourrage. 0. Si la (juantité des matières nnnérales ne varie pas sensiblement dans les diverses qualités de paille, elles offrent des différences qualitatives centésimales importantes, qu'indiiiuent les résultats sui- vants : C E N D K L s. TAII-LK d'aVOINF. verte. mûre. trop mûre. Matières minérales solubles p. 100 . . . li 3. G 2.2 — — insolubles p. 100. . . 1 2.7 -4.0 La composition des cendres de la paille d'avoine révèle, comme pour les autres céréales, la présence d'une forte proportion de silice et d'un taux relativement faible d'acide phosphorique. ANN. bCIli.NCt; AGUON. 7 98 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, Composition moyenne des cendres de la paille d'avoine. Potasse 19. li Soude 9.69 Magnésie 3.7.S Chaux S. 07 Acide phosphorique 2.5G — sulturique 3. 2 G Silice iS.i^ Peroxyde de fer 1.83 Chlorure de sodium 3.25 100.00 C. — Paille fermenéée (fourrage). L'utilisation de la paille des céréales fermentée, en mélange avec des fourrages verts ou ensilés, dans le but de subvenir à la nourri- ture des animaux pendant Tliiver, offre un grand intérêt pour l'agri- culture. M. Samuel Jonas, de Saffron Walden, a décrit un procédé consis- tant dans l'addition d'une petite quantitédeseigie vert ou de vesces, coupés en vert pour faire fermenter la paille hachée \ C'est ce pro- cédé, appliqué pendant des années avec succès, que Vœlcker a examiné analyliquement ^ La paille étant débitée à l'aide d'une machine à vapeur qui active le hachc-paille, est tassée fortement dans le grenier, en y mélan- geant, au fur et à mesure, environ 125 kilogr. par tonne de seigle ou de vesces, également coupés à l'état vert, et oO kilogr. de sel marin. L'opération se fait en été, et le produit n'est utilisé, à j)artir d'octobre, que dans les mois d'hiver. L'addition de fourrages verts fait que la paille s'échauffe ; elle s'imprègne des principes volatils et odoriférants et se transforme lentement, au point de vue de la libre ligneuse, en une nourriture saine et aromatique, dont la valeur nutritive est supérieure à celle de la paille non fermentée. 1. Journ. Roij. Aijric. Soc. of Eiig/and, vol. VI. 1870. 2. airuw Cluif)' for feedimj pia-poscs. Janvier 1871. TRAVAUX liT EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 91) Les analyses de la paille de lih', avaiil d après fei^iiiciitalion, sont reproduites dans le tableau XXlll, en ix'yard île la euniposilion du fuin ordinaii'c de prairie. TABLEAU XXIII. — Composition de la paille de froment fermeutée et à l'état naturel. 'Ain. Huile et matière grasse Composés albuiuiaoïdes (assimilables;' . . . . Sucre, gomme et composés solubies dans l'eau. Fibre digestible — ligueuse (cellulose) Matières minérales insolubles (silicej Matières minéi'ales solubies Contenant azote à l'état uaturcl. 13.;J3 l.7i 2.93 ■1.26 l'.l.iO ùi.l:5 3. OS FUOMKNT haché e et fermentée. 7 7G 1 GO -i 19 10 IG 3.j 74 3i ôi FOIN de prairie, orjiuaire. 3.20 / 2. SI \ 14. Gl 2..JG S. 14 4 1 . 07 » 27. IG C.IG 100.00 100.00 0.47 O.G- 100.00 1.35 Ces analyses donnent lieu aux remarques suivantes : Quoi({ue l'huile soit à peu près en égale proi)orlion dans les deux pailles, les matières organiques solubies, telles que le sucre, la gomme, etc., y sont en proportion de plus du double. Cette augmen- tation du sucre et des autres composés solubies est due sans doute, en partie, au fourrage veit incorporé, mais en partie aussi, à l'action de la chaleur qui a eu pour eflet d'accroître la solubilité de la paille dans l'eau. La paille fermentée renferme en outre plus de 4 p. 100 de composés albuminoïdes, tandis (jue la paille naturelle en contient à peine S p. 100. Enfin le rapport entre la libre digestible et la libre ligneuse ou cellulose est de beaucoup à l'avantage de la paille fer- mentée. La paille, on le sait, quand elle est trop mûre, est peu goûtée par le bétail et les moutons, à cause de son peu de saveur et de sa du- 100 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. reté. Certains agriculteurs y ajoutent de la mélasse étendue d'eau, ce qui est un moyen dispendieux pour la faire consommer par les animaux. Le procédé Jonas est de beaucoup préférable et plus économifpie ; on ne peut que reconnnander une pratique aussi simple et aussi efficace. Bien que semblable comme goût et comme odeur au foin ordi- naire, la paille fermenlée en diffère nolablement comme valeur nutritive. Aussi, pour l'égaliser sous ce rapport, Vœlcker conseille- t-il d'y ajouter une certaine quantité de tourteau qui apporte les matières albuminoïdes faisant défaut. L'addition de 50 kilogr. de tourteau de coton décortiqué, réduit en farine, à 1000 kilogr. de paille fermentée telle que celle dont la composition est donnée, suffirait pour obtenir une nourriture de même valeur que le foin. D. — Millet, sorgho et dari. Dans les rapports annuels sur les analyses laites pour le compte de la Société Royale d'agriculture, Vœlcker a consigné la compo- sition des graines de millet, de sorgbo et de dari. Les analyses de ces graines figurent dans le tal)leau XXIV ci-après. Des deuxécbantillons de millet analysés, l'un était écrasé et l'autre en grains entiers, n°' 1 et î^ \ Il y a lieu de remarquer, comme pour le sorgho, que le millet riche en amidon est pauvre en composés albuminoïdes et azotés. II est mieux approprié, à cause de cela, comme nourriture d'engrais, pour les bœufs et la volaille. Le maïs et l'avoine conviennent bien mieux aux chevaux de travail, et la valeur nutritive du millet, de même que son prix sur le marché, poids pour poids, peuvent s'évaluer à i^5 p. 100 au-dessous de ceux de l'avoine de bonne qualité. En mé- langeant le millet avec de la farine de fèves qui renferme de ^24 à i26 p. 100 de matières albuminoïdes, on obtient une ration plus com- plète et plus satisfaisante. Le giain de sorgho - est souvent introduit à bon compte sur le t. Annual Report for 1882. — Joitrn. Hoy. Agric. Soc, 1S83. 2. A)innal Report for 1875. — Journ. Roij. Agric. Soc, 187G. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 101 marf'lié aiii^lais, ainsi que le grain d'une variété (Andropof/on sor- glmm) connue sous lu nom de dari ou durra', inipoitc d'Kgypte pour l'engTaissement des animaux. TABLEAU XXIV. — Composition du grain de millet, de sorgho et de dari. COMPOSITION IMMEDIATE. Eau. Huile Composés albuminoules ' . . . Amidon, sucre otfihrc digestible. Fibre ligneuse (cellulose) . . Matiùres minérales (cendres'i. . Azote contenu 100.00 1 . SO «■u graius. 1 .3 . 1 '.) :5.83 9.5G Ô7.0G 12.,t1 3.8."j 100.00 1"= va- riété. •i. 12.. 32 2.:!7 7.7.-> 73.0fi 3.20 1.30 100,00 1.2i 2' V:i- riùtô. t. 12.0-: 3 . 80 7.19 71.82 3..^0 1.G7 100.00 1.1. i l'i V.1- 1'-^ va- riété. riété. (1. 11.31 12,.".,-. •4.02 2.',i;i 10.00 10.31 G8.10 70.13 3.6.^ 1.G3 2.8G 2.IJ 100.00 100.00 l.GI l.G.j Les mêmes observations s'applirpiont nu grain du sorgho et du dari, au point de vue de l'utilité du mélange de la farine avec celles des légumineuses, pois, fèves, etc., pour avoir une ration appétis- sante et économi(iue. La présence d'une forte proportion d'amidon qui se convertit facilement en graisse, et de matières grasses toutes formées, ne compense pas autrement la quantité relativement faible de matières albuminoïdes (assimilables). 3. Plantes légumineuses. A. — Pois cidlicc. Dans son étude de la paille sous le rapport de la vabnu- nulritive, Vœlcker a analysé spécialement celle des légumineuses, pois et fèves *. La composition de deux échantillons de pois cultivés, tiges et 1. Annual Report for 1877 et /or 1882.— Jovrn. Roij. Agrk. Soc . 1878 et 1883. 2. Composilion and nulrilive value of Straw. Décembre ISGl. 102 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. fanes, prélevés en 1800 el 1801 dans la ferme du collège de Ciren- cester, est reproduite dans le tableau XXV. TABLEAU XXV. — Composition des pois cultivés. Eau ,, ,.. , ,, i organiques Matières solubles -, . ( inorganiques ,, ., . , , . \ organiques Matières insolubles , . ( inorganiques Eau Huile' Albumine et composés protéiques , solubles ' . . Composés protéiques insolubles- Sucre, mucilage, matières extractives solubles Fibre digestible, etc — ligneuse Matière organique sohible — inorganique insoluble Contenant azote ' Contenant azote - . . Azote total Gendres p. 100 18G0. IG.O-J 11.28 2 . 72 G7.77 2.21 100.00 1G.02 2 . 34 2.9G 5.90 8.32 1G.74 42.79 2.72 2 .21 100.00 0.474 0.94 5 1.419 4.93 1861. 17. 4C 11.77 70.83 100.00 1.G7 G. 40 G8.83 5.96 100.00 » » 1.03 Les cosses vides des pois alimentaires contenant un peu de matiè- res grasses et féculentes sont recherchées par certains nourris- seurs, et vendues comme un substitut économique de la farine de fèves : Vœlcker en a donné deux analyses '. (Tableau XXVI.) 1. On Ihe Chemistry offuocl, 185G ; et Annual Bcporl for I8G4. TU.WAUX ICT KXPERIENGES Dl' D A. VOELCKER. 103 TABLEAU XXVI. — Composition des cosses de pois. Eau Huile Ciiinposés alliumiiio'iilcs (assimilables) .Mucilage, amidon et lihre dii;e.s(il)le. Fibre lii;neusc Matières minérales (cendres). . . . Contenant azote ' 10.12 0.66 ô.6i 100.00 13.68 1.09 7.12' 80.21 ' ''■'' I 68.71 3.. -.7 2.7.J 100.00 l.ll Les pois renferment environ 5 p. 100 100.00 0.243 0.297 1) 1) Contenant azote ' Azote total Cendres pour 100 . . . . . 0.510 3 710 » 0.81 » Les ceiidre.s dosées par Way et Ogston diffèi'eiU peu par leur composition de celle de la paille des pois. Riches également en carbonate de chaux, elles contiennent beaucoup d'acide phosphori- que et de potasse et peu de silice. La rpiantité d'huile dans la paille de fève ne surpasse pas' celle de TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 105 la pnille de pois, et celle des matières albuminouses n'est pas aussi considérable que dans la bonne paille d'avoine ou d'orge. L'amidon n'y est pas représenté et la rd)re ligneuse brute, difFicilement atta- quée par les liqueurs faibles alcalines et acides, laisse peu de fibre digestible. Enfin, les matières solubles dans l'eau sont en faible quanlilé. Le fait que la jiaille des fèves résiste à l'action des liquides légè- rement acides et alcalins, suffît pour confirmer celui observé par les i)raticiens, que, même hacbée, encore à l'état frais, elle est infé- rieure comme nourriture aux pailles des céréales et surtout à celle des pois. Les gousses contiennent, il est vrai, une proportion notable de composés albuminoïdes ({ui sont plus digestibles que les tiges et les fanes ; de façon que si le bétail ou les moutons peuvent clioisir les gousses et les parties plus tendres des tiges, ils en tirent un parti plus profitable pour leur alimentation, que des tiges et des fanes seules, 4. Plantes fourragères à racines alimentaires. A. — Pomme de terre. Les variétés de pommes de terre dans la grande culture sont si nombreuses, la composition d'une même espèce se modifie si nota- blement suivant le sol, les engrais et les diverses conditions de la culture, que les analyses individuelles des tubercules, selon que les variétés sont tardives, bàtives, coureuses et non coureuses, n'ont pas grand intérêt pratique pour la détermination de leur valeur nutri- tive. Vœlcker, se basant sur ses propres dosages et sur d'autres lui inspirant confiance, établit de la manière suivante la composition moyenne de la pomme de terre, à l'état naturel et à l'état sec^ (ta- bleau XXVIII). Ce tableau montre que, en nombres rontls, la pomme de terre bien cultivée contient trois quarts d'eau et un quart de matières so- lides. Il arrive que certaines pommes de terre renferment jus/^aH- (lold iviirzcl) et des résidus de sa distillation ', deux éclianlillons de mangohl yellow globe (betterave globe jaune) et les pulpes provc- nanl de leur distillation oui été soumis à l'analyse, à l'état naturel et à l'i'lat sec (soit à 100" centigrades). Les résultats de ces analyses sont consignés dans le tableau XX.1\. La |)ulpe fut recueillie dans une distillerie alors en activité à Minety, dans le Wiltsbire, à peu de distance de Cirencester. Par le procédé Leplay, la fermentation s'opérait sur les betteraves débitées en cossettcs, et celles-ci étaient distillées en vase clos par la vapeur surcbauflée. Comme une quantité considérable d'acide sulfurique était ajoutée pour la distillalion, la pulpe francbement acide pouvait se conserver assez longtemps sans fermenter; elle était de couleur blanc grisâtre, mais devenait noire en tas, au contact de l'air. Les porcs la mangeaient avec avidité ; pour les moulons et les vaches, il était né- cessaire de les y habituer, en mélangeant la pulpe avec du trèfle hache. En comparant, dans le tableau, la composition delà pulpe fraîche avec celle des racines mêmes, on reconnaît f[ne la proportion d'eau ayant augmenté d'environ 3.5 p. 100 dans la pulpe, le sucre y a jn-esquo entièrement disparu, la masse de fibi-e ligneuse et les ma- tières albuminoïdes se sont accrues, quoique ces dernières se trou- vent à l'état soluble en plus grande quantité dans les racines, de même que les matières minérales; de façon que les éléments so- lubles delà betterave ont dimimié dans la pulpe, tandis que la cel- lulose a augmenté. La comparaison des analyses de la racine et de la pulpe à l'état sec permet de développer des observations inti'ressantes. Ainsi, réduite au même état de siccitéqiie la })ulpe,la racine ren- ferme 2,5 fois autant de sucre, de gomme et de composés pectiqucs solubles; tandis que la pulpe contient près du double de composés albuminoïdes, et 30 p. 100 en plus de fibre ligneuse. Il en résulte (jue, poids pour poids, la pulpe analysée n'a pas la même valeiuMiutritive que la betterave, tout en offrant un résidu nutritif à un haut degré. 1, On /lie composition and nutritive properlies of mangold pulp, juin 1S60. 108 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. u 03 en • i-i > «s U a> V) a o -o o u X 1=3 •a! H ■J P3 O i-H o t^ o l>- o o to tD 5^ r* 1 -2 1 c O - oi o o Cî t- CO lO Cï iX" " -lî -^ t- 00 co *o o o tH îi cô Cm • OJ co o o 1-H ■7^ ^ iH - 1 a ^■l tM «o 00 C^ "Xi o iH CO lO ^ 1 ^ « ^ a 2 s o »--( O ^ ■:» PU ■i; :o ,H o G^ , ^ 1 c rt OJ = •u . 'S nLi .T. 1 CJ 1^ w w -^ o eo Tl* w c- o C-5 r^ ts lO o to o o ■m co to 00 C5 ^ -.-; a a a s s a CO Ci 'N -H^ t^ o C5 t* CO W lO o = ci o t-^ rH d d lO "-1 !» o o d o -H d rH ce -H — ^ o C^ I~^ ■ CO '-O t-- « -t iH •>! h! o d o o o o -« ÏD se -c C5 o ce ce Î2 =o t» '-S Ci -*_ -H r^ d o o CO o Ci d d o w o o o o o -M m o o ce -H çr — * ' o rj o o o •* o d d o o o o o o --O -M t W O -S lO '"i O ce O Ci t— H^ CO Ci 00 i-H Ci o ce i>- o o o iH o ce o o d o ■M t- -rf — ( .H O O O Ci tH .o Ci ^ Cl o o a o ce o co -c co to ^ o >o lo 'Ji ce w ■^ -f' e^ Ci ^ lO '-' r-' t-^ rt o o !M o ce O ô o o co rr. rt o d d d O _ /= œ ■= s 5 — 3 3 o J3 ^- — tfl 3 ■= O a o S ,, a iD s o (D Pi (A ■« i; (fi 'ti o - o. o 3 5 O CA -^ -a x> Q. O g 2 c3 a W 02 ••5 S o o o ^ TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU U' A. VOELCKER. 109 En oflet, une lonne de bcltcraves (glol)C jaune), si on fait lu cal- cul, renferme H^ kilogr. de malière sèche, c'est-à-dire un tiers de plus qu'une tonne de pulpe. A moins ([lu; la matière sèche de la pulpe ne jouisse de [jropriétcs nulrilives supérieures, l'avantage reste à la betterave. Or, la betterave sèche tenant 2,5 fois plus de sucre, de gomme et de matières pecticiues solubles (pie la pulpe, c'est-à-dire 38 p. 100 eu [dus, de substances propics à l'engrais- sement et très facilement digestibles, il n'y a pas à douter de sa supériorité. Il est vrai que la pulpe renferme 7 p. 100 de matiè- res albuminoïdes et 30 p. 100 de fibre ligneuse eu plus ([ue la ra- cine ; mais la fibre, déduction faite des composés albuminoïdes, se compose pour ainsi dire de ligneux, et l'excès d'albumine n'aug- mente pas sensiblement la dose préexistant dans la racine, sous le rapport de l'économie animale. Vœlcker n'hésite pas à se prononcer en faveur du sucre comme étant l'élément principal, déterminant la valeur nutritive des racines, contrairement aux opinions exprimées ^ur ce point par divers écrivains. BcUerave globe (racines et feuilles). — A l'occasion d'essais de culture de la betterave (globe orange) sur le sol calcaire tenace et sans sable de la ferme de Cirencester, préalablement travaillé et fumi' avec addition de sel marin, Vœlcker a déterminé la composi- lioii moyenne des betteraves et de leurs feuilles, sur chacune des jtarcelles expérimentales, dont une restée sans sel marin'. Les con- ditions de l'essai sont résumées comme il suit : SEI^ MAUIN l'Oins MOYEN POIDS MOVEN l'AUCELLES. ù l'hectare. des raciues. des tètes. Kil. Kil. Kil. K"M 125,6 2,0;j'.) 0,GSO — J '2,jl,0 l,GiG 0,o'J0 — 3 370,6 I,iiy 0,482 — -i 502,0 1,813 0,G80 — 5 Sans sel. 1.30G 0,510 — (i G2T,7 1,813 0,510 — 7 753,2 2,010 0,5GG — S 878,8 1,533 0,453 — 9 1000,4 1,30G 0,510 1. ComposHloa of orange globe mangolds; bulbs and tops. Juillet 18G.: 110 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. a •t— I o es a> Xi O S o u X ta M < ^' o o -« o lO O O' es -« ■^ -M -H ^ c^ Tl in L" ■M cri o lo » — o -H :o »c ^£5 ir; '0; x o o ^ :m ■^ ^ 33 :n. Ô r- o — ^ Ti <à t-^ -^ î^ w o — ,^ ci o Tl >* — < Cl ■-' Cï C. »-i 00 s T-! CV -rr ^ CQ ^ ce o " j rH »-t u 71 _a! t^ ^ CI O o -< r^ '-O (N 'T'I 1-t \o t^ o ts ^ O ^ -c o m » Ci) O es -M lO o 1-1 — J5 -3< <-' o Cl rD îTî 3^ ■SI CO GO oo co co C-l C-.. 30 -^ o o ce O -M G^) --T- — iH Ci -r? iH (N f-H o o Cl o ci -* U CO ce bl Îh W O o lo m o >--5 ce S ■-J ..H t- O »0 ^: ÎO OD CO W CO o CO 'M O CO Ci CO iC :^ X o Cî w o t- Cl es o ■■S> Tjl i-^ f^ CO »H W --^ 'H -M '^" T^ d l-I O W ^" ^1 iH CM i-t rA -H O 1-1 i-H c» -f (M ys ,-. o 1-1 o i-H ij Cï O o 7) '"' '^ G-1 -f t^ c; c œ C -t -^î -:* '^ >^ l- M ^ o '-". X o 1- Ci co ^ ^ o -« O CO t- ^ O N CV -M c- y~i CO -^ àO ce o to o O in -*' o as .-. o O ^ cô î'i -r r>i 1-i o -^ T-H S'I ^ o cq o ci -# .] es Ci u ^ fH m j 'M w -H o -M — (M --< 00 '^1 3-1 -M Ci ^^ 1-1 -^ 'M — t~ CO u « C-. -^ :i o C^ O — - :d O Ci X Ci O O o CO Ci O 1.-5 Cl lO t- O -^ o tH îg r- o o ■^ — o o o tH o 1-i oi Cl -^ Z O 00 rt ï-t O ^ rH îl .-1 C3 ô o Uî ^H '~* -^ •.* c» co o lO lO ^ O i>- -r^ ers ift fN o o IfS »0 lO -* lO O co ts œ t- o ccî CO « irs -^ T-i oo o »n >i t- Ci :o CO li-:» ** o 00 .-^ o rH O r^ ic " ^ ;:i "^ ^ «■ d y-t O ci -r^ .j o es ô b9 ^ W Î.1 r ~ Cî -« t- ^^ Ol ?^ cï — 4 K"^ rs o ^ TD o CO Ci 1 cj ce X ^ l- -M Cï o ÎO ^ t— Tjl Ci -^ "* t- 5- c Ci 3- r:- ce ^ -r n cô --< rî ^H o T^ -^ -^< '^ -^ î'i rii d iH d .-( o M* -^ ci 'di C5 ^ — t => »H Cl o ^ TI T-l o u X o GO o td 1-t (0 ^* m O — _ O -/3 es tr lO rt îo -o ir "^ ^ ■^ \a y tr ce :'Ô o tji -1 o o Tî* o !-< ir; 1-1 c o -J c^ C- ^■ CO CO G-ï &1 ta o :r o CO tH o o iH rs o Ol o 'M d ^J c O O — 1 ■—1 th 2 »-i c f-f î^ ci CO u m u »H tf: an CI o c^ r- o o C3 O Ci ?! >-- O -* r- ^ o c o c- cr Ci ic oc cr o ^^ C] >fï CO o 3^ » -^ .r c o î- X > ce cr> -' o " - d •^" o -4 d o c »H - ' '- ; S 2 ce O • _0 > > 3 > > > •S Ul "^ -^ a o c i • c i <-• ' 1 a C J3 !zi ■ £ S i I: 3 i et C 1 „ 2 S Se' 2 1 9 rt = 'S : ce c /% fc D r O t D O SO as? ù--^ 3 à îë ^ fart :j ^v ô-a I i TRAVAUX i:t expériences Di: n'" a. voelcker. 111 L'examen analytique (tableau XXX) îles l)etteraves prélevées sur chacune des parcelles donne lieu à une première observation con- cernant la teneur en eau des racines, qui varie de 89.5 à 9:2.5, et par conséquent surpasse celle des turneps cultivés sur de bonnes terres*. Il en résulte que, poids pour poids, le mangold venu sur des terrains froids ou humides, reste aijueux, ne mûrit point parfaite- ment en terre et fournit moins d'éléments nutritifs que le turneps blanc. Dans les racines de la parcelle n" 7, par suite de la teneur en eau et de la proportion relativement élevée de fibre ligneuse qui déno- tent une maturité imparfaite, la quantité de sucre est extrêmement faible, et pourtant elles renferment non moins de composés albu- minoïdes et de matières minérales (|ue les racines plus mûres. Dans la parcelle n" i, la plus faible teneur en matières azotées coïncide avec la teneur la plus élevée en sucre qui règle plus que tout autre élément la valeur nutritive [)Our le bétail. Le sucre, qui varie dans les racines des autres parcelles entre i.5 et 5.5 p. 100, est à une teneur moins élevée (jue dans les betteraves cultivées sur des terres légères, profondes et chaudes. Par rapport aux betteraves su- crières venues en France, en Belgi(iue, en Allemagne, l'écart est considérable; ce qui est dû en partie à la dose d'engrais employée en Angleterre, car il est avéré que les engrais azotés, tels que le guano ou le sulfate d'ammoniaque, assurent de fortes récoltes en poids, au détriment de la richesse saccharine et nutritive, lorsqu'elles ne peuvent parfaitement mûrir. La teneur en matières albumiuoïdes variant peu entre les racines des neuf parcelles, celle de la libre ligneuse varie presque du double, comme entre le n° 9 et le n° :2, pour une dose égale de sucre. Le sel marin ne semble pas avoir exercé une action appréciable sur la composition des racines ; les betteraves de la parcelle n°5 qui n'a pas reçu de sel marin, en tiennent à j»eu près autant que les autres. Pour compléter cette étude, Vœlcker a soumis à l'analyse les tètes 1. En moyenne, le turneps renferme de 8!) à !jO p. 100 d'eau, quand il est ferme et sueré; la teneur en eau ne s'élève au-dessus du 92 p. 100 que dans les turneps spongieux. 112 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. o t-4 ai tn « u o 03 rP O "S) 03 > u C o o a o x: X X < H ^^ P3 - o ^H C5 o o a ■Si -^ co N — I .O O .o co Cl co Ci -.^ co O O O o o Cl co --!< «o îo oo C' co t~ TH -^ co Ci co o -.-ri ce co co co Ci co o CI TH CZ3 o CI t^ o Ci •^ Ci ..•o co o --t- o O co t~ t-- Cl ■JO et Cl o co 00 et '-o Cl Cl lO o co Cl o co a: co co o Cl 1— t 1— ( oo o o co CI o Cl t— •«^ *;-i^ o ce — a.' cri Ci CO co «* o Ci o •^-^ «-< -T" t^ co ->- I— o ■>-H Ci c; g •« g •« o tlO o bf3 a> -O es & -«^ a O) o en •O) 13 O O Sh 03 03 03 13 S o en o a o -r-1 CO t— CI o t^ co co co t- et o o o o 03 s-. ni en cr as ë a tn «3 03 03 -5»< CO -r> i.o co — Cl 03 'o O a- o o ta o Ci f- co Cl CO o -— co co "-O o Ci o œ lo Cl co -— co o Cl t- OD CO 1- Cl o CO Cl o o o Cl — O Ci o Ci lO co -5H ■ o -■-• o Cl co co o t^ Cl o ^ O Ci -« O — co CO O t— CI O o liO -^ co o Ci o co Ci r~ Cl r- Cl o t— co o o — iO co co o c Cl o OD Cl -*- .o o co o o — t^ Cl CI Ci -^ O — co ~i< co Ci o o •^ ~T 1- o Ci o o co Ci co -~< CO -0 p T— ( o -o o t- — X co Cl t^ o t.O co X a. ~^ .ra o co Cl t~~ Cl t- Cl o Cl co Cl o o Cl co t- co -^ o Ci -— o -o o Ci o Cl X t- .— f- C( o o C o es THAVAL'X KT K \ l'KIl I KNGES UV 1)'' A. VOELC.KICH. 11.'] e( les t'riiillcs des ('cliiiiilillniis de l'aeiiK's des !l parcelles. Li' hdil. an XXXI l'oiiriiil, les résiillals de la (•(Hiipo.silidii ch'-iiiciilairc de ces tèles, à l'élaL frais et à INHat sec. L.'i |)r()ii()rli(.iii (rcaii p. JUII vai iaiiL coii- sidérahlement, la (|iiaiiLilé de iiialiôres solides l()iid)e jiis(|ii'à 6.5 el. 7 |). 100. La iiialière sèelie est fornu'e, poui' un ([iiai'l jiis(|ii"à un tiers de son poids, de matières minérales parmi lesquelles dominent les st'ls (pii molivent les propri('lés laxalives des feuilles données ti'op abondamuKMiL eu uomritiue au ht'lail. lîien tpie les matières azotées soient en plus gi'aiide (piaulil(' dans les tèles (puidans l(!s ra- cines, il est probable (pie leur état dY'laborali(jn i^sl moins avane(', et par cela même les rend moins assimilables. Le sel mai'iu appli(pi(; en couverture n'a pas eu plus d'ell'et sur les feuilles (jue siu' les bulbes. Iklteravc laanyold, feuilles. — Vœlekei' avait publié préci'dem- ment l'analyse des feuilles de beltei'ave (manyold) à l'élat Irais et à l'f'lat sec*, et foruudé les mêmes conclusions (piaut à leur valeur mitritive, par rapport à celle di; la racine dont la comi)o>ilion, établie sui' la moycime de l.j analyses par Way, .lolmslon, WOllf et par lui-nujme, figuie lableau XXXU. TABLEAU XXXII. — Composition moyenne de la betterave disette (mangold wurzeli. E;iu Piincipcs protL'iiiU'S iissiiiiilublcs Fihi'c liyiUMisc Sucre Gomme, pectine, ftc Matièi'cs iniiierak's (cendres). . ETAT naturel. 87. 7 S I . .j i 1 . 1 : G. 10 ■:.ôo 0.9G 100.00 li T A T sec. 1 2 . GO 9.IG iO.OI 20.45 7.88 100.00 Vœlcker fail remai'ipier (pfaprès avoir élé ai'racbées, les bette- raves renferment une substance j)articulièrement acre qui purge 1. On Ihe chc7nistry af food, 185G. AN.\. SGIKNCL; AfiRUX. 114 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. le bétail, s'il s'en nourrit immédiatement. Bien qu'on n'ait pas recher- ché si ce principe acre disparaissait par la conservation des racines, il est certain qu'après quelques mois il n'agit plus. La supériorité comme nourriture des racines conservées sur les racines fraîches, est peut-être attribuable à la disparition de ce principe ; mais elle est due positivement à l'accroissement de leur richesse saccharine par la transformation de la pectine en sucre. 11 est donc recom- mandé d'emmagasiner les maniiolds destinés à la nourriture des animaux jusqu'en janvier. U y a lieu d'excepter, parmi les animaux (|ui tirent profit du mangold pour l'engraissement, les moutons aux- (juels cette nourriture ne convient à aucun degré. Les essais de Yœlcker sur ce point ont été confirmés par nombre de praticiens. Malgré leur forte teneur en matières azotées, les feuilles de bet- teraves (tableau XXXlll) n'ont pas une grande valeur nutritive, contrairement à ce que l'analyse semblerait impliquer; mais elles renleiment une proportion notable de matières inorganiques qui consistent principalement en phosphates de potasse et de soude. 11 se peut que ces phosphates alcalins ne favorisent pas l'assimilation des matières nutritives et soient contraires à l'organisme des ani- maux. TABLEAU XXXIII. — Composition moyenne des feuilles de betteraves disette (mangold wurzel). Eau PrinciiH's protéiques ;is!-imilul)los l'rincij>os coiiibu.stil)!('s. . . . Matières minérales (cendres). . ETAT E T A T frais. sec. Ol.DGO )) 1 .lui •2':. 01 9 i.9S4 G 1 . y 1 2 J .-29-2 16.0G'.) 100.000 100.000 Maufjolds conservés. — Vœlcker a procédé à l'analyse de nian- (jolds conservés pendant deux années et parfaitement intacts '. La 1 . On (lu: composition of a nianrjold wiirzcl kfpl for /ira yc«rv, juin IS.V.) TRAVAUX ET EXPÉUlKNCliS DU D'' A. VOELCKER. 115 compusiliuu «le ces raciii.es, (iiii ligure dans le tableau XXMV, donne lieu à des remaniues intéressantes. Le jus de la racine conservée ayant une densité de 1 ,0:2:2, on cons- tate que la proportion d'eau est bien plus élevée (jue dans les ra- cines (le niovcnne (pialité; celle ties matières minérales qui con- sistent pour ainsi dire en sels solubles est également de beaucoup supéi'ieure à la moyenne. Parmi ces sels solubles, le sd marin titre 0«'",04i dans la racine fraîclie et 0''',()80 dans lu racine dessé- chée; entin la teneur en azote est au-dessus de la moyenne. TABLEAU XXXIV. — Composition de betteraves disette conservées. Composition éiém cnfuire. Eau .Matière organique soliible. — minérale soluble . — organique insoluble — rainéiaie insoluble Composition iuimédiule. \vi\x Matières protùiques solubles' . Sucre, gomme et pectine . . . Sels minéraux solubles. . . . Composés protéiques insolubles' l'ibre ligneuse (cellulose). . . ETAT naturel. 92. 3.27 1.23 3.12 0.13 ETAT SBC à 100 degrés centigrades. 42.32 15.S7 40. I G 1 .(iô 100.00 100.00 Matières minérales insolubles Contenant azote ' Contenant azote - Azote total. 1)2.25 o.y? 4. os 1.23 0. l(i 1.18 0.13 » 12.51 52.07 15.87 2.00 15.22 1.07 100.00 100.00 0. 155 0.025 2 . 00 0,32 0.18 2.32 Il n'est pas douteux que, (juoique intacte en apparence, la betterave ainsi conservée a subi des altérations nuisibles à sa valeur nutritive ; l'augmentation d'eau, d'une part, et celle de la matière minérale, d'une autre, dénotent les eflets de la fei'menlation. Tandis que la matière organique sèclie, entrant en fermentation, a disparu à l'état 116 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. gazeux, \c laux de la iiialière inorganique qui n'est pas volatile a augmenlé d'autant. Le fait que la betterave a pu se conserver deux années, en gar- dant toutefois une valeur nutritive moins élevée que la racine fraî- che, est-il dû à la teneur en sel marin, et par conséquent à l'in- fluence de l'engrais? C'est ce que des expériences systématiquement conduites pourraient seules permettie de décider. C. — Panais cl carotte. Le panais, de même que la carotte, réussit le mieux dans des terres profondes, bien ameublies, où son rendement à l'hectare peut atteindre jusqu'à 70 tonnes. Les racines que Yœlcker a analy- sées provenaient des lerres calcaires, pierreuses et peu profondes de la ferme expérimentale de Cirencester et leur rendement moyen, étant donnée leur faible dimension, n'excédait guère 45 tonnes à l'hectare \ Les données de la composition des deux racines, panais et carotte blanche de Belgique, sont résumées dans le tableau XXXV qui mo- tive des observations comparatives spéciales. Bien que la composition se ressemble, le panais se distingue par une moindre teneur en sucre, qui est remplacé par de l'amidon fai- sant défaut dans la carotte. La carotte blanche contient de 5 à 6 p. 100 d'eau en plus que le panais ; ce qui revient à dire que la matière solide y atteint 12 [>. 100, au heu de 18 p. 100 dans le panais. Au point de vue nutritif, le j)anais fiais tient l.oO p. 100, et le panais sec 7.25 p. 100 de principes assimilables; tandis que la ca- rotte fraîche en renferme seulement 0.612, et à l'état sec 5.46 p. 100. Le panais se montre ainsi d'une richesse égale en composés albuminoïdes à celle des mangolds. En outre, il renferme plus de matières protéiques, c'est-à-dire plus d'azote à l'état de sels ammo- niacaux que la carotte. La proportion de la matière grasse est double dans le panais. 1. Oh (lie co))ijwsil/on of (lie parsnip and uhiie Be/gian carrol. — Joiini. Roij. A(jr. Soc, 1853. Tli AVAIX KT E.YPERIENCES DU D' A. VOELCKER. 117 TABLEAU XXXV. — Composition du panais et de la carotte blanche. Cnmposilion vie m cntaire. Eau Miitières azotées assimilables . . . iMali(Tos non azotées combustibles. .Maliéres inori,'aniques (cendres). . Composition i m médiate. Eau Fibre cellulaire Cendre unie à la fibre Composés aibuminuïdes Insolubles. Caséine soluble Gomme et pectine Sels insolubles dans l'alcool. . . Ammoniaque (sels ammoniacaux) . Amidon Matières grasses Sucre Sels solubles dans l'alcool. . . . 1' A X A I s à l'état naturel. caliulû à l'état .'icc. 8-:. 050 1.280 lô.T.'^S 0.932 100.000 5( . .J il 5.1'J 100.00 S2.0.J0 8.022 0.208 0.5Ô0 0.6GÔ 0.748 0.4.j5 0.03'J 3.507 0.546 2.882 0.33U 100.000 44.G01 1.159 3.0G4 3.701 4. IGG 2.535 0.IS4 19.537 3.041 1G.055 1.888 100.025 fAUOTTK lîLASClll-; à l'état naturel. ealculéo à l'état si'f. 87.338 0.GG7 11.250 0.715 100.000 ) 5 2G8 88 442 G 290 100.000 87.338 3.471 0. 145 0.1G9 0.498 0.885 0.293 0.008 > 0.203 G . 544 0.409 99.963 27.112 1.145 1 . 334 3.934 6.989 2.314 0.0G3 u 1 . G04 51.682 3.230 99.707 Ouanl à la libie cellulaire duiU la teneur varie pour les deux, ra- cines, il convient de rappeler qu'aussi bien dans les mangoîds, les navets, etc., elle n'est pas inutile dans réconomie animale, car il est hors de doute que les libres jeunes et molles sont facilement conver- ties dans l'estomac des animaux en gomme et en sucre, qui servent au travail de l'appareil respiratoire et à la formation de la graisse. En somme, le panais possède une valeur nutritive supérieure à celle de la carotte blanche, et comme il résiste mieux à la gelée et se conserve plus longtemps à cause de sa plus faible teneur en eau que les autres racines^ il se recommande spécialement pour l;i rnltiire. 1. Le panais renferme, en etlet, de G à S p. 100 moins d'eau que le turncps, et de 5 il G p. 100 moins d'eau que la betterave mangokl [Chemislnj of food, 1856). 118 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. L'examen de la slructure du ])anais est facilité en humectant la section transversale par de l'iode qui colore en violet foncé les couches extérieures et laisse celles à l'intérieur à peu près inco- lores. On reconnaît ainsi trois cercles distincts : au centre, un cercle non coloré ; à la périphérie, un cercle hleu-violet foncé ; et entre les deux, un cercle bleu; c'est-à-dire cpi'il n'y a pas d'amidon au centre ni dans les couches qui l'enveloppent, mais qu'il est dé- posé presque en entier dans les couches extérieures. L'analyse indique d'ailleurs que les couches intermédiaires ren- ferment bien plus de matières protéiques que les autres, à savoir: PARTIES médianes, iutermùdiaires. externes. Azote p. 100. . . . . . Égal à composés proléiques 1.067 G. ces 1,500 9.375 1.039 G. 493 Les cendres des panais et des carottes blanches de Belgique ont été analysées par Richardson et par Way. Ces analyses sont repro- duites par Vœlcker tableau XXXVl : TABLEAU XXXVI. — Composition des cendres du panais et de la carotte. Potasse Soude Magnésie Chaux Acide phosphorique Acide sulfuriqiie. . Acide carbonique . Silice Peroxyde de fer. . l'iiosphatc de fer. . Chlorure de sodium 09.11 P.^XAIS C A II T T E (Richardsiin). blanche (Wan). 3G.12 32.44 3.11 1 3 . 52 9 . 94 3.9G 11.43 S. 83 18. GG 8.55 G.50 G. 55 » 17.30 4.10 1 . 1 9 » 1.10 3.71 )) 5.54 G. 50 99.94 TItAVAUX DT E\l»i:i\IRN'CKS DU U A. VUELGKKK. 119 D. — Raves ci navels. On sait la |)lace importante qu'occupe dans la culture, en Angle- terre, la récolte des raves et des navets et ce que la prospérité agi'i- cole de ce royaume et de [iliisicurs autres Etats du Nord de l'Eu- rope doit à son extension, principalement pour la nourriture des bêtes à laine. TABLEAU XXXVII. — Composition des raves et navets de Suéde. Baves. COMPOSITION P. 10 0. Eau. Substances assi- milables. Subs- tances sèches. Sucre, pec- tine, gomme. Fibre li- gneuse. il? f=3 Globe blanc (Cironcestor 18.j2i. 90.-130 1.143 (9.570) 5.457 2.342 0.628 — — — — 90.38 » 9.G2 » » 0.620 Norfolk bell — — 92.2S0 1.737 (7.720) 2.962 2.000 1.021 Navet de Suède. Cultivé à Cirencester 18.")2 . . 89.4G0 1.443 (10.540) 5.932 2.542 0.023 — — — . . 89 . 80 1.171 10.20 » » 0.7i4 — — — . . 91.00 » 9.00 » » 0.035 — 1833 . . S6.15 2.000 13.85 » » 0.G54 — — — . . 8G.33 1.802 13.17 » » 0.641 — — — . . S7 . 20 1.875 12.80 » » 0.558 — — — . . 87.40 1.712 12.00 » N 0.G55 — — — . . 88.11 l.GiS 11.89 » » 0.028 — — — . . 88.3.3 1..593 11.65 » » 0.498 — — — . . 88.00 1.737 11.40 » » 0.548 — — — . . 87.28 1.593 10.72 » » 0.510 — — — S9.96 1.712 10.04 » » 0.039 La coiuposilioii des diverses espèces de raves ou lunieps et de navets, et par suite leur valeur nutritive, otTrent la plus grande di- versité. Comme pour une seule et même variété, suivant qu'elle est cultivée dans des sols dilVérenls, les éléments varient beaucoup, il n'y a pas lieu d'atfaclicr un int(''rèt spécial à la valeur nutritive de chaipie varii'té de iMve ou de navet. C'est le sol en délinitive qui règle le rendement et la (pialili- iiulrilive de ces crui'ifères. (]ette 120 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. conclusion ressort des analyses élémentaires faites par Andersen en Ecosse, dont nous n'avons j)as à nous occuper ici, et de celles faites par Vœlcker à Cirencester, que nous reproduisons tableau XXXVIF. En moyenne, les raves ou turneps renferment de 89 à 92 p. 100 d'eau et de 8 à H p. 100 de matière solide sèche. Les navets de Suède contiennent d'ordinaire moins d'eau que les autres raves; ils sont généralement plus fermes et de meilleure garde; ils sont plus nourrissants que les autres racines de même espèce. Ouoiqu'on éva- lue les propriétés nutritives des navets d'après leur teneur en azote, M. Lawes, de Rothamsted, a démontré expérimentalement que les navets les plus riches en azote ne sont pas les plus nutritifs. L'in- fluence du sol sur les qualités de ces crucifères est bien connue des praticiens. Ainsi les navets cultivés dans des terres argileuses très tenaces, ou tourbeuses, ne valent pas ceux obtenus sur des /oa/>î5 lé- gers. Le climat et la saison ont également une action décisive sur les TABLEAU XXXVIII. — Composition moyenne des têtes et feuilles de navets. Eau Matières organiques solubies . . — inorganiques solubies . — — insolubles. Fibre végétale impure Eau Principes assimilables. . . — combustibles . . Matières minérales (cendres) XAVETS DE SUEDE. État frais. X s . o CJ 7 3.G99 1 . 9S i 0.312 5 . GliS 100.000 S8.3G7 2. 087 / . Î50 2.290 100.000 Etat sec. 31.791 17.0.yi 2.GS2 ■iS..i70 100.000 17.9 il G2.320 19.7oG 100.000 TURNEPS DE KOIîPOEIC. Ktat frais. 91.284 3.101 1.225 0.29Ô 4.092 100.000 91.284 2.4ÔG 4.740 1..J20 100.000 État sec. 3.'). G 13 14.055 3.3SI 4G.94S 100.000 28.175 54.38G 17.439 100.000 1. On thc chemistry of food ; — Ba/h and W. of England Agric. Journal, t. IV, 1S5G. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d"* A. VŒLCKER. 121 qualités des navets, qui exigent une certaine dot^e d'iiuniidité atmos- phéri(|uc. De inrine, la croissuiK-e n'est pas sans iiilluence sui- lu qualité (lu iiavrt; quinul il pousse lidp vite, gnke à des engrais troj) stinudants, il est moins nutiitif et se cunseivi; moins bien. Le guano du Pérou, par riiisdu (rc'conomie d'abord, puis ;'i raiisi' de sa ten- dance à augmenter la dose d'eau des racines, doit être employé mo- déi'ément, ou eu uK'lange avec des pliospliates. Feuilles des navets. — Los tètes ou l'cuilles des lurneps et des navets, dont la eotnpositidn a été déterminée par Vœlcker (tableau XXXVIH), donnent lieu aux mêmes remarques que celles de la bette- j'ave (mangold). Si elles renferment beaucoup de matières azotées, leur forte proportion de cendres, consistant principalement en phos- phates alcalins, diminue leur valeur nutritive et les rend moins pro- fitables pour les animaux. La composition moyenne des cendres de turneps (bulbes et feuil- les) telle ([u'elle résulte de nombreux essais, est, d'après Vœlcker, la suivante^ (Tableau XXXIX) : TABLEAU XXXIX. — Composition des cendres de turneps. Pelasse Soude MatrntJsio Cliaux Acide phospliorique . Acide sull'uriquc. . . Silice Clilorurc de sodium . Cliioi ure de |iotassiuiii Acide carbonique . . HACINES. feuili.es. 42.0 20.0 2.0 3.0 2.0 1.0 ll.j 30.0 y.o .5.0 11.5 11.0 1.0 1.0 G.O 8.0 » 5.0 15.0 16.0 100.0 100.0 En comptant sur une récolte à l'hectare de 50",:215 de racines et de 15',06i de feuilles, comme les cendres en moyenne représentent 1. l'/ie ubsorpUon of pfiosphalc of lime, etc., for root crops, 1SG3. 122 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, 0.70 p. 100 du poids des racines et 1.70 p. 100 des feuilles, on en- lève au sol par hectare, en nombres ronds : Par les racines 352''''' Par les feuilles 255 ,5 Total 007'''% 5 Les éléments de ces cendres se répartissent , pour un hectare, entre les racines et les feuilles comme il suit : RACINES. FEUILLES. TOTAL. Eil. Kil. Kil. Polassc 147,9 51,0 11)8,9 Soude 7,0 7, S H, 8 Magnésie 7,0 2,5 9,5 Chaux 40,3 76, S 117,1 Acide phosphorique 31,7 12,9 4i,6 — sulfurique i0,3 28,0 G8,3 Silice 3,4 2,5 5,9 Chlorure de sodium 21,3 20, i 41,7 — ■ de potassium » 12,9 12,9 Acide carbonique 53,0 40,6 93,6 351,9 255,4 607,3 607,3 Il en résulte qu'une récolle de turneps enlève 44''°'', 6 d'acide phos- phorique au sol, tandis qu'une récolte de froment (grains et paille) en enlève seulement 28''°'', 8; en d'autres termes, 50 tonnes de tur- neps privent le sol de près de 10 kilogr. d'acide phosphorique en plus que 28'"''', 7 de froment par hectare. Composition des navets de Suède selon les engrais. — Sans aborder les détails qui seront donnés plus tard des essais de culture des navets de Suède, pratiqués sur les terres delà ferme de Cirencester, à l'aide de neuf engi'ais diflérents, nous rapporterons à cette place les analyses que Vœlcker a publiées ' des racines de chacune des dix parcelles expérimentales, y compris celle restée sans engrais. Vœlcker a eu en vue par ces analyses qui comprennent la teneur 1. On ihe comparalive value of arUj'ic/al mmuires for ruising a crop of Siredes. - Joain Roy. Acjric. Soc. 0/ EiKjlund. vol. XVI, 1S5Ô. TRAVAUX ET EXPEniENCES DU D' VOELCKER. 123 en eau, en cendres et en azole, pour les racines à l'élat frais et à l'clat sec, lie rechercher l'inlliience des engrais sur leur valeur nu- tritive. Le tahleau XL (jui résume les résultats analyti(|ues, démontre TABLEAU XL. — Composition des navets de Suéde selon les engrais. EAU POUK 100 CENDRES. AZOTE 1 s 3 NATmR I)"ENaUAIS. POIDS des _.^^^^ ^ ^ par par par par par ^ -3,. racines. racine. moyennes racine fraîche. racine séchée. racine Inilclie. racine sécliéc. kil. n)oyermes moyennes a. 1,218 88.717 o.5i;i 4.98 1. (riiauo : 0,C79 0,312 87.450 87.(;G7 , 80.834 ) 0..552 0.641 4.40 4.87 0.298 2.414 ^^ K%%VÂ-^^J •■■*« t« ■« Coprolithes dissous et guano a. h. c. 0,793 0,'12.5 0,i-'5 88.420*1 1 o..'-,40 88.600 [ 88.484 / 0..548 88.434 ) 1 0.512 4.07 4.81 4.43 0.278 2.417 a. 0,9G1: 8S.C34 ) l 0.568 89.967 [ 88.467 } 0.639 5.20 1 3. Poudre d'os h. 0,,S21 6.37 0.274 2.378 c. 0,310 87.400 ; ( 0.655 4.75 : 1,134 8S.450 ) ( 0.498 4.28 4. Superpliosph. dcch.aux. 0,73ti 89.284 1 88. .556 / 0.516 4.82 0.255 2.233 c. 0,297 88.034 ) j 0.589 4.93 a. 0,964 87.717 ) 1 0.596 88.067 87.661 . 0.582 87.200 ) ( 0.558 4.86 0.300 Cl. Engrais «jcouoniique . . ^ 0,3117 4.96 2.435 \c. 0,227 4.36 a. 1,020 87.900 1 1 0..534 4.42 ' G. Tourteau de noix . . . b. [c. 0,481 88.381 > 88.306 ) 0..581 5.01 . 0.277 2.374 , 255 88.634 ) 1 0.576 5.07 a. 1,134 89.417 1 ( 0.484 S8.117 . 88.. 578 / 0.628 8^.200 ) ( 0..554 4.58 7. (îoiirolitLes dissous . . h. 0,779 5.29 . 0.263 2.301 ,c. 0,2i;9 4.70 la. 0,765 88.800 1 ( 0.561 5.01 S. Sans engrais 1 0,341) 87.460 \ 87.803 ) 0.559 4.46 > 0.338 2.770 ic. 0,142 87.1.50 ) 1 0.627 4.88 la. 0,736 8S.917 1 l 0.538 4.86 9. Engrais de vidange. . . 1 0.73C 88.767 > 88.506 / 0.540 4.72 0.283 2.462 'c-. 0,227 87.834 ) 1 0.498 4.10 \ Mélange de suie, guano, / n. 1,049 8S.841 1 ; 0..562 5.01 10. coprolithes dissous et ' superphospliate . . . U. 0,850 87.i:il > 87.376 0..532 4.12 0.321 2..>18 le. 1 0,227 86.156 ) ' 0.i;54 I 1 4.73 que la proportion d'eau et de matière solide est à peu près la même dans les racines de chaque parcelle, quel (pie soit l'engrais employé. De même, les dilVérences de teneur en eau, suivant le poids des racines, sont in.s-ii'niliantes. Kutiii, le (losa^e des cendres et de l'azote peniit'l d'iitlirmci' (juc les navets d'une parceili I la même 124 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. valeur nutritive que ceux dune autre ; de telle sorte que Tengrais appliqué n'a pas eu d'elTet sur la composition des racines, et l'emploi relativement plus économique du superphosphate, par rap- port aux autres engrais essayés, s'affirme de lui-même. Les conclusions formulées par Vœlcker, en particulier sur le rôle des engrais très azotés par rapport à la composition chimique et à la valeur nutritive des turneps, se sont modifiées plus tard, à la suite de nouvelles et plus récentes expériences dont il a fait l'ofijet d'un mémoire séparé'. La question de l'application des engrais aux turneps et aux raci- nes en général devant être traitée ailleurs, nous nous bornerons à citer ici le passage suivant du mémoire de Vœlcker : « La nature et la qualité des engrais employés pour la culture des racines, ont une puissante action sur leur composition et leurs propriétés nutritives. Une terre abondamment fumée à l'aide de fu- mier d'étable provenant de bêtes à l'engrais porte une récolte luxuriante et vigoureuse ; mais si le fumier est trop abondant, il y aura excès de végétation. C'est le cas surtout lorsque le bétail a été nourri de tourteaux et d'aliments du commerce, riches en principes azotés. Que l'automne soit sec et doux, les racines continueront à pousser vigoureusement et le sol fumé comme il a été dit donnera une lourde récolte suffisamment mûre. Que l'automne au contraire soit froid et humide, les racines ne mûriront pas suffisamment, elles resteront aqueuses, peu sucrées, et auront finalement une valeur nutritive moindre que si le sol avait élé plus modérément fumé. La cause principale de la non-maturité et de la dépréciation nutritive des racines trop abondamment fumées, est attribuable à l'excès de matières ammoniacales et azotées du fumier. De nom- breuses expériences ont démontré que la tendance particulière des sels ammoniacaux et des matières azotées facilement assimilables, est de pousser au développement des feuilles, en prolongeant la croissance vigoureuse des racines, ce qui, sous des climats incer- tains, revient souvent à produire des racines plus ou moins mûres. 1. On fhe cnmposHinn and nutritire propertics of Sweilcs, etc. — Jouni. lioy. Acjric. Soc. oj EiKjlund, IS77. TRAVAUX ET KXPÉniENCKS DU d'' A. VOELCKKR. 125 Il y a ainsi daiiycr à IViiiK.'r li-op loriciiiciil, cl le ih'sir d^jblcnii' de grosses recolles enliidiie les praticiens à nicconnaîlrc ce danger. « Pour les mêmes molifs, le gnano du l'i'i'ou, le sulfate d'amnio iiiaque, le nitrate de soude et les engrais azotés en général doivent être modérément appliqués aux racines, surtout dans les terres fortes. » Plus loin, Vœickcr ajoute : « Le but de nos observations sur les effets des divers éléments fer- tilisants appliqués aux racines, n'est pas de donner des insti'uctions jiratiques quant aux engrais les mieux appropriés aux navets de Suède, mais simplement de signaler combien est variable l'action des éléments fertilisants, soit qu'ils avancent ou retardent la matu- rité, soit qu'ils affectent les propriétés nutritives ou la conserva- tion des racines, » Pour montrer les différences de cunqiosition des navels cultivés dans la même terre et dans les mêmes conditions, mais avec un mé- lange de vieilles et de jeunes semences, Vœlcker a analysé 12 ra- cines provenant de la même pièce, à l'état naturel et à l'état de siccilé. Le tableau XLl reproduit les données de la composition élémen- taire et immédiate de ces 12 racines. La teneur [). 100 en eau variant entre 8o.22 et 89, celle en ma- tières solides varie en conséquence, surtout si l'on se reporte à la composition des racines à l'état sec. Ainsi, le sucre et les composés analogues représentent, à l'état sec, de 48 à 61.7 p. 100; environ la moitié en [loids de la substance solide des racines. Dans les com- posés albuminoïdes, la variation a pour limites 10.3 dans la racine n" 9, et 18 p. 100 dans la racine \f 1 1. Les cendres n'olTrant pas de dilïérences sensibles, il y a lieu de remarquer, d'une part, qu'un liant titre en azote correspond à un faible titre en sucre, et d'autre jiai't, (jue les racines ricbes en azote ont une densité moindre (jue celles plus pauvres en azote et plus saccbarifères. Un excès d'azote dans la composition des navets de Suède, comme pour les autres racines en général, est un indice de leur élat de non- maturité et d'une qualité nutritive inférieure. La densité offre un moyen bien simple de constatation. Dans une dissolution de sel ma- rin, par exemple, d'une pesanteur spéciiique de 1,0o5 à 1,038, on 126 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XLI. — Composition des naveli Composition élémentaire. Eau Jlatièie sèche Eau Matière orgauiquo solublc . — minérale soluble. . — organique insoluble — minérale insoluble. Cendres p. 100 Composition immédiate. Eau Composés albuminoïdea solubles'. — • — insolubles. Sucre, somme, pectine Fibre digestible et amidon . . . . — ligueuse pure Sels solubles — insolubles Contenant azote ' Égal à compo.sès albuuiiuoïdes Densité des racines. Composition élémentaire. Matière organique soluble . — minérale soluble. . — organique insoluble — • minérale insoluble. Cendres p. 100. 87.700 12.300 100.000 87,700 ^■^"' S 77-> 3.417 0.111 3.528 100.000 0.G96 87.700 1.494 0.200 0.693 2.213 1.004 0.585 O.lll 86.300 13.700 100.000 9.223 I 0.626 \ 3.721 I 3.130 \ 86.300 9.819 9.851 100.000 0.7. 87.900 12.100 100.000 87.900 8.152) 0.538} «••^»'J 3.292 ) O.U2I 3.410 100.000 86.300 1.413 0.218 7.810 2.339 1.104 . 626 0.130 00.00() Composition immédiate. Composés nlbumiuoïdes solubles-. — — insolubles. Sucre, gomme, pectine Fibre digestible et amidon . . . . — cellulaire pure Sels solubles — insolubles Contenant azote- Égal à composés albumiuoïdes . 0.271 1 . 694 1.033 66.560 1 „ ,. 4.756 1 ^1-31« 27.780 I 0.904} 2S.684 100.000 0.261 1.631 1.013 0.650 87.900 1.682 0.243 6.470 1.979 1.076 0..538 0.112 85.650 14.350 100.050 5. 89.000 11.000 100.000 85.650 9. 668 I . 0.538 1 ''■-'>' 100.000 . 665 7.023 89.0' 7.Ô; 0.507 3.301 I 0.109 |_^ 100.11 0.616 85.650 1.518 0.225 8.150 2.5;6 1 . 256 0.538 0.127 100.000 0.308 1.925 100.000 . 650 12.114 1.630 54.414 17.99S 8.163 4.748 0.933 100.000 2.202 13.772 67.321 I 4.568 i 27.160 I 0.951 I 71.889 28.111 100.000 5.51s 10.314 1.591 57.008 17.079 8.490 4.570 0.948 100.000 l.OOO 11.900 1.0Ï2 100.000 89.000 . 851) (1.212 6.173 2.081 1.068 0.507 0.100 100 . 000 0.279 1.743 1.017 0.170 1 . 062 Composition des navei 63.845 j 21 100.000 5.372 13.900 2.009 53.471 16 . 355 8.892 4.446 0.927 100.000 2.51,) 15.868 07.373 j 3.74S| ' • " 27.992 ( 0.887} 28.879 100.000 4.609 ) 30.554 I 0.992 ( 08.4 31.5 100.0 .6:)0 10.577 1.567 56.797 17.672 8.759 3.743 0.835 100.000 1.941: 12.146 7.727 1.92S 56.118 18.918 9.709 4.609 0.991 100.000 1.51."> 9.651 TRAVAUX ET EXPERIENCES DU I) A. VOELCKER. 127 Suéde provenant d'un même champ. li. i , S. 9. 10. II. \i. N7.3J0 83.aao 84.400 85.501) 87.650 87.400 84.150 1 2 . fiâO 16.780 15.600 14.500 12.350 12.600 15.8.50 1 (111.000 100.000 1110.000 lOO.OOO 100.000 100.000 100.01)0 87.3:.0 83 . aao 84.400 8.'). 500 87 . G.'jO 87.400 81.15) :!:!'! 8-82^ ":S?! — 10. 2U 1 0.6.-,ol ''■''' l^"ll «« 8.480 1 O..554} ^•'^^' 8.070 1 0.465 ( «-^'^^ 10.174 1 0.619) ^"-'''^ '"' ;) .s-.':j un 1 :;S! -- 4.581 1 0.125 1 '■'•'' 4.673 1 0.144) •*-'^^' 100.000 3.211 1 0.105} ^•^^'' 3.933 , 0.132 ) ■^■"*^'^ •i-yo9i . 0.148) ^•<*^^ 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 lOo.ooo 11.G1.5 0.934 0.775 0.917 0.G59 0.597 0.767 .s 7. 350 83.220 84.400 85.500 87 . 650 87. 10) 81.1.50 l.,iit 1.71.1 2.075 1 . 206 1.2 44 2.019 1.468 (Mlil' 0.3(18 0.40G 0.294 0.3o.i 0.a37 0.419 G. 778 a. 388 9.(170 8.130 ■S. 954 7.236 5.051 8.71.6 a. 787 2.935 1.713 1.827 2.407 2.970 1.1(;3 I.30S 1.2:; 9 1.419 1.078 1 . 289 1..520 0.505 0.805 0.6,-)0 0.773 0.554 0.465 0.619 0.110 0.129 0.125 0.144 0.105 0.132 0.14S 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 0.-'7 0.3 ;:i 0.397 0.240 O.JlS o.:;i;i . ,"02 1.701; 2.081 2.481 1.500 1.550 2.256 1.887 l.UlL' i.oii; ■■ I .011 » 1.003 1.0.39 Suéde à !'( jtat sec. .787 ( i;7.83G 1 „ ■1.7^9 ) '-•''■^■' ":;:« ; «»■» 'l'sin «-'- 4.485 ( '■^■^^■' 64.047 1 3.690) '^'•'^' "1:^.1 «»■»' .353 1 .8G8l ''■'^' 26.597 1 . 0.768) -'■^"■^ 'IZi »■'»' 32.227 1 0.994 1 ''-'' 26.000 ( 0.851 ( -^■''■'^ 100.000 31.190 ) 1.073) "'-•-"•^ 'Î.-S'l - - 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 100.000 4.'J10 5.5(;6 4.9GS 6.324 5.336 4.738 4.839 ]2.:'06 10.203 13.301 8.317 10.072 16.23S 9.261 i.aso 2.193 2.612 2.027 2.477 1.881 2.613 53.. 581 57. 6a S .52.115 n 1 . 724 58.591 48.023 54.927 1H.S77 16.609 18.816 11.813 14.793 19.047 18.7.38 U.1'J3 7.795 7.912 9.717 8.728 10.230 9.589 3.99() 4.797 4.423 5 409 4.185 3.534 3.905 O.Siil 0.770 0.801 0.993 0.854 1.047 0.937 100.000 lOD.OilO 100.000 ioo.o;io 100.000 100.000 100.000 a. 134 1.98t 2.514 1.G55 2 . 008 2 . 8i;5 1.905 13.4S(> 12.402 15.904 10.344 12.550 17.904 11.905 128 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. plonge les racines pouvant servir de porîe-graincs et celles rpii sur- nagent sont rejetées. Maturité et conservation des navets. — La non-maturité des raci- nes, sans qu'on ait pu encore déterminer le principe qui en est la cause, amène le relâchement des animaux et offre l'inconvénient plus grave encore d'empêcher qu'elles se conservent assez longtemps. De même, lorsque les racines sont trop mûres, elles ne peuvent se garder en tas, sans entrer i)romptement en fermentation. L'arrachage des navets doit être opéré, conséquemment, quand la croissance des feuilles a cessé, ou qu'elles dépérissent, et que les bul- bes n'ont pas encore atteint leur pleine maturité. Si on a en vue de les conserver jusqu'en mars ou avril, il convient qu'ils soient à peine mûrs, décolletés et parés du pivot. Reste la question de savoir quel est le meilleur procédé de conservation pendant l'hiver et quelles sont les altérations qui en résultent dans les propriétés nutritives? Dans ce but, Vœlcker a institué deux séries d'essais dont il a rendu compte ' : i''^ Série d'essais. — La première série d'analyses se rapporte à des navets de Suède cultivés par un de ses amis et anciens élèves, James W. Kinder, à Abingdon (dans le comté d'Oxford). La récolte de navets ayant échappé à la rouille et subi une pre- mière gelée le 19 novembre, après laquelle, par un temps doux, la végétation avait repris, était considérée comme à point le 30 no- vembre suivant : 1° Des racines arrachées à cette date furent soumises du'ectement à l'analyse ^ 3° Un lot, après décoUetage et nettoyage, fut mis en tas, recou- vert de paille et de terre battue comme il est d'usage, avec un trou pour l'aérage; o" Un deuxième lot de racines fut mis, sans (ju'on eût décolleté les feuilles, dans un silo peu profond et recouvert de terre ; 4° Un troisième lot de racines plantées en terre fut butté ; 5° Un quatrième lot resté en place fut réservé pour suivre les effets de la végétation pendant l'hiver. 1. On (lie composilion and nutritive jn'operties of Sicedcs and cxpcviinents on the Kecpinfj qualilies of roots. 187 7. TRAVAUX ET KXI'Élil KNCKS DL' D' A. VOEI-CKER. 129 Les navels du 4" loi plantés en lerre onl été analysés les 'l'I lé- vrier, 12 mars et 25 avril; les navels bulles du ti-oisième loi, le ■12 mars; les navets décollelés el j)ai'és dn prcniiei' loi, les H mars cl 25 avril; enfin, ceux mis avec leurs feuilles en silo, du 2*^ lot, les 12 mars cl 25 avril. Nous avons groupé dans le tableau XIJl les résultais de ces ana- lyses successives, îl importe de remai(iuer (jue pour le i" lot des navels restés en lerre, les mois de décembre et de janvier ayant été très doux, leur végétation s'est développée. Il en est résulté qu'en février les racines analysées, par rapport à celles de novembre, bien (jue ti'ès saines encore, titraient pins d'eau, sans modification dans la lenenr en su- cre et en albumine. En luars, de nouvelles feuilles ayant poussé au détriment des matières nulrilives assimilables des racines, les tètes analysées indicjuent une })lus forte teneur en substances azotées (jue les bulbes, bien que contenant moins d'eau. Enfin, au mois d'a- vril, les liges des feuilles, par suite du Icnqos doux, ayant pris de la consistance, on constate par l'analyse la diminution notable de l'a- zote. Plus de 12 p. 100 des navets restés en terre depuis novembre sont pourris en avril suivant. Les navets du o" lot, c'est-à-dire ceux buttés en terre avec leurs feuilles, paraissent avoir le mieux résisté. Ceux du 2" lot, conservés en silo peu profond, sont très détériorés en mars, au point de vue de leurs (lualilés jiutrilives; ils sont aqueux, plus pauvres en sucre, et au mois d'avril, on constate que 5 p. 100 des racines ont pourri. Enfin les navets du 1" lot, conservés en tas par le procédé ordi- naire, indiquent une perle en sucre notable. Au mois d'avril, 80 p. 100 étaient trouvés pourris par suite de la fermenlation. Il n'est pas permis, en raison de la douceur de l'iiiver [)en(laiit le- quel ont eu lieu les essais, de conclure que le bullage des racines mu- nies de leurs feuilles est un mode de conservation préférable à celui di' la mise en tas des racines, préalablement décolletées et parées, car daus cbaque lot la végétation a continué plus ou moins active- ment au détriment des matières assimilables contenues dans les bulbes. 2' Série d'essais. — Pour se rendre compte des modifications su- AN.N. SCIENCE AGliO.V. 9 130 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. a o a > u a> en O u « •o o •03 «H •5 « s «8 > 03 > a a> a o U) o a, G o u < n H , 1 auiiaAojï -• r: -- -M CO r~ Cï C ■* rs ?o 33 ^1 K ^ •.r »-* a: i- -!# co -^ c ;■ c^ Ci X> Ci "H s •SaUTOBJ g m M c<5 ! ^ •1 1-H i-( 3^ Ci 1 S •sauroBj g «1 Ut -» » •* -)> Ci Cl t^ 24 »£ï ■<# ? c. CO W ap ■ • -JZ) a ■a ôT . — ( -H « « 1 ^ ^ d n -â } atuiaAoït "M =■ O ( — 1 -H § i « *r: -^ Ci c 1— 1 z ^ C3 iC >C GO O' <-t -^ K g •31?1 i C4 in »-^ ' " a s b n-i Cï r^ ''ï t -^ H .3; > >• 1 1 _^ r- -f< Ut r- >n . -1 CO Cï îi? -«SI ri «o lÔ ■ ï — •sanioB.1 f: -ii r^ >— 1 i-( iH i-( d d -3 _i c-i -3 , -^ 1 - W ^ ^ / •auuaÂon ■A a C CO -* Cl 3 K 2 Ci -M ■M i » i^ ^ % 1 'f^BÎ'?! (?i « cô t d d S c = ■^ ^M N A V Stés ei tés en ^^ " ^ ^'î "ô" 1 "aauaCon 3 ^ 35 i£î (M r^ -1 -H lO (M T) ' => < c * t— Ci t— - — •sauinny — ' -H CO 0^ C 1-H ^H t- = -M Ci ^ -" -^ „ - y:' "3" ■M X •auuaÀojï 5 t- --0 -d -X -^ OO tM t^ W If i 5 GO Ci ■-0 05 ï-1 H •saawEJ g C3 « ■* c 5 d ^ . tH iH d d K l-T a ^ iC r- •^ '-H K ^• ■saïai g ce d d d ^ J ■^ •a g l i- n — ^ Ci ^ Ci •aunaXojç t- (N (M œ c^ Cf Ci -^ m -r) : S S Ci -«f Eh 2 \ ■sauioBJ g G^l d rx d co c Ci j -^ -H d d S .s --■ 01 -# Ci « te •auuo.Con 33 ce lO -* >f -!X 30 t- '^ -i < en u-t y: t^ 1-1 > < •saur.iBj g CM d ^ co d ce' C > d rH î^ r-( d d ce CO "S" ■M y~t •auua.Cojï > c t~ -H r- u- > îO •^ tu 1-1 10 CD c- r; -.j 3 5 c^ t^ ^ •sauiara g c . W Sî -* c > d .-H iH -^ d d . tH -'^ • m S i. rt û H ■^ ^IH ^■H ^■^ ^^" ^^^" ^^H ^^^iWl THAVAL'X ET EXPKUIENGES DU D' A. VOELCKER. 131 hics par les navels pendaiU ladiin-cdc la V(''ii('lnli()ii jipiès innliiriic, six navets ont élé prélevés sur un diiinip doiil, les i-acincs Ju,L;(''es mûres avaient été analysées, alin de délcrniinur leur composition moyenne._ lis ont él('' replantés, après avoir été pesés, à 0"',CU d'écartement les uns ik:^ autres, en dale du :20 mars. La première de ces racines, arraciiée le 14 avi-il suivant a été de nouveau pesée et analysée; la seconde, le ïil) avril; la troisième, le 15 mai; la rpia- Irième, le !28 mai; la cincpiième, h; i juillet, et la sixième, le i août. Nous avons résumé dans un seul tableau (XLill) les données de chaque essai avec les analyses correspondantes, rpii permeltenl, par comparaison, de faire les remarques suivantes. Dès le ii avril, on constate qu'une quantité appréciable de ma- tières azotées a passé de la racine dans les feuilles. Outre les iU*^''',8:2 de matière organitjue sèche que peid la racine, hs feuilles assimi- lent 4^'',54 de cette matière pnisée dans l'atmosphère ; en dehors des 0*'''',65 de matière minérale perdue pai- la racine, elles enlèvent ()^'',î)0 de celte même matière au sol. Toutelois, la ()lante prise dans son ensemble, racine et feuilles, fait un léger gain d'azote. Ouinze jours plus tard, le poids des feuilles a presque doidilé au détriment du bulbe (|iii a perdu :20 grammes de matière organiipie sèche et [^%'il d'azote, |)lus i^'VSS de luiitière minérale, accumulés dans les feuilles, en môme temps (ju'une certaine quantité de matière organique emj)runtée à Tatmosphère et de matière minérale préle- vée sur le sol. Le même travail se poursuit pendant la troisième période jusqu'au IT) mai, et à la lin de la (pialrième, le 48 mai, la racine étant deve- nue très a([ueuse, avec perte de 58 grammes de matière organicpie sèche correspondant à [''''■,81 d'azote, les feuilles contiennent près de •riO p. 100 de matière sèche et seulement 80 p. 100 d'eau. Pendant la cinipiième période se terminant le i juillet, la racine perd 33 grannues de malière sèche, avec 1*^''',::^G d'azote, mais les feuilles absorbent au maxinuuTi les matières organiques de la racine et de l'atmosphère, ainsi (|ue les matières minérales du sol. La plante a gagné OO^-'^O:] de malière organique et I0^''',71 de matière miné- rale, c'est-à-dire (pùui i juillet elle a doublé par rap[)ùrl à celle plantée le :20 mars. 132 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XLIII. — Composition des navets de Sué Poids initial du navet le 19 mars. — à la date de l'analyse. . . COMPOSITION IMMÉDIATE CENTÉSIMALK Eau Substances aibuminoïdes * . . . . — organiques non azotées. — minérales (cendres) . . * Contenant azote. COMPOSITION ELEMENTAIIli;. .1. — Calculée sur le poids initial d'après la inoijenne'^. Matière organique sèche. — "renfermant azote. — minérale (cendre) B. — Calculée sur le poids effectif lors de l' analyse. Matière organique sèche — renfermant azote — minérale (cendre) Total de matière organique sèche (bulbe/ et feuilles) \ Total d'azote (bulbe et feuilles). . .1 — ■ de matière minérale (bulbe et/ feuilles) . . . .4 Perte en matière organique sèche (ra-/ cine) i Perte en azote (racine) Différence en matière minérale (racine) MOYENNE 20 mars. Racine. 90.10 1.G7 7.G8 0.55 100.00 0.2G NAVET N» 1 anal;)sé le 14 avril. Racine. Feuilles. 1''S^Ô•25 1,334 I 0,1.JG ''sr,490 90.20 . 94 8.23 0.63 100.00 0.15 83.36 4.38 11.2.J l.OI 100 00 0.70 grammes. 147,16 3.88 9 . 39 127.3i 2.07 8.74 2i.3.-, 1,10 1 .j.J loi. 69 3.17 10.29 19.82 1.81 — 0.G5 NAVET N" 2 analysé le 29 avril. Racine. Feuilles. I''=%ô89 1,391 I 0,283 l''s^674 90.1.-) 1.25 8.05 . 55 100.00 0.20 85.70 3.44 9.82 1.04 100. 00 1 '' = 1 • * t. grammes. 154.48 4.10 9.85 34.40 2.89 7.97 1.5. 2.9. 171.97 10.92 20.08 1.21 •1.88 1. Composition moyenne centésimale; 'JO eau; U,t) matière minérale, et 0,213 azote TRAVAUX ET EXPÉniENCES DU D"" A. VOELCKER. 100 100 i^ant la durée de la végétation après maturité. N A V E T N" :i K A V E T N" 4 N A V K T N'° 5 NAVET K" G analysé le 15 iii;ii. analysé le 28 mai. analysé le l juillet. analysé le 2 août. lacino. Fouilles. Racine. Feuilles. Racine. Feuilles. Racine. Feuilles. ,k,r^ OfJO 1"=-, 311 lU,r, 126 lk,r^ 155 i.'.'.'-O 1 0.207 1,301 1 0,2G2 0,971 1 0.:,73 0.61G 1 0,142 l''"^2:j3 1 "s ■-,.")'_; G l'''%5i4 0'<'S7 58 89.85 82. (iU 9 1.00 80.20 91.75 74.25 91.40 58.43 l.CO i.i:. 0.75 2.81 1.00 3.56 1.75 4.12 7.78 U.GO 4.58 15.40 6.4i 19.18 5.49 32.80 0.68 1.0.) 0.G7 1 . .V.) 0.8G 2.71 1.36 4.65 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 0.27 O.tiG 0.12 0.45 0. 16 0.57 0.28 0.6G j;rani mes. gram mes. pram mes. grammes. 120.54 123.13 105.91 108.56 3.21 3.27 2.81 2.85 7.71 7.90 G. 74 6.93 NS.74 4 G. 83 G4.97 47.73 72.74 132.20 44.56 63.61 J . 53 I .9G I.4G 1.18 1.55 3.27 1.71 0.91 G. 35 4.92 8 . 1 G 4.11 7.90 15.55 8.12 6.61 13.J.57 112.70 204.94 108.17 4.49 2.64 4.82 2.65 11.27 12.30 23.45 15.03 1.80 » 58.17 1) 33.17 1) G i . 00 » 0.G8 1) 1.81 ). 1.26 » 1.14 » 1 .30 II -+- 0.2G 1) -+- 1.16 11 ■+- 1.19 M 134 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Enfin, dans la sixième période close le 2 août, la racine élant très aqneuse, les fenilles très sèches, les pousses tendres ont dû tomber, de telle sorte que l'analyse n'indique pas exactement le montant des matières organiques et minérales accumulées dans la plante depuis le 20 mars. Cependant la racine avait perdu, le 2 août, 64 grammes de matière organique, soit deux tiers environ de la substance trans- portée dans les feuilles. Il est clairement démontré par ces résultats que pendant la durée du développement des navets, passé la maturité, les feuilles se déve- loppent au préjudice des matières assimilables contenues dans les bulbes et les racines perdent en poids comme en qualité nutritive. Navets atteints de maladie (anbury). — Dans les sols sablonneux et légers, les navets de Suède sont plus sujets que dans les terres fortes , à une maladie cjue les Anglais désignent sous le nom de an- bury et (jui consiste en déformations extraordmaires des racines, accompagnées de tubérosités. Les feuilles, dès le premier sarclage, deviennent flasques, et la substance réduite des racines, semblable en apparence à celle du navet sain, acquiert un goût acre qui les fait laisser de côté par les moutons. On attribuait cette maladie à l'absence de chaux dans le sol, mais comme elle sévit également dans les terres abondamment pour- vues de chaux, et môme dans des terrains calcaires, à 30 ou 40 p. iOO de chaux, il y a lieu de chercher une autre cause que celle admise par les praticiens. Vœlcker a mis à profit la pi'ésence de la maladie dans une pièce très sablonneuse, renfermant peu d'argile et de gravier calcaire, située à un niveau élevé dans une ferme de Ashton-Keynes, près de Cirencester, pour se rendre compte du phé- nomène*. Sauf sur deux points isolés, tous les navets de la pièce étaient contaminés, à un point tel ipie le fermier avait renoncé à y envoyer parquer les moutons. Les racines fourchues et tordues d'une manièi'e fantastique étaient en outre recouvertes d'une foule d'excroissances en forme de verrues. Les analyses de deux échantillons du sol prélevés sur deux points diflerents, l'un sableux, de couleur brune, l'autre ferrugineux, de cou- J. Anburij and the anaiysis oj diseascd tarai ps^ juin l,s59, TRAVAUX ET KXI'i: iU ENCKS DU D*" A. VOEF-CKF-It. 130 leur roiigp, cl d'un éclianlillon du sous-sol leri'ugincux, monlrent que si l'oxyde de 1er est abondant, la chaux est absolument insulfi- santc pour subvenir aux besoins d'une récolte de turneps. Il est hors de doute ([ue l'absence de la chaux est la cause principale de la mau- vaise récolte, car sur les deux points isoles de la même pièce où les navets avaient réussi, Vœlckcr a retrouvé les indices d'une fumure faite l'année précédente à l'aide d'engrais calcaire et de chaux ammo- niacale provenant d'une usine à gaz. L'analyse du sol prélevé sur ces deux points lui a dénionlré d'ailleurs (pie la chaux y était en quantité bien supérieure à celle constatée dans le reste de la pièce. Les diverses analyses de sols sont consignées dans la note ' en bas de la page. (Juant aux racines, la composition a été déterminée d'une part, sur un navet entier des plus détériorés, et d'autre part, sur un navet dont le corps avait été séparé de ses tubérosités, et sur les tubérosi- tés elles-mêmes. Le tableau XLIV résume les trois analyses de ra- cines malades. Par comparaison avec la composition des navets sains, on constate (pie les navets atteints de la maladie sont plus riches en azote et en matières minérales. La racine n" 1, la plus malade, contient environ la même (piantité d'azote que les excroissances de la racine n" 2; c'est-à-dire })lus du double de celle que renferment les racines sai- nes; ce qui confirme l'opinion des praticiens à l'égard des racines pauvres ou sans valeur, généralement plus riches en azote. \ote 1. Analtjses de sols deiséchés à 100 degrcs ctntigrades. Matière organique et eau Oxydes de fer et alumine Carbonate de chaux Sels alcalins et magnésie Acide phosphorique Acide snlfurique Matières insolubles (sable) sableux. lerrugi- iieu\. 5.36 5.78 O.i.) 0.41 tr.ices 0.08 88.12 100.00 4.82 12.115 0.15 0.16 traces » 82.41 100.00 SOIS-SOI. ferrugi- 7.64 22.77 0.14 0.69 traces 68.46 100.00 s O Li FUME chaux de RU/.. 4.15 4.01 1.77 1.12 88.115 100.00 avec engrais calcaire. 4.24 4.98 0.93 0.69 89.16 100.00 13G' ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XLIV. — Composition des navets malades (anbury). Eau RACISE 1 très ma.li État naturel. ENTIÈRE ide(n"l). État sec. R.iCINE MALADE l H" 2\ COI État naturel. ÎPS. État aec. TUDÉROSITlis. État État naturel. sec. SS.02 3.5G 3.27 3 . G7 1.4S » 29..5.5 27.29 30.7 9 » 12.37 89 . .50 2.31 » 7.13 1.03 )> 22.37 1) 67.77 9.86 8G.70 3.96 )) I) 8 . 06 1.28 » 29.81 )) )) GO. 56 9.63 Matières protéiques assimilables'. Fibre ligneuse . . Sucre, gomme, pectine Matières non azotées tibles , etc. . . combus- Matières minérales Contenant azote ' 100.00 100 00 100.00 100.00 100.00 100.00 o.:.7 ■i.76 0.37 3.58 0.63 4.77 E. — Courge poitr bétail (cattle melon). La courge a rté introduite à plusieurs reprises, en remplacement de la betterave ou des turneps, pour la nourriture des bestiaux en hiver; mais sa valeur nutritive, conformément aux analyses que Vœlcker a faites, tableau XLV, est de beaucoup inférieure à celle des mangolds. La teneur en eau des courges, est naturellement variable, comme celle des autres plantes à racine succulente, mais elle surpasse notablement celle des mangolds et se rapproche plutôt de celle des navets blancs (turneps) '. F. — Cliou-rave (kohl-rahi). Le cliou-rave ou kohl-rabi des Anglais offre le grand avantage sur les autres crucifères de résister à la gelée et de s'approprier à la nourriture des agneaux mieux que les turneps et que tout autre fourrage vert. Avec les soins voulus, on peut amener le chou-rave à 1. AiiHual report, décembre ISC-i. TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU n"" A. VOEI.CKF.R. 137 bonne maturité jusqu'à l'iiiinolagc, et mcuie au cas où à rclte épotjue les racines germeraient abondamment au drl riment de la matière nulrilivc, il n'v aurait pas lieu de rcgreltcr d'avoir réservé une ou phisieui's pièces en choux-raves, au lieu de tiinicps, car les feuilles et les jiousses, contrairement à ce ipu a lien |inur les iinveis et les raves, sont très nourrissantes et rapj)ellenl beaucouj) plus le goût et les qualités du chou. TABLEAU XLV. — Composition moyenne de la courge. Fau Matières organiquos Matières iniiiéiales (cendres) Eau Composés d'albuminoïdes soiiibles ' Composés albuininoides insolubles - Sucre et mucilage l'ibre ligneuse Matières minérales solubjes Matières minérales insolubles Contenant azote ' Contenant azote ' Azote total ^ Correspondant à matières protéiques assimilables' . N" I. y 2. 030 7.350 0.620 100.000 92.030 . C 1 9 0.1 5f) -i.COl 1.914 0..>iO O.OSO 100.000 0.099 0.025 0.121 90. fie l.iîO 5.74 1.17 100.00 0.2(55 Vœlcker a publié les analyses de deux variétés de chou-rave, à tète verte et à tête pourpre, à l'état naturel et à l'état sec ', que l'on trou- vera tableau XLVI. 1. On Ihc composition of lao varicfics uf hohl-rubi und of catlle cabbage. Juin 1860. 138 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONONflQUE. TABLEAU XLVI. — Composition du chou-rave (kohl-rabl). Composition élémentaire. Eau Matières solubles dans l'eau iMalières insolubles dans Teau Composition immédiate. Eau Huile Matières protéiques solubles ' Sucre, gomme et pectine Sels solubles dans Feau Matières protéiques insolubles - Fibre digestible et composés insolubles de pectine Fibre ligneuse (cellulose) Matières minérales insolubles 1., Contenant azote 2. Contenant azote Azote total Cendres p, 100 CHOU-KAVE à tète verte. État frais. Séehé à 100 degrés 86.020 9.260 4.7 20 100.000 86.020 0.227 2.056 6.007 0.970 0.300 100.000 0.329 0.0-48 0.377 1.167 » 1.623 1 1.706 42.968 6.938 2.145 CHOU-RAVE à tête pourpre. 2.993! 21.409 1.23n' 8.798 0.197 1.409 99.996 2.353 0.343 2.696 8.34: Etat frais. 89.002 7.588 3.410 100.000 89.002 0.177 2.006 4.486 0.919 0.269 1.896 1.106 0.139 Séché à 100 degrés 100.000 0.321 0.043 0.364 1 . 058 1 18 40 8. 17. 10. 1. 609 239 789 356 445 239 056 263 99.996 2.918 0.390 3.309 9.619 Bien que la variété à lête pourpre renferme plus d'eau que l'autre, il n'y aurait pas lieu d'en conclure à son infériorité, au point de vue alimentaire. C'est le fait de réchanlillon soumis à l'analyse : on sait du reste que la proportion d'eau dans des racines provenant de la même pièce de terre varie beaucoup. En comparant avec les analyses des navets de Suède, des man- golds et des turneps, la composition du kohl-rabi, on reconnaît que TRAVAUX ET EXPÉniENCKS DU D*" A. VOELCKEn. 139 sa valeur nutritive surpasse théoriquement celle des turneps, et égale au moins celle des navels de Suède et des maugolds. Il resterait pour TABLEAU XLVII. — Composition du chou cultivé. Composition élémentaire. ;iu. l Composés protciques ' Matière sèche ( Matière non azotée . ( — minérale . . 1 . Contenant azote Kau Matière organi(|ue solubie . . . — minérale — ... — organique insoluble . . — minérale — . . Composition immédiate. Eau Huile Composés protéiques solubles-. Sucre, fibre digestible, etc. . . Matière minérale solubie . . . Composés protéiques insolubles^ Fibre ligneuse Matières minérales insolubles . 2. Contenant azote 3. Contenant azote l'EUILLES extérieures. Etat frais. 83.7 2 1.65 l;i.3S 1.25 100.00 0.2G Etat sec. 10.1!l 82.10 7.71 100.00 1.6; FKUILI.ES intérieures. Ktat frais 89.42 G. 20 0.73 3.53 0.12 100.00 89.42 0.08 1.19 7.01 0.73 0.31 1.14 0.12 100.00 0.19 0.05 Etat sec. 18.60 6.89 33.36 1.15 100.00 » 0.75 1 1 . 24 66.25 6.89 2.93 10.77 1.17 100.00 1.79 0.47 l'affirmer pratiquement à faire i\e^ expériences de nourriture sur les animaux. En tous cas, les vaches laitières y trouvent un excellent 140 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. aliment : le lait est bon et abondant, et le beurre acquiert une saveur agréable, à rencontre de celle que donnent les turneps. 5. Plantes fourragères non légumineuses. A. — Chou cultivé. Le cbou (cattle cahhagc) cultivé comme plante fourragère sur la ferme dépendant du collège agricole de Cirencester, a été analysé par Vœlcker, en tenant compte que les feuilles extérieures renferment beaucoup moins d'eau que celles de l'intérieur ou du cœur\ Il ressort de la composition présentée dans le tableau XLVIÏ que les cboux renferment à peu près les mêmes proportions d'eau, de sucre et de matières protéiques que les navets de Suède de bonne qualité. Poids pour poids, leur valeur alimentaire serait la même. Sur les terres pauvres de Cirencester on récolte, année ordinaire, 38 tonnes de navets à l'bectare ; et dans les mêmes conditions 44 tonnes de cbou; mais dans les meilleures terres, le rendement est bien plus élevé. B. — Chou-fleur. Celte composition est utilement complétée par celle que Vœlcker avait donnée précédemment du cbou comparé au chou-fleur ^ (tableau XLVIII). Il résulte de ces analyses que les choux, comme les choux-fleurs, sont très riches en principes assimilables. Aucun fourrage vert, cultivé en grand, ne renferme autant de matières nutritives que le chou. Il est en même temps succulent et convient admirablement aux vaches laitières qui, grâce à un mélange de foin, y trouvent abon- dance et richesse de lait. Sous ce rapport, il y aurait un sérieux inté- rêt à développer, parallèlement à celle des turneps, la culture du chou. 1. On (lie composition of Iwo vaiicdes of hohl-rabi and of caille cabbage, juin, ISGO. 2. Chemislry offood, \9,oÇ>. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU d"" A. VOELCKER. 141 TABLEAU XLVIII. — Composition du chou et du chou-fleur. Compositi07i élémentaire. Kau. Matiùius ( Matières organiques solubles. { — minérales (cendre) . .Matii'ros ( Matière véi,'ctalo, (fibre) . . . insolubl. ( — iuorganiiiuc (cendre). Kau l'rincipt^s assimilables . . . Princi|ics conibustiblos. . . Matières niiiièi-alos (cendre) C U f . ' ■ ^ État Éial frais. sec. 86.28 I G.2G ■15.62 l.Gl 11.71 5 . .59 ■10.74 0.26 1.90 100.00 100.00 8G.28 » i.75 34. G8 7.10 .'il.GH 1.87 13. G4 100.00 100.00 c II O U • F Ij E U II. FEl'IM.K.S. Élat frai.s. 8'J.Ol 5.57 0.69 4. 57 0.16 100.00 89.01 3.61 G. 53 0.85 100.00 Éiat ser. 50.. 53 6.40 41.57 1.50 100.00 32.43 .59.67 7.;.o 100.00 KI.EIHS. £iat frais. S8.G00 5.786 0.740 4 . 7G0 0.114 100.00;) 88.G00 3.844 G.70:i 0.854 100.00(1 K t a l SfC. 50.70 6.60 41.70 1.0) 100.00 33.80 58. GO 7.60 100.00 C. — Aavelle d'hicer ifiape). La navette, comme foun-age, participe aux avantages décrits pour le chou et le hold-rabi, c'est-à-dire qu'elle apporte une nourriture verte en hiver et au commencement du printemps, avant l'apparition des fourrages nouveaux et qu'elle est recherchée par les hestiaux, les vaches laitières, les bêtes à laine, et plus particulièrement par les brchis nourrices et leurs agneaux. Yœicker a lait de la navette {râpe) une analyse complète, à l'état uatunl et à l'état sec, ainsi que des cendres; nous reproduisons cette composition d'après ses mémoires de 1854 et de 1856^ dans le tableau XLIX : 1. On flie composil/on 0/ grccn rye and râpe; — Transucl. of hi'jhl. and Aijr/c. Soc. 0/ Sco!/cind, juillet 1804; et On the chemislry 0/ J'ood ; — liath and west 0/ England Aijric. journal ^ ISÔG. 142 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU XLIX. — Composition de la navette d'hiver. Composition immédiate. Eau ■ N A VE ÏT E. État naturel. État sec. 87.050 » 3. 560 0.432 1.493 1.640 1.729 0.990 2.218 0.18G 0.649 » 27.490 3.335 11.529 12.664 13.351 7.645 17.622 1.435 5.016 Matière solide (12,950) Fibre ligneuse Cendre unie à la fibre Composés albuniinoïdes insolubles Albumine soluble Gomme et pectine Sels insolubles dans l'alcool Sucre Sels solubles dans l'alcool Matières grasses et chlorophylle Eau 99.947 90.587 87.050 3.133 3.560 0.649 4.000 1.608 » 24.193 27.490 5.016 30.886 12.415 Matières azotées (assimilables) .... a. Fibre ligneuse b. Matières grasses c. — combustibles (respiratoires) Matières inorganiques (cendre) 100. UOO 100.000 La propoition d'eau varie dans les fanes, les tiges et les racines fraîches, suivant la végétation de la plante, comme l'indiquent les dé- terminations suivantes : PROPORTION d'eau P. 100 dans dans dans les faues. les tiges. la racine. 1 88.99 9i.77 78.54 2 86.90 90.08 86.37 3 88.72 » « 4 87.20 » » 5 87.05 » » 6 85.25 I) » 7 85.52 Moyennes 87.09 92.42 82.45 TRAVAUX ET KXPÉRIENCKS DU D'' A. VOKLC KK II. 143 La tem'iii', en cciidics el en azule, dos composés pi'oléi(iues varie également, comme il ressort des dosages correspondants. TENEUR EN CENDRES P. 100. TENEUIt EN AZOTK, I'. 100. Fanes Tiges Racines Fanes Tiges RacincB fraîches, fraîches. fraîches. BÔclics. bêches. sèches. 1 1.27 1.2.-i 1.84 3.31 l.Ii 1.72 2 l.GO 1.1,") l.lUi 3.41 l.OU 1.86 3 1.G3 " » 3.87 » » i I.i3 » » 3.49 " » 5 l.GO » » 3.54 » » 6 2.17 » » 4.02 » » 7 l.Ul » » 3.45 » » Moyennes. . 1.G6 1.20 1.75 3.58 1.07 1.79 Les fanes de navette contiennent une quantité notable de soufre et de phosphore, dans un état de combinaison organi(|uc particulier. M. Fabcr, élève de Vœlcker, a dosé ces corps dans la matière sèche de deux échantillons de navette : 1. 2. MOYENNE. Soufre 0.79 0.87 0.S3 Phosphore 0.84 0.73 0.7(i de même que les cendres de la plante : Composition des cendres de navette. Potasse 31.51 Chlorure de potassium 5.88 — de sodium 0.82 Chaux 1G.97 Magnésie 1.58 Oxyde de fer 1.27 Acide sulfurique 12.54 — phosphoriquc 9.40 Silice soluble 2.0i Acide carbonique 12.78 Sable 4.32 Charbon et perte 0.89 100.00 144 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. La navette, d'après sa composition chimique, accuse non seulement une grande richesse en matières protéiqnes, mais aussi en matières grasses et huileuses. Ces dernières extraites par l'éther sont semi- fluides, de couleur verdàtre et d'une odeur qui rappelle celle de la graine de colza. Les fanes fraîches, on le remarquera, renferment plus d'un demi p. 100 de ces matières grasses; aucun fourrage vert n'en offre au- tant, ce qui explique l'efficacité de la navette pour l'engraissement des hètes à laine sur place, ou du hétail à l'étahle, etc. La navette enlève au sol heaucoup de polasse, puis de la chaux, des acide sulfurique et phosphoriquc, et en somme une proportion relativement considérable de matières minérales. Aussi exige-t-elle, sinon une terre riche, du moins une terre de fertilité moyenne et substantielle. Une récolte intercalaire de navette, sur un sol moyen ou riche, offre au fermier une masse alimentaire pour les animaux, plus prohtable qu'une récolte de turneps; sur une terre pauvre il y a heu d'y renoncer. D'une croissance rapide, la navette semée en juillet et éclaircie jusqu'à 35 et 4-0 centimètres, dans les lignes espacées de 70 centi- mètres, pousse avec un feuillage dru, abondant, qui peut être fauché à plusieurs reprises et donné aux animaux. Les tètes et les feuilles latérales étant coupées, de jeunes fanes partent des tiges et fournissent une nouvelle coupe. Depuis novembre jusqu'en mars, au moment où les plantes commencent à fleurir, ce fourrage productif continue, avec le plus grand prolit, à remplacer les tui'ucps , les mangolds et les choux \ D. — Moutarde blanche. La moutarde blanche est une autre crucifère susceptible de fournir une précieuse récolte intercalaire comme fourrage vert pour les moulons. Elle croît rapidement, et peut se semer, selon que l'as- solement le permet, de février jusqu'en septembre. Vœlcker a déter- miné sa composition centésimale^ (tableau L). 1. Tiirnips versus râpe ; — ihe Fariner' s magazine, 1867, t. II. 2. On ihe chemisiry offood, p il, ISJG. TUAV.\U.\ ET E.KPÉRIENCES DU D A. VOELCKER. 145 TABLEAU L. — Composition de la moutarde blanche. Eau BT.VT NATUHKL. KTAT ÏEC. 87.40 G. 70 1.81 3.8G 0.23 Il .53.18 14. 3G 30. G3 1.S3 Matiùres organiques solubles — ii)inéi'ale.s solubles. . . — organiques insolubles (fibre) — minérales insolubles (cendres) Eau 100.00 100.00 87.400 3.287 7.273 2.040 II 2G.12 57.09 IG.IU Principes assimilables — non azolés, combustibles Matières minérales (cendresi 100.000 100.00 Si la moutarde l)lanrlic,à l'élat veit, renferme beaucoup d'eau et plus de matières solubles en proportion que les autres fourrages veris, elle est très rirbe en pi'incipes assimilables qui lui donnent une haute valeur nutritive. E. — Seigle vert. Le seigle fourrage, cultivé comme récolte intercalaire, fournit au printemps une nourriture précieuse qui a fait l'objet des premières analyses de Vœlcker '. Deux échantillons prélevés sur un sol calcaire à Gireucester et soumis à l'essai, lui ont fourni la composition sui- vante, tableau Ll, pour le seigle coupé en vert, et calculée à l'état de siccilé. D'après sa composition, la valeur nutritive du seigle vert se rap- procherait de celle du lay-grass d'Italie, mais serait inférieure à celle du trèfle. 1 . On tlie coiiiposUioH of grecn njc and rapc ; — Transact. of Ihe highland and Agric, Soc. of ScoUand, 185'i. AN.N. SClli-NCE AGUON. 10 146 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU LI. — Composition du seigle fourrage. Composition élémentaire. Eau Matières inorganiques (cendres). . — azotées (assimilables) . . — non azotées (combustibles) Composition im médiate. Eau Fibre cellulaire Cendre unie à la tibre. . . . Albumine soluble Matières protéiqucs insolubles Gomme et pectine Sucre Matières grasses Sels insolubles dans l'alcool . Sels solubles dans Palcool . . Matières inorganiques (cendres i SEIGLE VERT. No 1. Etat mturel. 79.230 1.778 3.093 15.899 100.000 79.40.3 8.. 379 » 2.3J7 0.73G C.253 0.892 » 1) 1.778 Calculé sec. 8.633 14.891 70.476 100.000 41 454 » 444 775 No 2. Etat uaturel. 75.423 1.538 2.70i 20.335 Calculé sec. 00.000 )) 6.259 11.002 82.739 100.000 100.000 30 .362 \ 4.449 / 4. 085 4 .332 0.892 i> 0.572 )) 0.368 8 633 » 100 000 100.000 42.074 1.701 7.369 3 . 638 18.102 19.062 3.628 2.327 1.499 100.000 F. — Maïs Joui-rage. La culture du maïs dépend en grande mesure du climat; elle exige un été court, mais très chaud; c'est ce qui fait que le maïs peut être cullivé avec succès dans le nord de l'Allemagne, où l'on est presque toujours sûr d'avoir trois semaines de fortes chaleurs. Il n'en est pas de même en Angleterre. On a essayé la culture du maïs dans le comté de Gloncester sans succès. Dans certaines années ex- ceptionnelles, ce fourrage pourrait bien venir, mais ce n'est pas la règle, et Vœlckcr considère que c'est une faute de cherchera inlio- duire le maïs comme fourrage en Angleterre \ i. The Par mer' s magaz/ne, oO^ vol., 3*^ série, 1866, t. II. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 147 6. Plantes légumineuses et foin de prairies artificielles. IVirmi les planles légiiniineuscs propres à former des prairies ar- liliciullcs, Vœlckcr, après Way et Andcrsoii, a examiné la composi- tion de diverses espèces de trèfle, du sainfoin, di' la luzerne, de la vesce et du plantain '. Nous nous bornerons à reproduire, tableau IJl, les analyses de Vœlckei', celles de Way ayant été publiées dans le Journal de la So- ciété royale d'ayricullure d'Anyleterre en 1853, et celles d'Ander- son dans les Transactions ih; la Iliyhlaiid Societij, également en 1853. Les plantes soumises à l'analyse provenaient de petiles plaies- bandes disposées dans une môme pièce restée sans fumure, à Ciren- ccster; elles avaient été récollées en août et en septembre, au mo- ment de leur entrée en floraison. A. — Trèjlc. La proportion d'eau p. 100 dans le trèflo frais, et celle des ma- tières assimilables dans le trèfle sec, ne varient pas seulement pour la même espèce, comme le montre le rapi)rocliement des cliillVcs obtenus par les divers analystes, mais elles im])li([uenl, (piaiid on compare les diverses espèces, une divergence dans la valeur ini- li'ilivt' (|u'il y a lieu de juslilier. Vœlcker est porté à croire (pie la (pialité du trèfle ne dépend pas autant de la variété cultivée (jue de l'époipie à larpielle il est fauché et de la nature du sol où il vient. Il est certain que telle variété de trèfle se plaît davantage et accpiiert une valeur nutritive plus grande dans un sol approprié que dans un autre ; de même, Tépocjuc de la couj)e exerce une grande influence sur celte valeur, car le trèfle jeune contient plus de matières assi- milables et moins de libre ligneuse (pie le trèfle vieilli sur place. Racines du trc/le. — Dans les recherches que Vœlcker a déci'ites sur les causes des avantages (juc procure le trèfle dans l'assolement, comme récolte préparatoire du froment, et que nous résumerons 1. Journal nf Highland Society, juillet 1853 ; et Ou (lie chemislry o/J'ood, 1856, 143 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. O 00 ^ Cï o O — C-. o Cï CO 3*j co t^ -f^ CO X sa p^ c- h- r- -r* r- ^ r- o O C^ -T^ o rn •o ,_, O O ^~. ce tH w '-< iC i>- o ■M CO fM W O 2 > o "M :o c- 'C ^ •^ i.*: r^ >l 03 es o ^ T(l tX m o t- o e-i •H o o o r— IC i.'î (5-1 -rf I- 3Ï 00 o -^ Cï o O CO (71 Cï rt 71 »n 00 w îo rs T-f tr M co co « 71 o 20 tr 00 co ^ -^ Tj< ,-( t3 o o >•: ^':: o r- fN -* -j: -^ X -:< O C-C ^ ''•C- 71 O t- .H O ^ Ci -M CO -Tf^ 00 r- 70 w ri O — ^ — ::> t- co -^< o o '30 3i o r- -t O 71 « -^ ^O t* ce 71 71 CO tO ^D -* 71 o CO n m •^ o o Cî 00 -* o 00 '^ "■ o o o ÇO ^ ^ ^ Tt< rï Cï «o o -o — - 71 CO ÎO O O -* o o iH w o O '^ -H O -* O Xi t>- tO î^ t- ^ c; — 71 X t- o o '-' g' = 3 o - " o - a X ta te -r^ S o es ^ O S rj rt tS rf rt H S S S S 60^ S* 'S w^ Si Xi ta ^2 3 S J3 fi fi -33 O a e« o S to tn C) a) m £1< S. 0) O o -o; a rt Pâ a- ?H »t?i Si. 3 o .- — 60.9 II <3 o '!> -^ rt » » 20.50 3.59 5.00 13.07 16.42 4.43 S .75 25.02 2 . 62 Huile, cire et chlorophylle Albuminé et autres composés protéiques solubles '. . . . Sucre, mucilage, matières extractives, etc., solubles. . . . Matière inorganique soluble Composés protéiques insolubles- Fibre ligneuse non digestible Matière inor^'anique insdiiible Cendres : total » 100.00 )> 7.05 1. Contenant azote M U 0.80 1.40 2. Contenant azote Azote total. .... » 2.20 13.75 Kgal à composés protéiques Malgré les résultats des investigations antérieurus, Yœlcker a tenu à reclierclier expérimentalement les effets, sur la composition du foin de trèlle, d'une coupe prématurée et d'une coupe tardive*. Les pra- ticiens sout d'accord qu'il y a lieu de faucher le trèfle quand, la floraison s'étant faite, les liges à la partie inférieure donnent des indices de sécheresse. Mais la date varie naturellement suivant le climat, la saison, le sol et les engrnis employés, qui modifient l'aspect 1. The changes ivhiclt tahe place in Ute Jicld and stack m haymukimj, février 1S67. 15(3 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. de la récolte à son état de maturité. Il n'en est pas moins vrai qu'il arrive de faucher une semaine trop tôt ou une semaine trop tard et qu'une semaine suffît pour modifier notablement la quantité et la qualité du produit. Sur une pièce en trèfle de bonne venue, dont le sol argilo-cal- caire reposant sur la formation oolilhique, avait été préalai)lement analysé par ses soins, Vœlcker fit réserver douze lots de 150 déci- mètres carrés chacun. Les dates des coupes des 7 premières parcel- les sont indiquées ci-après : Parcelles n" 1. . 15 avril. 28 avril. 12 mai. 2G mai. 10 juin. 30 juin. — n" 2. . — 28 — 12 — 26 — 10 — 30 — — n" 3. . — — 12 — 20 — 10 — 30 — — nM. . — — — 2G — 10 — 30 — — n" 5. . — — — — 2 — IG — 28 juillet. — n°G. . — — — —9—30— — — n" 7. . — — - — IG — — 28 — Les cinq autres parcelles ne furent laucliées qu'une seule fois aux dates suivantes : Parcelles n" S 23 juin. — n» 9 30 — — n" 10 7 juillet. — n" 1 1 18 — — n° 12 28 — Dans ces expériences, d'une durée de trois mois et demi, chaque coupe fut soigneusement pesée et un échantillon moyen prélevé pour y doser l'eau, les matières albuminoides et minérales. Pour chacune des cinq premières parcelles, n°'l à 5, les résultats des expériences sont résumés dans des tableaux distincts (LVI à LXII). Chaque tableau est divisé en deux parties, dont la première donne la composition du trèfle frais et du trèfle sec aux dates des coupes successives. La seconde donne les poids effectifs de la récolte fraîche et de la récolte calculée à l'état sec, en même temps que le produit rapporté à l'hectare à l'état frais, cà l'état sec, et converti en foin renfermant 10.7 p. 100 d'eau. Cette teneur en eau correspond à une bonne moyenne; elle varie non seulement avec l'état atmosphé- rique, mais dans la meule, suivant qu'on examine le trèfle dans les mois humides ou secs de l'année, c'est-à-dire qu'elle oscille entre TRAVALX 1:T EXPÉUIENCDS DU D'" A. VOEI.CKEn. 157 18.^0 cl 1 i.iâ I). 100. On peut dire que le foin de trèfle bien condi- tionné renferme en moyenne un sixième de son poids d'eau. En fixant la première coupe à la mi-avril, ou n'a eu d'autre but que d'étudier si la praliipie suivie dans les Colleswold, de faire manger le ti èfle à cette époque, faute d'autre nourriture, exerce une influence sur la diminution de la valeuruutritive de cette légumineuse; car on ne fauche pas de si bonne heure. Les parcelles 6 et 7, et les parcelles 8, 9, 10, 11 et 12 font l'objet de deux tableaux séparés qui fournissent les mômes données que celles des parcelles précédentes. L'examen des tableaux résumant ces essais donne lieu aux re- marques suivantes : Parcelle n" L — (Tableau LVL) La première coupe est pauvre en matières azotées, non seulement à cause de la plus grande teneur en eau, mais parce que la matière sèche ne renferme que 2.42 p. 100 d'azote. Elle fournil aussi le poids de trèfle le plus considérable. Les six coupes ont donné ensemble plus de 13 tonnes et demie. Parcelle n" 2. — (Tableau LVÎL) Même observation quant à la pauvreté en azote de la première coupe par rapport aux suivantes. La seconde coupe renferme une quantité d'eau exceptionnelle, due à une abondante rosée avant le fauchage. La première coupe fournit au 28 avril 24"^, 94- de trèfle frais, ou 4''^, 78 de trèfle sec, tandis (jne dans la précédente parcelle, les deux premières coupes, effectuées les 15 et 28 avril, ne donnent ensemble que 14'''^,48 de trèfle frais, soit 2''^,57 de trèfle sec. En outre, les cinq coupes de la parcelle n" 2 représentent un total de 17 tonnes de trèfle frais correspondant à 3282 kilogr. de trèfle sec. On a donc ici la preuve qu'il y a un incon- vénient marqué à laisser les moutons pâturer le trèfle de trop bonne heure, puisqu'il y a perle de nourriture totale. C'est do In première coupe notamment que vient l'augmentation de la récolte totale de la parcelle n"2 par rapport à la précédente. Parcelle n° 3. — (Tableau LYIII.) Dans celte parcelle, la première coupe contient plus d'eau que les trois suivantes, et la seconde est bien plus riche en matière sèche. Toutefois, la proportion d'azote dans la composition de la récolte sèche, reste notablement la même pour chaque coupe. 158 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. a o « •■-I Si > o o o o u a QQ a O O -a a a o a O O / a «a 1 C-' a iH 1-1 cr> o O o 3 — > 5 O ■^ CO •M o o O CO iH o 1 *« 1 . — tA O Ci O .H o _l •c** 0) c: a^ "es B CO iH C5 o o o ■J SI t- o ._ (rt o Mi ^O O o CO 2 a (M es »o CO o ZD ^ 3 - 0 'M -^ O «M O O O O H (M (M îO 175 "# Tt^ to CO CO S"! > 1-4 != •ai M •J PQ < Eh .5» S d 'o o a a o K -< o o '3 s] s a 5 ° a o O a a ~ 'S e^ < a ■a o S. '^ en ■3 'o a, o TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 159 ca •03 l- 03 C s (4-1 s -a .■H (1 > C! o o s o o ce m M > M ►J -M -M o 1-5 T. K t^ « Ci -73 -T" 71 a s a 5 = :r U Ci n Cl m r^ îO o M ç5 rî co »« .«3* H CO v: < "- 0) a ë -« Ci O co t^ -r o o -H o O es vrs ic c> uî co co CO o O ■^ B " 00 CO fM o co — -f* CO rs «^ ■ 00 u O W « iH o ^ a o <= ai Ci. O -h; iO = ri o6 ^i o o a « -« Ci Ci » 1^ co m 00 to t- -f IN co o o o ^ -H tO ri o ^ a~i ■a 2 / 1 o; t- -* « CO N Cï i^ ■M o *l -H IN C» m -O t- cî ic •5 -3 « s* ! § ^ CO QO (M o w> >:: ^ Jî -* .O »I 'Jl x -3 O o iH î£> 1-1 c o a C C^ C^ lO ÇO OD lO o ^ -H CD co •o o Ci ^ «= -M t- ^' 5 " C3 r^ (M *-l CD 1-H o o « h t~- M •N iH t^ •M U - O t- -O C» 71 CO CO ce " S a = h3 irj ci 2 •M c^ -ç co -M -* " -* / -s, = 71 -O o 3h ■^ co o —. 71 X a a 2 a 2 o 71 ce -1 iî o O H "* ^■^ P — S O ^ O ;:^ »-* CO D- 00 t- -;*< lO *ï o • ô o ~ a a a -T< 30 o rH_ O O O cT O co 7) O d" !^ ^ ce »H o .X S O S^ O CO CO iH CO t- O 5 -< h 'A ai co co r^ OS « -1 -o — r- IN O o o i ^ -)* -^ ri o o o -t S g  t. o ■d< cT o" c O O < ~ Cï = o -^ îO ^ CO CO t- -^ § o a ^.S c; :£ i:: *-* i- »-i (M CO o s 1 ;::i !J2 - 3 '_:: ^ ci co r: rï 5 o o 1-1 o" o" d d" s "* <^' <^ - OJ •a C .— ai O Ci Ci -M CO -^ Ti t~ o " — H 21 o — ' 71 C.- -1 -* O ce o (M 3 G-l ai •O -M Ci ^ o d •-J 'j" o a d" cT O d" iJ Ol -" ^ « > O GO ^ -^ CO CO rfl Ci o o •* ^." o 'H r^ t~. co -t co »-l Lj .-3 " ■m y. ri ^ iH o o ~ d" co o d~ • ç4 3 ci o o ' ■ 5) '"' • • -5 à • ^j i^ o «a en O •b , -u 1"* ■?l « -c« 3 ■^ 0) C -A S ft . o 5 *« o O u -: ^ ce . .H ■ -C ^ îf •1 ■u oc '5 o s a . a • o a •_ o o • c :- (m U3 o «) ..- o ■ -c •^J — 1 rr z. c 1 • 33 s a c 7^ ri , Z. c c O 'rt ce ..; e •1 § -É c •rî -cS o •■" a = c ^ ,t^ îo o •: o .s 11 ai c ■5 o - 1 1 azntù tières : es a es a 0» ^ . » j s S 5 0) 'd r o M .> u C 'X .i3 " o 2 ï :3 •:: 1 1 C ■p w — -— o es t rt ^ 'S ^ • C ^ ^. 4 a, ■< ~ < 71 160 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ta « •i-i Si > o o o u M > ,o« ir- -^ :c 3^ G-1 S s a a a fi = a C3 r- î-l CO Cl ?0 fr- — -* uo CO H CA -a a. c 11 -!t O »o o < '— ■ — •^ Ci o o t* •^ => — ' O r- GT CO ô -f< CO CO ^ ■^ r-H c t; iT -n iH o a — < rt CO M s Q o o «? ?ô t— rt o CI "■_: o tH t- <; »-* Ci 3* 3 C 3- ÇÛ C O o >r! a ■a c t^ » 00 te 00 -* s / O a >o i' -H -H CO CO CI lO a 'J \r c< o ru ( O ^ >.o CO 5 -a CO ■^ Cl t- o 3^ a o îl ^ o ■r. •< E^ tu o CJ H J -t e -t o 5 'n ■^ X c: o r^ a H J O Cl o •M 5-1 *n c^ S O »r î-l o C^ 1-H 'O r o w •a CD CI 5 o o ?i t- C>ï ■M 1-1 CO j> Cl O ____ -a c b- CO ^ o CO '- o w ■ r: lO N ■CO -^ ce o o vr t^ X -^ o o t- l' o \C 'O 5C o K-î ^^ C5 iT KO 3^ '^1 w t>- o c< t^ CO CO C^ o" \ i "** rH iH 00 / . / 1 O O 00 "H o X o c lO o 5 2 » _ W CM 3- (N o o - - ^ - Il H 1 ^ oo c O = y O tO CD OC O iA t- îE o CO CO X a ■^ t» C-: îT (M -ï in a CO GO - W CO C o O !>• o ^ ^"^ r: o .^ - ^ «^ 1 u *■"? r? « 1-1 si o o c o < 11 f 'y t^ es H ■ ^ 0. Ê O •JT' -* C t- lO o t- t- OT cr î o o o Ç3 o CO h- cr r- r-( o c O \ O ^H O CO "^ S-1 l-( a o c: o a; '5 tr O -M Cï c ce iH CO ■r- o o CO CO os Ci lO ir -M CO o II " OT ^ C5 0- o — " S o -H< c o t^ 1—4 o O '-' i-i O ^\ ©1 ■J- a o o c o c 1 *a cj rL, ■— O t- — :r o ce oc r o CO W Ô -r ■^ CO 00 00 c o « ^ î — f 1- o tM CO t- (M , G-l X i-H o O ■^ GO \ ^ ■^ tH -^ 1-1 o o o II , II w • 'H :3 o o -b . tû ^ eô « ';L îi o "^ [>- ^ « V ^ ' o i:^' c K *ÎU ■J- a C u J a 'a u: c 3 '^ c H c _o ç. :- ^ U c ■-^ e o O 'O îf ai 99 O sr 0. CI 0) fH c ç. % ê "c c ^ 2 2 o o CI tn O P^ ■♦• s C3 « ,,j •o; (S N 3 *â c3 •a CS O O te q O I -4-9 CO > a i DQ 1 1 I c Q "2 1 1 1 1 c « CO -a '-^ a c« H ■«-a S o a ^ ÎJH re! -^ — r^ <î; ri TRAVAUX KT EXPÉRIENCKS DU D"" A. VOELCKER. IGl Comparée à la précédente, la jiarcclle n" 3 donne à la première coupe plus de lièfle frais {AA^'^,Ao) (jue l'ensemble des coupes de la pai-eellc n" !i (42''*'', 90) et à peu près le même poids de trèfle sec (8^31). Le calcul de la .récolte à l'état de foinindi(pie5l28 kilogr. pour la parcelle n° 3 contre 30-iO kilogr. pour la parcelle if 2. Ainsi, poids pour poids, la récolle a plus de valeur sur la parcelle n" 3. Parcelle n" 4. — (Tableau LIX.) Ici, la coupe, en"ectuée le2G mai, a accumulé beaucoup plus de matière organique après quinze jours de végétation, que les deux coupes des 12 et 20 mai effectuées sur la parcelle n" 3 ; 59''^,-i0 de trèfle frais contre 40''''', 30 des deux coupes de la parcelle n" 3. Cette augmentation est d'autant plus sensible que le Irèile coupé sur la parcelle n" 3 ne renferme que 78.70 p. 100 d'eau; elle représente donc moitié plus de nourriture solide. C'est du 12 au 20 mai (|uc le trèfle, dans ces essais, a atteint sa pleine végétation ; il était alors en fleurs et remarquablement vigou- reux. L'assimilation du carbone par les feuilles et les racines est à son maximum, car tandis que le sucre et les hydrates de carbone se produisent abondamment, les matières azotées sont stationnaires et probablement se répandent à un état d'élaboration plus avancé dans la plante. Dans de certaines limites, la teneur du trèfle en azote se réduit proportionnellement à l'accroissement de sa valeur nutritive, en te- nant compte de l'excédent des hydrates de carbone qui forment les principes combustibles. Parcelle n° 5. — (Tableau LX.) Les résultats obtenus sur la par- celle n° 5 confirnifiut absolument ce fait que, lorsque le trèfle entre en floraison et touche à sa maturité, les éléments azotés ne progressent plus, tandis que les hydrates de carbone se forment avec rapidité. Les parcelles 4 et 5, malgré une différence d'une semaine dans la date de la première coupe, fournissent un trèfle qui contient à peu près autant d'eau, de sucre et d'azote, et représente le même poids de récolte, fraîche et sèche, de façon qu'on peut dire que la diflerence d'une semaine dans la première coupe n'a été guère appréciable comme résultat. Si le produit total de la parcelle n" 5 est légère- ANN. SCIENGE AUROX. 1 1 1G2 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. as 53 •d) u -u Cl o o o o Si en «8 M I— t ta o o r- ce a ? — rt • Cï W t- o o GO Cï iH o o H " 00 »o co 1 o «! (A O iC. t^ iH CO o o i-H -o rH 1 O (M u 'J o ^ ?5 S y-i e c r-f »-f ! co «1 i o Œ / « 1 . ca 1 & U « .2 1 CO Cl « 1 O o -a ■^ o Cl 1 o t- 1 ^ » = "S 2 » O ■- 00 i-( t^ -^ Cl GO r^ o " Cl - - C O «; -M GO iH CO 0^ f-H CO o »H t* O CO u '*— T-( 5^ 1-t u-f -M OQ ^ o -a ■ (N 1 — O c:, 3 ^^ ZD -¥ c > o o rf O Ci W ; o ri a -» m —H t- Cl t^ CO a « s o ^ Ci o O ■N TO tO Tl o O O a ) o •a -K O O lO o Tfl o iH 00 o < K -o ■^ CO i ^ 1 / O fM r- CO O 1^ lO Cl o o -^ ?0 trt o a !>. -t r» - H CO W W — iH o tj pj cà n £â a l* O rH Cl Tl '^ o O ^^ o O th Cl cr 3 O C5 "^ lO i-( »0 fH lO -^ 9 a t4 CD < co -^ C-J Cl (M O •"^ S b- ■<1< -^ Tf S o a> ~ AJ i i t* ■^ o •H < i ■-^ I-( o" o" O O t: CO ^i 1 CQ o;* r-. ^ O "^C '^O r/ _, m o CO O iC lO 'X O ^ 15 »n to Cl CO -ri* W C S rt 00 c o -r' O CO^ O O O 2 § «1 ^ tO o 'î' o E£] _ -a t- ^J '=> o '^ i-( o o" O O o Q a> o a. o u': -« — o •H o ift M rt t- M c^ ce o -f -o CO — ( w w o CO (^ï 1-1 M t* 00 tM t^ ^ c-^ Cl -M ^ y IT' i-H o IC r-< ^ o -H o t. »H 1— ( ~- «s GJ O ^ O M -^ O) '^ fi •^ t^ .^ o ■Li S , , S- i> 5 "T t C vj c h 5 a o o o 3 a o s 'o C ^ m -■^ :r '<« ^ O 3 o 0. '^^ 00 ç Si rt rt "e^ O o tn ■* su 'U 3 azotées non azo minéral cî m 9 'Câ -rt -35 a +j c » Cl o "2 c3 73 "2 C N '3 c ri o o o d a o o a ci c3 3 1 1. ^ 1 1 1 1 1 QO 3 rt a *-> 1^ 1 1 a o o S a c Q a « ^ *- Oh -< « o 35 3 1— 03 O a^ O O 3 oc s 00 « » o M r: aj »H t» 5^ o -M m -S ei t* î^ t- -H Si --■ o a O O ^ C: O f>i la ^3* rt -T Cl î-l .n (m' O o (N O O ÛO n 3^ ÇO «j O a o o <-( C5 O oj ir: t-H ^ o t^ • — j a rî ■* « S5 o îo •M o o t'i rH ^ -H ^ OO îl I- iH O -a o o o o i.-î « 00 ti « o o s '• Q 5 o 3. 2 " - r en o (1) N a c3 n C s O es ^ ;_ •3 o O 2 £ S a — o 'S a o 164 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ment supérieur à celui de la parcelle n° -4, c'est que la deruière coupe du n° 5 s'est faite un mois plus tard. Parcelles n°^ 6 et 7. — (Tableau LXI.) Le trèfle arrivant à maturité, la teneur pour 100 en eau s'abaisse considérablement, bien que le poids de la récolte fi-aîcbe augmente sur les parcelles n°' 6 et 7 par rapport à la parcelle n" 5. Pour s'en tenir à la récolte à l'état sec, abstraclion faite de l'humi- dité (]ui jette une certaine confusion dans le raisonnement compa- ratif, on remanjuera que, coupée une première fois le 2 juin et une seconde fois le 16 juin, la parcelle n''5 a fourni 12''^, 92 de trèfle sec ; sur la parcelle n"6, le trèfle coupé pour la première fois le 9 juin, a pesé sec 16''^, 34, et sur la parcelle n° 7, le trèfle coupé une se- maine plus tard, le 16 juin, a pesé sec \l^^,'è\. Bien que ces difle- rences ne soient pas énormes, elles représentent un excédent très appréciable pour le rendement à l'hectare en trèfle sec : Du 2 3U y juin.de liTl kilogr. à Tliectare Du 2 au 1 G juin, de 2040 — — et en foin à 16.7 p. 100 d'eau : Du 2 au y juin, de 1765 kilogr. à Thectare Du 2 au IG juin, de 21-49 — — ce (jui démontre la mauvaise pratique d'une coupe trop prématurée du trèfle. Sur la parcelle n" 7, qui a été fauchée le 16 juin en don- nant 8470 kilogr. de foin, puis le 28 juillet à raison de 919 kilogr. à l'hectare, le rendement total de 9o49 kilogr. à l'hectare consti- tue une excellente récolte; d'autant plus que les matières azotées, dès la première coupe, tilrent 127''^\33 d'azote, c'est-à-dire plus d'azote que dans aucune des autres coupes du champ d'expériences. Parcelles if- 8 à 12. — (Tableau LXIl.) La quantité d'eau à partir du 16 juin décroît rapidement, malgré le relèvement du 7 juillet attribuable à une forte rosée; depuis 74,10 p. 100 constaté sur la parcelle n" 7 jusqu'à 50.80 constaté sur la parcelle n" 12 le 28 juillet. Le but poursuivi en retardant la coupe des cinq dernières parcelles, c'est-à-dire en laissant la maturité s'avancer au delà du délai fixé, élait de déterminer la perte en poids et en qualité du trèfle au [)oint de vue de sa valeur nutritive. TRAVAIX ET EXPÉRIENCES DU D' A. VŒLCKER. 1G5 es 0) •a ■a « > a o o o o 3 M & Eh " t- 00 55 «-; o r-î r- - V3 ^_ •s. 1 r: o s s s s s s a 2 OD g O cT ^ a •H a /^ 1 4-> ~~ u •z t3 1 1 / ci" — a ÎI r-. -. --3 => -* O O => < ei Ci iTi rj t» *H t* '_^ J î^ = 3 E ° O ci ci o . c^ o t- d '^ •" o "~-i ^ pH r^ o •-4 W c-l 'îl '^. '^ V » ' w ^ iH ~ w W -■=> z; w eu - ^ -( -* t-i o J o GO o •i -H 1-* rt -a s: o a a 0^' « -H ^1 ' - -■ t>: o o -1 •H 00 1- co Ci tO -- t* 1- u'î u'5 •S5 Cl iH 1 _ 'M &4 »J c 1 1 _. D b- -M «o -4* rs lO ■Hl rt CJ lîtf ^ -M •J5 C5 -H — O 1 a 5 a O t- >.T -^ O X l c < ~ '^ ■-= ■» o O - \ ^" O - 'M Ci r; ? 1 ~~ w '^ 1 _ .r. I G j; 'M ^ Tï o w --' ' oJ • -• C3 •H O ce o ■■= ^ r^ ^ O ■M -^ i.-î '>? t~) J co éi ? -?! » ri 'j. ■M = •^^ a ' -« o o o O »H ^ ri \ u o ^ f-^ t^ l~i o IN É, es O î « „ <-( ■a _ M .3 -H M f a3 -^ "O o T)l _ OO r— ri t^ O r^ Ti r^i •^ ^ 3 - ' co co t- g w -ji -il u-^ _^ • 1) '"' C-. ' , o -M w rv 71 _^ ^I t^ r?] o -f .6 ï 2 s S rî K-î 35 ri o -H ^ t- >H »H o" ♦^ t« t-- o >0 DO t^ '^ I c ■! TI rs X) = 1 -? ;^ O VO GO J ' Cl, lO ?! CO =5 s n lo -H M o o ■s «T w o" r-T o" o" S ~ - m i) -~ a O -^ :o co 1- *. o co o o 3 •M -C Cl 30 W -4< C5 O iO ri î" \ \ fH 5 (>• I ^ w ri o ^ 5 1 s" s" rT -^'' S iH o ~ < aî &. o K / t: 03 1^ 51 C5 -^ Ci O -w* '-I :o o 2 S ; î 2 2 , 1 o — • — rT •-= i-( -^ »-i r. ^ o -H 1-H O ^ 1 — 05 \J 2 1 . S s O ■>! rs O o Ld C5 o o ■ ^ — / ÇJ 3 1 C5 -H 00 1-1 o ■-= J ^ Ci u-5 h- -o 3 / ^ 5 O -^ -H CQ o '■^ o O lO a o^ -#^ o ^ 1 3 S ^ r- 0^ o o j; •>r o o o o o" 'i 1- a < f b 1 t i 3 o t* O CQ 3^ C5 GO o o o oo a « M r; co r- rj n 1 ^ 3 •~~3 r^ ■>! -^ ri o ^H "^ iH r: ^ îi \ :j ~ 1 ^ — ^H i-* o ' • i>^ c^ V o H _<»• * K â • O 73 . c • c c ' ce 1 se .2 en g; 9 S) o » 3 09 - . G «o _ •2 s o i S O .§ « -S c; •^ S "i o X i 5 rt su o "Z c «M QQ ■S 5 2- o &3 O 5 a; ^ s -M •P 1 1 S § H OC ci < s a L^ b o -«8 •2 1 1 a n es c 4-» CJ ■" t 1 1 o •§ 1 1 a o ^ o p — ,^-^-«—^ O s z. __ ^ 1~l Ïj -rj <^ 71 166 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. S) t3 > C o o O o es m M X >J ta ■o: u PQ El 4-a ^^m^m ' 0/ •i Ci >o 1 00 t* a 10 ■?« CO •>i ^ 15 1^ C5 to to r: « œ 3 •■—s - ta r- ir: 00 ^4 ce 'y^ îo ta z GC -^ a •yx 1 < K c *^ < • — ' 0 et ■to ^ ™ ^ ï-H f^J * tS çc r^ OJ t-— ^ — -^ >r: -^ — î 00 z ce »- * , m ^ (C 5 a C5 s r- ce •a 5 ^ M -* cr» lo ci^ - Q ; " * " * îj r* ^H -H ■^ -M ■<# ï= 3 *^^ t- 10 t^ OC i-H te» C5 ÎS c- lO I- ^^ ::; ^ ai ^ S Eil Ci ." l" -# ^ W c^ ^^ ■M C5 c: Ci Cï co co -a 3 ^ •—i * aj -J t-^ •-< C^ u-î r- -^ c^ -:£ J — c; •a j- — m -X t» ce 1* -M co rr> *« *5 ca t- c: r- ur> 71 71 "^ •k. * ci ■« r^ 2 r- X to to U-: _^ ^i « t- 05 ^ CN ■» >£^ 10 r* « to 1-H ?^ « »i s co ïO 00 G^ « ♦J a 0^ to GC ^ 35 , '"' — ^ rj ce *J u-î -* r- to ■j: •"■ rn rs j „ C5 tH — • K è ■—1 3 ^" S ^' a ^ ^ rs ^ cT U 1-) ti •Jj — ■< •< *^. Ci ^ ^ ^ = -H ce to v-'ï fc, 2 ^ t- lO 10 ?i C^ DQ 5 71 * 71 71 -^ — ^ "—1 ^ M «c 71 3 a a §= .-1 r7 w cT H CQ ^ B ^ cî .- r- Cï -- Tï X — — C tr 52 lO u-5 ■M 71 ■a s -^ "%. """ ^ co -f 71 71 "ir. >-î M • -M § U C~- r— w"f^' II " ■a co .s -H rî u^ to co — < = ^ r- 0^ >r. T- ifî 0^ W Ç7^ 71 3 1 ?) ÎJ Tl -M tr- 71 - 1 w' -^ w" V • • 1 ci ^ _ '^ _« œ 0) ■u ■ t^ J a o" S 'W •^ • (T C . c ^ SS x~ < 5 ) • 01 c s ■5 i- C c ■s S .? lil 31 ut c £3 a a 3 lii . '-fi c II 3 et c 2 ' 1 ce a . h 1 p DQ fl 2 «1 ' c 7- 2 1 I ' e C 3 3 II - o < TÎ TRAVAUX ET KXPKRIENCKS DU D"" A. VOELCKER. 107 Non seulement l'eau diminue, mais la matière solide, dans les cinq coupes successives, h paitir du 10 juin où les matières azotées atteignent ii.31 p. 100, accuse progressivement les réductions sui- vanli's poiii' la matière azotée: le 2.") juin, de 9.31; la semaine suivante, de 8.25 ; la semaine suivante, de 7.9i ; le 18 juillet, de G. 02, et fina- lement, dix jours plus tard, de G.Oô p. 100. Vœlckcr croit pouvoir attribuer celte réduction principalement à la faible proportion de feuilles vertes et à l'accroissement de la ma- lière fibreuse correspondant à la diminution en poids de la récolte fraîcbe qui baisse : A G8''- ,d2 le IG juin sur la parcelle n" 7. A (;.' ,0 le 2:! — — n" S, A il) ,0 le 30 — — n" 9. A i'J ,S le 7 juillet — n" 10. A-ii ,8 le IS — — nMl. A 28 ,.j le 28 — — nM2. Le produit à l'état sec de la parcelle n" 11 offre l'anomalie d'être supérieur à celui de la parcelle n" 10, fauchée onze jours plus tôt; mais probablement le trèfle y était plus dru et le sol meilleur. Sous la forme suivante, c'est-à-dire en mettant en regard les ma- tières solubles et insolubles dans l'eau du trèfle frais et du trèfle sec, suivant les dates des coupes, on peut, d'un coup d'œil, juger de la détérioration qu'éprouve le trèfle (|ue l'on laisse en terre après ma- turité. (Tableau LXIII.) Les anomalies que l'on remarque entre les parcelles 8 et 9 par rapport à la parcelle 7, ont été constatées par les pesées; elles n'in- firment pas d'ailleurs la progression dans la détérioration que subit le trèfle après maturité, par suite de l'augmentation de la matière fibreuse insoluble et de la diminution des matières solubles azotées et carbonées. 7. Plantes et foin de prairies naturelles. A. — Herbes de prairie. La valeur nulritive des diverses herbes des prairies naturelles et des fourrages veris, en général, se déterminait autrefois d'après la relation entre les matières solubles dans l'eau et les matières inso- 168 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. liibles. Plus la proportion de matières solubles était élevée et plus l'herbe passait pour nutritive. C'est ainsi que Sinclair, dans son rap- port sur les résultats de l'engraissement à l'aide des herbes et des fourrages verts, dans les expériences instituées par le duc de Bedford cà Woburn, avait essayé de classer les plantes des prairies naturelles et artiticielles. Cette méthode défectueuse, donnant des résultats en désaccord avec la pratique, n'a été rejetée d'une manière délinilive qu'après les nombreuses et minutieuses analyses du professeur Way *, d'après lesquelles les principales plantes des prés ont pu être répar- ties en trois classes, correspondant à une qualité nutritive supérieure, moyenne et inférieure. TABLEAU LXIII. — Comparaison des matières solubles et insolubles contenues dans le foin de trèfle suivant les coupes. O Z> es »Q = -a a; 0) S'a g >5 o. DATES DES COUPES. MATIERES solubles dans Teau. M A T I K R E s insolubles dans l'eau. UrcoUe fraîche. 5 6 7 8 9 10 11 12 5 G 7 S 9 10 II 12 2 juin. 9 — . 10 — . 23 — . 30 — . 7 juillet IS — 28 — 78.80 73.20 7i.l0 72.50 05.20 08.70 04.01 50.80 8.70 10.79 10.00 9.10 13.00 10.90 12.19 li.'iO Recolle sèche (100 degrcs centigrades). 2 juin . 9 — . 10 — . 23 — . 30 — . 7 juillet 18 — 28 — 41. Oi 40.30 38.01 33.09 39.08 34 . 83 33.89 29.27 12.50 10.01 15.90 18.40 21.20 20.40 23.80 31.80 58.90 59.70 01.39 00.91 00.92 65.17 G6.11 70.73 1. Journ. Roy. Agr. Soc. of l.ngland, 1853, vol. I. Tr.AVArX ET KXPÉRIRNCES DU n' A. VOELCKEn. ino Sans enlrcr dans le d(''lail des analyses de Way ([ui fixent la coin- posilion des planlcs en eau, en pnnciijcs assiniilahles, matières grasses, principes combnslibles (respiratoires), lihi't! ligncnse et cendres, nous r('|)rodnisuns dans le tableau JAIV, la composition niovcnne de ^2 vai'iélés d'herbes spontanées, formant un foin à iA.o p. 100 d'eau; et nous l'accompagnons du classement de ces herbes suivant les trois qualités précitées (tableau LXV). TABLEAU LXIV. — Composition des plantes de prairies naturelles à 14.3 p. 100 d'eau. Anlhoranthum odoralum. (Flouve odorante). Alopecnrns pralensis. (Viilpin des prés) . Airenalherum avennceum. (Avoine élevée Avenu jUivrscens. (Avoine jaiinâlre). . — pubescens. (Avoine pubcscente). Brlza iiiedki. (Brize commune). . . . Bromus ereclus. (Brome des prés) . . . — mollis. (Brome mou) Ctjnosurus cnsfadis. (Cretelle hérissée). Dactylls (jlomerata. (Dactyle agiïloméré) — (Dactyle en graine.s) Fcsluca (luriuscula. (Fétuque dure) . . Uolcus lanafux. (Houque laineuse) . . . llnrdcum pr (dense. (Orge des prés) . . Loltum jH'rennc (Ivraie vivace) . . . . — Ualicum (Ray-grass d'Italie) . . Phleum pi'alense. (Fléole des prés). . Poa unnua. (l'aturin annuel) Poa pra/ens/s. (l'aturin des prés). . . Poa IrivUdis. (l'aturin commun). . . . Herbe des prés irrigués: V coupe. . . — — 2'' coupe . . . Moyenne. S.9i 10.5G 11.10 Cil G. 8 3 h.n s. 09 14.82 9.51 11.60 19.78 10. S7 9.87 9.57 10. IG 8.GG 9.74 10. li 8.S7 8.10 22.21 9.3G 9.i0 2.92 2.50 2.73 2 . 2 i 2.05 2.58 2.85 1.81 2.83 2.69 1 . 3 1 2. 86 3.05 1.97 2.72 2.80 3 . 01 2.93 2.25 3.15 5.00 1.77 rj. en » 0) ^ ,y -.j ♦j -S ? 37.27 36.96 32.60 ■40.35 42.67 40.24 7G 33.14 45.12 37.99 22.74 34.65 33.64 40.01 36.21 49.56 45.73 44.30 36.88 34.43 27.47 37.63 J.oi 38.54 31.17 29.00 29.35 30.81 29.69 30.26 30 30.96 22. o9 28.89 37.13 33.18 33.09 27.15 30.17 16.94 22.68 25.90 32.59 32.60 21.55 29.40 29.14 5.42 G. 09 9.93 5.90 4.47 7.42 4.47 4.99 5.47 4.55 4.72 4.65 5.46 5.30 6.46 7.76 4.53 2.43 5.09 7.14 9.03 7.56 5.84 Il y a lieu de remarquer que Way ayant analysé d(;s plantes sau- vages, les résultats eussent été sensiblement modifiés par l'analyse 170 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. de plantes soumises à la cullure. Ainsi Way obtient pour le ray-grass d'Italie 8. 06 de matières albuminoïdes assimilables et 7.76 p. 100 de matières minérales ou cendres, tandis que le même ray-grass, cultivé sur une terre convenablement fumée, a fourni à l'analyse de Vœlcker, 12.75 p. 100 de matières assimilables et 8.61 p. 100 de cendres. On sait également que les berbes des prés irrigués sont bien plus nourrissantes que celles des prés secs, sans doute à cause de la disparition, par l'arrosage, des berbes de qualité inférieure et parce que les prés sont faucbés plus tôl\ TABLEAU LXV. — Classement des plantes de pré d'après leur qualité nutritive. PLANTES PLANTES PLANTES de qualité supérieure. de qualité moyenne. de qualité inférieure. Lolium italicum. (Uay- Anthoxanthum odorùtum Avenajlavescens. (Avoine grass d'Italie.) (Flouve odorante.) jaunâtre.) Poa annua. (Paturin an- Alopecvrus j)ratensis{^\i\- Avenapubescens. (Avoine nuel.) pin des prés.) pubescenle.) Hordeum pratensc. (Orge Arrenathentnt avenu - Uriza média. (Brize com- des prés. ) ceuin. (Avoine élevée.) mune.) Cijnosurus. cristatus (Cre- Lolium perenne. (Ivraie Bromus erectus. (Brome telle hérissée). vivace.) des prés.) Dactijlis (jlomeraki. (Dac- Poa pratensis. (Paturin Festuca duriuscula. (Fé- tyle aggloméré. 1 des prés.) tuqtie dure.) Bromus mollis. (Brome Poa trivialis. (Poa com- Holcus lanatas. (Houque mou.) mun.) laineuse.) Phleum pratensc. (l'Iéole des prés.) B. — Foin de prairie. La composition du foin de prairie a été déterminée, comme celle du foin de trèfle, pour juger comparativement de la valeur des dif- férentes pailles (tableau LXVI). 1. On the chemislry of food, I.S.jG. TR.A.VAUX ET EXPÉRIKNCES DU D*" \. VOELCKER. 171 TABLEAU LXVI. — Composition du foin de prairie '. EillI ..... 1G.6C 17.79 i.37 :>1 78 » u II » }) Alalière organique soliihle — inori^aiiiqiie soliible ore.niiiqtic insoluble — iiiorgani(iue insoluble 3.40 Eau 100.00 » » » » )) 1 G . GO Ô.Ol l.Sl 15.98 28.88 4.37 G. 25 17.G4 3.40 Huile, cire et chlorophylle Sucre, niucihige, matières extractives, etc., solubles Fibre digestible Matière inorganique soluble Composés protéiques insolul)les- Fibre ligneuse non digestible .Matière inorganique insoluble v Cendres, total .... » 100.00 » 7.77 1. Contenant a/Ole 11 )) 0.29 1.00 2. Contenant azote Azote total 1.29 S.OG Il ressort de cette analyse que le foin de pré, moins riche en ma- tières albuminoïdes que le foin de trèfle, est beaucoup plus riche en principes assimilables que la paille des céréales, et renferme plus d'huile et de matières grasses; que le foin de pré et de trèfle, bien préparé, est plus pourvu de sucre et d'autres substances solubles, et plus pauvre en fibre non digcsiible que la paille. Bien que le foin de pré contienne plus défibre ligneuse que celui de trèfle, tous deux sont supérieurs à la paille comme nourriture. Les seules espèces de paille qui en approchent, sont celles d'avoine coupée en vert et la paille de pois. 1. Composition and SiUrilioe value of strair. décembre ISGl 172 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. A l'occasion des améliorations apportées par M. Edmond Rnck à la ferme de Braydon du nom de Manor farm (comté de Wilt), connue comme une di'S moins productives de la contrée, en raison de ses terres humides et de ses maigres pâturages, Yœlcker a analysé le foin des prés, avant et après les améliorations '. (Tableau LXVII.) TABLEAU LXVII. — Composition du foin des prés de Manor Farm avant et après amélioration. Composition élémentaire. Eau FOIN p frais à 16 p. 100 eau. BIMITIP sec. FOIN Al frais à IRp. 100 eau. lÉLIORÉ sec. IG.on 12.GS 3. iO G l . G9 3.23 u 14.35 4 . 05 77.75 3.85 IG.OO 18.31 5.29 58.20 2.20 » 21.77 6.30 69.30 2.63 Matière organique soluble dans l'eau . , . — inorganique soluljle dans Teau . . — organique insoluble dans l'eau . . — inorganique insoluble dans l'eau. . Composition im médiate. Eau 100.00 100.00 100.00 100.00 16.00 2.87 5.72 5G. 10 » 3.42 6.82 67.51 3.05 11.30 4.05 3.85 IG.OO 3.41 7.29 47.50 3.41 14.90 5.29 2.20 4. OS 8.G5 5G.57 4.08 I 7 . G9 6.30 2.63 Huile et cire Composés albumlnoïdes insolubles' Fibre ligneuse Composés albumlnoïdes solubles - . . . . Sucre et gomme. ... 2.5G 10.12 3.40 3.23 Matière minérale soluble — — insoluble 1. Contenant azote . . . 100.00 100.00 100.00 100.00 0.92 0.40 I.IO 0.48 I.IG 0.5i 1.39 0.G5 2. Contenant azote Azote total 1.32 I.5S 1.70 2.04 I. Report on ihc improvement of grass land on tlic Manor Fnrm. Roy. Agr. Soc, 1865. Jour H. TRAVAUX ET KXPKniENGES DU b'' A. VOELP-KEn. 173 Le sol, apjtarlenaiil, à la Ibniialioii do l'argile d'Oxford, était si te- nace, si humide et si pauvre, que les herbages, avant le drainage de la ferme, se composaient, outre les huches, les agrostis, les centau- rées, les joncs, etc., d'une foule de jjlanles donnant à l'état sec, un foin particulièrement ligneux, chétif et sans aronie. L'examen de la flore de ces pâturages permit à Va;lcker de signaler la pi'ésence, parmi les plantes plus fréipientes, du vulpin des prés, du paturin annuel et des prés, sans grande valeur nutritive ; de la brize commune (jui n'a guère d'utilité agricole, bien (jue fré(iuenle dans les terrains des argiles oxfordicnne et de Londres, car le bétail ne la consomme pas ; de l'agroslis ram{)ant ou des marais; de la fléole des prés, petite espèce ; delà fétuque dure , du brome mou, indices de terres appau- vries, de la cretelle hérissée, encore une herbe maigre ; du chardon de marais {Cardus paluslris), (|ui abonde dans les prés humides; de la centaurée noire (Centaurea nir/ra); de la bugrane épineuse (Ononis spinosa); de la potentille argentine (Polenlilla aiiserina); du rumex-oseille (Rumex acctoscUa) et du ti'èfle jaune (Mcdicago Lupulina). Les trèfles rouge et blanc n'y étaient que faiblemeût repré- sentés. A la suite du drainage et des amendements renouvelés, à l'aide de la chaux et du superphosphate, pendant trois années consécutives, la flore de ces mêmes prés s'était complètement modiflée. Les herbes maigres, telles que le brome mou, la cretelle hérissée, la brize com- mune, la bugrane, les centaurées, les chardons et les joncs de ma- rais avaient fait place aux espèces plus nutritives, la fétuque, les pa- turins, les fléoles. De complexe qu'elle était, la flore, par l'action de la chaux et des phosphates, s'était simpliiiée en faveur des trèfles blanc, jaune et rouge, des gesses et des loliers. Le foin était devenu doux au toucher et agréable au goût, parfume par la flouve odorante et appétissant pour le bétail. La comparaison entre le foin amélioré et celui des mêmes pâtu- rages non amendés, donne lieu aux remarques suivantes: 1. La proportion de matière fibreuse s'est réduite en nombres ronds, de 50 à 47.5 p. 100 ; ^1. Celle des matières albuminoïdes solubles et insolubles s'est éle- vée de 8 à 10.5 p. 100; 174 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. i\. La difl'érence dans la teneur en sucre et autres matières solu- bles, entre les deux foins, atteint 5 p. 100; â. Les matières grasses et la cire ont également augmenté dans le foin amélioré ; 5. Enfin l'augmentation des matières minérales solubles indique que le foin amélioré dont la composition se rapproche de celle du foin bien conditionné, est le plus succulent des deux. Altérations du foin. — Les modifications de qualité nutritive que subit le foin, sont dues, ou bien au mauvais temps pendant la fenai- son, ou au manque de soins pendant la dessiccation sur place, ou enfin à l'erreur commise en fauchant trop tôt ou trop tard. Il est difficile de se protéger contre le mauvais temps, malgré les pronos- tics, et le cultivateur est à peu près sans contrôle sur la première cause de détérioration. Si l'on a fauché par un jour de soleil, il ne s'ensuit pas que les jours suivants seront secs; aussi, lorsque le temps devient pluvieux, l'herbe à demi sèche se mouille, et il faut alors faner fréquemment sur le champ, avant de la transporter ou de la mettre en meules. Tout manque de soins pour obtenir une prompte dessiccation de l'herbe^ entraîne réchauffement du foin mis en meu- les et la perte de qualité ; de même, comme on l'a vu, la récolte faite prématurément ou tardivement occasionne des ditïérences no- tables dans la valeur du foin comme nourriture et dans le rendement définitif à l'hectare \ L'inconvénient le plus manifeste d'un fanage trop souvent répété, outre la perte de temps et de main-d'œuvj-e ou d'argent, est de meurtrir l'herbe, de la rendre plus sujette à l'action des j)luies qui dissolvent le sucre, la gomme, le mucilage, les matières albuminoï- des et autres matières solubles contenues en abondance; et, par suite de la lacération des cellules, de favoriser la fermentation à l'aide de laquelle les deux éléments de nutrition les plus précieux, l'albu- mine et le sucre, sont détruits. L'influence de la pluie et d'une mauvaise préparation du foin sur la composition du trèfle ressort de la comparaison des deux ana- 1. Tlie clianges whidi Utkc place in the Jicld and slach in haymaking, février 18G7. THAVAUX ET EXPÉRIKNCKS DU D' A. VOELCRER. 175 lyses snivariles, liihleau LWIIl, doiiL la prciiiiùrc se rai)porli; à du loin de Irùllc do Ijoniic qualité. TABLEAU LXVIII. — Composition du foin de trèfle sain et altéré. Eau Matières organiques azotées*. . — — non azotées — minérales (cendres) . . 1 . Contenant azote ro IN de trèlli' tle bonne qualité. 1(J.(J0 1.J.81 GO. 00 7..J9 100. 09 o r.i I-OI.N DK TltliFLE ALTERE Etat naturel. 20.15 8.50 01.27 G. 78 1 00 . 00 1.3G Séchc à luu dtgrés centigrades. lO.G'J 80.79 8.52 100.00 1.71 Bien (jiie la leneur en azole ne soit pas un indice invariable de la valeuc nutritive d'un végétal, dans le cas du trèfle converti en foin son abaissement dénote une qualité inférieure, car les feuilles et les pousses plus succulentes du trèfle, bien plus riches en azote que les tiges, ont dû être sacrifiées dans le foin altéré, pour motiver une ré- duction de près de moitié des matières albuminoïdes azotées ou des substances assimilables. Ou ne peut donc que condamner la prali(|uc qui consiste à faner par un temps couvert, lors(iue l'air atmosphérique saturé d'humidité ne favorise pas révaporationetderetourncr trop lourdement, surtout le trèfle, en sacrifiant les petites feuilles et les parties lines les plus nouriissantes de la plante. Tant (pie l'herbe et le trèfle sont à Tétat iV.iis, ou fraîchement coupés, la pluie n'a guère d'action sur eux en plein air. De même, le rapport entre l'eau combinée de la plante et le sucre est tel que la fermentation ne peut s'établir ; les matières azotées ne deviennent des ferments actifs que lorsque la vitalité de la plante étant détruite, les cellules végétales et les vai.sseaux sont brisés par la dessiccation partielle, et que leur contenu s'est mélangé. 170 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Ainsi, la renucnlation s'active aussi bien par l'évapcfation de l'eau combinée que par la destruction plus ou moins complète de l'orga- nisme vivant de la plante. 11 arrive fréquemment que, dans le champ même, le foin à demi fait fermente déjà, perd en qualité et s'échauffe plus tard dans la meule au détriment de sa valeur nulritive. Si, au contraire, par un temps chaud .et sec, l'évaporalion s'est rapidement efTectuée, la teneur en eau s'abaisse suffisamment pour prévenir ou retarder la fermentation. Le foin reste doux et résiste à un écliauf- fcment trop élevé dans la meule. Il se manifeste toujours une cer- taine élévation de température dans le foin mis en meules, quelcjues soins que l'on ait pris, mais loin d'être préjudiciable, cette élévation, en développant des principes aromatiques particuliers qui rendent le fourrage plus appétissant et nutritif, est utile. Tant que le foin conserve sa coloration verte, il n'y a rien à re- douter de la fermentation; c'est seulement quand il tourne au brun qu'il y a déperdition notable de principes nutritifs. Les analyses exé- cutées par Vœlcker prouvent qu'il en est ainsi, malgré la faveur dont le foin brun jouit auprès des animaux. Dans le tableau LXIX, la composition du foin de prairie normale représente la moyenne de 25 analyses, et celle du foin de trèfle, la moyenne des analyses de 75 variétés de trèfle et de plantes mélan- gées avec le trèfle. Le foin de trèfle absorbe et relient un peu plus d'eau que celui de prairie ordinaire ; il renferme également plus de sucre, de gomme et de matières similaires, ainsi que des matières azotées en })lus grande quantilé. L'analyse du foin de prairie fermenté se rapporte à un échantillon fortement coloré en brun, d'un arôme particulier, d'un goût fran- chement acide et renfermant à peine de sucre, mais beaucoup de mucilage et de composés bruns analogues à l'humus, et peu de ma- tières albuminoïdes solubles. Ce foin était très cassant. La présence d'une quantité notable d'acide acélicjue s'explique par l'absence presque complète du sucre qui s'est converti en alcool par la fer- mentation. Quand il n'y a pas assez d'air, l'acidiiication des hquides alcooliques faibles ou des substances susceptibles d'entrer en fer- mentation alcooli(jue peut s'opérer d'une manière si incomplète, que l'alcool se convertit en aldéhyde, produit intermédiaire entre TRAVAUX KT RXPÉRIENCKS DU d'" A. VOELGKKU. 177 5 r-l rS « Tl ira lï •* tjJ o O -* =5 ai rs eo o co (N es es « CJ to 'M ce *1 0) a 11 a o = .H VD ÏD rt -* ÎO M T-( t- m -f -^ 00 -# « o M W « CO C5 O ira Ci »ra -^ « 7D « -M o o a o u X w < i .7 ■s .2* \i w cl Ç3 ^ I I 0> 3 Ç3 u ■a «A ci a ^ fco -") o ■«-» rt >> U o a to ;. rt Il 3 O O a X —4 «•ru 3 a ej s f o — a ■a := g a ci a s o an.n. science AGUUN. 178 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. l'alcool et l'acide acétique, et comme l'aldéhyde est extrêmement volatil, il s'échappe sans se transformer {)ar Toxydation e.n acide acétique. C'est ce qui explique comment, dans le foin mis en meule trop humide et en pleine fermentation, le sucre s'étant d'abord con- verti en alcool et en acide carbonique, et Tair ne pénétrant pas assez hbrement, il se fait que des vapeurs d'aldéhyde se dégagent au point d'empêcher que l'on ne se tienne sur la meule sans courir le danger d'asphyxie. L'échantillon de foin de trèfle fermenté, soumis à l'analyse, outre sa teneur très élevée en eau et en fibre ligneuse, qui indique sa qua- lité très inférieure, avait perdu par la fermentation excessive une grande partie du sucre et des matières albuminoïdes qu'il renfermait à l'état normal. La fermentation acide ayant commencé, si le foin est encore conservé en meule, une comlnistion lente se poursuit ([ui donne origine à des produits identiques à ceux de la tourbe et résout en oaz les matières nutritives. C. — Lupin jaune. Le lupin jaune (Lupinus luleus) est cultivé en grand comme plante fourragère dans plusieurs contrées de l'Allemagne, de la Belgique et de la France, mais principalement dans les districts sablonneux de la Prusse et de l'Allemagne du Nord, où on la regarde comme une récolte précieuse pour les sables pauvres et arides qui ne laissent croître aucune autre légumineuse. Il est préféré comme fourrage, à • cause de ses feuilles plus nombreuses et plus larges, au lupin bleu (Lupinus aiitjustifolms) dans les contrées où la graine est moins recherchée pour la nourriture et l'engraissement des animaux'. M. Th. Crisp, de Butley-Abbey, qui a rendu compte du mémoire du baron Ilerman tle Nathusius, de Magdebourg, sur la culture du lupin jaune et du lupin bleu en Prusse (Joiini. Roy. agr. .Soc, vol. XX, 1859), a été le premier à cultiver en grand le lupin et à recomman- der sa culture en Angleterre, sur les terres légères sablonneuses. M. J. Kinder, suivant l'exemple de M. Crisp, sur sa ferme située au 1. On flte composition of tite ijcUow lapine, etc., décembre ISGO. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOKLCKKH. 179 sud (l'Oxford, dans les sables caiiluiiteiix du coral-rag, a égalenicnL j)i'aliqué en i-rand l;i cidtuie du lupin jaune. Vu l'iiTégulanlé, à cause de la saison humide, de la IVueliriealion de la récolte de M. Kinder, Vœlcker ne l'a examinée (jue sous le rappoit de sa valeur nulrilive comme Ibui'rage vert. Le lupin soumis à l'analyse (tableau LXX) fut coupé le 2i septembre; il avait 1"',40 de hauteur et était en pleine lloraison. Les tiges de pied étaient dures et ligneuses au point de ne pouvoir être mangées par les moulons, mais les têtes molles el succulentes étaient garnies de feuilles et de pousses; celles-ci représentent à peu près 70 p. 100 du poids de la plante. L'analyse du lupin (jui est rapportée dans le la!)leau ci-après, donne heu à plusieurs remanjues. Ainsi, la teneur en eau se rap- proche de celle du chou (89.5), et celle en matières minérales aussi; mais il y a plus de matières albuminoïdes dans le lupin ijue dans le chou. La plus grande partie de la malière sèche étant insoluble dans Teau, le jus formé par la matièi'e soluble a un goût légèrement amer, auquel les moutons et les bêtes bovines s'habituent et s'accommo- dent; mais les porcs se refusent, paraît-il, à manger le lupin à l'état vert. Bien (pie renfermant autant de substances albuminoïdes ou assi- milables (jue les meilleures variétés de plantes fourragères, le lupin est inférieur sous le rapport nutritif au Irèile, à la luzerne, au sain- foin, au seigle et à la navelte ; c'est que les matières azotées ne dé- terminent pas à elles seules la qualité alimentaire d'iuie plante. A défaut d'une dose suffisante de sucre, et en raison de sa teneur en eau et en cellulose, cette légumineuse prend rang après les autres légumineuses comme nourriture des animaux. Il se peut que pour un autre échantillon et pour le lupin en géné- l'al, venu sous un autre climat, dans un autre sol, et dans des cir- constances plus favorables, l'année en Angleterre ayant été très humide et peu favorable à la maturité comme à la formation du sucre, cette conclusion doive être modiliée. 180 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. TABLEAU LXX. — Composition du lupin jaune. ÉTAT SEC ÉTAT FRAIS. à 100 degrés Compositio n elém enta ire . centi jrades. Eau 1) ») 1) 89.20 10.00 0.80 » » » 92.58 7.42 ,, ... . . \ organique ' Matière sèche • . ( inorganique 1. Contenant azote » 100.00 n 100.00 1) H 0.38 2.38 3.61 22.03 1 Égal à composés albuniinoïdes Eau 89.20 3.29 jus. 1) 30.46 -Matières organiques solubles jus. 93.10 — minérales solubles O.Gl \ 36.13 5.67 fibre. G. 71 } fibre. 62.12 ! — minérales insolubles ■ Co mpositio n im m édia te. 6.90 0.19 \ 63.87 1.75 1 100.00 100.00 100.00 100.00 Eau » » 89.20 0.37 1.37 » » » » 3.42 12.68 Huile Composés albuniinoïdes solubles - Matières minérales (salines) solubles .... » O.Gl » 5 . 64 ; Composés albuminoides insolubles^ » 1.01 » 9.35 Sucre, gomme, matière extractive amère et fibre digestible 1) 3.96 3.29 36.68 30.48 Fibre ligneuse (cellulose) Matières minérales insolubles 2. Contenant azote . » 0.19 » 1.75 » 100.00 » 100.00 » 0.22 0.16 u )) 2.03 1.48 3. Contenant azote D. — Atilhj/Uide vulnéraire {foin). L"anlhyllide vulnéraire {Anthijllis vulneraria) croît à l'état sau- vage dans toute l'Angleterre; on la rencontre le jilus souvent en larges l'OUÏTes, étalant ses fleurs jaunes sur les pâturages secs et les Ta.-W.^U.^ KT K.XPÉRIENCDS DU d'" A, VOEI.CKKR. 181 ciuli'uiLs |iicrrcii\ cl rocailleux ; iiiai.s, huMi (|Lrcll(' vii'iiiic dans JK.'aii- coup tle sols diiïcrciits, elle se plaît nalurelleiiieiil dans les terrains calcaires, tels ([uc ceux des collines du Gollswold et dans les terres sahlonneuses. La culture de l'anlhyllide a clé pratiquée avec succès dans le comté de Norfolk, d'où Vo'lcker a reçu les échantillons de foin sou- mis à Fanalysc. Le foin grossier, à tiges abondantes, n'avait pas été fauché trop tardivement, car il renfermait les Heurs de la plante'. D'après l'analyse (tableau LXXl) comparée à celle du foin de TABLEAU LXXI. — Composition de l'anlhyllide (foin). |(]au . FRAIS. s É c H K à 100 degrés centigrades. 10. iG 2G.47 57.99 5. OS 1) 29.50 G4.7G 5.G.S l solubles dans rcau ' Matières organiques . , , , ( insolubles — Matières minérales fcendres) 1. Contenant azote Egal à composés alluiiiiinoïdes 100.00 100.00 1.19 7.39 10.46 1.1 S 2.87 4 . 52 43.91 31.98 4.50 0.58 1.33 8.25 II 1.32 3.20 5.04 49.04 35.72 5 . 03 0.G5 Eau Huile et cire Composés albuniinoïdes solubles- — — insolubles ^ Gomme, sucre et carbures hydrogénés Fibre ligneuse non digestible (cellulose) Matières minérales solubles dans l'eau . — — insolubles — •'. Contenant azote 100.00 100.00 . 17 0.72 0.52 O.SO 3. Contenant azote 1. On Ihc compoxiUon and nulriUre value nf antlnjU/s rulncraria, juillet 18G0. 182 ANN.4LES DE LA SCIENCE AaRONOMIQUE. trèfle et du foin de prairie, à l'état sec (tableau LXXII), on reconnaît que l'anthyllide renferme deux tiers de matières grasses en moins que le foin de trèfle et la moitié en moins que le foin de prairie ; que les matières azotées albuininoides y sont moins abondantes que dans ce dernier et de moitié moindres que dans le premier; enfin qu'elle contient plus de libre bgneuse que les deux autres. Sa valeur nutritive est par conséquent inférieure comme foin ; mais il se peut que, consommée à l'élat vert, grâce aux feuilles vertes tou- jours riches en azote et à la sève des tiges, l'anthyllide offre un fourrage plus succulent que ne l'indique la composition du foin. Il y a lieu en tous cas de noter que l'échantillon essayé, renfermant de 4 à 6 p. 100 d'eau en moins que le foin ordinaire, était remar- quablement sec, fibreux et privé des jeunes feuilles qui attirent l'humidité. TABLEAU LXXII. — Composition comparée du foin sec de trèfle, de prairie et d'anthyllide. FOIN SÉCHÉ A 100 DEGRÉS CENTIGRADES. TRÈFLE. PRAIRIE. ANTHYLLIDE Matières grasses 3.81 18.9G 41.27 29. G5 9.01 2.99 9.88 48.09 31.80 7.24 1.32 8.25 49.03 35.72 5.G8 Composés albuminoïdes (assimilables) '. . . . Sucre, gomme et carbures (combustibles i. . . Fibre ligneuse non digestible jcellulose). . . . Matières minérales (cendres). ... 1. Contenant azote 100.00 100.00 100.00 3.03 1.58 1.32 E. — Feniigrec (graine). Le fenugrec {TrigoneUa fœnum gremnn) est surtout cultivé en Orient pour la graine qu'il fournit. De même (pie les tiges et les feuilles, la graine a une odeur forte, pénétrante, et un goût aromati- que légèrement amer. A l'état de poudre, elle sert de stimulant pour l'appétit des chevaux. Importée en Angleterre comme graine d'ali- TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 183 nieiitation, clh^ passn pour miii excellente nourriture d'engraisse- ment des moulons. Vœicker a déterminé sa composition de la ma- nière suivante ^ : Composition de la graine de femigrec. Eau 11.994 Matières albuminoïdes (principalement de la légumine). . . 2G.665 Amidon, gomme et pectine 37.111 Sucre 2.220 Matières grasses et des traces d'huile essentielle 8.320 Fibre Mgneuse 10.820 Matières minérales (cendres) 2.870 100.000 Comme toutes les graines légumineuses, le fenugrec renferme mie forte quantité de composés albuminoïdes, semblable en cela aux pois, aux fèves et aux lentilles, mais il contient beaucoup plus de matières grasses, ce qui expli(jue sa valeur nutritive très élevée. Malheureusement, employée à l'engrais du mouton, la graine tri- gonelle communique à la chair son odeur aromatique désagréable qui oblige de terminer l'engraissement avec une autre nourriture, et lui enlève sa valeur. F. — Consolide hérissée. La consoude hérissée ou rugueuse (Sympinjlum asperrimum) est originaire du Caucase, d'où elle fut introduite en 1811 en Angleterre, comme plante d'ornement, puis cultivée en grand comme fourrage nutritif, à bon marché pour le bétail. Cette boraginée, avec ses fleurs d'un bleu pourpré, acquiert de grandes dimensions et peut être coupée plusieurs fois dans la saison, ses feuilles poussant très vite et repartant de la tige à quelques centimètres au-dessus du sol, de façon à fournir un fourrage succulent et abondant. Le bétail ne s'en montre pas tout d'abord friand à cause des ai- guillons des feuilles, mais il ne tarde pas à s'y habituer et à le man- ger volontiers. Les vaches laitiôi^cs en tirent un excellent profit. 1 . On (lie Clicni/slnjo/J'ood. — Ihilli and West of England Agr. Jouin., vol. IV, iS.Jtl. 184 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. On propage la consoude par éclats, aussi petits que le comporte l'état des racines et on replante ces éclats en février, ou au commen- cement de mars, en lignes espacées de 60 à 75 centimètres, à 35 ou -45 centimètres de distance les uns des autres, sur les bonnes terres. Si l'opération a été faite de bonne heure et si les pieds ont pris racine avant la belle saison, on peut faire deux coupes la première année. Les années suivantes, le sol étant nettoyé et fumé, on pourra opérer 3 ou i récoltes, du mois d'avril au mois d'octobre. Bien que peu répandue d'abord en Angleterre, la culture de la consoude a pris de grands développements en Irlande, notamment dans les fermes des environs de Dublin, où les nourrisseurs la re- cherchent pour les vaches laitières. Son rendement à l'hectare, évalué d'ordinaire à 75 tonnes de four- rage, peut s'élever, d'après les essais faits en Irlande, sur la ferme de Carnew Castle, à i206 tonnes, obtenues en o coupes successives : TONNES. A la nii-avril 71,6 A la mi-juillet 77,8 A la mi-septembre 5G,6 206,0 Vœlcker a donné de la consoude hérissée deux analyses, l'une pu- bliée en 1856' et l'autiT en 1871 - ; elles figurent dans le même ta- bleau LXXIII. On remarquera qu'à l'état naturel, la consoude, de même que la moutarde, le mangold et les têtes de navets, renferme beaucoup d'eau. Cette teneur, qui varie suivant le sol, la saison, l'engrais et la rapidité du développement de la plante, n'est guère inférieure à 90 ou 91 p. 100. Le jus est très mucilagineux, bien que peu sucré ; la proportion de matières albuminoïdes assez élevée, et celle de la fibre ligneuse relativement faible ; de façon que la consoude représente comme valeur nutritive à peu près celle de la moutarde, de la betterave 1. On fhe Chemisfnj offood, 1856. 2. Composition and nulrilive value of Prkldij Comfrcy, juillet 1871. TRAVAUX ET EXPERIENCES DU D"^ A. VOELCKER. 185 mangokl et du ray-grass d'Ilnlie irrigué. Tous ces fourrages sont éga- lement utilisables pour le nourrisseur (|ui vend le lait, an lieu d'en faire du beurre ou du fromage, car le fourrage vert succulent donne beaucoup de lait, mais du lait plutôt pauvre. TABLEAU LXXIII. — Composition de la consoude hérissée. l']an . Matières solubles dans l'eau Matiùres insolubles dans l'eau organiques . . inorganiques . fibre impure. . cendres. . . . Eau Matières organiques azotées .... — non azotées — minérales 1. Contenant azote Eau Huile et chlorophylle Composés albuminoïdes solubles - . — — insolubles •*. Gomme, mucilage et un peu de sucre Fibre ligneuse (cellulose) Matières minérales salines solubles . — — insolubles. . . . 2. Contenant azote a. Contenant azote ire ANALYSE. KKriLL.KS fraîches. 88.4:0 l.Cl 0.87 8.00 1.12 100.00 8S.400 2.712 G. 898 1.990 100.000 sèches. fraî- ches. 13.89 7.50 08.97? 9.64* 94.74 .5.26 100.00 23.37 59.49 17.14 100 . 00 100.00 94.74 0.69 3.81 0.76 10!). 00 sèches. 100.00 100.00 13.06 72.49 14.45 100.00 2'; ANALYSE. lilat na- turel. 90.66 2.72' 4.78 1.81 100.00 0.434 90 . 66 0.20 1.10 1.62 1.28 3.30 1.25 0.69 100.00 0.17.3 0.259 Sèche à lOO" centi- grades. 29 . 12 ' 51.28 19.60 100.00 4.66 2.20 11.81 17.31 13.65 35.43 13.32 6.28 100.00 1.88 2.78 Comme la culture de cette boraginée exige peu d'entretien, que la plante croît rapidement et résiste aux intempéries, elle se recom- mande au point de vue du fourrage des vacbes laitières, pour l'al- terner avec d'autres nourritures. 18G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. G. — Pteris ou grande fougère La grande fougère {Plerls aquilina) n'est pas une espèce fourra- gère, mais elle croît si abondamment dans certaines localités qu'elle peut être coupée et utilement employée au lieu de paille ou de litière. Ses propriétés fertilisantes sont en tous cas, comme le prouve l'ana- lyse', supérieures à celles de la paille de froment, d'orge ou d'a- voine. Composition du Pteris ou grande fougère. Eau G.G5 Huile 4.70 Composés albuiuinoïdes * 12.12 Mucilage, gomme, fibre digestible, etc 46.84 Fibre ligneuse (cellulose) i . . . 24.43 Matières minérales (cendres) 5.25 100.00 * Contenant azote 0.9i 8. Fourrages verts ensilés. Malgré les nombreuses publications qui ont paru dans ces derniè- res années sur la pratique de l'ensilage des fourrages verts, il est difficile d'arriver à une connaissance exacte des phénomènes de la fermentation et des changements physiques et cliimiques que subit le fourrage à différentes températures, avec exclusion partielle ou complète de l'air atmosphérique. De fait, peu d'expériences rationnelles ont été conduites dans le but de permettre au cultivateur de produire à volonté un fourrage conservé, doux ou acide, et de bonne garde. L'opération est même le plus souvent livrée au hasard, dans l'ignorance où l'on est des principes qui règlent les modifications des végétaux dans les silos. C'est par l'analyse d'abord que Vœlcker a cherché à élucider la chimie de l'ensilage ^ 1. Animal Report of (hc Consulting chemist for 1878. — Journ. Roi/. Atjric. Soc. of England, vol. XV, 1879. 2. On llie Chcinhtry of ensilage, août 1884. TRAVAUX ET EXPÉniENCES DU d"" A. VOELCKER, 187 De nombreuses analyses des produits ensilés, provenant de diver- ses localités et obtenus à l'aide de procédés diflérents, exécutées dans son laboratoire, sont recueillies dans le tableau LXXIV. Nous l'eproduirons, en les résumant, les observations dont Vœlcker a ac- compagné chaque analyse. Les analyses n"' 1 et 2 se rapportent à des échantillons de four- rage ensilé, doux au goût, d'une odeur agréable rappelant celle du foin ; le n" 1 fait avec un mélange de Irèlle et de seigle vert, le n" 2 avec de l'herbe de prairie naturelle. M. G, Fry, de Chobbam, qui a préparé ces échantillons, est le pre- luiorqui ait appelé l'attention sur l'importance de laisser le fourrage dans le silo, atteindre une température comprise entre 50 et 65 de- grés, avant de le comprimer et de le recouvrir. Par cette élévation de température, la fermentation s'établit comme pour le foin, et donne au fourrage apparemment le plus insipide ou de qualité in- férieure, les propriétés appétissantes et nutritives qui le font re- chercher par le bétail. Suivant M. Fry, en excluant trop rapidement l'air, à l'aide du tassement dans le silo, on empêche la tempéra- ture de 50 degrés de se produire, et la fermentation lactique ou acétique peut seule alors se développer en donnant un produit acide. Si, d'après les recherches de Pasteur, une tempéralure supérieure à 50 degrés suffit pour détruire les bactéries qui provoquent la fer- mentation acide, avant que la masse ensilée soit tassée et cou- verte, on comprend que le résultat préconisé par M. Fry soit toujours atteint. L'échantillon analysé sous le n" ?>, formé d'avoine coupée en vert et hachée, correspond également à un fourrage ensilé, très doux et très odorant ; mais comme les deux précédents, il n'a pas pu être conservé pendant plus de dix jours à l'air libre sans moisir. Le fourrage n"' i, de bonne qualité, composé d'herbe de prairie non hachée, et renfermant beaucoup plus d'acides volatil et fixe, s'est bien mieux conservé que les précédents. Sous le n" 5 figure l'analyse d'un fourrage de trèfle et de sainfoin mélangés, ne renfermant que 57.5 p. 100 d'eau et décidément acide, mais qui s'est très rapidement moisi à l'air. 188 ,t«NN.\LES DE LA SCIEXCE ACiRONOMIQUE. Ci c' n o -5 2 i O 2 1 ^1\ Z2 ■^ t t^ 3 -W o 00 ■^ CO Ci 2 ( CO d - l O O ^ -M 1 \Z ^^ 1 • i-H ce i-* O •— I o c- ■^ é ^ - f => L* d O o t-H d -^ o CO '-^ o S 1 t- a: \ ^ / ^_, / -, t. o X) iC O o 1-: 00 1-1 lO o r- Z => it «3 x> o '^ i^ Jî -3 -rjl CD (N --O Si l ~2^0 - « >.-; rt d ffî « u-5 t^ iTs rj CO a ^ -. .:, 1 .i- rî CO i-H !> : ■- J „ 'S- c- ^ ^ ^ CO ce -X CO -^ O 'M 'Z^ i •- ~ . CT cî .-H f-< ^ -f «5 Ci t~- ^ CO « 2 3 « i-t IT o w o O =■ o -}('«-< O d .« ■- C3 GO d u^ „ 'cT C •p - o *! -:* Ci ^ W *j -w ce o o o ■~Z> CO c CO MAI ver (Fran 7. cô s 3 -^ * ïH 2 r-( l> •-I ^ ^ ^^ >H CJ e r^ -^ 1M »!-l Ci o o o ta 00 » Q 01 1 ^ 1 ^ L* a •2- o ^ — "Ti 2 •^ t^ iH d ■" "^^ «> « --< _ CO 3 •■^ h S. 6- -. '.5 é 5 O! '^ .2 ^ -0 «J "S i-O — ■ — " ^^^^^^^^~ ~—^^^ — ^ ~^ Ml r 'î ** *— iT K) " y~l c^ ÎO -* -M :r tH r « O :m t^ ■^ 3^ "* ^ •2 =^. ^ t- o o O ^ « -i " CO ^ d O "M i-H c ^--. ^- ■ ■ ■ ■ — B 'C i O -H N r— ^ W -H g '3 = -î . K i« O — ^-4. "^ •M a CO CO ^M X '■-O s ^ o o ■M = T-( d '>\ b» a _£ j= 1-1 '^ ^_ O r~ ^ CO CO -r 00 o o t- iH 00 -T- 10 o "S ~' 2 2 CO o_ o ■» M 00 ^ > «: !>• 1-i < — iH ^-^ ,— a o O ■* (N c; a M - 'r- "^ O c Ci m Ci ^ ™ .2 •- .^; — ?4 ~ ^ 2 •rx 2 d •^ l>- T-( d ^ &• -'-«s .^ 1 o •iH -rH « « GO O O ^ >o CO r- ,§ o ^tc -^ 2 O O W a ») " CO ^ c -T< M *S t^ d î- w - 05 OQ O ^ _c4 « C "o ■*-s 1 ^ ce CQ o X 11 c 'c - o" c: - •? C ^ te o a s c s •- ^ X "^ c cr s o s ' ® " l 1 r3 •^ © ■ -2 ? ^ •S 03 'o .2 1 - qj 2 ce a 00 ce ■ g «a 3 a. c" d "■S c 5 -O S 00 -D f3 S 3 a .2 1 ■S 3 .2 ce fe fa S i-t CO « Si Sm S o 01 Si > d o CO o O. S o u > X! X 1-3 & M < H TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DC D A. VOELCKER. 189 ^ S w en -a s o en O S o U X! ta <î U *^ (a < te 4j O = — ■s o _,,^ ^^^ ,,_^ O -1* r- r- t^ O , -f CO co « a ^H O o Tl ô -^ rs o ■-^ o ^_,,^ ^_^ -■— N co r- O s OO G^ •'1' r> O rt o î 2 o a O 2 « a • O -# ^ >o ïH . u o ÎO ts Cï -M m es *1 •^ -^ t— w. >o o w h- rs o ■>» o o 3^ O -" y rH \ -!■- « •* — 3 ^ " 3 3 o -D C 3 •_^ C si ■a 3 ci ci o tn V a o 2 "^^ Ml ■3 x> lO ^ .:^ o 0} X o •^ ci c; •« o a bO CO — o :2 3 " o o 190 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ^ 03 ta s « u u s <2 03 u > o eu o > X! ^^ & w [ ' A ?' — 1 ol §1 . c» Ci « c:^ 1 ers Cï Ow ce 1 t- a î • -* « t^ -c 1 t- M N m \ -* iH s 1 <« ai t: Q / " H ' 1 co CO m "^ u: . 00 M lO t^ •f " II?. a •^ w T-( : t ; w fd 71 ^ C5 C5 t-1 c .^ 1 " ?- 00 -1 10 es 1 H CD ce C^ 1^ co cr* 1 -f ca 3 -VD • s s • (M -r &) 1 « r-( ^ 0010 ^ 00 ^H >= es ,^ 1 --< ^ m 'X ■M Ci 1 co ■^ l~ Ci 1 CO o_ • co J - ■2- " < G<1 tH l-( >n -* C^ t- »H d »-( ■" -j ---"■, c ^ c- co >" -N ir ^ co i-( t^ iC >^ ^ co K ? S irs lÔ iC = t» t>- -^ < Q •c 7-1 tH ^^ es ;il^ QJ S Ir- cT « « -M n -<^ î> <= *0 -C5 *^ V* es « « lO co 3^ s te U- ■M CO ^ i>J ■S> o_ îi iH d -i C c^ ■30 -' - E Cl i? -S) t^ M -e> c i ■— :r ^a> tH i~ 00 ■^ \r. -^ ■s c cri Qj _:: -V-, T-( 10 •^ ■yi T^ co T- H c' ■«; 1 CO ^ s. a ' a -u a t^ -X' uO C-. a n t— - a tî !>. w ï^ l^ ur CO Ci c- c- -H ^ Gl a -^ CI to « fN te c t>- T-i = c T-( * w ■ ^ ■ X ^ rt "o 3 > co OC C 'H q 3 à ">> 0) 3 X ^ .a .û ^ 3 ^-> ca X œ c 1-^ *r2 kl C- 2 \r % >^ •S 1 S ■w ■5 'ô en "c rr C) c: J >< te C !f co ^~ "c s 1 _5. ■g co 2 m S OJ -3 -S 5 c/- •« C4 S acétîq lactini] a "5 ce ce . cf c .s •c s 0; ' 1 ) cr cj S S p -« 0. 1 ç ÇJ < o 3 ç c3 "0 "S c i t S < < S E S s ^ TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 191 Au conlraiii', le fourrage n" G préparé, comme le précédent, par M. Gibson, de Saffron Walden, et contcnanl ;'i jn'ine d'acide, a pu se garder une (piinzaine de jours avant de se décomposer. L'échantillon de maïs vert ensilé (n" 7) fourni par M. Goiïart, de Burlin, en Sologne, (|uoi(]ue renfermant 79 p. 100 d'eau, s'est main- tenu six mois à l'air, avec son goût doux et aromatifjue prononcé, sans altération. Le maïs vert (n°' 8 et 9) ensilé en été, au Canada, et remis en par- fait étal au laboratoire de Va^lcker au mois de janvier suivant, a été analysé à l'état frais et à l'état sec. Très acide et répandant l'odeur des conserves au vinaigre, ce fourrage a })u se garder plus de 18 mois à l'air libre, sans la moindre décomposition. Il est hors de doute (jue la proportion d'acides et de substances aromatiques formés pen- dant l'ensilage, a exercé une inlluence particulière sur sa conservation. Le seigle vert (rf' 10 et 1 4) et le maïs vert (n°' 12 et 13) ensilés à Boston dans le Massachusetts (États-Unis), et expédiés en tonneaux, sont arrivés en excellent état. Sous l'action de l'air, le maïs acide a résisté plus longtemps à la moisissure que le seigle, bien (jue ce der- nier renfermât 7 p. 100 d'eau en moins. Ces deux échantillons re- présentent un fourrage salubre et de bonne qualité. Les analyses 14 et 15 se rapportent à de l'herbe de prairie ensilée à Peckforton, avec et sans addition de sel marin. Le n° 1 i, préparé avec 4 kilogr. de sel par 100 kilogr. d'herbe, n'a pas pu se garder assez longtemps pour permettre le dosage des acides ; sa teneur éle- vée en matières minérales est une conséquence de l'addition du sel. Quant au n" 15 renfermant 1.2 p. 100 d'acide lactique et 0.25 d'a- cides volatils, il s'est mieux conservé. Le sel, d'après ces essais, sendjle inutile, sinon défavorable, à la conservation du produit. La vesce hachée et ensilée (n°16) a résisté pendant plus de 4 mois à l'air libre, bien que contenant 78.40 p. 100 d'eau, sans détériora- lion. Cet (échantillon dosait pourtant 0.5 p. 100 seulement d'acide lactifjue et à peine 0.2 p. 100 d'acides volatils. Le mélange d'avoine et d'anelte (n° 17) bien hachées pour l'en- silage, était fortement acide, de couleur brun foncé et d'une odeur aromatiiiuc agréable. Il s'est conservé en bon état, en llacon débou- ché, pendant plus de cinq mois. 192 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le Irôlle ensilé (ii" 18) provenait d'une seconde année après blé. On l'avait haché en morceaux de 3 centimèlres, et laissé quatre mois en silo, à Bhigdon (Somerset). Le produit, renfermant!.^ p. 100 d'acide lactique et 0.63 d'acides volatils, était très acide au goût et ne se moisissait pas à l'air. De même, le trèfle de regain (n° 19) ensilé à Derby, à l'état de maturité, et contenant 1 p. 100 d'acides environ, s'est maintenu en parfait état pendant plus de trois mois. L'échantillon (n" 20) de trèfle ensilé (Colchester), ayant un goût acide très prononcé, et contenant 1 p. 100 d'acides fixes, plus 0.34- [). 100 d'acides volatils, ne s'est pas modifié pendant plusieurs mois, bien qu'abandonné en plein air. Le trèfle (n" 21), ensilé en long et comprimé par une couche de terre d'environ 30 centimètres d'épaisseur sur le silo, a été expédié par le vicomte de Ghazelles, domaine de BouUaume (Oise). Le pro- duit, à odeur aromatique très agréable, et plus succulent que les trois précédents, s'est maintenu en bon état, bien que renfermant des traces d'acide acétique, et seulement 0.36 p. 100 d'acide lactique. Les deux échantillons d'herbe ensilée (n"' 22 et 23), décidément acides au goût, se sont rapidement moisis à l'air. L'herbe {n° 23) de M. Edwards (Saint-Albans) était trop mûre et ligneuse ; l'échantillon ne dosant que 51 p. 100 d'eau, avait été prélevé pourtant à 1'",20 de profondeur dans le silo. L'herbe n° 22 (envoyée de Durliam) n'a- vait pas été hachée et renfermait 73.7 p. iOO d'eau. Le chou ensilé {n° 24-), d'un goût acide comme celui de la chou- croûte, et d'une odeur aromatique, a été analysé un mois après avoir été ensilé. Abandonné pendant trois mois à l'air libre, sans qu'il ait donné aucuns signes d'altération , il a été de nouveau dosé pour acide : Acides volatils (butyrique et autres) 0.37 Acides fi\es (lactique, etc.) 0.78 La teneur en acide pendant ces trois mois s'était donc considéra- blement augmentée. Le ray-grass d'Italie (n" 25) obtenu à Norwich par l'irrigation à l'eau d'égout, a été haché en morceaux de 6 milhmètres et addi- tionné d'une légère quantité de sel, avant d'être mis en silo. Décou- TU.VVAUX ET EXPÉRIENCRS DU D"" A. VOELCKEK. 103 vert après six mois d'ensilage, le ray-grassélail en parfait état. D'une couleur brune, d'une odeur aroniati(iue comme celle du foin l)run, d'tuic saveur très acide, le produit renfermant plus de 1 p. KHI d'a- cides divers, rappelait l'écliantillon de maïs ensilé (n"' 8 et 9) en- voyé du Canada, et s'est caractérisé comme lui par sa durée de conservation. Il semblerait (pie, dans ces deux cas, la fermentation a été complète, avec formation d'une quantité d'acides butyrique et acéli(jue (jui préservent le j)roduit. Il y a lieu de remarquer (pic le ray-grass arrosé contient d'ordi- naire de 8::^ à 84 p. 100 d'eau, et que si, |)rélevé au milieu du silo, il n'en contient plus que 55, c'est qu'il a été ensilé à l'état sec et de pleine maturité. L'berbe envoyée sous le n" ^Q avait été fournie par des coupes sous les arbi-es et des regains de gazon, fortement comprimés dans le silo, au lond duquel le liquide pouvait être recueilli et donné de temps en temps aux porcs, en mélange avec leur nourriture. Le pro- duit, fortement acide et renfermant 1.2i \). 100 d'acides fixes, s'est très bien conservé. Vœlcker a donné en outre la composition du li(juide du silo, à l'état naturel et à l'état sec (100 degrés centigrades). Composition du liquide du silo. UESSECIIK à lOOrtt'grca centigiailes. natul-cJ. àlOOrtegrca » Eau 92.88 Composés alburninoïdes l.il 20.90' Acides fixes (acide lactique) 0.74 10.71 — volatils (acides butyrique et acétique) . 0.G8 » Composés hydrocarbonés et aiiiides 2.18' 31.73'' Matières minérales (cendres) 2.52 3G.GG 100.14 100.00 1. Contenant azote 0.0 JO » 2. — — >. 3.34 3. — — .. 0.51 L'herbe ensilée à Lincoln, dont l'analyse figure sous le's n°' 27 et 28, a été transmise en deux échantillons, le premier (n° 27} corres- ANN. SCIENCE AGIIO-N'. 13 194 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. pondant à la partie supérieure du silo et le second (n° 28), à la par- tie inférieure. Le produit prélevé en haut du silo, plus sec et moins acide que l'autre, n'a pas tardé à se moisir ; tandis que le produit inférieur, bien que lout à fait humide, s'est gardé intact pendant plus de six mois. Le liquide du silo, à l'état frais et à l'état sec (100 degrés centi- grades), a été également analysé (n"' 29 et 30). On remarquera que, comme le précédent, ce hquide riche en substances albuminoïdeset non azotées solubles, quand il provient, comme c'est le cas, de four- rages succulents trop fortement comprimés, ne doit pas être rejeté. Comme conclusion des analyses du tableau LXKIV, Vœlcker ob- serve : 1° qu'il n'a trouvé dans aucun des produits, de traces d'al- cool. Ou bien les produits étaient à un état trop avancé de prépara- tion, caractérisé par leur forte acidité, ou bien ils n'avaient pas fermenté. Il est à présumer que tous les produits titrant de 1 '/a à 1 p. iOO d'acide acétique, avaient passé par la fermentalion alcoo- lique et qu'examinés plus tôt, ils auraient indicpié la présence de petites quantités d'alcool, se transformant en aldéhyde par la sous- traction d'une proportion définie d'hydrogène. L'acide acétique ré- sulte en efîet de l'oxydation de l'aldéhyde dont l'odeur caractéristique se perçoit à l'approche des silos en travail de fermentation. Lorsque les jus sucrés des végétaux entrent en fermentation alcoolique, le sucre qu'ils renferment se convertit plus ou moins complètement en alcool, qui lui-même se transforme, en partie, en aldéhyde et finale- ment en acide acétique, mais en donnant lieu à nombre de sous- produits, suivant les conditions de température et d'accès de l'air. 2" Que l'azote des produits ensilés ne se trouve pas seulement à l'état d'albuminoïdes, mais aussi, en proportions variables, k l'état d'amides, qui, par la distillation à l'eau, se décomposent et fournis- sent de l'ammoniaque. Comme les amides existent déjà dans la plupart des fourrages verts, trèfle, ray-grass, herbe, etc., il n'y a pas lieu d'en conclure qu'ils se sont formés, dans les mêmes fourrages ensilés, au détriment des substances albuminoïdes, c'est-à-dire de leurs principes nutritifs. C'est seulement par le dosage des amides dans le fourrage, avant et après ensilage, que la question de leur origine pourrait être tranchée. TRAVAUX KT KXPÉn IliNCIiS DU D' A. VOELCKEH. 195 Vœlcker n'en a pas moins clétcrinino, tl'apiès le |»i-ucéclc an i)hûiioI de CliLii'cli, suf six écliaiililloiis des foiuTagcs ensilés l'azole, à l'élaL alhuniinoïde et à l'état d'auiide, ou non albuniinoïde, et le rapport p. lUO de l'azote à ces deux états (tableau LXXV). TABLEAU LXXV. — Dosage de l'azote à l'état albuminoïde et non albuminoïde dans les fourrages ensilés. No 1. — Trèfle et seigle (G. Fry, de (Jhobbam). . . . N" G. — Ili'ibe de prairie (Gibson, de .SaffrouWaldcn). N" 7. — Mais vert ^Goffart, de Burtin, Sologne) . . . Nu 15. — Herbe de prairie (Lord Tollemaclic, l'ctk- forton) N" 23. — Herbe de prairie (Edwards, Saiut-AIbans). . N" M. — Herbe do route i^Stobart, Nortb Aile rton) . . alliiimi- noïile p. 100. 0.26 0.30 O.U 0.38 0.21 0.37 non alliiinii- iiuiile p. 100. 0.17 0.29 0.07 U . 02 0.07 . 0."> KAl'l'OKT P. 11)0. A 7.» le aihiimi- noiJe. CO.i 50.8 Cl.l 9.5.0 77.4 SS.l Aïoie non ulljuriii- iioiili.'. 39.6 41). 2 3s.y .5.0 22.6 11.9 Le rapport entre l'azote albuminoïde et non ali)uminoïde varie notablement dans les six échantillons de produits, mais comm(3 l'a- nalyse des fourrages avant l'ensilage fait défaut, il n'est pas possible de décider si la variation est due au procédé même de conser- vation. ]ja perte que subit le fourrage par l'ensilage a été déterminée par divers expérimentateurs en Allemagne : par le professeur Weiske, à la station agronomi{[ue de Proskaii, dés 187o; par 1(3 professeur Moser, sui' le maïs vert ensilé; par le professeur Maercker, sur la pul[)e de i)etteraves; par MM. Mayer etBrockema, sur des fourrages divers. Héccmment encore, MM. Weiske et Scliulze ont repris les expériences sur les modilications et la déperdition causées par l'en- silage, quand le fourrage est aciditié '. Toutes ces expériences concluent à ce que, par la fermentation pro- longée, le fourrage vert se transforme en produit acide, aux dépens d'une quantité considérable de matière sèche qui disparaît pour la 1. Journ./ur Landicirlhioha/L Band X.\..\ll, Hcft 1. ISSl. l*J(j ANNALES DE LA SCIENCE AGHONOMIQUE. plus glande partie à l'état d'acide carbonique. La perle ne porte pas seulement sur le sucre et les matières hydrocarbonées, mais encore sur les composés alburainoïdes et même la fibre ligneuse. Quelle est l'influence des acides volatils et des acides fixes sur la conservation des produits ensilés? Il est difficile, d'après la compo- sition des nombreux fourrages qui figurent dans le tableau LXXIV, de répondre à cette question, car dans certains produits qui se sont bien conservés, c'est l'acide lactique ou fixe qui domine, et dans d'autres qui ont également bien résisté à l'air, ce sont les acides volatils, odorants, butyricjne et acétique, dont la prédominance a été constatée. D'une manière générale, on peut dire que la plus grande partie du sucre du fourrage, se transformant en divers aci- des organiques dont plusieurs ont des propriétés antiseptiques, il y a lieu d'ensiler de préférence les fourrages plus mûrs, et par consé- quent, plus sucrés. L'excès doit être évité autant que le défaut de maturité si l'on veut obtenir un produit succulent, susceptible de se garder à l'air après l'ouverture du silo. Vœlcker croit pouvoir également affirmer, d'après sa propre expé- rience, qu'un fourrage vert ne peut bien se conserver en silo que si la proportion d'eau n'excède pas 80 p. 100. Comme le fourrage suc- culent, à l'état encore vert, renferme souvent de 85 à 90 p. 100 d'eau, il convient de le hacher en morceaux de 1 à 2 centimètres de longueur et de le mélanger avec de la paille également hachée, à rai- son de 10 à 30 p. 100, suivant le degré de succulence du fourrage, avant de procéder à l'ensilage. Si le seigle ou l'avoine restent à l'air hbre jusqu'à ce que le grain formé soit encore à l'état laiteux, la pro- portion d'eau, eu égard à la matière sèche de mélange, ne sera pas aussi forte que pour le maïs vert ou l'herbe de prés arrosés ; on pourra se passer, dans ce cas, du mélange avec la paille. Les plantes de prairies, les lentilles, les gesses, etc., que l'on veut ensiler doivent être transformées partiellement en foin pour qu'elles deviennent plus ligneuses, sinon être mélangées avec la paille. Une condition non moins essentielle pour exclure l'air du four- rage ensilé, consiste à le comprimer d'abord modéi'ément, puis for- tement, dès qu'il s'est lassé. Un fourrage ensilé, de bonne (jualité, a toujours une saveur plus TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU d'' A. V()ELCKER. 107 OU moins acide, due A l'acide lacti(jiie qui conserve et contribue à la digeslibilité des parties lii;neuses. Toute l'ermenlation violente, ac- compagnée de développement de chaleur et de gaz acide carbonique, est un indice de mauvais ensilage. Vn^lckcr a donné, à part, la composition d'un seigle vert, ensilé dans de bonnes conditions, par M. Gibson, de Saffron Welden \ Composition de seigle vert ensilé. Eau 72.50 Acide lactique 0.80 Composés alhuiiiinoides ' 1.99 Mucilage, matière extraclive, etc 12.S6 Fibre ligneuse (cellulose) 9.72 Matière minérale (cendres) 2.13 100.00 1. Contenant azote 0.31 L'écliantillon contenant 72.5 p. 100 d'eau et 27.5 de matière sèche élait exempt de toute moisissure. Le bétail, les moutons et surtout les vaches laitières consomment le fourrage ensilé avec avidité, et en tirent un excellent parti. Bien que l'ensilage ne paraisse pas devoir beaucoup se répandre en Angleterre, il y a des localités, principalement dans les Highlands, en Ecosse, où le climat est trop froid et trop humide pour faire du bon foin et où les céréales n'arrivent pas à complète maturité, qui pourraient le pratiquer avec grand avantage, eu vue de la nourri- ture du bétail, dans la saison où le fourrage manque. 9. Produits d'arbres. A. — Gland do chêne. Le gland de chêne, qui sert à l'engraissement des moutons et des porcs, est vendu couramment aux fermiers du comté de Ilertford et ailleurs, année ordinaire, à raison de 4 fr. 25 c. à 5 fr. l'hectolitre pesant 70 kilogr. 1. Ànnual report of llic Consulting dieiiiisl for ISS2, 1~^S:]. 198 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Yœlckera fait Tanalyse du gland de chèiie, aprcs avoir constaté qu'il perd rapidement 15 p. 100 d'eau et que la proportion du gland est de 56.10 par rapport à celle des cupules, 13.90 p. 100 \ Composition du gland de chêne. Eau ^0-88 Matières grasses --G-i Composés albiimino'ides ' -4.39 Amidon, gomme, sucre, etc 46.74 Fibre ligneuse (cellulose) 3.94 Matière minérale (cendres) 1.41 100.00 1. Contenant azote 0.703 Si la quantité de matières azotées est très faible, celle de l'amidon et des composés aptes à former la graisse est considérable, et d'ail- leurs, le gland contient très peu de fibre non digestible. C'est une nourriture de premier ordre pour l'engraissement. B. — Caroube. Vœlcker a déterminé, à plusieurs reprises, la composition du fruit du caroubier, employé à l'engraissement des bœufs et des porcs. Le tableau LXXVl reproduit les analyses des gousses entières et des fèves séparément '\ L'analyse n" 1 représente une moyenne déterminée sur des ca- roubes de diverses provenances. Elles renferment plus de moitié de leur poids en sucre, presque autant que les mélasses, plus un peu d'huile, des composés albuminoïdes et environ 14 p. 100 de mucilage et de fibre digestible, ensemble 83 p. 100 de matière so- lide alimentaire. La mélasse ne contient que 54 à 60 p. 100 de ma- tière sèche, formée principalement de sucre. Au prix de 188 fr. la tonne, les caroubes, poids pour poids, sont à meilleur prix que la mélasse (225 fr.) et ont une valeur nutritive bien supérieure. 1. Annual chemicul report for 1SG7, mars ISC^. 2. On the llicon t/cal und pructicul ralue'of pvrchascd food. tS7G ; Animal report of the consulling chemist for 1870, 1877; Annual report of the consiiltimj for ISS?. 1RS3. TRAVAUX ET E.XPERIENCES DU D A. VOELCKER. 190 TABLEAU LXXVI. — Composition des caroubes. Eau CAROUBES entiùres. 1. CAROUBES fôves. 2. c A K o u B i; s entières. fèves. 3. 4. 17.11 1.19 51.42 13.75 7.50 6.01 3.02 11.19 0.97 76.29 5.94 3.62 1.99 14.73 0.62 40.01 30.99 5.62 5.27 2.76 14.11 2.03 > 54.50 16.94 8.81 3.61 Huile Sucre Mucilage et fihi'e (ligeslil)le Composés albuiiiinoïtles ' Fibre ligneuse (cellulose) Matière minérale (cendres) 1. Contenant azote 100.00 100.00 100.00 100.00 1.20 0.95 O.'JO 2.71 Les fèves analysées sous les n"' 2 et A sont très dures et indiges- liblcs, à moins d'être concassées. En les étuvant à la vapeur pendant un certain temps, elles se gonllcnt et à cet état conviennent comme nourriture ; mais il est préférable de les moudre pour les convertir en farine. Bien que renfermant à peine de sucre, la proportion de matières albuminoïdes et de mucilage qu'elles contiennent les rend très nutritives, surtout en mélange avec d'autres aliments que les animaux à l'engrais consomment moins volontiers. 10. Plantes industrielles. Les plantes industrielles qui ont fait l'objet de l'examen de Vœl- cker, sauf la betterave à sucre, ont été analysées par lui au point de vue alimentaire, le cbanvre, pour sa paille et le sorglio sucré, comme fourrage vert, plutôt que sous le rapport industriel. A. — Paille de chanvre. La cliènevotte qui résulte du broyage auquel est soumis le cbanvre pour en séparer la filasse, et que rejettent les ateliers de prépara- 200 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tien, n'esl en somme que la paille du chanvre. Vœlcker en a donné la composition suivante ' : Composition de la chénevotte. Eau . 14.60 Matière organique soluble 8.72 — minérale — 4 07 — organique insoluble C9.25 — minérale — 3.36 100.00 Ea" li.GO Huile S") Composés protéiques ' 4 Y5 Sucre, gomme, mucilage, etc S. 72 Fibre digestible 18.56 — ligneuse non digestible 43.12 Matière minérale soluble 4 07 — — insoluble 3.3G 100.00 1. Contenant azote 0.76 Total des cendres 7,43 D'après cette composition, la paille du chanvre renferme environ 3 p. 100 d'huile et de matières gîtasses, près de 9 p. 100 de subs- tances solubles dans l'eau, et à peu près autant de matières azotées que la bonne paille d'orge. Comme, en outre, la fibre digestible s'y élève à 18.5 p. iOO, il est peu douteux que la chénevotte ne puisse, en mélange avec les racines, servir avantageusement de nourriture pour le bétail. L'analyse tout au moins indique que sa valeur nutritive est supérieure à celle de la paille des céréales et des fanes de fèves, et par conséquent, elle ne devrait pas être employée comme litière. B, — Sorrjlio sucré. La culture de cette graminée (Holcus sacchamtus) a attiré à plu- sieurs reprises l'attention des agriculteurs anglais, notamment vers 1859. Sur une des terres de profondeur moyenne, riches en chaux et en argile, mais sans sable, du domaine attenant au collège agricole 1, Composilion and nulritive value of Slraw, décembre ISGl. TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D"" A. VOELCKER. 201 de Cirencesler, on sema en lit;nes, avec écartemenl de 0"',35, et à la profondoui' de 0"',07, de la graine de sorgho qui leva très égalcmenl et grandit vigoureusement jusqu'à atteindre au mois d'octobre la hauteur de i"',50. La terre ayant été fortement fumée pour la pré- cédente récolte de pommes delerre, on n'ajoutaaucun engrais, sauf (jucl(|ues cendres provenant de l'élagage des haies'. Deux échantillons du sorgho ainsi cultivé ont été soumis à l'ana- lyse, le premier le 23 août et le second, le 26 septembre. La com- position à ces deux dates est rapportée dans le tableau LXXVIL TABLEAU LXXVII. — Composition du sorgho sucré. liau Matières organiques azotées (assimilables). Matières non azotées (combustibles). . , Matières minérales (cendres) Kau Albumine ' Composés protéiques solubles . . . . Mucilage, pectine et fibre digestible. . Sucre Huile et matière grasse .Matières minérales solubles Composés protéiques insolubles -. . . . Fibre ligneuse non digestible (cellulose). Matières minérales insolubles 1. Contenant azote. 2. Contenant azote. Azote total 23 AOUT. Frais. 8f).175 2 . 559 ll.liG 1.120 100.000 85.17 0.3G 0.90 G.G3 » II o.si 1.25 •i . 57 0.31 100.00 0.21 0.20 O.il Séché à lOûu centi- grades. 7.5- 100.00 G. OS •44.71 8.13 30.81 2.09 100.00 1.71 1.35 2.7G 2i; SEPTEMBRE. Frais. » 81.80 17.27 75. IG 17.97 0.23 100.00 51.80 0.37 1.16 2.59 5.85 2.55 0.71 O.GC i . 05 0.23 100.00 0.215 0.106 0.351 Séché à 100" centi- grades. 98.73 1.27 100.00 2.03 6.36 li.26 32.15 li.Ol 4.06 3.62 22.25 1.26 100.00 1.34 0.58 1.92 1. On the composition oj sorylium saccharafum or IS'orlh China Sugar Cane, décembre 1859. 202 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le 23 août, les tiges étaient formées de feuilles enroulées qui contenaient beaucoup d'eau dont on dut les priver pour obtenir un dosage exact. Le goût de la plante était peu ou point sucré, mais il était difficile d'admettre, ce que l'analyse plusieurs fois répétée démontre, qu'elle ne renfermait pas de sucre. Les chevaux et le bé- tail commencèrent par refuser de manger le sorgho à cet état, puis ne le consommèrent qu'à petites doses. Il est évident que le sorgho n'étant pas mûr fm août, ne convenait pas comme nourriture. Malgré la chaleur exceptionnelle de l'été, le sucre ne s'était pas encore formé, et c'est seulement plus tard, les tiges s'étant consti- tuées et la plante continuant à se développer vigoureusement, que le sucre fil son apparition. Le 26 septembre, le sorgho, très sucré au goût, renfermait près de 6 p. iOO de sucre ; le bétail le consommait avec avidité et profit. L'analyse des tiges, suivant qu'on les a coupées à 5 ou à 30 cen- timètres au-dessus de terre, révèle une grande différence dans la teneur saccharifère et la proportion de fibre brute : TIGES DU SORGHO COUPÉES à 5 centimèt. à 30 ceutimèl. Sucre p. 100 7.65 3.60 Fibre brute p. 100 6.50 13.01 La répartition du sucre et de la fibre dans le sorgho offre ainsi un phénomène intéressant au point de vue physiologique. Le professeur Buckman, de Girencester, a également observé que, tandis que la tige principale était tout à fait sucrée en septembre, les tiges secondaires sont encore amères, ce qui prouve c|ue la plante ne mûrit pas d'un coup, et qu'il conviendrait peut-être, pour obtenir le maximum de fourrage sucré, d'élaguer les liges centrales où le sucre s'est élaboré, afin de permettre aux tiges latérales de mûrir plus rapide- ment. La comparaison des analyses exécutées le 23 août et le 20 septem- bre font voir, non seulement que le sucre, faisant totalement défaut en août, atteint la proportion de 6 p. 100 à l'état frais en septembre, ou de 32 p. 100 à l'élat sec; mais que l'eau s'est réduite de 85 à 81.5 p. 100 dans la même période. Au lieu de sucre, le sorgho, au TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU D*" A. VOELCKER. 203 mois d'aoùl, renfermait de la pectine et du mucilage qui plus tard se sont conveilis en sucre. lia fibre ligneuse et les matières minérales étaient également en plus grande quantité dans la plante au mois d'août qu'au mois suivant ; au contraire, la dose d'azote avait dimi- nué de O.il à 0..'J5 à l'état frais, et de près de 1 p. 100 à l'état sec. Il paraît donc bien établi <{ue l;i valeur nutritive d'une même plante n'est pas réglée autant par la teneur en azote que par celle en sucre, qu'il s'agisse de fourrage vert ou de racines. Vœlcker ne pense pas que la culture du sorgho en Angleterre, malgré des étés chauds, atteigne jamais le rendement ohtcnu en Amérique, tel (juc leD' Gussman, de Philadelphie, l'a fait connaître, c'est-à-dire : 3 à 5 mètres de hauteur ; 70 à 75 p. 100 de jus, dosant de 6 à 7 p. 100 de sucre cristalhsablc, en dehors des mélasses uti- lisahles. Il est douteux, à son avis, que le sorgho anglais puisse ser- vir à la fabrication du sucre et de l'alcool. D'autres expériences sont d'ailleurs nécessaires pour étabhr son utihté comme fourrage, en compétition avec le trèfle et les autres légumineuses, et la possibi- hté de le convertir en foin à partir de septembre. C. — Bellei-ave à sucre. Les résultats obtenus sur le continent par la fabrication du sucre indigène, devenue la base de tout un système d'agriculture amélio- rante, devaient finir par fixer l'attention des agronomes de l'An- gleterre sur la nécessité de tenter des essais définitifs de culture de la betterave à sucre. Après maintes tentatives plus ou moins infructueuses, en vue d'installer des distilleries de betteraves, on se décidait, il y a une vingtaine d'années, à aborder en grand la culture de la betterave sucrière, et M, James Duncan, de Mincing Lane, montait à Lavenham, dans le comté de Suffolk, une sucrerie pouvant traiter 60 tonnes par jour de racines à livrer par les fermiers des environs. M. Duncan avant arrêté son choix sur deux variétés de betteraves de Silésie, avait fait distribuer les graines aux culliva- ieurs voisins, de même que dans diverses localités d'Ecosse et d'An- gleterre, de façon à pouvoir comparer les (jualités saccharines des racines de plusieurs provenances. C'est à Vœlcker que furent remis 204 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. les échantillons pour être analysés, et que fut confié le soin de com- parer et de faire connaître les résultats des essais. Avant de détailler les analyses ([ui atteignent le nombre de 43, pour les seules betteraves de Lavenbam, Vœlcker décrit, dans son intéressant mémoire \ les principales variétés de betteraves su- crières cultivées en Allemagne et en France, les caractères que pré- sentent les meilleures variétés, le choix des graines, l'époque de l'ensemencement et l'écartement à observer, les soins de culture, les qualités des sols appropriés à la betterave, la place qu'elle doit occuper dans l'assolement, les engrais qu'elle exige, et les conditions de maturité et d'arrachage ; puis, il traite de la composition même de la betterave. Nous bornerons notre examen de son travail à cette dernière partie, le reste n'étant qu'un résumé des informations les plus sûres recueillies sur le continent. Si l'on regarde la section d'une betterave fraîchement coupée en travers, on aperçoit des zones concentriques, diversement nuancées suivant la variété. La zone extérieure ou épidémie est formée de tissu cellulaire compact; les zones concentriques qui suivent, cor- respondent en nombre aux cercles de feuilles formant la tête et dé- pendent, quant à leurs dimensions, du développement de ces feuilles. Les plus anciennes feuilles, situées à la périphérie, sont en commu- nication directe avec les couches ou zones les plus anciennes, situées au centre de la racine, composées de tissus cellulaire et vasculaire, tandis que les plus jeunes feuilles, placées au centre de la tête, com- muniquent avec les zones excentriques de la racine auxquelles elles fournissent la nourriture. Quand les feuilles de la betterave sont larges et luxuriantes, les zones concentriques qui leur correspondent sont également larges; leur tissu est spongieux et les cellules plus spacieuses sont remplies de sève aqueuse, relativement peu sucrée. Au contraire, à des têtes moins luxuriantes et plus petites, corres- pondent dans les racines de moyenne dimension, des couches con- centriques de vaisseaux plus étroits, remplis de sève plus dense et plus sucrée. 1. On tliP chcmislnj of Silcsiau sugar l/ecis, juillet 18G9. TRAVAUX i:t expériences du d'' a. voelckeh. 205 Les incillcures laciiios pour la labricalioii du sucre sont celles dans icsiiiicllrs la hirL;cur des zones conecnlriijucs n'excède pas 0"',003 à 0"',OUG; elles ne pèsent guère au delà de !)00 ,uranimes; leur chair est plus ferme et moins transparente (|ue celle des grosses racines. Les parois des cellules sont formées de cellulose sur laquelle est déposée une matière gélalineuse, dite pectose, qui se rencontre dans toutes les racines bulbeuses. La pulpe formée de cellulose et de pec- tose renferme encore des petites quantités de composés albuminoïdes solubles et de matières minérales consistant principalement en sels de chaux insolubles. Le contenu liquide des cellules, formant le jus, contient, outre du sucre, une quantité appréciable de caséine et de composés azotés analogues, un peu de matière colorante verte, de l'huile, une substance acre qui n'a pas été isolée, de l'acide citrique et probablement d'autres acides organiques, enfin un certain nom- bre de matières salines qui forment la partie soluble des cendres de la betterave. Bien des éléments étant présents en très faible proportion, leur dosage exact n'a pas d'intérêt pratique, aussi Vœlcker a-t-il limité les dosages aux matières suivantes : 1. Eau. 2. Sucre cristallisable. 3. Matières poétiques. 4. Composés albuminoïdes ou azotés. 5. Fibre cellulaire (pulpe épuisée). 6. iMatières minérales (cendres). Dans la plupart des analyses, le dosage de l'eau a été répété et celui du sucre a été effectué, ainsi (\ue la prise de densité du jus, sur plu- sieurs échantillons de jus. Caiiipuf/ne de iSOS. — Le sol argileux des environs de Lavenham, sur leciuel furent cultivées les betteraves en 1868, était en grande partie trop compact, pas assez riche et, en somme, [)eu favorable; on dut même recourir sur certaines pièces au guano du Pérou comme engrais. Malgré cela, les analyses des 43 betteraves de Lavenham (pii figurent dans le tableau LXXVllI démontrent que si elles ne sont pas aussi saccharifères que celles des districts de Magdebourg- et du Nord 206 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. / ..■ 00 CD OO S" I ai •-^ S es a > en ta Œ> > o ai • en > es U « CO ÎO d ^ > X 1= M PQ <: O a o s a Q ÎSO 6D d) 3 03 •3 P. a 1- t3 g 5 3 p. s. 01 ci œ cS c< w o 3 M tl a .o a O. Q O ■o a 1h '^ o 3 o o b zc eu r^ TRAVAUX ET EXPÉRIENCES DU D'' A. VOELCKER. 207 H -SI o o •-< O r^ Od (N -1< IM O *^ ■^ m t^ (M O 1-H t- O s o O i-H •H -)l ,^ o »-H o o F-( rH 00 T-( o O C3 'i lO o ^^ o O (M rj m Uï 91 rH W O G-1 03 o" O (M ce (M ■* j; O iH O o O rH '-0 te *>! m C^ o S os ÏD lO O o 00 C- •-C '-' o CO 00 CO O o O -ro 'M c- O ^ »o ^ co O U-: lO C5 O — '^ o ^ I-l co ,^ O o O o iH GO i-t o O 'M o h- ■-f o r- O 00 .H r-t o iO CO o o " " O i-f CO t— o iH o '-' 00 o o = s -If s: •MSso>i;) o -H _* •c 00 CO 05 O o Cl o iC 3 ■M 00 rD T-H ira CO O ■X) i- o CO •M 1-t CO tH o O O o rH 00 rH O rH o rH :£> O — « 'N O 1 . -^ '-0 lO •* tX Cï -n t- Cl O 1 u o Cl r^ rr> CO -# -n ^ O 00 >o Î-I o t- ^ t^ O c iO O o ^ rH rH o -H rH CD rH o o o o O -a a, Q H» S i* 3 a o a o o "o =; c? Li 3 03 ^ ^ -^ O 208 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE, S 00 00 ë B a > es ai > o m a> > es u (U 00 •o 1 co 1 co o l>- rM tH ■^ Ci o tH o ri b O iH 05 o o / .. -« i^ ^ ■»-( ■M CD rs o -H O .-■î O ■^ tH CO \n lO o co n o 1-( co a M o (M o o o eu rô îO o o o M o Ci o rH o -^ :( o 1-^ -* o ^ CO îi -f ■rj 00 o „ H r^ ço >--i o Ci i-H iH 00 ca o tA i_! tH o r— -M „ CO ^ o o o O \ i-H ^ w CO rH o î-l ^ •30 Tfl ,- r- —, tj i s -• ■TO >0 t- -* co Ci ■^ O o co o o b- • o o Ci o .-( Cl >0 t- 7-i t' o t— ■axiiHd g o 4 ?- CO Oi CO o o iH o o o ■* *-( -f) t-- ..o O o -; ( 03 CD co '-t \D ic^ 5 - o ^ O 00 iH co o O 1-i o o a, \ rN ce CD •H< O 1C o 1 M" tH CO UO CO 00 c- o o o t;^ C3 rt ^ o c o o o ^ bO ♦J a . • QJ U CJ • 5 o y— T3 o ^— ^ & c s •2 a c • ^ Cl NO g< C a ~" ^ O t o c 1 5 1 • .5 — 1 ri t2 a c o M es a ^ iS C .1 a J i 5 t. 'Z C i c « i o u [ ! " C 4 C t -; 3 'C ! 1 F t c * y <; 5 4 } ) QJ 1 Cl 4 H - > ^ H y 04 ff^ - 1 "^^ ■■ TRAVAUX KT EXPÉRIKNCES OU D' A. VOELCKER. 209 tlo rAllcniniiiie, illcs pciivciU du moins souleiiir la comparaison iivec les l'arines obloniies en IVaiic", en |jL'lgi(jui; et en Hollande (jui lilicnt en movciiiic de 8.5 à '> p. lOO de sucre cristallisable. En iaisanl le calcul de la ten^'ur en sucre des diverses espèces de betteraves de Silésie cultivées à Lavenliani , sans tenir compte du dosage en eau et du poids des racines, on trouve une moyenne : l'our les betteraves collet vert (1-2 analyses). ... 'J.4G p. 100 de sucre. — blanches (0 analyses) 10.7.S — — — collet rouge (lô analyses) . . . 9.00 — — — rouges ((! analyses) "J.Ki — — Dans les tableaux d'analyses que donne Vœlcker, les betteraves sont classées d'après l'envoi des divers fermiers, par localités ; nous avons modifié ce classement, en les rangeant i)ar variétés, dans le tableau LXXVIII. On y reconnaîtra quelles dilïércnces dans la qua- lité saccharifèrc offrent les mêmes espèces de Silésie, cultivées dans le même district et dans la même saison. Quelques remarques suggérées par l'examen comparatif des ana- lyses trouvent ici leur place. Ainsi, il n'est pas exact de conclure d'une manière générale que les petites racines renferment iiivarial)leinent plus de sucre que les grosses. Les racines lourdes n*" 1,5, 6, 1 1, 15, 2.j, :]\, o'I, pesant plus de 1 kilogr., dosent au delà ilc 10 p. 100 de sucre cristallisable, et Vœlcker, d'après son expérience de la culture en Angleterre, est porté à croire qu'il n'y a pas de profit pour le cultivateur à produire des racines pesant moins de 000 granunes, ni pour l'industriel, de traiter des racines trop faibles en poids. Les betteraves riches en sucre renferment naturellement moins d'eau que les betteraves pauvres; toutefois, le rapport n'étant pas exactement le même, dans les différentes racines, la teneur en eau n'offre pas une indication suffisante quant au dosage du sucre (voir n°* 6, 2.J et o8 pour exemple). La densité du jus est un meilleur indice, en ce sens que, lorsqu'elle excède 1.07, les betteraves peuvent être considérées comme étant riches en sucre et de qualité supérieure. A une faible densité du jus AN.N. SClLXGIi; A0110.\. 1 l 210 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. correspond invariablement une faible toneur p. 100 en sucre. (Voir analyses n"' 7 et M- pour exemple.) lîien que le jus des racines de petites dimensions pèse généralement plus que celui des racines les plus lourdes, il y a des exceptions, surtout lorstpie ces dernières ont atteint leur pleine maturité (voir n°* 8 et 34.) Les analyses montrent encore qu'il est possible de produire do Lirosses betteraves à rendement plus, que moyen en sucre (voir 1 1 et iS par rapport à :^1, 1 1 et o5, etc.) ; c'est le but que doit chercher à atteindre le cultivateur, et pour Vudcker il n'est pas douteux qu'en choisissant soigneusement la graine, en donnant les soins de culture et d'entretien nécessaires, ainsi que les engrais appropriés aux di- verses terres, on n'arrive à produire couramment en Angleterre, de 50,000 à 60,000 kilogr. à l'hectare de betteraves à sucre, satisfaisant les fabricants. Les betteraves blanches de Silésie qui atteignent plus tôt leur maturité sous le climat anglais, paraissent mieux convenir, étant moins chargées d'eau et plus riches en sucre, que les variétés à peau et à collet rouges. Vœlcker a poursuivi ses recherches comparatives sui' la composi- tion des betteraves, en analysant deux racines de Silésie venues en Hollande, deux racines obtenues à Lodge Farm, après arrosage à l'aide des eaux d'égout de Londres, et nombi'c de racines cultivées en Ecosse et dans divers comtés anglais, à l'aide des graines remises par M. Duncan. Les analyses de ces betteraves sont rapportées dans le tableau LXXIX. Des deux variétés de racines vernies de Hollande, la première (n" 1), bien supérieure à la seconde (n° 2), n'est pourtant pas aussi saccha- rifèi'e que les betteraves cultivées à Lavenham, dans la même saison. Les deux racines n"' o et A, cultivées à Lodge Farm, près de Bnr- king', avec l'eau des égouts de Londres, offrent cette particularité (pie le n" 3 a la teneur en sucre la plus élevée de toutes les bettera- ves analysées en 1808 et que le n" 4, renfermant 88 p. 100 d'eau, est la plus lourde qui ait été pesée. Autant la })remière oflVait un tissu fin et ferme, autant la seconde se caractérisait par vm tissu lâ- che, spongieux et à noyau en décomposition. Malgré sa teneur en sucre excédant \o p. iOO, la betterave rouge de Lodge Farm ren- TKAVAUX KT liXI'Er.lICNCKS DU D"^ A. VUELCKKIl. 211 o — — O i' O o o c ce c» o V3 "O • ri ^-3 ./3 (M o • ■: Cl — o — o i „* o ^^ — ce C- o ■j o JZ c ' -o-« , ^ 1- — ^^ ^ ..•; -y. o u o o o ~* a Z) f ^ O c 7- ■O 3 o s ce o o « e<5 o r-i •o (- Cl o M z^ Cl o • (M 1^ 05 v- -r ■y. o p t- ce o •- «- f- .-î ^~l 7* y. ^ o c; • ' ^ o ce o o rj C 1 ^^ o ,-^ .- — "^ •« ^" .-J o c » • T — *^ . "î -" O ^J, ■X. Z : - '^ — .~ «_ ^-« r- —, _ c Cl o K ^ o — y; o o a i - • ^ Cl ce ^ Cl ce ^_^ o 53 O Cl •A -^ o o* et CI ^-J *;-< O O o 5=- o ^- ' V. o „^ ■^ c I o o ^-< — ce o o o Cl — O C5 ce 1^ ce o o rc O O O I- — o Cl ce o o — — r^ t^ o •" o o o o o o ' •«: •-^ i ^ ' c c: c, f^ C3 , -^ <~- O — 1 ■- ■^- o , -^ (- ■^- o , — •^-4 — O ce — 1 ~ _: c ' o , f 5 ^ .,'7 c ._ •-Tl o O ■_ o ^^ ■^^ ■^— ce o o -' ■•" • • : ' • • « , ^^ o o O • w ^ _ 'Xi ■y: ^ ; O o S • ^ o c i« O « 0} o o o « c « -es > « u ^3 O o eu S o u X X != M 1-3 m (ri o o ■H "5 "' o o c — o o o O O O o s 2 3 o o (M C-l ce O O O c» — ■ O -r- O O (M O O o" — C/2 ce 1^ "< ■~r< CO O O O o co 3 J =- O ce Cl ce o o co 03 --< o o o o Cl o _ * co Cl O o -- < o ca co O -^ o o o o s s -- o f-. CO Cl O o t- .o I- o ^ — co O O — o o o o C3 cr. o co o -.■^ o o — co -^ ce ce co ce «•o o o o co ■— ce o " Cl o a co i3 O ce ■-H (TO ce Cl .o C5 O o o CI o ce c-j .o ---- o o — • — - co Cl cï lïO —1 o o c» o -^ o o « ■a . o o t3 C3 s. 60 O ^ a 1 i-, 3 •3 "^ S o i- tion des betteraves cultivées en 1865 aux environs de Cambridge et provenant de bonnes graines françaises, mais auxquelles on avait applique au printemps, comme pour des mangolds ordinaires, une grosse fumure do fumier frais. Les analyses des racines de quatre variétés, obtenues de la sorte, figurent dans le tableau LXXX, n°' 1 à 4. Nous y avons joint les analyses, faites également par Vœlcker, de deux belteraves de Silésie, variété blanche, cultivées en 1868, avec excès de fumier (n'^ 5 et 6). D'un poids excessif, correspon- dant à une teneur en eau exceptionnelle, toutes ces racines où abon- dent les composés albuminoïdes et la matière minérale, ne peuvent convenir, vu leur pauvreté en sucre, à la fabrication. TABLEAU LXXX. — Composition des betteraves de diverses variétés, fumées à l'excès. Poids (le la racine (kil.). . . . Densité du jus A la température centigrade de. Composition. Kau Composés i solubles . . . albuminoïdes' (insolubles.. . Fibre brute (pulpe* Sucre cristallisable Pectine, mutière colorante, etc. . Matières \ solubles minérales / insolubles 1. Contenant azote. BETTEIiAVES DE CAMBRIDGE (graiucs françaises). 1865. Toupé rose choisie. 4. Toupé Blanche Rose blaucho coin- ordi- choi.sie. mmie. naire. 1. 2. 4. )) » » )) )) » 80 . 3 i sn..t2 1.75 1.19 0.31 . '■', 1 1.72 1.70 Ô.22 5.90 0.21 0.08 1.38 1.33 0.07 0.07 100.00 100.00 0.33 0.24 90.03 1.(13 0.12 l.GO 3.94 0.80 1 .13 0.15 100.00 BETTERAVES Silésip variété blanche. 18(k-<. .5. 90.47 1.7G( O.25I 1.77 3 . 54 0.78 1.28( 0.07^ 5,15 1,043 18" 92.58 1.40 1.73 2.22 0.47 l.GO 100.00 0.28 0.32 100.00 0.225 2,95 1 , 055 18° SR . 1 3 2. IG 2.74 4.82 0.44 1.71 100.00 0.34: TRAVAUX ET RXPÉRIENCES Di: F)'' A. VnKLC K KR . 215 Il en csl, (le même des bclLeravcs de Silésie cultivées par M. Diiii- cnii, pour essai, dans un sol sablonneux, dans lui sol forlenieiil finuf' et sans engrais, e( dans un (enemi liclie. Les analyses de ces l)ell(^- raves rappoiii'cs dans !(> (ahleau iiXXXI viennent à ra[tpui dos déduc- tions, déjà énoncées, à savoir (pie, malgré Icui' faible poids, les racines, pour la plupart, contenaient beaucoup d'i au et conséquemment peu de sucre et que celles pins fortement fumées (n"" 3 et 4) ou culti- vées dans le lei'reau (n'" 7 et 8), étaient moins saccliarifères (|ue les racines venues sans engrais. Vœlckei' ajoute que, pourvues à l'excès dt; matières azotées et salines, les betteraves fumées et cultivées dans le tei'reau contenaient en outre des quantités notables di; ni- trates, décrépilant j)ar la condjusfiou des racines. Campagnes de 1809 et 1810. — La composition des betteraves cultivées en Gi'ande-Bretagno dans les ann('es 18(iM et LSTO a été également déterminée sur de nombreux écbantillons et accompagnée de remarques utiles sous le rappoil de la culture'. Les deux tableaux LXXXH et LXXXllI réunissent les analyses de Vœlcker pour cliacune de ces années. Tableau J.XXXÏf (1860). — Les' betteraves n°^ 1 à 4 ont éti" cul- tivées dans la même ferme du Beikshire, sur un sol argileux, natu- rellement tenace, mais bien ameubli. Cbacune des analyses résulte d'une moyenne de deux racines. Les différences sous le rapport sac- cbarifère qu'offrent ces betteraves peuvent résulter de dilférences dans la composition du sol ou dans l'engrais appliqué. De toutes manières, il est indispensable pour assurer une bonne culture de la betterave que le sol soit complètement et profondément labouré. La partie, en effet, des racines (piise développent bors du sol est moins ricbe en sucre que la partie inférieure restée en terre, c'est ce que démontre l'analyse des deux parties d'une de ces mêmes bettei'aves du jjerkshire : !. Sin/ar hccls nnil bcchnol dislilhilioii . janvier ISTl. 216 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. PARTIE PARTIE iuférieurc. hors de ferre. Poids de chaque partie l''"'",1.3 0''S'',14 Densité du jus 1,053 » — à la température de 15" » Eau 8G.()5 87.20 Composés albuniino'ides 0.S2' 2.39- Fibre brute (pulpe) 3. OS 3.73 Sucre cristallisable S. 05 4.2i Pectine, matière colorante, etc 0.8'.) O.iO Matières minérales (cendres) l.tt 2.0i 100.00 100.00 1. Contenant azote 0.131 2. — — 0.382 Ainsi la partie hors de terre renferme moitié moins de sucre que celle en terre, et abonde en matières azotées et salines nui sont un obstacle à l'extraction du sucre. C'est pourquoi, en général, la tête des betteraves est tranchée dans les sucreries, avant la mise en pulpe. Les betteraves 5 et G, ou betteraves monstres, obtenues à Buscot Park (Berkshire), se signalent par leur teneur excessive en eau et leur i)auvreté en sucre , en même temps que par leur dosage élevé en matières albuminoïdes et minérales qui les rendent impropres à la fabrication. Les racines 7 et 8 appartenant aux variétés françaises collet rose et Lauthier, ainsi que l'analyse moyenne n" résullant du dosage de 15 lots de racines cultivées à Lavenham (SulTolk), témoignent de la supériorité des betteraves de dimensions moyennes et confirment les résultats obtenus l'année précédente dans le comté de Suffolk. Sous les n"' 10 et 11 figure la composition de betteraves cultivées dans le comté d'Ayr, en Ecosse, par l'honorable Kennedy ; l'analyse n" 41 est la moyenne de trois essais de betteraves. L'ensemble indi- que une teneur très médiocre en sucre. Ces betteraves ne valent guère mieux que des mangolds ordinaires. Les trois analyses n°' 12, 13 et 14 ont été exécutées sur des bet- teraves cultivées à Glasnevin, en Irlande, pour essai d'ensemence- ment et d'engrais. TRAVAUX ET EXPÉniENCES DU d"" A. VOELCKER. 217 o -< l■^ — et t^ o •— o o K ce o O ai ^ s .o et ce -Ji' r~ ce — o o ce ■'5 -^ CO C5 o ce ..; =:-o s. OS et et c; O ■.— o ce U) 5 — _r "^ 00 o O p ^^ ■■ 1 1 '^ f to g s = (M ce — .-î •": -■-" co o et ..-î ce C5 o o c» p 5 " 5 :- - r^ et ce -* o ■— o ~3< * \ ce o O / . et co C5 ce i3 o o t-e , - ."^ '^ o ce -^e ce -î< co o y. 3 -t o s. o et ce lO o ■— o -» y. 5 o „" '-* ce o O o a tp »lg — et r^ — o o et -r- o 'e ~T ^ o o o o p ce e) ce -^ o -^ c ce ce 1 o ^^ — oc o o o T3 • s: (U T3 o c 3 .60 o a. tn o -a !^ u PQ I « « u a 0) Ol V •Ci > 3 u > a u o 1 .s ,; « ^ : ^ :o .-< T 1 :o .!• O ô bi " \ = l =^. W C^ ^ rJ ^ O >H* O n E ' 1-1 iH co o d 'fi O 2 ' , - j rt co -H -.s ^ -* -* 1 o '" \ o ^ — ! - o c ^ O rs - ■= co •< F — p. ' W C5 ^ T i lO O -1 1 O 1 ^-( .H » o ^ o ri •.o - r>- "..o -^ -t 1 o ?• ii -• o i(^ -H 7? X) c •-=; - 1 =: - l- TI O « - c o 1.H ^ S iH '- -73 •-* o o . / in ■j; vo -H X ce r- o -*< ÎÛ 3 o l- t- c- «: t- o S l 00 I^ =^ O d -N O O C: o 1-( »5' 1 o' ^ ^ X) r-l o d S i •^ m « 03 ^ -M -.3 <= S / ^■ C5 o .:is °. Ci s f ^ r. -..: «ONOO'-i!^. iH 5 1 o w ce " o O « / -H o -H o Ci o - 1 = 2 i "=' o o »g) td S 1 lO w Ci o d « / ce o 1 1 •r:i >0 lO M iT -* C o o S;^ 1 »r co co « t- c c^ o H S - ^l =^^ ^ ^ „ ^ 1* o o ?i M t> iH - o ■-H d / -H _ - r- r-5 -J3 - _ Ci .^ ^-j* l- o lO ..... O o o -1 co o d é . 1 tD o -H -* -* -> t o l\ c- in o ^ ^ Ci o w ir (M o ,ô .... o d = rH 1-1 co o -H d - / " \ ^ ^ ^ < co M -M lO (M —, r^ vn ^- , t^ c o o -* oc O a ^î O -fi .... -- «^ -M ^ O -Tî* -ri C C o ^ o -H co o d o -jO - t^ C-: t- o Ci Ci ^" =5 r- 5 Cl ri o » •- U-; o ri .... o o o ^ c 1— I co " o 1-t d Œ ■d «, ■îd S s ^ .5 » .2 c c c co J^ a o c ;: 09 * c « g. _ oc U t. o •f c t: c E o •a o â 'c ci :f- 2 o 'î ^ œ O c a m Q k î C 1 a Q) -a a kl o SI 3 .M i '- •a •a ■-- ' iJ "â •V ô 5 c a c j = •s •œ o P a S .a S es g — *5 1 s o oi > » V Xi a> 03 "O O en O CL. S o Xî X & •J ^ •0 0» c» Ci «-< •i >ra 'M »o t- Ifî ~¥ (» "* QO »o <«J ^ n C3 ■?! >< .-t -' il 3 m es r^ «5 CO Ci' H* 00 co ■n C<5 ^ •ji » iH x) j r-( ^ ~ L^ -N -* C!5 1* — •M »!^ j 0: i- =5 «^ ■«(l O bi 00 C2 ° 2 'JO 7» -M ■/) w = " -H K ^ 10 00 'M 05 tt «S C3 * ■-0 es î'î •yi t- C- m »1 C3 wï = 1- *-" ~ t-' ^ 71 r-- -^ Z^ 00 " "^ "^ ce t>- f-( -. ■^ 00 V -^ ^ 5 i.-î -» ^ ■si ^ •^ .-1 •-1 00 --> ■X 11 C5 . ^ ^ r^ n X ■M rt , m 4i 3 — ■M X) S f-( ^ X •0 r- ■J3 « >^ S ■= vH -1 è = ■7 t^ ■^ -_f •M ~ ^ 7, •-0 <5 71 . ^ »-1 ï6 3 d S! > Si •^ '-5 r- >^ T^ r^ f^ a « 10 ■M \a 5 =0 r^ Is X> = .=^ tii ^ CO t- tH •N to ~~ — ^ ^-1 œ> «H •< b4 tr- h- '•2 -^^ CO to -M ■s> 00 1^ ■rî CM* Ci co ^ •N » •^ a . ? ^ ^ ) .2 i ■ • '3 -M c c " ^.i. a, ce ■j: 1 ) ? "* s £ OJ 3 r •c a = î ^ ci •4 *c 'c _c t a CJ en c - 'E c 5 > » -y ^ 1 :| rt 3 ^ •rt î S > t c S a s -a è ' ^ î > ^ P ao c > C ■s c ■3 C 1 ^' i t. V ^ 220 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. N° 12; semis en lignes à 0'",15 de distance, avec écartement de 0"',53 entre les lignes, sans engrais. La récolte précédente de man- golds avait reçu 30,000 kilogr, de fumier à l'hectare. Récolte de betteraves en 1869 : 33 tonnes à l'hectare. N°13; semis en hgnes à 0'"/15 de dislance, avec écartement de 0'",n8 entre les lignes; engrais appliqué à raison de 30,000 kilogr. Récolte précédente, navets de Suède. Récolte de betteraves en 1800, 48 tonnes à l'hectare. N" 14; semis en lignes comme pour le n" 12 ; engrais appliqué à raison de 60,000 kilogr. de fumier. Récolte précédente; avoine sui- vie de navette. Récolte de betteraves en 1869, 26 tonnes à l'hec- tare. Les betteraves n° 12 obtenues sans engrais sont les plus riches en sucre (8.56 p. 100); celles n° 13 ayant reçu une fumure modérée sont moins riches (7.87 de sucre p. 100) et finalement les racines n''14 lourdement fumées contiennent le moins de sucre; 6.73 p. 100. n y a heu de remarquer, en outre, que l'ensemencement dans ces essais s'était fait tardivement, au commencement du mois de mai, les racines à cause de l'application du fumier n'avaient pas pu attein- dre leur pleine maturité. Les racines n"' 15 à 23 proviennent de diverses fermes du comté de Kilkenny, en Irlande, où elles ont été cultivées sur l'initiative do l'honorable Agar Kliis, dans le but de connaître les qualités sacchari- fères de la betterave sous le climat Irlandais. Sauf le n° 20 corres- pondant à un lot de racines, venues à Dunbell sur une terre argi- leuse compacte, pour lesquelles le dosage du sucre atteint 10.91 p. 100, les autres lots indiquent une teneur moyenne, inférieure à celle que donnent les betteraves de Suffolk. Tableau LXXXIII (1870). — Les analyses 1 à 3 ont été exécutées sur une moyenne de 4 racines par lot. La moyenne de ces analyses indi(]ue une teneur saccharifère élevée, et témoigne de l'excellence du climat du Berkshire pour la culture. Les betteraves n"' 4 et 5, obtenues dans le comté d'York (celle n" 5 étant une moyenne de 6 racines de petites dimensions), offrent une bonne composition : abondance de sucre et peu de matières azo- tées et minérales. TRAVAUX KT KXPÈniENGES OU d'' A. VnKLCKER. >'2l o 00 a •a e8 a 0) s-, u a U 0) > «8 u 03 03 en 0) a o m o &■ a o u X X X < •aï ■A) r— o 73 CO CJ o - 'M co O) if; î^ [^ ■^ t- o ) o o IX) '- -n rH o o o o rH d T« tO ■M CJ CJ rH o ô » '? O t- T» O co co O •^ o t^ h- *H ■>* H« o o o o iH ^i t~ »-< o H o O .^ O 1* •cï -^ o «o « t— fH O CO t* «> t-H o Ift O —1 C5 5 - o tH ^ C<5 c; o o C5 d «o o CJ co CO t* 00 i.O o o Q ci o O D -11 o d d rH d co H o < w a ^ 1-H 00 r-( rH ^'ï oo -i (M co o CJ >J V} 3 CJ .-H ^ CJ >o CJ o ce »* ^ ^ ^^ tH o o o rH ■* -A - -1 co tH o o H o CO _w Ol CJ t- o o a , o" ^ t- w ■^ -X co o o o - 1-t 1-* co o co ^1 .H o o d o 1-H -¥ -* *^ r* co 00 o -H 1 CJ cJ O CO CO co d CJ d o d o »H iH t- •"* rH o ?1 CJ CJ t- o /^ r- ■* '^ '-C o t- o Oi TI o è • o T-t CO co o o o -- " w r-( 00 ^^ o o co -H iH o -D o co » 1^ 5 o tH O 00 CD 00 c 1 '^ o o (>) t^ tM >n -J< o o o o o r* ,_4 co o ^ 00 >o 3 -l< ^ ■* O •-X f>l o co » Et: a: M s rH (N CJ o rH 8 rH o o Cï ro r- 00 r- p^ o co o rH .-' g O è « :o o c o \ - " -^ ao iH o rH o vri i^ lO t^ t- v> o bi M i .. Ci 71 o o co CO o co d o i-O e - 1 O ^'~ '^ XI »-( o es S l •^ >ft o co t- •^H o h -1< os si 00 d CD d CJ d o rH 'J 00 lO o n t-- X o 75 >^. •v / . C5 Oi »o t- -* o ^ -< o " -* o iH tj o rH o w i O •l-( ce o -a } -f fM o _ -tl CJ o '>3 1 __J 3 ce OS (M o ■n CJ o S- ( SI u-5 O s s w •^ •M o o 2 d es CC ?M OO rH lO rH o V5 n •M (M 00 »H CO '1' o o en — >^ — . CO => rH o ^ ' 1 OJ ' O i-« ^^ t' o o O . ■a ^^ u a •— • to a a o •a o O a 'a "S" 3 es m o 5 o o CJ o o S a. 3 e« ■a Q o ^ 3 5 -, o g -^ -CJ 5 O 5 5 d' 53 rd a cj a o -M 03 o o "O C . 1 S î- u "^ ci o ■1 ) — c ) '^ o •^ A ■^ »--. " 222 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Il en est de même des betteraves de ivresses dimensions n°' 6 et 7, cultivées dans le comté de SiiiTey,et tjui titrent entre 9 et 12 p. 100 de sucre. Les analyses n"' 8 à 17 se rapporlent à une série de lots de raci- nes obtenues dans d'excellentes conditions dans le comté de Kil- kenny, en Irlande ; chaque analyse portant sur 4 ou 6 betteraves de chacun des lots. Comme teneur en sucre cristallisahle, o des lots ont donné près de lô p. 100. 2 — — 13.5 p. 100. 3 — — de 12 à 12.7.i p. 100. 2 — — environ 10 p. 100. Quelque favorable qu'ait été l'année 1870 pour la culture des ra- cines en Grande-Bretagne, il n'en est pas moins hors de doute que la betterave, étant donnés les résultats des trois années examinées par Vœlcker, peut s'y cultiver avec succès, moyennant un rendement à l'hectare de 45,000 à 50,000 kilogr. de racines, aussi saccharifères que celles de Belgique ou de France. D. — Pulpe des bettcrcwcs à sacre. La pulpe de betteraves, ou la partie fibreuse des racines, telle qu'elle sort des sacs après la compi ession , est le plus souvent cédée en retour aux fermiers qui ont livré la betterave. Elle est alors assez sèche, d'un blanc grisâtre et ne tarde pas à devenir légèrement acide, si on la conserve sans emploi. Gomme elle ne ren- ferme généralement que 70 à 72 p. 100 d'eau, elle représente une bien plus forte proportion p. 100 de matière sohde que les racines dont elle provient. Vœlcker a déterminé comparativement la composition de la pulpe livrée par la sucrerie Duncan à Lavenham, et de pulpes venues de France et de Belgique \ Le tableau LXXXIV reproduit ses analyses. La pulpe n" 2 provenant de France offi-e une composition à peu près identique à celle de Lavenham sous le rapport de la teneur en eau et en matières albuminoïdes. Toutes deux se valent comme nour- riture. La pulpe n" 3 provenant de France également, renferme 7 1. Oh beet-root pulp, ydny'iev 1870. TRAVAUX KT EXPÉRIENCES DU D"" A. VUELCKER, 223 p. 100 (rcau en plus que h' ii" 2; son goùl fortenienl acide élail dû ;'i la présence de l'acide lacli([ue. C'est à cet acide (jui' la pidj)(; doit lii piopriété de pouvoir se conserver et d'être l'endue jtlus digesldjle ])uui' lo animaux, bêles bovines et moutons, (jui consomment de prélërence la pulpe ensilée. Autrement, la composition de la j)ulpe tïoiclie et de la pulpe conservée (n" 4) diflere très peu. TABLEAU LXXXIV. ~ Composition de pulpes de betteraves, fraîches et conservées. Eau Composés albiiminoides lassiiiiilalion) ' Sucre .Muiilage, composés pectiques. . . . Acide lactique l'ibre diypstilile Fibre ligneuse (cellulose) MaUère minérale (cendres) 1. Contenant azote l'LLlMJ de Lavenhain sucrerie Duncan). lO.ll 2.2o 3.3y / l.'J3 i PULPE DE FKANCE. fraîche. Ko 2 conservée à l'uir. \ô.\:i I 5.3-2 \ 1.S7 70.88 ■2.oS [G. i:i 100.00 0.3(51 1 00 . 00 0.382 77 . 10 1.93 1 . l 'J 1.12 1 C, . 07 2.Ô'J PULPE de Belgique ensilée iiprès lau 100.00 0.39 fO.OO 1S.G7 100.00 0.39 Valeur mUr'dive. — Les éleveurs, e( de ce nombre beaucoup m France, affirment que la pulpe di^ hctleraves a une valeur nutritive égale, sinon supérieure, à celle des betteraves mêmes; ce qui paraît être eu contradiction avec le fait (pic la racine dépouivue de son sucre engraisse au même degré que la racine suciée. Cette affirmation ne l-eiil vouloir dire, en eflel, (jue 1,000 kilog-r. de betteraves iVaîcbes sont moins nourrissantes que 1,000 kilogr. de ces mêmes betteraves sans sucre ; mais Itien (pie, poids pour poids, la pulpe est égale ou supérimirc comme nourriture d'engrais à la racine elle-même. Comme luulefois aucune expérience ralionnelle d'engraissement n'est venue décider leur valeur com|iaralive, il convient de s'en rapporter à l'analyse. 224 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Or l'analyse des végétau.\, si l'on tient compte du sol, du climat, de la saison, des engrais et des autres circonstances qui influent sur la quantité et la qualité des produits, si l'on évite les extrêmes pour obtenir des moyennes dignes de confiance, ce qui n'est pas toujours facile, permet de déterminer exactement la valeur respective de cha- cun des produits au point de vue alimentaire. Le tableau suivant LXXXV, qui reproduit la composition moyenne des mangolds ordi- naires et des betteraves de Silésie cultivées en Angleterre, en regard de celle de la pulpe de betteraves, fournit les éléments de cette dé- termination. TABLEAU LXXXV. — Composition moyenne du mangold, de la betterave et de la pulpe de sucrerie. Eau COMPO.SITION MOY ENNE. Pulpe de betteraves (^ut■rerie). ilangold ordinaire. Betterave de Silésie. 89.0 5 . 5 1.5 3.0 1.0 84.5 9.5 1.5 3.5 » 1.0 70.0 1.5 2.5 2i.O 2.0 Sucre Composés albuminoïdes ' Fibre brute Acide acétique Matière minérale (cendres) 1. Contenant azote . 100.0 i 00 . 100.0 0.24 0.24 0.40 Ainsi, il résulte thi tableau LXXXV (jue betteraves et mangolds contiennent la même proportion de matières azotées et minérales; mais que dans la betterave il y a de -i.5 à 5 p, 100 moins d'eau et près du double de sucre que dans le mangold. Comme la betterave renferme 15.5 p. 100 de matière sèche et le mangold il p. 100, il s'ensuit qu'une tonne de betteraves représentant 155 kilogr. de ma- tière sèche et une tonne de mangolds 110 kilogr., eu égard à la plus forte proportion de sucre de la betterave, une tonne de racines de Silésie est l'équivalent, comme valeur nutritive, d'une tonne et demie de mangolds ordinaires. TRAVAUX ET EXPÉRIKNCliS DC u'' A. VOELGKKK. 225 La lonnc de pulpe de bellcraves renfeniiaiil .SO p. 100 de nialière sèche, taudis que l;i lonne de betteraves eu renferme 15.5 et celle de inangolds 11 p. 100, les 1,000 kiloyr. de pidpu représentent .')00 kdogr. de nialière solide, c'est-à-dire \â'> kilugr. de plus que le iiiènie poids de betteraves et 100 kilogr. de plus que le même poids de mangolds; de telle sorte que le rapport à peu près exact est de 1 tonne de pulj)e pour ti de betteraves et pour 3 de mangolds. Assurément la matière sèche d'une betterave ou d'un raangold est plus nutritive que celle de la pulpe, mais la question se pose entre les poids de chacune des matières sèches. Or^ poids pour poids, la pulpe contient plus de substances albuminoides, beaucoup plus de fibre et peu de sucre. L'excédent de 4- kilogr. de sucre p. 100 de mangolds, ou de 8 kilogr. de sucre p. 100 de betteraves, compense- t-il l'excédent de 1 kilogr. de substances azotées et de 21 kilogr. de fibre qu'offrent 100 kilogr. de puljie ou lui est-il supérieur? Telle est la question. Il n'est pas douteux que la balance ne penche en faveur de la pulpe, d'autant plus que la fd^re des mangolds et des betteraves arrachées avant leur pleine maturité, n'est jamais à l'état de finesse et de divi- sion qui perniel, comme celui de la pidpe, l'assimilation rapide et la formation de la graisse chez les animaux. Vœlcker est amené ainsi à prévoir (jue des expériences d'engi-aissement, rationnellement con- duites, démontreraient qu'une tonnedepulpe fraîche ou de pulpe con- servée contenant la même proportion d'eau, é([uivaut comme nourri- ture d'engrais à 1.5 tonne de betteraves et à 2 tonnes de mangolds \ Suivant lui, il y aurait lieu, en raison du manque de substances albuminoïdes dans la pulpe, d'y mêler du tourteau de coton qui offre, en outre, l'avantage de remédier au relâchement des animaux nourris exclusivement de pulpe. Le mélange avec la pulpe d'une cer- taine quantité de farine de fèves, ou de tourteau pour les vaches laitières, et de farine de pois ou d'orge pour les porcs, ne peut être (|ue très avantageux. 1. S'il en est autrement pour lu pulpe des distilleries, plus pauvre que celle des sucreries en principes nutritils, c'est que, par le procédé de distillation, les éléments solubles de la racine sont bien plus complètement épuisés. A.S'N. bCItNGE AliRUN. lu RECHERCHES SUR LA REDUCTION DES NITRATES l'AK LUS OlUiANISMES MIOKOSCOPIQUE.S PAR U. GAYON ET G. DUPETIT 1 , J.a léduction plus ou moins complète de l'acide des nitrates, à % l'état d'acide nitreux, de bioxyde d'azote, de proloxyde d'azote ou d'azote, a été signalée par ])lusieurs observatem's dans les eaux de drainage, dans la terre végétale et dans diverses fermentations. Une s'agit ici, à l'exclusion des décompositions purement chimiques, que des l'éactions qui se passent entre certaines limites de température et en présence de matières organiques. 2. 1" Acide nitreux. — Des nitrites ont été trouvés dans l'azotate de sonde du Chili par Schœnhein', dans les eaux de drainage par MM. Lawes et Gilbert ^ dans la terre végétale par le colonel Cha- brier ^ qui en a étudié avec beaucoup de soin le rôle et les variations, mais ces auteurs n'ont déterminé exactement ni leur origine ni leur mode de formation. Plus tard, M. Meusel a observé la trans- formation des nitrates en nitrites dans les eaux naturelles *, et fait 1. liep. de chimie pure, t. IV, p. '248. 1SG2. — Nous montrerons bientôt, dans un mémoire sjiéciai, que i;i pioporlioii des nitrites dans les nitrates de soude naturels peut s'accroître sous linfluence des infiniment petits, et déterminer certains accidents de fabrication dans les usines où l'on prépare le salpêtre par double décomposition chimique. 2. Rothamsted. Trente années iV expériences agiicoles, p. IGo. :>. Annales de diimic et de pfiijsique, ô® série, t. XXIII, p. ICI. 1871. .i. Journal de j.hannacie et de cliimie, i* série, t. XXII, p. -430. 187o. KECHEHCHES SUR LA HÉDUCTION DES NITRATES. 227 Vdir ([lie ccilaiiics substances, coiiiiue l'acide pliéniqiie, l'acide sali- ('yli(|iie, l'acide benzoïque, l'cnlravent, tandis que d'autres, connue la cellulose, le sucic, Falcool, la iavoriscnt. ù^ savant est le premier (|ui ait altiibuc la formation d'acide nitreuN à la présence des bactéries. Nous avons vérifié l'exactitude des observations d(3 M. Meusel et constaté que les nitiites apparaissent pr('S(pi(' toujours, si on laisse à l'ail' libre un bouillon lenant en dissolution de l'azotate de potasse ou de soude ; le liquide se trouble, se peuple d'organismes micros- copiques et donne rapidement les réactions de l'acide azoteux. 3. Pour caractériser cet acide, nous avons employé soit l'iodure de potassium amidonné et l'acide acétique, soit le chlorhydrate de métaphénylène-diamine \ La première méthode donne, dans les so- lutions un peu concentrées, un précipité bleu qui se prête mal à des dosages comparatifs; la seconde, au contraire, donne une coloration rouge-brun très limpide et propre aux observations colorimétriques. Pour les dosages, nous avons utiUsé cette dernière réaction et com- paré, à l'aide du colorimètre Laurent, la couleur due au liquide étudié avec celle fournie par une solution titiée d'azotite de po- tasse pur. Voici les volumes relatifs et la composilion des solutions qui nous ont donné les meilleurs résultats : Pour la k'inlc type, on met dans une fiuli' de 25 centimètres cubes : 1 centiniitre cube de solution de chlorhydrate de métaphénylène-dia- mine à 1/J f). 100 ; 1/2 centimètre cube d'une solution de nitrite de potasse à ô grammes par litre ; j gouttes d'acide acétique pur ; et l'on complète le volume avec de l'eau distillée. En remplaçant la solution de nitrite de potasse [)ar l/i2 centimètre cube du hipiidc à essayer, on obtient la teinte qui doit être com- parée à la précédente. I . l'rocédé Tieraann et Preusse [Jicrichlc der deuischeii Cfienuschca GsseUscha//, t. \l. p. (IM. — Journal de pharmacie et dechinue, 4° série, t. XXIX, p. 195. 1879. 228 ANNALES DE LA SCIENCE AGrRONOMIQUE. -4. Le microbe qui, dans nos expériences, a produit le plus de ni- triles\ est un être anaérobie, constitué par de très petits bâtonnets mobiles formant peu de spores. Vu la difficulté de le séparer spéci- fiquement des autres micro-organismes de mêmes dimensions, nous le désignons seulement par la lettre a. Si l'on sème une trace infiniment petite de ce microbe dans du bouifion additionné de 10 grammes de nitrate de potasse par litre, et renfermé dans des tubes longs et étroits, en présence d'une petite quantité d'air, ou dans une atmospbère d'acide carbo- nique, ou dans le vide, il s'y développe rapidement à la température de 35 degrés, et trouble le liquide dans toute sa masse, sans dégager la momdre quantité de gaz. En même temps, tout le nitrate se transforme en nitrite ; une partie de l'oxygène disparu donne de l'acide carbonique qui se dissout à l'état de carbonate de potasse; le reste de l'oxygène sert au développement du microbe et à des oxy- dations dont l'élude n'a pas été faite. ^ Le microbe dont il s'agit se développe mal dans les liquides arti- ficiels. 5. La plupart des organismes microscopiques sont doués de la même propriété réductrice, mais leur action décomposante ne va pas toujours, à beaucoup près, aussi loin. Rarement elle est nulle ; nous n'avons en eiïet trouvé qu'un seul de ces êtres qui, tout en étant capable de vivre dans le bouifion nitrate, n'y donne pas de nitrite. Parmi ceux qui produisent des nitrites, et que nous avons isolés, nous citerons, outre le microbe «, un second microbe h, également anaérobie, constitué par des bâtonnets afiongés, immobiles, se ré- solvant rapidement en spores, et deux microbes aérobies : l'un, c, formé de longs filaments riches en spores produisant à la surface des liquides un voile épais et raucilagineux ; l'autre, d, constitué par de petits bâtonnets immobiles, avec une seule spore dans cfiaque article, et formant à la surface des fiquides une couche continue, peu épaisse et facile à désagréger. 1. Nos recherclies sur les nitrites ont été résumées dans une note communiquée à l'Académie des sciences, le 26 décembre IsS'i. — (Voir aussi Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, '2* série, t. V, p. 3(j.) RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES MTR.VTKS. 229 Cos quatre inicruhcs, cultivés parallèlemenl dans les mêmes con- ditions, ont donné les résultats suivants, avec du bouillon contenant 10 grammes d'azotate de potasse par lilrc : Nitrate transformé eu nitrite, par litre, eu uu jour. Microbe a O^^G — h 2 ,8 — c fi ,s — d 5 ,6 6. Nous avons essayé également le microbe du cboléra des poules, la bactéi'idie cliarbonneuse, le vibrion septique, dont les semences sont conservées à l'état de pureté au laboratoire de M. Pasteur. Nous avons obtenu, avec le bouillon nitrate à 10 grammes par litre : NITRATE transformé ou nitrite par litre en 1 jour. eu 3 jours. eu 6 jours. Microbe du clio'éra des poules . . 0«%5 r-Wi I'\1 Bactéridie charbonneuse .... n ,t ? ,0 3 ,4 Vibrion septique ,.S ,9 » On voit qu'avec ces organismes non seulement la production de nitrite est lente, mais encore qu'elle est limitée à des doses peu éle- vées et qu'elle est beaucoup moins facile qu'avec les autres microbes. Il résulte de ce qui précède que l'on ne doit presque jamais trou- ver dans la nature des nilrates sans nitrites, puisque les germes des infiniment petits sont répandus à profusion dans Tnir, la terre et les eaux. 7. Dans des recherches sur les variations de propriétés du ferment nitrique, M. Warington a vu se former de l'acide nitreux au sein de ses cultures, dès que l'épaisseur de la coucbe bquide devenait un peu grande '. On peut expliquer ce fait en admettant que l'oxydation par le même ferment nitrique se fait en deux périodes, dont la pre- mière donnerait précisément l'acide nitreux, ou en supposant, avec M. Duclaux*, que deux ferments, Fim nitreux, l'autre nitrique, s'étaient développés sinuiltanément. 1. Bulletin de la Société chimique de Ihnis, t. XXXIX, p. C.l'i. 1S83. 2. Duciaux, Chimie biologique, p. 71i. 1SS3. 230 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Nous pensons plus volontiers que les nitrites étaient dus, non à une oxydation partielle de la matière organique, mais à une désoxy- dation incomplète de l'acide nitrique déjà formé, soit que le ferment niti'iquc de M. Warington ne fût pas pur, soit, ce qui est moins probable, qu'il eût acquis des propriétés réductrices, en vivant en profondeur, hors de Toxygène de l'air. (S. 2° Dioxyde d'azote. — La formation de ce gaz dans la n''- duction des nitrates a été signalée pour la première fois en 18(58 par M. Th. Schlœsing\ qui l'a obtenu mélangé avec de l'azote ou du protoxyde d'azote, dans la putréfaction de l'urine et dans la fermen- tation lactique du sucre, en présence du nitrate de potasse. Des vapeurs nitreuses, dues à la réaction de l'air sur du bioxyde d'azote apparaissent souvent dans les distilleries, pendant la fermen- tation des jus de betteraves. M. Reiset et M. Th. Schlœsing^ ont appelé successivement l'attention sur ce phénomène. Il n'est pas rare de voir encore, dans certaines usines où l'on dis- tille les mélasses de betteraves, de grosses bulle:-, de plusieurs déci- mètres de diamètre, venir crever à la surface des cuves de fermenta- tion et former comme un nuage de vapeurs rutilantes. Dans ces cas, le rendement en alcool est toujours diminué. Si l'on observe au mi- croscope une goutte du liquide sucré, on voit que la levure alcoo- lique est rare, granuleuse, peu bourgeonnante, et souillée d'une infi- nité de microbes les plus variés. Ceux-ci nuisent au développement de la levure, déterminent des fermentations secondaires et décom- posent les nitrates contenus normalement dans les mélasses. M. Reiset a montré qu'on atténue ces accidents de fabrication'' en ajoutant un excès d'acide dans les cuves. 0. On reproduit assez facilement les conditions où se forme le bioxyde d'azote, en mettant dans une étuve des flacons pleins de jus 1. Comptes rendus, t. LXV|^ p, 2.j7. — Joiirutd de pharmacie el de chimie, l" série, t. Vill, p. 213. 1SG8. 2. Comptes rendus, t.. LXVI, p. 177. — Jonrncd de pharmacie el de chimie. 4" série, t. VIII, p. 213. 18G8. 3. D'après des renseignements qu'a bien voulu nous donner M. Reiset, il est né- cessaire d'employer 2 litres d'acide sulfurique monohydraté par cuvier macérateur, contenant 1,000 kiloifc. de racines en cossettes. nKCHERCHKS SUR I. \ RKDUCTION DKS NITItATKS. 2iU de Itcltcriivcs iiuii ensemence; une rei'inciilalion (^oiiiph^xr' s'(''l:il)lil^ et le gaz qui se dégage est rutilant à l'aii' '. Le 20 octobre, nous avons rempli complètemciil (h jus non stéri- lisé deux (laçons A et B, de 300 centimètres cubes de capacité, inimis de tidtes abducteurs se rendant sous le meicure. Dans A, le jus était seul; dans 15, il contenait 5 grammes par lili'e d'azolalc de potasse. La fermentation a été lenh; ; elle a donné successivemciil : Avec A : Lo 2 nov. Le 19 nov. Totaux. Azote 3^^0 r',:, (;«,5 Bioxyde d'azote 2 ,2 3 ,5 3 ,7 Acide carbonique 3 ,7 G ,5 10 ,2 Totaux 8«,9 13'%:, 22'=%4 nfiélange dont la composition en centièmes est : Le 2 uov. Le 19 uov. Moyennes. Azote 33. 7t 25.93 29.02 Bioxyde d'azote 2i.72 25.93 25.45 Acide carbonique 41.57 48.11 45.53 100.00 100.00 100.00 Avec B : Le 2 nos-. Le 13 nov. Le 19 uov. Totaux. Azote 2",G CSO 2'=%8 1^^4 IHoxyde d'azote ... 1 /. 4 .0 2 .7 S ,3 Aeide carbonique. . . 2 ,1 6 ,0 3 ,4 11 ,5 Totaux. . . . 0",3 Ki^.O S",S 31",2 d'où l'on déduit la composition centésimale : Le 2 nov. Le 13 uov. Le 19 nov. Moyennes. Azote 41.27 37.50 31.4(J 36.54 Bioxyde d'azote. . . 25.40 25.00 30.34 26. GO Acide carbonique . . 33.33 37.50 38.20 36.86 100.00 100.00 100.00 100.00 Le 19 novembre, on met fin à l'expérience. En ouvrant les flacons, le goulot se remplit de vapeurs nitreuses. Au microscope, on voit 1. Voir Mémoires de la Société des sciences physiques el nafii relies de Bor- deaux, 2*= série, t. V, p. 36. 232 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOME» U E. clans A et B le même organisme, composé de petits bâtonnets immo- bitos, étranglés, isolés on en chapelels, ressemblant au ferment lac- tique. Les liquides sont très filants et renferment encore du salpêtre non décomposé. Les tentatives que nous avons faites pour isoler le microbe du bioxyde d'azote ont écboué. Dès les premières cultures dans des liquides stérilisés, la semence cessait de se développer; c'est une étude à reprendre. 10. 3° Protoxyde d'azote. — La réduction du nitre à l'état de protoxyde d'azote a été également signalée parM.Schlœsing en 1(S68\ Ce gaz s'était dégagé seul dans du jus de tabac abandonné à la pu- tréfaction en vase clos; il était mélangé avec de l'azote et du bioxyde d'azote dans la fermentation lactique de l'eau sucrée. MM. Dehérain et Maquenne % plus récemment, ont montré (jue le protoxvde d'azote apparaît encore dans la réduction des nitrates en présence de la terre végétale. Nous avons aussi retrouvé ce gaz en mettant à l'étuve, comme MM. Dehérain et Maquenne, des flacons qui conlenaientun mélange de terre, d'eau sucrée et de nitrate de potasse \ Dans une de nos expé- riences, commencée le 20 janvier, la proportion de protoxyde d'azote, qui était de 24- p. 100 le S\, au début de la fermentation, s'est ré- gulièrement abaissée jusqu'à 6. p. 100. Pendant ce temps, le liquide n'avait point acquis d'acide butyrique, et le gaz dégagé était exempt d'hydrogène. Le 5 février, l'hydrogène a commencé à apparaître, mélangé à 4 p. 100 de protoxyde d'azote, à 91 p. 100 d'acide carbo- nique et à une trace d'azote; avec lui, la fermentation butyrique s'est développée. Le dégagement d'hydrogène a augmenté les jours suivants, et, chose inattendue, la réduction du nitrate de potasse est restée stationnaire. Il semble donc qu'il y ait eu là deux fermentations successives : dans la première, le salpêtre seul a été décomposé ; dans la seconde, le sucre a subi la transformation butyrique sans l'éduire le nitrate res- 1. Comptes rendus, t. LXVI, p. 237. 2. Comptes rendus, t. XCV, p. 6yl, 73? et S54. 18S2. 3. Voir Mémoires de la Société des sciences plvjsiques et naturelles de Bordeaux. 3^ série, t. II. Extraits des procès-verbaux, p. 11. 1SS4-18S."). HKGHEUCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 233 Iniil. L'observation mici'oscopiqiio ronliriiic celle liypotlièse, caries bàlonncls du vibrion bnlyriquo, rares au eomnicncemont, ne sont devenus nombreux (lu'à la fin de rexpériencc. Mais cette conclusion ne peut être rigoureuse, étant donné le grand nombre d'organismes difiérents qui se sont multij)liés en même temps que le vibrion butyrique. Nous reprendrons plus loin rexpériencc avec des organismes purs, et nous montrerons que la fermentation butyrique ne suffît pas pour expliquer la réduction des nitrates dans la terre, et que la formation de protoxvde d'azote dépend à la fois de la nature du ferment et de la nalnie de la matière organiipie du milieu. 11. A° Azolc. — La désoxydation complète des nitrates avec pro- duction d'azote seul a été observée par M. Tb. Schlœsing dans la terre végétale \ Nous savons déjà qu'il a aussi trouvé ce gaz mélangé avec du protoxyde d'azote et du bioxyde d'azote dans une fermen- tation lactique du sucre en présence de l'azotate de potasse. C'est la réduction à l'état d'azote et de protoxyde d'azote que nous étudierons spécialement dans les chapitres suivants. 12. Si l'on considère l'ensemble des recherches que nous venons de résumer, on constate qu'à l'exception de M, Meusel, aucun autre observateur n'a signalé avant nous la présence et le i(Me des infini- ment ])etits dans la décomposition des azotates. MM. Dehérain et Maquenne ^ ont confirmé nos observations à ce point de vue, mais ils n'ont pas, non plus que M. Meusel, isolé à l'état de pureté les microbes trouvés dans leurs cultures. 13. Le présent mémoire comprend quatre chapitres : Chapitre I. — Étude de rpielqnes microbes ilénilrilinnts. — 11. — Produits de la réaction. — III. — Mécanisme de la réduction. — IV. — Applications. 1. Cimipfes rendus, t. liXXVII, p. 353. 1S73. 2. i\otre pronii(^ie note à l'Institut est du *) oetoi)re 18S2; la première de MM. Dehé- rain et Maquenne est du l(i octobre suivant. Mais, dès le 20 juillet 188?, nous avons commencé, sur ce sujet, une série de communications à la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux. (Voir Mémoires de la Sociélé, ?" série, t. V, p. 31, 35; et 3« série, t. II. Extraits des procès-verbaux, p. 1 1 et IS. 1884-1885.) 2?>4 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. CHAPITRE PREMIER Étude de quelques microbes déiiitrifiants. i4. Nous ne reviendrons pas, dans ce cliapitre, sur la transforma- tion des nitrates en nitrites; nous ne nous occuperons que de leur décomposition à l'état d'azote et de protoxyde d'azote. 15. Expériences prélimmalres . — Citons d'abord nos premières expériences : Le 7 avril 1882, on met à l'étuve à 30° un flacon complètement rempli d'eau d'égout, additionnée de 20 milligrammes d'azotate de potasse par litre, plus un centimètre cube d'urine putride pour semence; on recouvre le liquide d'une mince couche d'huile afin de l'isoler de l'air extérieur. Le 10 juillet, il ne reste plus que 3 milhgrammes de sel par litre \ On remplit de nouveau ce flacon avec une solution de 100 milli- grammes de nitre par litre d'eau d'égout. Le 17, il ne reste plus que 6 milligrammes de sel par litre. Le 18, avec une partie du liquide précédent, on ensemence large- ment un flacon de cinq litres environ, qu'on rempHt jusqu'au goulot d'eau d'égout filtrée et contenant en dissolution 200 milligrammes de salpêtre par litre. On met encore une couche d'huile pour empê- cher le contact direct de l'air extérieur. Le 10, après 24 heures seulement de séjour à la température de 30°, il ne reste plus que 88 mifligrammes de sel par fitre; la 112 dénitrification a donc été de ttttx = 50 p. 100. 200 ^ Il s'est dégagé un peu de gaz azote. L'observation microscopique montre que la destruction du nitrate s'est elTectuée, dans tous ces flacons, au milieu d'organismes nom- 1. Tous nos dosages de nitrates ont été effectués sur la méthode de Th. Schlœsing, en mesurant le volume de bioxyde d'azote dégage par Taction du protochlorure de fer très ackle sur un volume donné de li([ulde à essayer. On a toujours opéré par compa- raison avec une solution titrée de nitrate de potasse pur, dans les mêmes conditions de température et de pression. Toutes les fois que cela a été nécessaire, on a enlevé l'acide carbonique par la potasse et Pou a tenu compte d'un léger résidu d'azote. UECHERGHES STH LA P.KDUr.TION DES NITRATES. 23;) brcLix cl variés: bâtonnets longs et courts, niohilos et immobiles; spirillums agiles; monades. Dans ces conditions, il était impossible d'attiibiiei' avec certitude In nMJuction observée à la présiMiee de ces microbes, et encore bien moins de dire rpiel est celui (pii devait (!ii être considéré comme l'agent véritable. 10. L'action de la clialeur et des antisepti([ues ne tarda pas à nous convaincre r[ue le pbénomène était bien, comme nous le sup- posions, d'ordre pbysiologique. Le 20 août, on remplit exactement trois raatras rasteur, préa- lablement stéribsés, de la même eau d'égout. filtrée et additionnée de i gramme de nitre par litre. Le matras a reçoit le liquide stérilisé , sans semence. Le matras b reçoit le liquide stérilisé, mais ensemencé avec quel(jues gouttes de liquide d'une opération antérieure. Le matras c reçoit le liquide non stérilisé et non ensemencé. Le 23, b est légèrement trouble. Le 24, c se trouble à son tour. Le 27, a est resté limpide, sans organismes; les deux autres sont très troubles et pleins de microbes variés. L'analyse donne, pour le nitrate disparu : , Dans a néant. — I) O^^Sl par litre. — c ,88 — Donc, la cbaleur, en tuant les microbes, a empêché la réduction du nitrate de potasse. 17. Avec les antiseptiques, même résultat. Le 6 août, on met à 35 degrés des flacons pleins d'eau d'égout nitratée et stérilisée , avec les antiseptiques suivants : Flacon c lOO"'»"" (Facide salicylique par litre. — b — de salicylate de soude — — c — d'acide phénique — — (/ — de sulfate de cuivre — — e — quelques gouttes de chloroforme avec lesquelles l'eau d'égout est agitée. 2oG ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Tous ces liquides reçoiveni en outre une forte dose de semence prise dans une fermentation achevée. La proportion de nitrate détruit a été successivement : s août. 10 août. 26 août. Dans le flacon a p. 100 37 p. 100 74 p. 100 — h ?1 — 42 — 53 — — c 11 — 42 — 79 — — d néant. néant. néant. — e néant. néant. néant. Le nilrate de potasse est donc resté intact pendant vingt jours avec deux des antiseptiques employés, le sulfate de cuivre et le chlo- roforme ; les liquides correspondants sont restés parfaitement limpides. (Juant à l'acide salicylique, le salicylate de soude et l'acide phé- nique, ils n'ont fait que ralentir la marche de la dénitrification. Les liquides ont donné du trouble, de la mousse, et se sont peuplés de microbes. Bien plus, l'acide salicylique a disparu dans a, et ne reste qu'à l'état de traces dans h; l'odeur d'acide phénique est com- plètement insensible dans c. Nous trouverons plus loin l'explication de ce fait, qui se produit même avec des doses plus élevées que dans l'expérience actuelle. Il résulte de là qu'il y a corrélation entre la destruction des ni- trates et le développement des infiniment petits. 18. Purification des microbes dénitri fiants. — Avant d'aller plus loin dans cette étude, il importait de préparer des microbes déni- trifiants à l'état de pureté. Nous avons employé pour cela les cul- tures dans des liquides stérilisés, en faisant varier successivement la composition de ces liquides, leur épaisseur, leur température, et en essayant sur la semence l'action de la chaleur, de la dilution, de l'âge, de l'acide carbonique, du vide, etc. *. 19. Pour les cultures en profondeur, nous avons adopté le tube de la figure 1 qui n'est, comme on le voit, qu'une modification du matras Pasteur. Il a l'avantage de n'exiger que peu de liquide et peu de place. Le réservoir A n'a en effet qu'un centimètre à un cenli- 1. Voir L. Grandeau, Traité c/'anali/se des matières agricoles, 2" édition, p. .'jRG. KECHERCHES SUH LA UÉDUCTIUN DES NITRATES. 237 uièlrc et demi de diamètre extérieur, pour une capacité de 5 à 8 centimètres cubes. Dans (juelqucs cas, nous avons utilisé avec profit les dispositil's des lii^ures 2 et o; ils ont tous le même but : séparer en un très petit nombre d'opérations, môme en une seule, le microbe qui convient le mieux à un liquide donné. - Fiq.l. l %m^ Fuj/y Les tubes A sont ceux de la figure 1, à l'intérieur desquels on in- troduit soit un tube C (fig. 2) plusieurs fois replié sur lui-même dans le sens vertical, soit un petit serpentin S (fig. 3), dont le tube n'atteint pas un millimètre de diamètre. Ces appareils ayant été stérilisés et remplis d'un bouillon de cul- ture convenable, on dépose, à l'aide d'un tube effilé, une goutte de semence impure dans l'ouverture a. Le microbe qui s'accommode le mieux du iicpiide nutritif, ou bien celui qui se trouve le plus anaé- robie, se développe de préférence, et parcourt toute la longueur du 2o8 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lube avant de gagner rorifice o et de tomber dans le liquide extérieui". Il est rare que plusieurs êtres puissent ainsi cheminer parallèlement dans un tube capillaire, sur une longueur de plusieurs décimètres; mais, comme ils peuvent se suivre à petite distance, il faut avoir soin de faire une nouvelle culture avec une goutte du liquide extérieur, dès que celui-ci est ensemencé. Il ne faut pas attendre pour cela que le trouble s'y manifeste ; il est préférable d'y faire des prises très fréquentes, tous les quarts d'heure par exemple , à partir du moment où le trouble du liquide contenu dans le tube capillaire s'est propagé jusque dans le voisinage de l'extrémité o. En recommençant l'opération deux ou ti'ois fois, surtout avec des hquides variés, on arrive rapidement à la puri- fication de l'espèce cherchée. Si, dans les conditions de l'expérience, il y a production de gaz, les appareils ne peuvent convenir; on change alors le liquide de culture. 20. Le dispositif de la figure 4 est destiné à rendre les mômes services ; il est d'une construc- tion plus difficile, mais d'une manipulation plus commode et plus sûre. Le serpentin S, au lieu d'être libre, est soudé par son orifice supé- rieur, en t, à un étranglement du tube A. On a soudé latéralement un réservoir à boule G, fermé par un bouchon conitjue à recouvrement B'. Eli déposant la semence impure en a, on n'a pas à craindre de la répandre dans le liquide extérieur; puis, quand le microbe purifié est sorti du serpentin, on fait aisément les prises de la nouvelle semence en a'. 21. A l'aide des divers procédés ou appareils que nous venons d'indiquer, nous avons obtenu jr^-^, ^_ plusieurs variétés de microbes dénilrifianls, dont les germes se trouvaient primitivement soit dans l'eau d'égout, soit dans la terre végétale, soit dans les poussières de l'air. Il faut re- marquer ipie la purification de tels ètj'es présente une faciUté rela- 'K^ UECHERCHES SUR LA RKDL'CTION DES NITRATES. 231) Livo, grâce à la composition parLi(;iilièiv des li([ui(.les de CLdlurc, dont le nitrate s'oppose au développement d'un grand nombre d'es- pèces. Nous en avons spécialement étudié deux que nous allons mainte- nant décrire sous le nom de Baderium denib'ificans. Comme ces or- ganismes ont de grandes ressemblances, nous les distinguerons seu- lement l'un de l'autre par les lettres a et [3. C'est avec le premier, qui est le plus actif, que nous avons fait la plupart de nos expériences. 22. Ikiclerium demlrlJLcans ol (fig. 5). — Ce microbe est ujic bac- térie de 0,4- à 0,6 [x de largeur et de 2 à 4 p. de longueur ; ses dimen- sions sont en général un peu plus grandes dans les liquides artificiels que dans les bouillons de viande. Sa réfringence est faible et ses contours ne sont nettement accusés que dans les préparations colorées. Il est plus facile à observer dans les liquides artificiels que dans les bouillons. (Juand on examine au microscope une culture récente dans un milieu nitrate, on voit un assez grand nombre de bactéries immo- biles, tandis que d'autres sont animées de mouvements parfois très vifs. Dans les préparations faites avec des liquides dépourvus de ni- trates, peu d'instants après la mise en place du couvre-objet, les mi- crobes mobiles sont relativement plus nombreux et leurs mouvements plus rapides; au bout de quelques minutes, presque tous cessent de se mouvoir au centre de la préparation ; mais le mouvement continue vers les bords de la lamelle. Le contraste est bien plus fra})pant, si on laisse une bulle d'air sous le couvre-objet ; auloui- de cette bulle les microbes s'agitent avec une extrême vivacité ; la rapidité de leur allure est si grande qu'il est presque impossible de les suivre dans leurs déplacements ; tantôt ils décrivent des courbes irrégulières, tantôt ils vont en ligne droite, s'arrètant parfois brusquement pour lepariir en sens opposé; souvent ils sont animés d'un mouvement d'oscillation rapide ou de vibration. Après un certain temps, les bac- téries se rapprochent de plus en plus des bords de la bulle , si bien qu'elles ne peuvent alors que s'agiter sur place, jusqu'au moment où elles sont assez serrées les unes contre les autres pour êtrecoin- plèlemeiit immobilisées. L'espace (|ui entoure immédiatement cet amas de microbes est à 2-lU ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. peu près complètement dépourvu d'organismes; un peu au delà, on trouve, disséminés et immobiles, ceux qui étaient hors de la zone Je diffusion de l'oxygène. On peut dire que l'observateur assiste à la formation, autour de la bulle d'air, d'une véritable zooglœa, semblable à celle qui se pro- duit, comme on le verra, à la surface des bouillons de culture exempts de nitrates, et exposés au contact de l'air extérieur. Le B. denitnjlcans se multiplie par sissiparité dans les premiers jours de son développement, quel que soit le liquide de culture; plus tard, on voit apparaître de une à trois spores dans chaque bâ- tonnet; quelquefois, leur nombre atteint cinq ou six, dans des fila- ments plus longs, mais formés vraisemblablement de deux bactéries soudées l'une à l'autre et dont la ligne de séparation est difficile à saisir. Cette observation ne se fait bien que dans une préparation colorée, car dans l'état normal, la réfringence de la spore diffère à peine de celle du bâtonnet lui-même. La formation de spores est précédée d'une accumulation de ma- tière protoplasmique, sous forme de corps allongés, qui occupent une longueur variable dans chaque bâtonnet, et qui se résolvent ultérieurement en corpuscules sphériqucs. Leur présence explique comment les germes de la bactérie conservent leur vitalité dans cer- tains milieux pendant des années entières. 23. Bacterium denilrijicans ^. — Il diffère peu au microscope du Badermm denUrifican^a.; il est seulement un i)eu plus réfringent et un peu plus large; sa largeur est de 0,5 à 0,7 ;j.. 11 est assez diffi- cile de les distinguer l'un de l'autre, autrement que par la rapi- dité de leur développement et par les produits de leur action sur les nitrates, quand on les cultive comparativement dans les mêmes mi- lieux. Nous indiquerons chemin faisant ces différences. 24. Coloration des microbes. — On peut coloi'erles bactéries dé- nitrifiantes avec diverses matières colorantes; celles que nous avons spécialement essayées sont : Le bleu de méthylène: Le brun de phénylène (vésuvine)j Le violet de niclhyle B; Le violet de gentiane. Flg I- BACTEFUU.M DEXITRIFICANS ek. G = . d'après une photographie deM..Schustei- Flg 2 - BAC I LU' S A.^n'LOBACTHI\ G-. dapres une pho;.cc?aphie de K.Schiister HECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 241 l.c bluu du inélliylciic et le brun de phéiiylùiie sont ub.soi'hés lenLcinenl et ne donnent que des colorations peu intenses. Les violets de méthyle et de gentiane donnent au contraire d'ex- cellents résultats, mais le second est d'un emploi un pou plus avan- tageux (jue le premier. Si la préparation colorée ne doit pas être conservée, il suffit de mélanger une goutte de liquide de culture avec une très petite quantité de solution de violet de gentiane à 0.5 p. H 10. Gela con- vient très bien pour l'observation des spores. Si, au contraire, la préparation est destinée à être conservée, on étale à l'aide d'un fil de platine une très petite goutte de liquide contenant les bactéries sur une lamelle couvre-objet ou mieux sui- une lame |)orte-objct, préalablement débarrassées des })lus infimes traces de matières grasses par un lavage à l'étber alcoolisé. Il con- vient de les cbaufl'er légèrement versoO" ou 35" avant d'y déposer le liquide de culture. L'évaporation de la goutte étant terminée, on passe à plusieurs reprises la lame dans la llamme d'une lanqie à alcool de façon à la porter à une température un ])eu supérieure à 60°. Après refioi- dissement, on met une ou deux gouttes de solution aqueuse de vio- let de gentiane à 1 p. 100, et on laisse en contact pendant 5 à 10 minutes. L'excès de matière colorante est ensuite entraîné par un lavage à l'eau distillée; la durée du lavage ne doit pas dépasser une minute avec une préparation en couche mince et régulière, si l'on tient à avoir une coloration intense. 25. La préparation ainsi obtenue peut être étudiée dans l'eau ou montée après dessiccation. Pour cette dernière opération, on peut faire usage de baume de Canada; inais cette substance, employée seule ou mélangée à un lluidifiant, a l'inconvénient de pAlir la teinte du microbe et de rendre celui-ci moins net. La glycérine le décolore en dissolvant le violet de gentiane; la solution d'acétate de potasse agit de même, quoiqu'à un degré moindre. Nous préférons faire usage d'une solution concentrée de chlo- rure de calcium dans laquelle le violet de gentiane est complètement insoluble. (Juand on enq)loie ce dernier lifjuide, il est très avan- tageux de fixer la préparation, contrairement à l'usage, sur la lame A.N.N. SCIENCE AGIlON. 16 242 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. porte-objet et non sur la lamelle '. Les microbes colorés selon ce procédé apparaissent très nets et fortement teintés quand on les examine avec un objectif 12 à immersion homogène de Vérick et avec tout le tirage de l'oculaire 3. Toutefois, les préparations dans le chlorure de calcium conservent un fond un peu phis coloré et plus chargé d'impuretés que celles qui sont montées dans le baume. 26. Indépendamment des préparations faites comme on vient de le dire, nous employons, pour la photographie, des préparations fixées sur la lame et recouvertes, sans aucun liquide intermédiaire soit d'un couvre-objet, soit d'une seconde lame porte-objet, qu'on enlève au moment de l'usage. Ces préparations à sec ne sont pas très favorables à l'observation des détails intérieurs du microbe, à la recherche des spores par exemple, mais elles montrent des bacté- ries colorées en violet opaque presque noir et d'un relief remar- quable, permettant d'obtenir de bonnes photographies. 27. In/luence des nitrates sur les B. denitrificans. — Avant d'é- tudier le mode d'action de ces microbes sur les nitrates et les cir- constances qui peuvent modifier leur pouvoir réducteur, il convient d'insister sur l'influence du nitrate lui-même sur leur développe- ment. Ensemencé dans un vase à fond plat, contenant en grande sur- face, sous une faible épaisseur, du bouillon ou du liquide artificiel exempt de nitrates, le B. denitrificans se multiplie dans toute la masse, parce qu'il reçoit largement le contact de l'air extérieur. Mais dans un vase étroit, tel que le tube de la figure 1, par exemple, il ne se développe que dans les couches supérieures du liquide, là seulement où l'oxygène peut se diffuser. Dans ce cas, il forme à la surface, en moins de vingt-quatre heures, une couche membraneuse, zoogléique, bientôt glaireuse, dont l'épais- seur va en augmentant et dont les bords se redressent sur les parois de l'appareil à une hauteur de plusieurs millimètres. La for- mation de cette membrane s'explique par la tendance qu'a le mi- crobe à se grouper sous l'influence de l'air, sans d'ailleurs changer 1 . C'est au contraire sur la lamelle couvre-objet qu"il faut étaler le liquide de cul- ture, si l'on emploie le baume do Canada. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 243 de forme et sans perdre la facullé de se mouvoir, lorsqu'il se re- trouve libre, dans un liquide oxygéné. Nous avons eu la preuve de celte tendance dans l'observation microscopique. Si l'on fait l'ensemencement dans un milieu tout à fait privé d'air, le microbe donne avec le bouillon une très légère opalescence et laisse au liquide artificiel toute sa bmpidilé primitive. 28. Le IJ. denitrificans se présente donc comme l'un des êtres les plus avides d'oxygène; et, non seulement il prend ce gaz à l'air libre, mais il peut aussi l'emprunter à un milieu nitrate, de telle sorte qu'il est, suivant le cas, et avec la même facilité, aérobie ou anaérobie. Aussi, quand on le sème dans des cultures riches en nitrates, se répand-il uniformément dans toute la masse, quelle que soit la forme du vase et l'épaisseur du liquide ; celui-ci se trouble rapidement, se recouvre d'une mousse épaisse et devient le siège d'une fermentation énergique. Lorsque le gaz a cessé de se dégager, le liquide, qui est devenu visqueux et filant, s'éclaircit peu à peu, et le mici'obe se ramasse au fond du vase en couche glaireuse ; quelquefois, après la fermentation, si le contact de l'air devient pos- sible, il se fait à la surface une membrane zoogléique, analogue à celle que donnent les milieux non nitrates. La viscosité ne se produit pas pendant que la fermentation est en pleine activité ; elle n'apparaît qu'à la fm, alors que le liquide peut être assimilé à un milieu exempt de nitrates. Or, de tels milieux sont précisément, comme on l'a vu, très favorables à la production de matières glaireuses. 29. Circonslances qui influent sur la dénitrification. — La quan- tité de nitrate décomposé dans un temps donné dépend évidemment de l'activité du ferment et, par conséquent, pour un même microbe, de la nature du milieu, de la température, de l'âge de la semence, etc., toutes circonstances qui influent sur sa vitalité, 30. 1" Influence de la nature du microbe. — Comparons d'abord nos deux B. denitrificans. Le 9 janvier, à 4 heures du soir, on ensemence deux tubes à cul- ture profonde (fig. 1), contenant le même bouillon nitrate, l'un a avec le B. denitrificans a et l'autre b avec le B. denitrificans p. Le lendemain 10, à 8 heures du matin, a est trouble avec une 244 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. mousse line ; b csl plus trouble, mais sans mousse ; à i- heures du soir, la mousse apparaît dans h; elle a une épaisseur de 1 centi- mètre environ dans a. Le di, à 4 heures du soir, mousse très abondante dans b ; mousse tombante et fermentation achevée dans a. La marche de la dénitrification a été : Le 10. Le H. k\ec \e B. dcnitrijicans rx 52 p. 1 00 100 p. 100 — — [i 50 — 77 — Les deux microbes donnent des nitrites pendant la fermentation. Ainsi, avec le bouillon de bœuf, il y a une différence dans le trouble du liquide, dans l'apparition de la mousse et dans l'intensité de la ré- duction. Le microbe a s'est toujours montré plus actif que le mi- crobe p. Quant aux produits de la réaction, on verra plus loin qu'ils ne diffèrent pas sensiblement. Avec le liquide artificiel, dont on trouvera la composition à la page 255, les différences s'accentuent. Le 10 janvier, à 4 heures du soir, deux tubes contenant du Uquide artificiel sont ensemencés, a avec le B. denitrificans a et 6 avec le B. denitrificans p. Le lendemain, à 11 heures du matin, a est très trouble, avec une mousse de plusieurs centimètres d'épaisseur; b est trouble, mais sans mousse. Le 12, la mousse est abondante dans b, tombante en a, où la fer- mentation est achevée. La dénitrification a été : Le 11. Le 12. Avec le B. denUrificans y. 77 p. 100 100 p. 100 — — li 50 — 77 — Ces deux ferments ne diffèrent pas seulement par leur activité; le premier, qui donnait des nitrites avec le bouillon de viande, n'en fait pas dans le liquide artificiel; le second, au contraire, en donne dans les deux cas. De plus, a dégage du protoxyde d'azote quand ^ lie dégage (pie de l'azote (voii- p. 276 et suiv.). RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NTITIATES 245 Eli raison de sa grantli! puissance réductrice, le Ji. denilrificaiu ry. a él(' clioisi pour les expériences ultérieures, sauf indication con- traire. .il. 2° fn/luence de la température. — Le 10 seplenibiv, on distri- bue dans des vases de culture du bouillon additionné de nitrate de potasse ; après ensemencement, on met : a, à la température de 20" 6, — 30» c, — 35» il, — 40° Le 11, tous les liquides sont troubles et donnent de la mousse. Le 12, la fermentation est achevée dans c et (/ ; elle continue dans a et b. Le dosage du salpêtre restant permet de calculer par différence la mesure de la dénitrification; on trouve : Dansa 77 p. 100 — b 95 — — c 100 — — d 100 — Une température voisine de 35° est donc très favorable à la ré- duction du nitrate; c'est celle que nous avons généralement adoptée. Nous verrons, à la fin du chapitre suivant, que la température influe sur la composition du gaz dégagé et (ju'elle favorise la formation (lu protoxyde d'azote dans le liquide artificiel. 32. i)" bijluence du ehaulfnge de la semence. — Le 27 octobre, on reiii[»lit une série de petites ampoules effilées aux deux bouts avec un litpiide en fermentation, on les scelle à la lampe et on les plonge dans un bain-marie, dont on élève progressivement la tem- pérature. Ces ampoules, chauffées à des degrés divers, servent en- suite, après refroidissement, à ensemencer des tubes de bouillon nitrate. Un tube a reçoit la semence chauffée à 40" — b — — GO — c — — 80 V — d — — 100 246 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le 28, a est trouble et donne de la mousse ; b est opalin, sans mousse; c et d sont limpides. Le 29, h se trouble et mousse à son tour. Le 4 novembre, c et c^ sont restés limpides. r33. Le même jour, expérience toute semblable, mais en resser- rant les températures entre 50 et 100 degrés. Un tube a reçoit la semence chauffée à 50° — * — — GO — c — — 70 — cf — — 80 — e — — 90 — / — — 100 Le 28, a et 6 sont troubles, les autres tubes sont limpides. Le 29, dénitrification très avancée dans a; fermentation et mousse dans b ; ni trouble, ni mousse dans les autres tubes. Le 4 novembre, c, d, e et /"sont restés limpides. Le microbe dénitrifiant est donc tué à la température de 70 degrés, mais il souffre déjà de l'action d'une température de 60 et même de 50 degrés. 34. 4° Influence de l'air. — La décomposition des nitrates doit diminuer au contact de l'air, parce que, dans ces conditions, le mi- crobe est largement pourvu de l'oxygène dont il a besoin pour son développement, et qu'il lui est plus facile de le prendre là qu'à une combinaison chimique. Les expériences suivantes justifient cette hy- pothèse. L — Le août, un flacon de 300 centimètres cubes est rempli jusqu'au goulot d'eau d'égout nitratée ; un volume égal de liquide est versé dans un flacon de 600 centimètres cubes de capacité. Même semence dans les deux hquides. Après un séjour de 24 heures à l'étuve, le premier a perdu 42 p. 100 et le second 11 p. 100 seulement du nitrate employé. IL — Le 12 février, on met un même volume de bouillon de bœuf additionné de salpêtre dans une fiole de culture à fond plat A (fig. 6), où il occupe une épaisseur de 2 à 3 millimètres seulement, et dans un tube de culture A', sous une épaisseur de 12 centimètres environ. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 247 Les deux vases reçoivent chacun une goutte de la môme semence. Le 14, la réduction a été : Dans a de 1 1 p. 100 — a de i7 — Malgré la faible épaisseur du bouillon dans la fiole A, on voit qu'il y a eu, néanmoins, une dénitrification partielle. Les choses se passent Ficj. 6. b: sans doute comme dans l'action de la levure de bière sur du moût en grande surface. On ne peut, dans les deux cas, sHp[irimer complè- tement la fermentation, parce c[ue l'aération de tous les points du li- 248 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. quide est impossible. Les organismes tout voisins de la couche su- perficielle, protègent en effet les autres contre le contact de l'air, et ceux-ci fonctionnent alors comme dans une culture en profondeur. 35. Plus le milieu sera nutritif, plus les organismes se dévelop- peront et plus il sera difficile d'avoir une réduction nulle dans un liquide en couche mince. Mais si le milieu est pauvre en aliments, comme feau d'égout, les microbes seront peu abondants, l'air pourra se dissoudre dans toute la masse et le nitrate ne sera pas décomposé. L'expérience suivante réahse ces conditions. IIL — Le 6 août, on fait trois parts égales d'eau d'égout nitratée, qu'on distribue dans trois vases de capacités différentes : a Flacon complètement rempli. b Flacon à moitié rempli. c Fiole à camphre où le liquide occupe 2""" environ d'épaisseur. Même semence dans les trois appareils. Le 26, la proportion de nitrate réduit a été : Dans « de 33 p. 100 — b de 14 — — c . de — Il résulte de là que, pour obtenir des fermentations rapides, il faudra faire usage de vases profonds et complètement remplis de liijuide. 36. 5" Inlluence de Vâge de la semence. — Si l'on prend j)onr semence, dans des cultures nouvelles, le B. denitrificans aux diffé- rentes périodes de son développement, on constate que ce microbe s'affaiblit progressivement jus(iu'à la perte complète de son activité, jusqu'à la mort. Le 17 novembre, après avoir éprouvé à l'étuve un certain nombre de tubes de culture, contenant du bouillon additionné de 10 grammes de nitrate de potasse par litre, on ensemence fun d'eux avec un mi- crobe très jeune. Le lendemain, les jours suivants, puis à des inter- valles plus éloignés, on ensemence successivement les autres tubes, avec des prises faites dans celui-là. La proportion de niti'ate réduit a été mesurée pour chaque tube après 24- et après 48 heures. KECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 249 Le tableau suivant résume cette expérience : NUMERO d'ordre de la culture. DATE de l'ensemencement. AGE de la semence. PROP< >RTION8 DE NITRA' après rE RKDl après 24 heures. 48 heur 17 nov. n » » 1 18 — 1 jour 08 p. 100 84 p. 100 2 19 — 2 — ce — 84 — 3 20 — 3 — •18 — 70 — 4 21 — 4 — 48 — GO — 5 22 — o — 42 — 72 — 6 27 — 10 — 28 — 64 — 7 2 déc. 15 — 18 — 54 — 8 7 — 20 — 12 — 40 — 9 17 — 30 — ■ 16 — 20 — 10 27 — 40 — — — Malgré quelques irrégularités qui pourraient s'expliquer par les (Jiflérences de volumes de semence employée, on voit que le sens du phénomène est très net et que la vitalité du ferment diminue assez rapidement lorsqu'il est laissé en contact avec son liquide. C'est un fait fréquent chez les infiniment petits. 37. La nature du liquide de culture influe, d'ailleurs, sur la vi- tesse d'affaiblissement du microbe. A la fin de juin 1883, on sème du ferment pur dans les liquides suivants : o. — Liquide artificiel de la page 255 contenant 1 p. 100 de nitrate de potasse. b. — Bouillon de bœuf contenant 1 p. 100 de nitrate de potasse. c. — Bouillon de bœuf contenant 1 p. 100 de nitrate de potasse et 5 p. 100 de sucre. d. — liouillon de bœuf contenant 1 p. 100 de nitrate de potasse et 2 p. 1 OU d'amidon. e. — Eau de levure, sans nitrate. /. — Bouillon de bœuf, sans nitrate, contenant 2 p. 100 d'amidon. Ces cultures sont abandonnées à la température ordinaire jus- qu'en janvier 1884. A cette date, les liquides sont opalins ; au fond des tubes, on trouve un dépôt grisâtre, constitué par un amas de iiiicrobes, de cristaux de [)liu$j)hate ammoniaco-magnésien et de granulalions amorjthes. Le janvier, avec des prises faites dans ces divers liipiides, les unes à la surface, les autres dans le dépôt, on ensemence largement (lu bouillon de bœuf neutre, contenant 1 p. 100 de salpêtre. 250 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le 7, les cultures issues de c, d, e et f donnent une mousse abon- dante, tandis que celles' issues de a et de 6 ne sont même pas troubles. Le 8, le tube ensemencé avec le dépôt de b est devenu trouble à son tour, et mousse légèrement ; celui qui a reçu une goutte de la surface est limpide. Le 9, mêmes tubes qu'hier en fermentation ; dans plusieurs, la dénitrification est achevée. Le 10 et jours suivants, les tubes déjà stériles n'ont donné ni trouble, ni réduction, ni microbes. La semence provenant du liquide artificiel a était donc morte ; celle provenant du bouillon de bœuf nitrate b ne s'est rajeunie qu'avec peine; à la surface même, elle était morte. Quant aux autres semences, celles qui avaient été prises dans les bouillons nitrates c et d, additionnés de sucre ou d'amidon, elles se sont rajeunies moins vite que celles qui avaient été extraites des liquides non nitrates e et /■; en effet, le 9, la réduction était complète dans ces dernières cultures, tandis qu'elle n'était que de 56 p. 100 dans les tubes en- semencés avec c et de 68 p. 100 dans les tubes ensemencés avec d. L'ordre dans lequel nous avons placé les hquides de culture est précisément celui qui indique leur valeur nutritive relative pour le B. denitrificans. Celui-ci, comme beaucoup d'autres organismes, s'épuise donc, dans un milieu, d'autant plus vite qu'il s'y est montré plus actif. 38. L'eau de levure non nitratée est, de tous les liquides que nous avons essayés, celui qui conserve le plus longtemps la semence de notre microbe. Grâce à cette propriété, nous avons pu le retrou- ver vivant au mois de décembre 1884, c'est-à-dire un an et demi après son ensemencement. Ce fut une résurrection des plus heu- reuses, car, à la suite d'une élévation accidentelle de la température dans notre étuve, le ferment qui servait à nos expériences fut tué, et nous l'eussions perdu sans retour, si le tube d'eau de levure conservé dans notre collection ne nous avait permis de le rajeunii-. Aujourd'hui encore, 25 août 1885, on retrouve des spores vivantes dans le tube ensemencé à la fin de juin 1883 et dans le tube ense- mencé en janvier 1884. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 251 39. 6° Influence de la proportion de nilrale. — 1. Le 21 juillet, on ensemence des flacons exactement remplis d'eau d'égout, contenant des doses croissantes de nitrate de potasse : a 0°'",2â par litre. b ,50 — c 1 ,00 — d 2 ,50 — e 5 ,00 — Les liquides se sont tous troublés et la réduction a suivi la marche suivante : Au 23 juillet. Au 25 juillet. Au 28 juillet. Au I't août. Au 7 août. Dans a. — b. — c. — (/. — e. 58 p. 100 92 p. 100 100 p. 100 12 — 60 — 100 — 2-i — 44 — 96 — 20 — 63 — )) » 14 — 99p. 100. 100 p. 100. 90 — 100 — 49 — 100 — On déduit de là : Dans a . — b. — c . — d. — e. DOREE de la léduction- 7 jours. 7 — 11 — 17 — 17 — NITRATE décomposé par jour eu moyenne. 0''',036 par litre. ,071 — ,090 — ,147 — ,294 — II. — Avec un liquide plus nutritif que l'eau d'égout, du bouillon de viande, par exemple, la destruction du nitrate est beaucoup plus rapide. Le 5 septembre, on ensemence du bouillon rcnferniant : a 1 gramme de nitrate de potasse par litre. * 2 — — c 4 — — La marche de la dénitrification a été de jour en jour : G sept. 7 sept. 8 sept. 9 sept. Dans a 8G p. 100 100 p. 100 » » — b 71 — 100 — " » — c 30 — C5 — 91 p. iOO 100 p. 100 252 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. On a donc obtenu : Dans a. — b. — c. DUREE maximum de la réduction. 2 jours. 9 — NITRATE détruit pav jour en moyenne. O'^S par litre. 1 ,0 - 1 ,0 - III. — La dénitrification peut se produire aussi avec des doses plus élevées de sel. Le 8 septembre, on dispose un autre essai dans du bouillon tenant en dissolution : a 4 grammes de nitrate de potasse par litre. b 8 — — c 12 — — d 16 — — e 20 ■ — — La semence est prise dans un flacon en pleine fermentation. Les dosages successifs ont donné pour la dénitrification : 9 sept. 11 sept. 13 sept. 15 sept. 22 sept. Dans a. . 2b p. 100 75 p. 100 100 p. 100 » » — b. . 26 — 68 — 84 — 89 p. 100 1) — c . . 15 — 47 — 40 - 52 - 59p. 100. — d. . » 2'o — 27 — 27 — 34 — — e. . 1) 4 — 13 — 28 — )> Si l'on calcule les doses de nitrate détruit au i3 septembre, c'est- à-dire 5 jours après l'ensemencement, on obtient : MOYENNE TOTAL. parjour. Dans a 4S'',00 OsrjSO par litre. — b 6 ,72 1 ,34 — — c 4 ,80 ,96 — — d 4 ,32 ,86 — — e 2 ,60 ,52 — 40. L'activité du microbe dépend donc de la richesse du milieu et de la proportion de nitrate dissous. Dans les bouillons de viande, elle paraîl maximum pour les doses de salpêtre voisines de 1 p. 100; RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 253 mais la bactérie peut vivre cl agir avec 2 p. 100 de sel. Dans ce dernier cas, la fermentation se ralenlil nu bout de peu de jours et ne se termine pas, soit parce que le liquide est devenu fortement alcalin et gène le développement du ferment, soit parce que la ma- tière organicpie n'y est plus en quantité suffisante (voir page 273). La proportion que nous adoptons généralement est celle de 10 grammes par litre. La quantité de sel décomposé par litre et par jour a dépassé i gramme dans Texpérience précédente. Dans cei'tains cas, nous avons eu 3 grammes dans du bouillon de poulet, 6 grammes et môme 9 grammes dans du liquide artificiel. ■41 . T Iii/htcnce de la base du nitrate. — Les azotates alcalins et l'azotate de cbaux sont tous décomposables parle B. dcultrificans. L — Le 6 août, on ensemence de l'eau d'égout renfermant des poids égaux, P\G1 par litre, de ces divers sels; la fermentation s'est régulièrement établie, donnant la mousse et le trouble habi- tuels. La déni Lrificat ion a été : y 8 août. 9 août. Avec le nitrate de potasse de 42 p. 100 47 p. 100 — de soude 24 — 40 — — d'ammoniaque 25 — 40 — — de chaux 37 — SS- II. — A doses plus élevées, le sel de chaux empêche la vie du mi- crobe et ne se décompose pas, même dans un milieu plus riche en matières nutritives. Le 10 juillet, on ensemence des tubes de bouillon de bœuf conte- nant des poids équivalents (le dixième de l'équivalent par litre) de nitrates alcalins et de nitrate de chaux. On a obtenu les réductions suivantes : 11 juillet. 12 juillet. Avec le nitrate de potasse 21 p. 100 51 p. 100 — de soude. ...... 20 — 27 — — d'ammoniaque 22 — 38 — — de chaux — — Le sel de potasse s'est montré plus favorable que les autres ; mais dans d'autres expériences, où le bouillon avait une autre compo- 254 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sition, où la semence n'avait pas été prise au même âge, l'ordre a été un peu différent ; c'est ce qui est arrivé dans l'exemple suivant. III. — Le 12 février, on ensemence des tubes de bouillon de bœuf contenant respectivement des poids de sel équivalents à 10 grammes de nitrate de potasse. La réduction a été : 13 février. 14 février. 15 février. Avec le nitrate de potasse. . . de 38 p. 100 6.j p. 100 79 p. 100 — de soude ... 47 — 80 — 96 — — d'ammoniaque . 32 — CS — 73 — On peut, dès lors, admettre que les trois nitrates alcalins se ré- duisent, suivant les cas, avec la même facilité. 42. S" Influence de la constitution des liquides de culture. — Les expériences que nous avons rapportées ont déjà montré que le B. denitrificans vit mieux et détruit plus de nitrate, toutes choses égales d'ailleurs, dans les bouillons de viande que dans l'eau d'égout. La nécessité d'un milieu riche en matières nutritives ne s'explique pas seulement par les besoins du microbe; nous verrons, dans le cha- pitre suivant, que la réduction du sel ne peut s'accomplir que si l'oxygène nitrique trouve à brûler du carbone organique. Mais quelles sont les matières organiques qui peuvent convenir? En faire une liste complète serait impossible et inutile. Nous dirons seulement que, parmi celles que nous avons essayées, indépendam- ment du bouillon de poule, de veau ou de bœuf, l'huile d'olives, l'huile d'amandes douces, la glycérine, le sucre, le glucose, l'ami- don, les alcools de la série grasse, le glycol, le glycocolle, l'aspara- ginc, l'aniline, les acides tartrique, citrique, benzoique, salicyhque, phénique en milieux neutres, sont plus ou moins propres à la cul- ture du microbe dénitrifiant ; que le chloroforme et les oxalates empêchent son développement. Il est remarquable que l'acide phénique, l'acide salicyhque, l'aniline, qui sont d'excellents antiseptiques pour certains microbes, n'empêchent pas le développement du B. denitrificans, même à des doses supérieures aux doses habituelles. M. Mùntz a bien voulu nous citer des laits qui concordent avec nos observations, du moins pour RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 255 l'acide phénique; il a vu cerlains organismes le détruire à dose de plusieurs grammes par litre. Dans les cultures où l'on ajoute de l'aniline, on perçoit nettement l'odf lie de nitrohenzine. Cette réaction intéressante, l'inverse de celle que l'on produit d'ordinaire dans les laboratoires ou dans l'in- duslrie, s'explique par la mise en liberté, à l'état naissant, de l'oxy- gène nitrique^, puisqu'on a : C'"- H^ Az -<- 30"- = C'^ H^ (Az 0') + IP 0^ 43. On peut remplacer les liquides complexes, comme le bouillon de viande, par des liquides artificiels de composition connue. La constitution d'un pareil milieu exige de longs tâtonnements, dans le détail desquels il nous paraît inutile d'entrer. En nous inspirant des travaux de même ordre dus à M. Pasteur et à M. Raulin, nous sommes arrivés, par degrés, à composer le li- quide suivant, qui nous donne des fermentations au moins aussi rapides que les bouillons les plus riches. Nitrate de potasse lOe^OO Acide citrique 7 ,00 Asparagine 5 ,00 Phospliiite de potasse 5 ,00 Sulfate de magnésie 5 ,00 Chlorure de calcium cristallisé ,50 Sulfite de protoxyde de fer ,05 Sulfate d'alumine ,02 Silicate de soude ,02 Eau 1000 ,00 Ammoniaque q. s. pour neutraliser. Toutes ces substances, exactement pesées, sont mises dans un ballon avec de l'eau distillée; on fait dissoudre à chaud, puis quand la solution est refroidie, on la sature avec l'ammoniaque et on com- 1. On doit sans doute expliquer par Tactinn de microbes dcnitrifiants et non par des microzymas, comme Ta proposé M. .1. Bécliamp. le fait observé par .M. Méliay, d'oxydation à froid de l'acide acétique dans les liquides neutres ou faiblement alcalins en présence des azotates et des phosphates alcalins. [Journal de pharmacie et de chimie, 4^ série, t. XXUl, p. 184 ; et t. XXIV, p. iSS. lS7(i.) 256 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. plète le volume à un litre. On distribue ensuite le liquide dans des fioles, pour la stérilisation. 44. Nous verrons, plus loin, l'influence de l'asparagine sur la na- ture des gaz dégagés. Pour le moment, il suffît de dire que le liquide artificiel ainsi constitué est comparable, comme milieu nutritif, au meilleur bouillon de viande contenant la même dose de salpêtre. Dans le bouillon, le B. denitri(icans donne rapidement du trouble et commence à dégager des bulles de gaz 15 à 18 beures après l'ensemencement. Dans le liquide artificiel, le trouble et les bulles gazeuses apparaissent un peu plus tard ; mais, quand la fermen- tation est l)ien établie, l'intensité du trouble devient supérieure à celle du bouillon ; elle est si considérable que la liqueur est opaque sous une faible épaisseur. En même temps, le microbe se multiplie avec une abondance telle qu'il est rare de voir, au microscope, plus d'organismes réunis que dans une goutte de ce Hquide artificiel. L'activité de la réduction est, d'ailleurs, à peu près la même dans les deux milieux. En effet, dans un essai comparatif, la proportion de nitrate détruit en vingt-quatre heures a été de 50 p. iOO dans le bouillon et de 48 p. 100 dans le liquide artificiel. CHAPITRE II Produits de la réaction. 45. Nous avons vu que la transformation des nitrates en nitrites se fait en général sans dégagement de gaz ; au contraire, la réduc- tion plus complète de l'acide nitrique parle Bactermm denitri/lcans, engendre de l'azote ou du protoxyde d'azote, produit une mousse abondante et une effervescence très vive comme dans une véritable fermentation. I. — Production d'azote. 46. Nous examinerons d'abord le cas où l'azote se dégage en li- berté, sans être combiné avec de l'oxygène ; c'est d'ailleurs le plus fréquent. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 257 Dans un iiiiliou riche en matières organi([ues, ce gaz est mélangé avec une certaine quantité d'acide carbuni(|uc ; mais si les conditions sont telles que le liquide ne puisse être saturé par ce dernier à la température de l'expérience, le gaz dégagé est de l'azote pur. Il suffit pour cela que le milieu soit peu nutiitif, car alors la propor- tion de nitrate décomposé est faible. En voici un exemple : Le 8 août, on dissout 21 grammes de salpêtre dans 1(J''',800 d'eau d'égout stérilisée, et l'on porte le flacon ensemencé dans une étuve à température constante. Le 9, le liquide s'est troublé dans toute la masse. Le 12, le dégagement gazeux commence et se continue les jours suivants ; très faible pendant le mois de septembre, il a cessé com- plètement le 11 octobre. Les volumes de oaz successivement recueillis ont été : o' Le 14 août 11"%:, Le 23 août 92 ,5 Le 25 août 101 ,5 Le 3 septembre 80 ,0 Le 11 octobre 29 ,0 Total 320"=<=,5 d Ce gaz a toujours été formé d'azote pur, sans acide carbonique. Comme l'eau d'égout renferme peu de matières organiques, la fermentation s'est arrêtée, bien qu'il restât encore dans le liquide une très grande quantité de sel non décomposé. 11 n'y a eu en etîet que 3 grammes environ de nitrate réduit, correspondant à 800 cen- timètres cubes environ d'acide carbonique engendré. On voit que ce volume est tout à fait insuffisant pour saturer près de 11 litres de liquide, en supposant même, ce qui n'arrive pas, que le gaz soit en- tièrement libre et qu'aucune partie ne se combine avec la potasse du nitrate. 47. Voici, au contraire, des exemples de fermentation plus active, où de l'acide carbonique s'est dégagé avec l'azote. L Le 30 septembre, on met à l'étuve un flacon de un litre renfer- mant de la semence active et du bouillon de poulet additionné de nitrate de potasse. ANN. SCit-NCi: AGRON. 17 258 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. La lernitMitation s'est établie rapidement et s'est prolongée jus- qu'au 1 1 octobre, en donnant les gaz suivants : 1er octobre. 2 octobre. i octobre. 11 octobre. Volume total dégage. . 102" 100*^ 115" 42" Composition centésimale : Azote 75.9 87.5 97.7 100.0 Acide carbonique. . . 24 . i 12.5 2.3 0.0 100.0 100.0 100.0 100.0 II. Le ;27 février, on met en marche un ballon contenant du bouil- lon de bœuf, additionné de 10 graimnes d'azotate de potasse par litre. La fermentation a dégagé successivement : 2S février. 3 mars. 9 mars. Volume total du gaz. . . . T6« 136" 21« Composition centésimale : Azote 92.2 93.8 98.6 Acide carbonique T. S 6.2 1.4 100.0 100.0 100.0 48. La proportion d'acide cai'boniqiie diminue toujours à la tin de la fermentation. Cela s'explique sans doute par ce fait qu'avec le microbe employé, il se fait d'abord du nitrite et que les deux tiers de l'oxygène de l'acide azotique servent à faire de l'acide carbonique avant que l'azote puisse se dégager. En réalité, les deux phases de la réduction ne sont pas absolument distinctes et successives ; elles coïncident en grande partie, car le nitrite est lui-même décompo- sable par le Baderium denitrificans. Les exemples précédents montrent bien quelle est la nature des gaz formés pendant la désoxydation complète de l'acide des ni- trates; mais ils ne permettent pas de savoir ce qiie deviennent tout l'azote et tout l'oxygène provenant de cette réduction. D reste, il est vrai, dans les liquides fermentes beaucoup d'acide carbomque combiné avec la base ; mais quel est le volume exact de l'acide car- bonique produit ? 4"J. Pour établir l'équation exacte du phénomène, il faut mesurer et doser avec précision les gaz dégagés, recueillir et analyser tout le I RECHERCHES SLR LA RÉDUCTION DES N'ITBATES. 259 liquide fermenté. On ne peut, sans causes d'erreur, faire servir à cet usage, les appareils, tels que flacons ou ballons munis de tubes abducteurs, d'où l'air ne sei"ait pas chassé complètement. Il faut, en outre, que liquides et récipients soient stérilisés, et que la semence puisse être introduite avec sa pureté primitive, atin d'éviter toute fermentation secondaire par des microbes étrangers. 50. Le dispositif le plus simple qui paraisse propre à éviter tout inconvénient est celui qui a servi à M. Pasteur pour l'étude de la fer- mentation alcoolique; il consiste en une éprouvette ou un ballon à long col remplis de mercure et renversés sur ce liquide. On v intro- duit un poids convenable du sel à décomposer, un volume connu de bouillon, et une trace de semence; si la fermentation s'établit, le gaz produit déprime le mercure sans sortir de l'appareil, et les lec- tures se font avec facilité. Malgré sa simplicité apparente, cet appareO est lourd, peu ma- niable et difficile à stériliser dans toute sa masse. Nous l'avons essayé néanmoins plusieurs fois, en stérilisant à la fois le mercure et le liquide nitrate, mais malheureusement sans succès. Nos mi- crobes s'y sont à peine développés. 5i . Nous avons alors imaginé la disposition ci-contre : Une grosse boule A (fig. 7», de 150 centimèlres cubes environ de Fîq. 7. capacité, est soudée à deux tuhtes diamétralement opposés; le tube inférieur B est recourbé en S et son extrémité efifilée o s'ouvre au- '260 . ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. dessus d'un verre à pied G ; le tube supérieur B', deux fois recourbé, esl effilé à son extrémité a, et porte latéralement, au point le plus élevé, un petit tube c étranglé et muni d'une bourre de coton h. Après avoir introduit du mercure en A jusque vers le milieu de la boule, on ferme les effilures a et o et l'on stérilise le tout dans l'air chaud. Pendant le refroidissement, l'air extérieur, en pénétrant dans la boule, se purifie sur le coton b. Pour remplir cet appareil de bouillon nitrate, on flambe la pointe a, on la brise, on la flambe de nouveau, et on l'introduit dans le flacon contenant le liquide préalablement stérilisé ; on aspire alors par la tubulure c, et, quand la boule est pleine, on retire le tube a qu'on scelle à la lampe. La prise de la semence se fait de la même manière. Dès ([u'elle est inti'oduitc, on brise l'extrémité o, et l'on scelle à la lampe la tu- bulure c. S'd y a dégagement de gaz, celui-ci s'accumule dans la partie su- périeure de la boule A, et refoule à la fois le liquide et le mercure. Ce dernier sort alors par l'orifice o et s'écoule dans le verre ; son poids permet de calculer le volume du gaz produit, en tenant compte de la température et des divers éléments de la pression. On peut d'ailleurs recueillir le gaz lui-même dans une éprouvette graduée, en recourbant l'extrémité « en forme de tube abducteur, et en exerçant en une pression convenable de mercure. 52. Le 25 janvier, un de ces appareils fut rempli, comme il vient d'être dit, avec du bouillon contenant 10 grammes de salpêtre par litre, et ensemencé avec le Bacterium denitriflcans ^. Après un séjour de trois jours à la température de 35 degrés, le liquide est resté limpide, tandis que dans nos tubes habituels de cul- ture, la fermentation s'était déclarée en moins de vingt-quatre heures, avec la même semence. Le 28 janvier, l'expérience fut répétée avec une semence plus jeune et plus active ; même résultat. Tandis que dans un ballon sans mercure ensemencé le même jour, avec le même microbe, la fer- mentation s'est réguhèrement établie, au contraire, le liquide en contact avec le mercure est resté limpide jusqu'au 23 février sui- vant, c'est-à-dire pendant près d'un mois. Le microbe soumis à RECHKnCHRS SUR LA RÉDUCTION DKS NITRATES. 2(51 rinriuence du iiK^Ture n'élail cependant pas iiuirl, ciir semé dans un lulje do (l'ulUire, il s'y est développé avec ses caractères ordinaires, seulement avec un peu plus de lenteur. 53. La présence du mercure a donc complètement eiupôché la multii)licalion et les fonctions du B. déni iri fie ans ^. Avec le B.deni- trificanscf., dont l'activité est beaucoup plus grande, l'action du mer- cure dans les appareils à houle est seulement diminuée ; la fer- mentation y commence plus tard, dure plus longtemps et donne moins de mousse que dans une fermentation comparative faite sans, mercure. Dans l'éprouvette renversée sur le mercure, leZ?. denilri/icans a s'est développé plus péniblement encore que dans l'appareil précé- dent; le liquide s'est à peine troublé, et n'a point donné de gaz. Cette différence tient sans doute à ce que la stérilisation du bouillon et celle du mercure ont été simultanées, et que, dans ces conditions, il a dû se diffuser plus de vapeurs mercurielles au sein du liquide nitrate que dans l'appareil à boule, où ce liquide a été superposé au mercure, à froid, après une stérilisation indépendante. 54. Quant à la présence du mercure dans le bouillon, elle est fa- cile à démontrer par les méthodes si sensibles et si précises imagi- nées par M. Merget. Le savant professeur de la Faculté de médecine de Bordeaux a bien voulu le rechercher liii-mème dans les trois échantillons suivants : a Bouillon stérihsé et non ensemencé, en contact avec du mer- cure également stérilisé ; b Bouillon non stérilisé et non ensemencé, en contact avec du mercure stérilisé ; c Bouillon stérilisé ayant fermenté en contact avec du mercure stérilisé, sous l'influence du B. demlrificans a. « Les trois échantillons de bouillon de culture, dit M. Merget dans « la note qu'il nous a remise, ont été soumis au môme mode d'ana- « lyse. « Une première prise, faite sur chacun d'eux, a été traitée par « l'acide sulfhydrique et les sulfhydrates alcalins, sans donnerla « plus minuscule trace de précipité de sulfure de mercure. « Sur une seconde prise, on a fait agir un fil de cuivre bien pur et 262 ANNALES DK LA SCIENCE AGRONOMIQUE. « bien décapé, plongeant d'un centimètre environ, qui a été retiré « après vingt-quatre heures d'immersion, et introduit, après avoir « été lavé à grande eau et desséché, dans un ph de papier sensible à « l'azotate d'argent ammoniacal, dont il était séparé par quelques (( doubles de papier de soie ; on n'a constaté aucune apparence (( d'impression mercurielle. « Une troisième prise, au contraire, traitée comme la précédente, « mais après avoir été préalablement additionnée d'acide nitrique « et portée pendant quelques instants à l'ébullition, a fourni des « impressions mercurielles très nettement accusées. « Les résultats négatifs des deux premières séries d'essais per- « mettent de conclure ({ue les trois échantillons de bouillon de « culture ne renfermaient pas de sels de mercure en dissolution. « Comme on y rencontre néanmoins ce métal, ainsi que le démon- « trent les résultats positifs de la troisième série d'essais, c'est qu'il « s'y trouvait diffusé en vapeur, c'est-à-dire au même état que dans « l'eau mercurielle. « Cette conclusion est confirmée par l'expérience suivante : des « papiers sensibles disposés au-dessus de couches de bouillon, sté- RECHERCHES SUR LA RÉDUCl'ION DES NITRATES. 203 « rilisé ou non, recouvrant du mcirmc, sont nettement iinpres- « sionnées par les vapeurs mcrcurielles (jui traversent les liquides « superposés. > i=« Wi k ^ Les constatations faites par M. Merget, en établissant que le mer- cure se volatilise et se retrouve en nature dans les bouillons de 264 ANNALES DE LA SCrENCE AGRONOMIQUE. culture*, expliquent les insuccès dont nous avons parlé plus haut, et prouvent que ce métal ne peut pas être employé sans inconvénient dans l'étude de certains infiniment petits. 55. Obligés de renoncer aux appareils précédents, nous avons, après plusieurs tentatives infructueuses, adopté le dispositif de la figure 8, p. 265. Une boule A, de 150 centimètres cubes de capacité environ, est soudée à deux tubes diamétralement opposés. Le tube inférieur est retourné en bec effilé a ; le tube supérieur porte un tube de déga- gement capillaire B, et un étranglement c, au-dessus duquel on place une bourre de coton b. Les ouvertures a et d étant scellées à la lampe, on flambe cet ap- pareil dans un poêle à air chaud; pendant le refroidissement, l'air se purifie sur la bourre de coton. Pour introduire un liquide, bouillon ou semence, on y plonge le tube cl préalablement flambé et ouvert, et on aspire par b. On retire ensuite d, on le flambe, et on détache à la lampe l'extrémité b. L'appareil ainsi ensemencé est plongé dans un bain-marie à tem- pérature constante, comme le montre la figure 9 oùT est un ther- momètre et R un régulateur de M. Dupetit^ Le tube abducteur seul et la pointe c sortent du bain. Le tube à 1. M. Rover a montré que les vapeurs de mercure peuvent se diffuser à travers les liquides (Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. 2« série, t. IV, p. xiv, xxvii et 259). 2. Le régulateur dont nous nous servons a été imaginé par M Dupetit [Mémoires de la Société des Sciences plnjsiques et naturelles de Bordeaux. 2* série, t. Y, p. 47 l Il se compose (fig. 10 et 11) d'un gros réservoir A contenant du mercure et du pétrole superposés; un tube central B, soudé au réservoir dans sa partie rétrécie, plonge dans le mercure M et est lui-même renipli de ce liquide. Far sa dilatation, le pétrole fait monter le mercure dans le tube B; en même temps un flatteur en verre F, lesté en m. et dont les mouvements sont facilités par quelques gouttes d'eau glycérinée, se soulève et vient fermer plus ou moins Toritice d'arrivée du gaz. L'obturation est obtenue à Taide d'un disque de verre D, relié au llotteur par un petit ressort en spi- rale r; une tige métallique /, qu'on peut élever ou abaisser à volonté, permet de laisser entre le tube à gaz C et le disque D l'ouverture nécessaire à l'entretien de la flamme minimum du bec. On règle à des températures plus ou moins élevées, en remontant plus ou moins le tube C, qui est maintenu dans l'axe de l'appareil à l'aide d'une couronne de bourrelets de verre b. Cet appareil est d'une très grande sensibilité. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 265 dégagement se rend sous une cprouvetle pleine de mercure, mais on attend pour mettre l'éprouvette que le bouillon ait pris la tempé- rature du bain ; la dilatation du liquide cliasse alors la plus grande T' T> f2\ x~- pai'tie de l'air contenu en D,de sorte que ce qui en reste est absolu- ment négligeable. 56. Appliquons maintenant l'appareil de la figure 8 à l'étude delà 266 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. réduction du nitrate de potasse par le B. denitrificans a, le plus actif de ceux que nous avons isolés. Le 12 février, on met dans le bain à la température de 35 degrés, un vase plein de bouillon de bœuf contenant 12 grammes par litre d'azotate de potasse avec une petite quantité de semence âgée de trois jours. Le liquide s'est troublé en quelques heures, et en moins d'un jour la fermentation est (Complètement établie. La mousse gagne le tube abducteur et vient se liquéfier à la surface du mercure, où le nitrate entraîné continue à fermenter. Le Xài, la fermentation est moins tumultueuse. Le 16, elle est très ralentie. Le 20, elle est à peine sensible. Le 23, elle est nulle ; on met fm à l'expérience. A ce moment la plus grande partie du gaz est dans l'éprouvelte, en contact avec une petite quantité de liquide fermenté ; le reste est dans le ballon, à la place du bouillon que la mousse a entraîné. Pour recueillir ce dernier gaz, on relie par un caoutchouc le tube a avec un réservoir plein de mercure, et l'on brise la pointe; en pénétrant dans l'appareil, le mercure chasse le gaz dans une éprou- vette disposée à cet effet. Ces deux volumes gazeux sont mesurés à 0° dans la glace fon- dante ; pour tenir compte de la pression propre à la vapeur du li- quide fermenté, on la détermine directement dans un baromètre mouillé dont la chambre est recourbée et entourée de glace fon- dante. Quant au liquide fermenté, on s'assure qu'il ne renferme plus de nitrate, et on l'utilise pour le dosage de l'acide carbonique dissous ou combiné et de l'ammoniaque formée. Voici les données de l'expérience actuelle : Volume de l'appareil ï5o",8 Densité du bouillon nitrate lOli Richesse du bouillon en nitrate de potasse .... 12»'',000 par litre. Poids du nitrate dissous 1 ,870 1 azote ,269 contenant •. oxygène nitrique ,741 ( potasse ,870 RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 267 Pour déterminer le volume à 0° et à 7()0 du gaz contenu dans la première éprouvette, on a les observations suivantes : Volume lu à 0" 208" Pression atmosphérique réduite à 0° 7(i4""",0 A retrancher : 1" Hauteur du mercure dans féprouvette. . . , 31°"", ) 2° Hauteur en mercure du liquide fermenté. . . 1 ,t > 30 ,.' 3° Tension de vapeur à 0» du liquide fermenté. . 3 ,1 ) Pression de gaz 728'"°',ô On en déduit par le calcul : Volume du gaz à 0» et à 760 199<="=,4 La composition de ce gaz, déduite de deux analyses concordantes, est de : Azote 93.91 Acide carbonique 6.09 100.00 On a de même pour la seconde éprouvette de gaz : Volume lu à 0° 23",4 Pression atmosphérique réduite à 0° 764™", A retrancher : 1» Hauteur du mercure dans l'éprouvette. . . . S0°"°,0 ) 2° Hauteur en mercure du liquide fermenté. . . 1 ,3 > 84 ,4 3" Tension de vapeur à 0° du liquide fermenté. . 3 ,1 ) Pression du gaz 679""°, 6 D'où l'on déduit : Volume du gaz à 0° et à 760 20",9 Ce gaz est composé de : Azote 97.67 Acide carbonique 2.33 100.00 268 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le gaz jiruLkiit par la fermentation se compose donc de : Azote. Acide carbonique. Gaz total. t« éprouvette., . 187",3 I2<:'=,1 IQOV* 2« — . . 20 ,4 ,.5 20 ,9 Totaux. . . . 207",7 12'=^6 220",3 A ce volume d'acide carbonique, il faut ajouter celui qui a été retenu dans le liquide fermenté. Or, 50 centimètres cubes de ce lifjuide, traités par un acide dans le vide, ont donné 159 centimètres cubes d'acide carbonique pur, mesuré à 0° et à 760 ; les 155'''',8 de 155 8 bouillon en contenaient donc 159 x —rrr- = 495'%4. ou On a par conséquent : Acide carbonique gazeux 12", 6 — dissous ou combiné .... 495 ,i Total 508",0 Si l'on suppose que tout l'azote du nitrate se dégage à l'état de gaz et que tout l'oxygène nitrique donne un volume d'acide carbo- nique égal au sien, on pourra calculer les volumes théoriques et les rapprocher des volumes donnés par l'expérience, comme il est fait dans le tableau suivant : VOLUMES VOLUMES calculés '. trouvés. Azote 20G" 207",7 Acide carbonique 515 508 ,0 57. Ces nombres sont assez voisins pour qu'on puisse admettre que la réaction se passe suivant la formule simple : 2(AzO' KO) + 5C =2 Az + 2 (KO, 2G0^) + C0% le carbone étant emprunté à la matière organique du bouillon. 1. On a pris pour le poids du litre d'azote le nombre 1°'",25G, et pour rapport des 5 vol 0'' volumes d'oxygène nitrique et d'azote le nombre — := ■ — 2 vol Az RECHERCHES SLR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 269 L'acide carbonique non combiné à l'élal de bicarbonate de po- tasse s'unirait en partie à l'ammoniaque formée pendant la réaction; une autre partie se trouverait en solution dans le bouillon et le reste se dégagerait à l'état gazeux. Il se lait en effet de l'ammuniatjue, car on trouve, à l'aide de l'ap- pareil de M. Sclilœsing : Par litre. Total. Ammonia(iue dans le bouillon fermenté. . . 493"^ 7G"^8 — — nonensomencé. 19 3 .0 Amnionia(iuc formée pendant la réaction . . 47i™° T3'"',S _ 58. Voici les résultats d'une autre expérience, laite aussi à ;35'' avec le B. denitriflcons a, commencée le 20 janvier et terminée le 9 février suivant : Volume du liquide employé 00'='= Poids de nitrate de potasse 0"'',72ô i azote ,100 contenant | oxygène nitrique ,287 ( potasse ,338 Volume et composition du gaz recueilli : Azote 95.84 soit 83'='=,0 Acide carbonique 4.16 — 3 ,G 100.00 86'='=, G Volume d'acide carbonique extrait du bouillon fermenté : 200''^ Comparaison entre les volumes calculés et les volumes trouvés : VOLUMES VOLUMES calculés. trouvés. Azote 80'='= 83",0 Acide carbonique 200 203 ,G Dosage de l'ammoniaque : Dans le liquide fermente 57 7'"' par litre. Dans le liquide non ensemencé 19 — Ammoniaque formée dans la réaction . . . 558"" par litre. Soit 33'"", 5 pour le bouillon employé. 270 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 59. Citons encore l'expérience suivante, relative aussi au Bac- terium denitrificans a., commencée le 29 janvier à la température de 35° et terminée le 4 février suivant : Volume du bouillon nitrate 157'='^ Poids du nitrate de potasse employé 16', 884 i azote ,261 oxygène nitrique ,746 potasse ,877 Volume et composition du gaz recueilli : Azote 90.82 soit 225<=<=,5 Acide carbonique 9.18 — 22 ,8 100.00 248",3 Volume de l'acide carbonique dissous 498'=%0 — — dégagé 22 ,8 — total de Tacide carbonique produit 520'^°,8 Comparaison entre les volumes calculés et les volumes trouvés : Calculés. Trouvés. Azote 208='^ 225",5 Acide carbonique 520 520 ,8 Ammoniaque formée pendant la réaction : 576™' par litre. Soit 90'"^4 pour le bouillon total. 60. Enfin, dans la dernière expérience que nous rapportons, l'ensemencement a été fait le 27 février ; on a recueilli successive- ment quatre éprouvettes de gaz jusqu'à la fin de la fermentation, arrivée le 9 mars. La température était toujours de 35° : Volume du ballon 151" Poids du nitrate de potasse 1"'',832 i azote , ,254 oxygène nitrique ,726 potasse ,852 Volumes de gaz dégagés dans les quatre éprouvettes : 1« éprou- 2^ éprou- 3^ éprou- 4" cprou- ^j^^ ^^^^j vette. vette. vette. vette. Azote 70", 1 77'=%8 49'=%5 20<=%3 217",7 Acide carbonique . 5 ,9 5 ,2 3 ,2 ,3 14 ,6 76^50 83"==,0 52'=%7 20", G 232", 3 nECHERCIlES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 271 L'acide carbonique dissous ou cuiubiiié n'ayant pas été dosé exactement, on ne peut comparer que les volumes d'azote. On a ainsi : Volume d'azote calculé 202'='^ — — trouvé 217 ,7 Ammoniaque produite pendant la réaction : 576"s par litre. Soit 87""» pour le volume de bouillon rais en expérience. 61. Résumons les quatre expériences précédentes et nous au- rons le tableau suivant : POIDS de nitrate VOLUMES d'azote VOLUMES d'acide carbonique calculés. trouvés. AMMONIAQUE décomposé. calculés. trouvés. tormée. 18'',870 206'='= 207'='=,7 515'='= 508'=S0 73'"s,8 ,725 80 83 ,0 200 203 ,6 33 ,5 t ,884 208 225 ,5 520 520 ,8 90 ,4 1 ,832 202 217 ,7 II » 87 ,0 6 ,311 690 733 ,9 1235 1232 ,4 284 ,7 On en déduit comme moyenne, pour un gramme de nitrate de potasse décomposé : Calculé. Trouve. Diflférences. Azote 110"=^3 116<=<=,3 6'=^0 soit 5.4 p. 100 en plus. Acide carbonique . . 275 ,7 275 ,2 ,5 — 0.2 — en moins. Ammoniaque. ... » 45"°^, 1 » 62. On voit que la différence entre le volume théorique et le vo- lume trouvé d'acide carbonique est négligeable ; tout l'oxygène de l'acide nitrique peut donc être considéré comme combiné avec le carbone de la matière organique du bouillon. Quanta l'azote, l'écart entre le volume trouvé et le volume calculé d'après la formule écrite plus haut, ne peut s'expliquer en entier par des erreurs d'analyse; l'excès provient donc de la matière organique azotée du liquide. 63. On le vérifie d'ailleurs autrement. Supposons, en effet, que la matière organique azotée du bouillon ait la composition habituelle 272 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. des matières albuminoïdes^ Gomme pour faire Tlb"",! d'acide car- bonique à 0" et à 760, correspondant à im gramme d'azotate de po- tasse, il faut Oe',14.8 de carbone % le bouillon devra contenir 0.273 de matières albuminoïdes, qui se décomposent ainsi : Carbone O'^liS Azote ,043 Hydrogène, oxygène et soufre . ,082 0''',273 Or, pendant la fermentation, il s'est fait 45™^, 1 d'ammoniaijue renfermant 37 milligrammes d'azote. Il reste donc 43 — 37 = 6 mil- ligrammes d'azote non combinés à l'bydrogène et pouvant donner 4'='',8 d'azote gazeux\ Ce chiffre, très peu différent de 6,0, justilie donc l'excès de gaz azote trouvé dans nos expériences. 64. En résumé, si l'on ne considère que le nitrate, la formule déjà admise : 2 (AzO % KO) + 5 C = 2 Az -f- 2 (KO, 2 C0-) + CO' est bien celle de la réaction. Il en résulte une conséquence importante au point de vue de la richesse que doivent avoir les liquides de cultures en matière orga- nique. En effet, nous venons de voir que, pour utiliser tout l'oxygène nitrique de l'azotate de potasse, il faut au moins 0^'',148 de carbone ou 0^'', 273 de substances albuminoïdes pour \ gramme de sel. Nos solutions étant faites généralement à la dose de iO grammes de ni- trate par litre, il faut que les bouillons renferment au moins 2^'",73 1. Carbone 54.3 Hydrogène 7.1 Azote 15.8 Oxygène 21.0 Soufre 1.8 100.0 [Dictionnaire de Wurlz, article Substances albiiniinoldes.) 2. On prend pour poids du litre d'acide carbonique I-'",293 -¥■ 1,529 = \^\Ttl. 3. On néglige ce que le microbe a pu utiliser pour sa nuiltiplication, car le poids formé est extrêmement faible. 11 a pu d'ailleurs emprunter de Tazote à de la matière albuminoïde non oxydée. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 273 do matière azotée par litre. Si l'on y ajoute le poids des autres matières organiques el des matières minérales, l'extrait devra atteindre de 4 à 5 grammes au moins j)ar litre. Or, le bouillon de bœuf qui nous a servi jusqu'ici en renferme 16*'''',4^, f'*' *1^^ ^^^ P^^^ que suffisant. Il est peu tie microbes aussi exigeants que ceux qui nous occupent et nous en voyons la raison. 65. Jniluenca de la concentration du bouillon. — D'aj)rès ce (pii précède, en ail'aiblissant un bouillon avec de l'eau, on doit diminuer la dose de nitrate décomposable. C'est aussi ce qui est arrivé dans l'expérience suivante : Le 23 mai, on ensemence également avec du B. denitrificans a, deux appareils de culture contenant : t Bouillon A'i bœuf de densité 1014 '. a. { { Nitrate de potasse : 10 grammes par litre. l Bouillon de bœuf étendu au quart (d= 1004). I Nitrate de potasse : 10 grammes par litre. A la température de 35% la fermentation a été plus lente et moins énergique avec b qu'avec a ; le 29, elle était terminée dans les deux appareils. On a obtenu comparativement : a. b. Volume de Tappareil •. . 162"=*= 156'^'= Nitrate restant par litre O^^IS Gî'',30 — décomposé par litre 9 ,87 3 ,70 Poids total du nitrate décomposé 1 .599 ,577 Volume total du gaz dégagé 210'='=,3 60<='=,5 Azote total dégagé 187 ,9 » Acide carbonique dégagé 22 ,4 » Il a donc suffi d'ajouter de l'eau distillée au bouillon pour le priver d'une partie du carbone nécessaire à l'utilisation de tout l'oxygène nitrique. 66. En restituant ce carbone sous une autre l'orme, on pourra espérer que la fermentation du nitrate sera totale. Pour le vérilier, 1. Ce bouillon est préparé par rébullition pendant une heure de une partie viande de bœuf désossée ft dégraissée et deux parties eau. ANN. SCIE.XCE AGRON. 18 274 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. nous avons essayé d'emprunter ce corps à des matières non azotées, telles que glucose, amidon, lactate de chaux. L'expérience a été faite, à 35% dans les appareils de la figure 8, avec le même bouillon étendu au quart que celui de b dans l'expé- rience précédente, et \eB. denitriflcans a. \)Our semence. Le 20 mai, on a ensemencé : I Bouillon de bœuf étendu {d = 1004). Glucose : 5 p. 100. Nitrate de potasse : 10 grammes par litre. ! Bouillon de bœuf étendu (d= 1004). Amidon : 2 p. 100. Nitrate de potasse : 10 grammes par litre. i Bouillon de bœuf étendu (d = 1004). c. l Lactate de chaux : .j p. loo. ( Nitrate de potasse : 10 grammes par litre. La fermentation ne s'est établie que dans a el b ; elle a été termi- née le 29 ; le bouillon c est resté limpide. Le liquide glucose n'a nullement l'odeur butyrique ; l'amidon s'est fluidifié et le bouillon est devenu presque transparent. Le résultat est celui-ci : a. b. Volume de l'appareil 156'='^ 136== Nitrate restant par litre. 0»%00 5S%26 — décomposé par litre 10 ,00 4 .75 Poids total de nitrate décomposé 1 ,560 ,646 Volume total du gaz dégagé 240", 3 66==, 3 Azote total dégagé 181 ,9 » Acide carbonique dégagé 58 ,4 » Le poids total de glucose détruit a été de 0s'',952. 67. Si l'on rapproche ces nombres de ceux de l'expérience pré- cédente, on voit que les éléments du glucose peuvent se substituer à ceux du bouillon, pour conduire jusqu'à la fin la décomposition du nitrate. L'amidon, au contraire, n'a produit aucun effet, car la fer- mentation n'a pas été poussée plus loin qu'avec le bouillon étendu seul ; bien que devenu soluble, sans doute sous l'action de diastases sécrétées par le microbe, il n'a pas été saccharifié, et n'a pas pu s'oxyder en réduisant le salpêtre. Quant au lactate de chaux, il n'a même pas permis le développement du ferment. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 275 Ç^S. Le B((cterwm denitvllicans [i, quoique inoins iiclil' (|mc Tau- tre, décompose néanmoins une assez forte proportion de salpêtre, et donne très sensiblement les mômes produits, avec le bouillon de bœuf, ainsi qu'on peut en juger par l'expérience suivante : Le 28 janvier, on ejiscmence un appareil (fig. 8) contenant du bouillon de bœuf nitrate à la dose de 12 grammes de sel par litre (d = 101 4) et on le place à la température constante de 35". Ls 29, trouble léger ; pas de bulles. Le 30, le trouble a augmenté ; un peu de mousse dans le tube abducteur. La fermentation s'est activée peu à peu ; elle a atteint son maxi- mum le 10 février ; puis elle s'est ralentie, et le 26 février elle était terminée. Le nitrate de potasse n'était pas entièrement détruit ; il en restait 2*'"",550 par litre ; il en avait été décomposé 9^'", 450 par litre. On a : Volume du ballon 136" Poids total de nitrate détruit lî'',28ô Volume et composition du gaz dégagé : Azote 143'=^•i soit 83.15 Acide carbonique 29 ,0 — 16.S5 172'='=,4 100.00 Le volume calculé d'azote est de143'%1, très voisin du volume trouvé. Il ne s'est pas fait de protoxyde d'azote. Le poids d'ammoniaque n'a été que de 187 milligrammes par litre, soit 25 milligrammes pour le volume de bouillon fermenté. II. — Production de jjrotoxyde d'azote. 69. Nous avons trouvé (page 249) que les B. denilrillcans (a el p) se développent très bien et donnent une mousse abondante dans le liquide artificiel ainsi composé : 27G ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. iNitrate de potasse 10'"^ Acide citrique 7 Asparagine 5 , Piiosphate de potasse 5 Sulfate de magnésie 5 Clilorure de calcium cristallisé 0,5 Sulfate de protoxyde de fer ,0.j Sulfate d'alumine ,02 Silicate de soude ,02 Eau, pour volume total 1000 Ammoniaque q. s. pour neutraliser. Considérons d'abord l'action du microbe a. Avec lui, le nitrate est rapidement décomposé; mais, au lieu de donner de l'azote pur, il dégage du protoxyde d'azote en quantité telle, que le gnz, dél)ar- rassé de son acide carbonique, peut rallumer une allumette présen- tant quelques points en ignition. 70. L'appareil de la figure 8, que nous avons déjà employé pour le bouillon de viande, va encore nous servir pour étudier la compo- sition exacte du gaz dégagé, et rechercher l'influence de quelques condilions particuhères sur cette composition. Le 27 février, un de ces appareils est remph de liquide artificiel stérilisé, ensemencé avec du B. denilrificans a, et placé dans un bain-marie à la température constante de 35". Un autre appareil contenant le même hquide artificiel, mais sans nitrate, est ensemencé comme le premier, et disposé à côté de lui ; il est resté parfaitement hmpide jusqu'à la fin de l'expérience. C'est une nouvelle preuve que le milieu dont il s'agit est impropre au dé- veloppement du microbe. Le 28, à 8 heures du matin, léger trouble ; pas encore de bulles; à 6 heures du soir, le liquide est très trouble, et le gaz commence à se dégager. Le !"■ mars, la fermentation est très active et le dégagement abon- dant. Elle s'affaibUt dès le lendemain, et, le 9, elle a cessé' com- plètement. Tout le nitrate a disparu. Voici les données et les résultats de l'expérience : RECHKRGHES S(J« LA RÉDUCTION DKS NITRATES. 277 Volume de rappareil 153", S Densité (tu liquide artificiel 1021 Richesse du liquide en nitrate de potasse. . . . 10°^340 |)ai' litre '. l'oids total du nitrate employé 1 ,590 ( azote ,220 contenant | oxygène nitrique ,(i30 ( potasse ,740 Le gaz a été recueilli dans deux éprouveltes ; les lectui^es, faites à 0°, ont été ramenées à la pression de 760. On s'est assuré, dans (-haque cas, de l'absence du bioxyde d'azote et l'on a dosé le ])i'otoxyde en l'absorbant par de l'alcool absolu préalablement bouilli et conservé dans des ampoules scellées. Composition en centièmes : Ireéprouvetto. 2' éprouvette. Azote 3S.70 40.43 l'rotoxyde d'azote 49.10 40. 9G Acide carbonique 12.20 IS.Gl 100.00 100.00 d'où pour les volumes recueillis: 1" ôprouvette. 2e éprouvette. Gaz total. Azote Protoxyde d'azote Acide carbonique . 4 7", S 13",4 61<='=,2 60 ,7 13 ,6 74 ,3 15 ,1 G ,2 21 ,3 123",6 33'^^2 156",8 Dosage de l'ammoniaque : Dans le liquide fermenté 2"^414 par litre. — non ensemencé 1 ,887 — Ammoniaque formée pendant la réaction ,527 par litre. Soit Si'"^'",;! pour le volume total du liquide employé. Les gaz dissous et l'acide carbonique combiné dans le liquide n'ont pas été mesurés directement; mais on peut admettre, sans I. Ce nombre diffiM-e un peu de celui qui est indiqué dans le tableau de la compo- sition du liquide artificiel, parce que la stérilisition, qui est faite à Tautoclave dans des flacons bouchés seulement avec du coton, moditie légèrement la proportion d'eau. 278 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. erreur sensible, les proportions de l'expérience suivante (71), qui a été faite dans les mêmes conditions. On trouve ainsi : Protoxyde d'azote 29'^'=,9 Acide carbonique 414, 4 On en déduit pour la composition des produits gazeux de la réac- tion : Azote Gr'=,2 Protoxyde d'azote 104 ,2 Acide carbonique 435 ,7 71. Le 12 mars, on répète l'expérience avec le même microbe, dans un appareil que nous désignerons par la lettre A. Le 18, la fermentation est achevée : Volume de l'appareil 141'^'' Poids du nitrate de potasse employé 1S'',3SJ ! azote ,192 oxygène nitrique ,549 potasse ,644 Volume total et composition du gaz dégagé : Azote 63",6 soit 4S.03 Protoxyde d'azote 54 ,4 — 41.09 Potasse 14 ,4 — 10.88 132'=S4 100.00 Gaz dissous et acide carbonique combiné : Protoxyde d'azote 27'='=, 4 Acide carbonique 379 ,9 Les produits gazeux de la réaction sont donc formés de : Azote • GS-^SG Protoxyde d'azote SI ,8 Acide carbonique 394 ,3 Ammoniaque formée pendant la fermentation : 459 milbgTammes par litre, soit 6i"'^''',7, pour le volume de liquide artificiel employé. 72. Le protoxyde d'azote renfermant son volume d'azote, on RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 279 obtiendra le volume total de l'azote dégagé, libre ou combiné avec l'oxygène, en faisant la somme Az -f- AzO; si l'on rapproche alors les résultats de l'expérience des volumes calculés, on trouve : POIDS de nitrate VOLUMES d'azote VO d'acide LUMES carbonique. ammoniaque décomposé. Calculés. Trouvés. Calculés. Trouvés. formée. ie%590 175",0 165'=^4 437'='=,5 435",7 81""°ï,l 1 ,385 152 ,7 145 ,4 381 ,7 394 ,3 64 ,7 2 ,975 327 ,7 310 ,8 819 ,2 830 ,0 145 ,8 La moyenne de ces résultats donne pour un gramme de sel dé- composé : Calculé. Trouvé. Différence. Azote IIO^^,? 104",5 5.7 soit 5. 1 p. 100 en moins. Acide carbonique. . 275 ,7 279 ,0 3.3 — 1.2 — en plus. Ammoniaque. ... » 49"" Comme dans la fermentation du bouillon nitrate, la différence entre le volume calculé et le volume trouvé d'acide carbonique est peu importante, on peut admettre que tout l'oxygène nitrique sert à brûler le charbon de la matière organique du milieu. Le poids d'am- moniaque formée est sensiblement le même dans le liquide artificiel que dans le bouillon. Quant à l'azote, au lieu de trouver un excès, comme à la page 27 1 , nous avons au contraire un déficit de 5 p. 100, qui tient sans doute à la composition spéciale du liquide. Nous n'avons pas contrôlé cette hypothèse, parce que notre but principal, dans ces expériences, était de constater la formation du protoxyde d'azote dans des conditions déterminées de miUeu et de rechercher quelques circonstances pouvant influer sur sa proportion. 7o. 1" Influence de la température. — Le 12 mars, on dispose un appareil à fermentation B, sur la table du laboratoire, à la tempéra- ture ordinaire, dont la moyenne a été de 15 degrés. Cet appareil renferme le même liquide artificiel, la même quantité de la même semence, et est installé en même temps que l'appareil A de l'expé- rience précédente, lequel a été mis à 35 degrés. La fermentation s'est établie lentement : Le 17, le liquide est opahn ; la mou.sse commence à se former. Le 26, le hquide est trouble ; le gaz se dégage faiblement. 280 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le 10 avril, le dégagement a cessé, bien qu'il reste dans l'appa- reil beaucoup de nitrate de potasse non décomposé. Voici, par comparaison avec l'appareil maintenu à 35 degrés, le volume et la composition du gaz recueilli : A. B. (t — 35».) {t — 15°.) Volume total dégagé 132",4 58", Compo.sition centésimale : Azote 48.03 60.35 Protoxyde d'azote , 41.09 16.55 Acide carbonique 10.88 23.10 100.00 100.00 L'élévation de la température favorise donc la production du pro- toxyde d'azote. 74. '■!'' Influence de la quanlilé de semence. — A la même tem- pérature, et dans le même liquide, on peut aussi faire varier la pro- portion du protoxyde d'azote ; il suffit, pour cela, d'une modification en apparence insignifiante dans le détail de la mise en marche de la fermentation. Ainsi, le 12 mars, on a placé à côté de l'appareil A ci-dessus, dans le même bain, à la température de 35 degrés, un appareil sem- blable C ; mais tandis que A a reçu 10 gouttes de semence, G n'en a reçu qu'une goutte. Le 13, alors que A dégageait déjà du gaz, G commençait à peine à se troubler. Le lendemain 14, la fermentation était très active dans les deux appareils ; elle était achevée dans l'un et l'autre, le 17. Il y a donc eu seulement du retard dans le départ de la fermenta- tion, et cependant la proportion de protoxyde d'azote a été, toutes choses égales d'ailleurs, beaucoup plus abondante dans G que dans A, ainsi que le montre la comparaison des résultats obtenus : A. c. Volume total du gaz dégagé 132",! XIT^l RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 281 Composition centésimale : Azote 48.03 13.31 Protoxyde d'azote ... il. 00 7.')..j7 Acide carbonique 10.88 11.12 100.00 lUO.OO Ammoniaque formée par litre 459"'5 476'°s Tandis qu'avec A il s'est fait moins de protoxydc d'azote que d'a- zote, avec C, il y en a eu près de six fuis plus. 75. 3° Influence de la concenlralion. . — Enfin, la concentration même du liquide artificiel fait varier la composition du gaz dégagé. Le 17 mai, on ensemence avec du/?. denUrificans a et on met à .j5° deux ballons contenant : a. — Liquide artificiel normal {d := 1021). b. — — étendu (rf= 1012). La fermentation est commencée dès le lendemain et achevée le 20 dans les deux appareils. Le gaz recueilli est ainsi composé : Dans a. Dans 0. Azote 35.24 G1.S9 Protoxyde d'azote 47.68 31. S3 Acide carbonique 17.08 6.28 100.00 100. 00 La proportion relative de protoxydc d'azote augmente ainsi avec la concentration comme avec la température. 76. 4" Influence de la nalure du microbe. — Après un tel résultat, on ne sera pas étonné qu'en changeant de microbe, le fiquide et la tem- pérature restant identiques, on puisse voir disparaître le protoxydc d'azote lui-même. Le cas se présente si l'on prend pour semence le B. doiitrificans ^. Ainsi, le 12 mars, en même temps que les appareils A et G (74), on a mis à 35" un i)allon D contenant du liquide artificiel complet et ensemencé avec dix gouttes d'un bouillon où Ici microbe dont il s'agii s'était développé : A et D sont donc tout à fait comparables. Le Ii(piide s'est peu troublé, le gaz n'a commencé à se dégager 282 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMigUE. que le 26, et enfin toute fermentation n'a cessé que le iO avril sui- vant ; il restait beaucoup de nitrate non décomposé. Volume du gaz recueilli 48", 6 Composition centésimale : Azote 82.30 Protoxyde d'azote 0.00 Acide carbonique 17.70 100.00 On ne peut invoquer ici pour expliquer l'absence de protoxyde la lenteur de la fermentation, car dans l'appareil B (78), où elle n'a pas été plus active, on a trouvé néanmoins 16.55 p. 100 de ce gaz, malgré la température relativement basse de l'expérience. 77. Il résulte de ces divers essais que : 1° Le /?. denitrificans a donne toujours à la fois de l'azote et du protoxyde d'azote avec notre liquide artificiel complet. 2° Le B. denitrificans ^ ne donne que de l'azote dans les mêmes conditions. 78. 5" Influence de Vasparagine. — Mais le premier de ces infini- ment petits peut aussi ne dégager que de l'azote ; il suffit pour cela de supprimer l'asparagine dans le liquide artificiel. L'expérience est faite parallèlement dans deux appareils conte- nant : a. — Liquide artificiel, avec asparagine. b. — — sans asparagine. Le 23, on ensemence ces deux liquides avec le même microbe a, et on met les appareils à la température de 35 degrés. La fermentation a été plus active dans b que dans a, surtout nu début; le 27, elle est terminée dans les deux appareils. Le gaz recueilli est composé de : a. h. Azote 64.65 81.35 l'rotoxyde d'azote 23.23 0.00 Acide carbonique 12.12 18.65 100.00 100.00 On s'est assuré qu'il n'y avait point de bioxyde d'azote. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 283 Le liquide était un peu étendu {d = 1018 au lieu de 1021), ce qui explique pounjuoi la pruportiun de piutoxyde d'azote est plus faible qu'avec le licpiide normal. 79. La formation de protoxyde d'azote, dans la décomposition des nitrates par les infiniment petits, est donc fonction à la fois de la composition du milieu, de la nature du microbe et de son activité physiologique. Il est peu probable, d'après cela, qu'il existe des or- ganismes donnant toujours du protoxyde d'azote pur, quel que soit le liquide nutritif employé dans les cultures. CHAPITRE III Mécanisme de la réduction. 80. Nous avons fréquemment employé, dans les chapitres précé- dents, les expressions de « fermentation » et de « ferment » ; il nous reste à examiner si elles sont justifiées. On a déjà vu que la réduction des nitrates par le Bacterium deni- triflcans (a. ou ^) présente les caractères extérieurs d'une véritable fermentation : trouble, mousse, dégagement de gaz. De plus, le poids des organismes développés est infime par rapport au poids des substances détruites, ce qui est le propre des ferments. Enfin, la chaleur dégagée est considérable, comme le prouve l'expérience. 81. Il est difficile de mesurer toute la chaleur produite pendant une fermentation, parce que le phénomène est lent et que les pertes par rayonnement, par conductibilité ou par toute autre cause, compensent en grande partie l'élévation de température due à la réaction. Mais on peut avoir une première approximation, un mi- nimum, en déterminant une fermentation énergique à l'aide d'une semence active et abondante, et en opérant sur de grands volumes de liquide, dans des vases peu conducteurs ou protégés contre le refroidissement par une couche isolante de laine ou de coton. 284 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 82. Voici une expérience disposée avec ces précautions : Un grand ballon en verre, de six à sept litres de capacité, est fermé par un bouchon percé de trois trous (fig. 12) par où passent : 1° un tube D deux fois recourbé et effilé en a, destiné au remplis- sage et à l'ensemencement; 2° un tube coudée, muni d'une bourre de coton h, pour l'aspiration ; 3" un tube à essai ordinaire A, dont le fond pénètre jusqu'au centre du ballon : ce tube ren- ferme un peu de mercure où plonge un thermomètre T, des- tiné à mesurer les températures du liquide. L'ensemble peut être chauffé à 200 degrés dans un poêle à gaz, si cela est nécessaire. Après re- froidissement, on introduit l'ex- trémité ouverte a dans un réser- voir contenant le Hquide de culture, préalablement stérilisé, et l'on aspire par le tube G. On remplit ainsi lentement le ballon, jusqu'à une certaine distance du col, de façon à laisser de la place à la mousse produite pendant la fermentation. Le 17 octobre, on prépare, comme on vient de le dire, quatre ballons contenant respectivement : B, du bouillon de bœuf à 10 grammes de nitrate de potasse par litre; B,, de Feau pure; B', du liquide artillciel renfermant lô grammes de salpêtre par litre; B,', de l'eau pure. Chaque ballon, muni d'un thermomètre contrôlé, est porté à la température de 35 degrés; B et B' sont ensemencés largement avec du B. denitrificans a pris dans du bouillon en pleine fermentation ; Bj et B/ doivent servir de termes de comparaison. Les quatre ballons sont alors disposés comme l'indique la figure 13, au milieu d'une couche épaisse de laine L dans une caisse l'ectangii- Ti(j.l2. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 285 lairc en bois, à l'intérieur d'une étuve chauffée à la température moyenne de 35 degrés. Fi^.13. Le tableau suivant donne les températures observées BALLON B. BALLON B,. ^f,'''^°^vi ' BALLON B,'. (Bouillon). (Eau). ^]-XlX ^^^^)- Le 17, à 6'' 30"' du soir. . Le 18, à 9 30 du matin . — à 10 30 — — à 11 30 — . — à 4 » du soir. . — à 5 15 — . . — à G 45 — . . — à S 30 — . . Le l'J, à 10 » du matin . — ù 3 30 du soir. . Le 20, à 9 » du matin . Le 21, à 3 » du soir. . 35" 35^ 35' 35° 37 5 34 36 6 34 37 7 33 5 37 4 33 5 38 33 5 38 2 33 9 39 3 33 8 43 5 34 39 3 34 44 34 39 34 43 8 31 38 S 34 43 2 34 38 7 34 2 39 34 3G 5 34 1 37 S 34 35 4 34 35 1 33 6 33 32 5 32 5 32 1 286 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. En prenant les moyennes de B^ et de B/ et les retranchant respec- tivement des chiffres trouvés pour B et pour B', on aura les excès successifs de température dus à la fermentation, abstraction faite de la température variable de l'étuve ; on obtient ainsi : TEMPS ECOULE depuis l'ensemencement TEMPERATURES moyennes de B, et de B',. EXCES DE dans B. TEMPERATURE dans B' Heures. 35°00 0°00 O^OO 15. . 34 00 3 50 2 60 17. . 33 50 4 50 4 70 21 '/s . 33 85 5 45 9 65 22 3/, 34 00 5 30 10 00 24'/, 34 00 5 00 9 80 26. . 34 00 4 80 9 20 39'/, 34 10 4 60 4 90 45. . 34 05 2 45 3 75 66'/, 33 80 I 60 1 30 92'/, 32 30 70 20 83. Ces résultats sont représentés d'une manière plus saisissante par les courbes de la figure 14, où les abscisses sont proportionnelles 10 S" r\ j 1 r* % 1 2 ^ '^^ ^-^ ^ J iO 20 30 40 50 60 70 Temps exprimés en Heures . Fig: 14. So 90 100 aux temps et les ordonnées proportionnelles aux excès de tempé- rature. RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 287 On voit que l'élévation de température, dans les conditions de notre expérience, a atteint : Pour le bouillon 5"45 Pour le liquide artificiel 10 00 84. On peut prévoir, par le calcul, qu'il doit y avoir dégagement de chaleur, bien que la décomposition du nitrate de potasse suivant la formule AzO%KO = Az + 0^ + KO se fasse, comme on sait, avec absorption de chaleur. Soit d'abord le bouillon. On a vu que le carbone de la matière albuminoïde est brûlé par l'oxygène de l'acide nitrique, et que les quatre cinquièmes de l'acide carbonique formé donnent du bicar- bonate de potasse, le reste de l'acide carbonique se retrouvant à l'état libre dans le gaz dégagé, ou en solution dans la liqueur, ou en combinaison avec de l'ammoniaque. Si l'on ne considère que les réactions les plus importantes, on a : 2(KO,AzO0diss. = 2KOdiss. + 2Az -hlOO. — 28sl'x2=— 56^2 5C(diamant) + 100 = 5COnUss +49 ,8 X 5= + 249 ,0 2KOdiss.+4CO^diss.=:2(KO,2CO0diss. +11,1 x 2 = + 22,2 Total +215,0 Pour avoir un chiffre exact, il faudrait ajouter au précédent les quantités de chaleur provenant de toutes les autres réactions, et, en particulier, de la décomposition de la matière organique et de la formation de carbonate d'ammoniaque. Mais cette première approxi- mation est suffisante pour montrer le sens du phénomène ther- mique. 215 C'est donc au minimum -^ = 107%5 qui apparaissent dans la 1. Ce nombre se calcule ainsi: KO, AzO'diss. = KO diss. + AzO»di3s. . . . — 13c,g AzO^ dis8. = Az + ôO — U ,3 d'où, en faisant la somme membre à membre, KO, AzQS diss. — KO diss. + Az + 50. ... — iâ',! 288 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. réduction d'un équivalent, suit de 101 grammes de salpêtre ; admet- Ions, pour simplifier, ime Calorie par gramme de sel. Comme notre bouillon renferme 10 grammes de nitrate de po- tasse par litre, la fermentation lui fournira 10 Calories par litre, et, comme pour ce liquide, Pc^ diffère peu de l'unité, la température devra s'élever de 10 degrés environ. Dans la pratique, l'augmenta- tion sera moindre, parce que le phénomène n'est pas instantané, qu'il Y a des causes de déperdition et que le microbe utilise une partie de la chaleur pour son développement. Nous n'avons obtenu plus haut que 5°45. 85. Avec le liquide artificiel, on trouve des résultats analogues. Le cas le plus simple est celui où nous n'avons employé comme ma- tière organique que de l'acide citrique, sansasparagine ; nous avons montré (78) que le B. denitriflcans a décompose alors le nitrate, comme avec le bouillon, et dégage de l'azote sans protoxyde d'azote. Le calcul s'établit comme suit, en supposant que l'acide citrique se transforme tout entier en aoide carbonique et en eau : 18 (AzO%KO)diss. = 18IC0diss.-MSAz-»-90 0. — 28=,1X1S=— 50.5<=,S 5C'^H''0'Miss. -F90 0^ 60 CO-diss. -H'iOHO. ^-ô2G,0-X 5 = -+- 2630 ,0 18K0diss. -f-36CO-diss. = 18 (KO, 2C0*) diss. . -i- 11,1X18=4- 199,8 Total -+-2324 ,0 On néglige toutes les autres réactions, telles que décomposition du citrate d'ammoniaque, formation de carbonate d'ammoniaque, dis- solution ou dégagement d'une partie de l'acide carbonique , dont l'ensemble ne changerait pas sensiblement le total précédent. Il résulte de cette première approximation que la réduction com- plète d'un équivalent de salpêtre, dans le liquide artificiel, dégage au 2324 minimum .^ =129 Calories, et que la réduction de 15 grammes 1. P est le poids d'un litre de bouillon, c sa chaleur spécifique, 2. Ce nombre résulte du calcul suivant : On a : Chaleur de combustion de l'acide citrique solide, dégage + 4S6«. donc : Qii HS 0'< diss. + 180 =; 12 CO- diss. + 8 HO, dégage 486 + 6,4 + 2,8 X 12 = + 52Gc. 6,4 et 2,8 étant les chaleurs de dissolution de l'acide citrique et de l'acide carbonique. IIECHEKCHES SUU LA RÉDUCTION DES NITRATES. 281) 120 de sel dégage ^r^ x 15 = 10 Calories environ. Si toute cette cliu- ieui' était appliquée à un litre d'eau, ou, ce cpii est liés près de la vérité, si Pc était égal à l'unité pour le liquide artificiel, on aurait obtenu une élévation de température de 19 degrés, abstraction faite des causes de déperdition énuniérées plus haut. Nous avons observé seulement 10 degrés. 80. La théorie et l'expérience sont ainsi d'accord pour montrer que la réduction des nitrates par le B. deniirificans est accompagnée d'un grand dégagement de chaleur. Il ne manque donc rien au phé- nomène pour qu'il ait les caractères d'une véritable fermentation. Ouant au microbe, il dispose d'une énergie extérieure bien super Heure à celle qui lui est nécessaire pour son développement, et se trouve, par ce fait, plus favorisé que la plupart des ferments les mieux définis*. I. Peu de fermentations fournissent autant de ciialeur seni/ô^equeia dénitrification. On verra plus loin que le thermomètre n'a accusé aucune élévation de température dans la fermentation butyrique du glucose et de Tamidon. La fermentation alcoolique elle-même, dans les mêmes conditions expérimentales, donne peu de chaleur; Texpé- rience suivante on est la preuve: Le 13 décembre, on a mis dans le ballon B de la figure 13 de Teau de levure sucrée à 180 grammes (réquivalent du glucose) par litre; dans le ballon B', la même eau de levure sucrée à 18 grammes (le dixième de l'équivalent) par litre: dans B, et B,' de l'eau, comme dans l'expérience n° Si}. Les ballons B et B' ont été ensemencés largement avec une levure haute de brasserie en pleine activité. La fermentation s'est déclarée rapidement; la mousse a été épaisse et abondante; au bout de trois jours, la mousse commence à tomber. Le 18, on met tin à l'expérience et l'on dose le glucose restant : dans B, il en reste 77 grammes par litre; il y en a donc eu 103 grammes par litre transformés en alcool et acide carbonique; dans B', il ne reste rien; tout a fermenté. Voici le tableau des températures observées et les excès qu'on en déduit : TBM IPÉRATURE.S OBSERVÉES EXCES DE TEMPÉRATURES dans B. dans B'. de moveiine B, ètdeB',. dans B. dans B'. Le 15 décembre, à 11 h. du matin. 25c50 25<'45 2,îu45 Oi'OD OoOO Le 16 — à 10 h. du matin. 26 00 25 10 24 95 1 05 15 — — à 6 b. du soir . . 26 00 25 00 24 65 1 ."55 35 Le 17 — à 11 U. du matin. 26 00 24 90 21 30 1 70 60 — — à 7 11. du soir . . 26 00 24 70 24 10 1 90 60 Le 18 — à 9 11. du matin . 25 60 24 20 23 75 1 85 45 Ainsi, pour plus de 100 grammes de sucre disparu par litre en trois jours, la tem- pérature s'est élevée de moins de 2 degrés dans B, et pour 18 grammes disparus dans ANN. SCIENCE AGRON. l 'J 290 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 87. On ne peut cependant ranger la dénitrification dans la classe des fermentations proprement dites, dont la fermentation alcoolique est le type, parce qu'ici il n'y a pas de corps fermentescible unique, tel que le sucre, dont le dédoublement dégage la chaleur indispen- sable à la vie du ferment. D'une part, en effet, le nitrate, loin de fournir de la chaleur, en absorbe au contraire pour se décomposer. D'autre part, les substances qui, avec le nitrate, constituent nos li- quides de culture, ne permettent pas, seules, la vie du B. denitrili- cans, en dehors de l'oxygène de l'air, car nous avons vu que, dans des vases complètement remplis et ensemencés avec du ferment jeune et actif, le liquide artificiel, exempt de nitrate, conserve indé- finiment une limpidité parfaite', et que le bouillon, dans les mêmes conditions, devient à peine opalescent. Mais ces substances qui, sans oxygène libre, ne sont pasferraentescibles pour notre microbe, sont néanmoins favorables à son développement au contact de l'air, puisque, dans ce cas, les liquides en grande surface se recouvrent d'une couche épaisse et membraneuse de bactéries. Le concours simultané du nitrate et de la substance organique du I milieu est donc indispensable pour constituer la matière fermen- 1 tescible. Ce qui le prouve encore, c'est que le dégagement gazeux B', l'excès n'a pas dépassé 0°60. Ce dégagement sensible de chaleur est donc beau- coup plus faible que dans la dénitrification, puisque, toutes choses égales d'ailleurs, la réduction de.JO grammes seulement de salpêtre par litre a donné un excès de 5°45. Le calcul conduit d'ailleurs à un chiffre plus faible pour la fermentation alcoolique que pour la dénitrification. On a en effet : C12 H'* 0'2 diss. = 2 C< H» C diss. + 4 CO- gaz. + x. État initial .... C«, H«, 0>2. — final 2 C< H6 O* diss., 4 CO* gaz. < C'- + H'^ + 0'*= C'2H«Oi2diss 267c le. cycle. ) c'- H'2 G" diss, = 2 C« H« 02 diss. + 4 CO- gaz ... x 267 + x l C + H<2 + G" =: 2 C* H' G» disa 146 2' cycle . i 4 c + 8 = 4C0' gaz 18S 334 d'où X = 67. Abstraction faite des causes de déperdition, la chaleur théorique dégagée serait de G7 calories pour 180 grammes, soit de 37,2 calories pour 100 grammes de glucose, tandis que, pour la réduction de 100 grammes de salpêtre par le B. denitrifir.ans , elle est, au minimum de 106 calories, soit trois fois plus forte. UKGHERCHKS SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 291 cesse cl les liqueurs s'éclaircisscnt, des que la décomi)Osition du sel est achevée. 88. Les remarques qui précèdent ne permettent pas non plus d'expliquer la dénitrificalion par une réaction secondaire, comme on le fait pour la formation d'acide sulfliydrique aux dé[tens du soufre dans les expériences si intéressantes de M. Mitpiel \ On ne peut en efl'et, comme dans ce dernier cas, produire, à volonté, des réactions successives ou simultanées. Ici, le nitrate et le milieu sont décomposés simultanément; sinon, il n'y a pas réaction. 89. Connue on vient de le voir, le B. denitrificcms ne peut pas, sans le concours d'un nitrate, faire fermenter les matières orga-. ni({ues que nous lui avons présentées, et il les laisse toutes intactes, y compris môme le glucose et l'amidon; il ne les décompose et ne s'en nourrit qu'en présence de l'oxygène libre ou d'un nitrate. Dès lors, on ne peut expliquer les phénomènes que nous avons étudiés par l'action d'un corps réducteur ayant pris naissance dans la dé- composition des matières dont il s'agit. Mais d'autres microbes font fermenter ces matières et engendrent des corps réducteurs, tels que de l'hydrogène naissant. Il était inté- ressant de rechercher si les nitrates, placés dans ces nouvelles con- ditions, seraient également décomposés. 90. Nous avons, dans ce but, isolé à l'état de pureté un Bncillus auiyloh acier, dont nous allons donner d'abord les caractères, et que nous ferons agir ensuite sur des liquides nitrates. Nous avons choisi de préférence ce microbe, parce que, dans leurs recherches sur la réduction des ,nitrales dans la terre arable, MM. Dehérain et Maquenne^ paraissent lui attribuer le rôle actif. Il est facile de se le procurer, car il se développe spontanément dans toutes les macérations de matières amylacées. On l'isole et on le purifie en combinant des cultures successives avec la dilution, l'action de la chaleur et celle du vide. Celui qui nous a servi présente la forme de bâtonnets de 0.8 à 1. Miquel, Bulletin de la Société chimique, t. XXXII, p. 127. — Duclaux, Chimie biologique, p. 717. ' •2. Annales agronomiques, t. IX, p. G, 1883. 292 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 1.1 [X de largeur sur une longueur très variable comprise pourtant, en général, entre 5 et 10 [x. Chaque bâtonnet donne facilement une ou deux spores rondes ou légèrement ovoïdes, d'un diamètre presque toujours supérieur au sien et pouvant atteindre jusqu'à 1.2 et même i.8 {;.. Le bacille est uiubilc, d"uu mouvement assez lent, mais ses arti- cles sont rigides et ne sont jamais flexueux comme ceux du vibrion butviique du lactate de chaux. L"iode le colore souvent en bleu, surtout un peu avant la forma- tion des spores. 11 fait fermenter butyriquement le sucre, le glucose, l'empois d'a- midun ; il sécrète une diastase qui fluidifie ce dernier, puis le sac- cbarifie, avant de le dédoubler ; le gaz qui se dégage est composé d'hydrogène et d'acide carbonique ; il est sans action sur le lactate de chaux, additionné ou non de nitrate de polasse, ce qui le distingue encore du véritable vibrion butyrique. Il se rapproche à ce point de vue du BaciUus butjjlicus de M. A. Fitz ou du Tyrotlirix uroceplta- lum de M. Duclaux^ dont il diffère d'ailleurs par d'autres caractères. 91. On peut colorer ce bacille par les procédés décrits à propos du Baderium denitrificans, mais avec quelques modifications. Comme il ne sécrète aucune matière visqueuse ou albuminoïde, il est nécessaire d'additionnrr los liquides de culture d'une petite quantité d'albumine avant de les étaler sur la lame de verre. Il faut de plus éliminer, s'il y a lieu, le glucose non décomposé ; on y arrive par un lavage à l'alcool, après fixation de la préparation par la cha- leur. Quand l'alcool est évaporé, on ajoute la solution colorante, et on procède ensuite selon le mode ordinaire. Malgré ce lavage, il est fort difficile d'obtenir une bonne préparation colorée, si le Uquide contient ime forte proportion de glucose; presque toujours dans ce cas, l'adhérence des microbes à la lame de verre est nulle et la plu- part des organismes sont entraînés dans le lavage à l'eau. La décoloration du fond de la préparation est plus difficile qu'avec la bactérie des nitrates; aussi le séjour dans l'eau distillée doit-il être un peu plus prolongé. 1. Duclaux, Chimie bio'ofjiquc, p 547 et 656. RECHERCHES SLR L\ RÉDUCTION DES NITRATES, 293 l'2. Voici quelques expériences qui établissenl le mode d'action du Bacillus amtjlobader sur le glucose et sur l'amidon. Elles onl été faites avec des appareils de la forme de la figure 8 à la température de 35°. Le 3 juin, on ensemence avec du Bacillus amylohacte}' (\eux Sipi>n- rcils contenant : a. — Bouillon de bœuf étendu -d = 1004 . Glucose : ô p. 100. b. — Bouillon de bœuf étendu irf = 1004). Amidon en empois : 2 p. 100. La fermentation s'est établie, beaucoup plus active avec h qu'avec rt; le 8, elle s'est arrêtée dans les deux appareils, sans doute parce que le liquide y est très acide. Volume et composition du gaz dégagé : Volume total du gaz Composé de : Hydrogène Acide carbonique . . a. b. TS" 16S'« 7-5.34 40.46 •24.66 50.:.4 100.00 100.00 11 a disparu dans // 0."29 p. 100 de glucose, soit 0^',42 pour le liquide employé, dont le volume était de 146 centimètres cubes. Dans l'appareil b, il ne reste plus d'amidon, car l'iofle n'est pas bleui ; on y trouve : Glucose 0. «A p. 100. Dextrine o.S6 — représentant environ 1 p. 100 d'amidon. Il y a donc eu à peu prés 1 p. 100 d'amidon transformé par la fermentation butvriquo. 93. Le 1 1 juin, nouvelle expérience dans les mêmes appareils contenant : a. — Bouillon de bœuf étendu (d = 1004). Glucose : ? p. 100. b. — Boaillon de bœuf étendu '' 12G2"'S'',0 101 192 ,7 G. G p. 100. 15,3 p. 100 322 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Or, M. Schlœsing a trouvé dans ses deux essais : I. II. Ammoniaque correspondant au nitrate employé , — formée pendant la réaction .... Proportion d'ammoniaque formée L'un de nos nombres est précisément compris entre ceux de M. Schlœsing. 181. La proportion d'ammoniaque formée pendant la dénitrifi- cation dépend donc de la nature du microbe et sans nul doute aussi de la composition des matières azotées du sol. Il est probable que l'origine de cette ammoniaque varie avec les propriétés physiologiques des organismes réducteurs qui vivent dans la terre végétale, et que son azote peut être emprunté soit à l'acide nitrique, soit aux substances organiques azotées. Dans le premier cas, les nitrates ne sont pas détruits en pure perte et sans aucune compensation; dans le second, l'azote organique devient so- luble et plus aisément assimilable par les racines des végétaux. 132. La décomposition des nitrates employés comme engrais, ou formés par nitiification spontanée, n'est pas à redouter dans une terre en bonne culture , labourée souvent, meuble et bien aérée, car l'oxygène y pénètre assez profondément pour empêcher les microbes anaérobies de se développer et d'exercer leur fâcheuse influence réductrice. Mais si la terre est recouverte d'eau ou simplement imprégnée d'humidité, l'air n'y circule plus librement, et les phénomènes de réduction ne tardent pas à apparaître, surtout à la température de l'été. La nature du sol, sa composition chimique, les germes qu'il renferme, influent naturellement sur la rapidité et sur la nature de la réaction. 133. Dans ces conditions, la réduction de l'acide nitrique s'arrête souvent à son premier degré, c'est-à-dire à la formation d'acide nitreux ; aussi trouve-t-on presque toujours des nitritcs dans les terres humides. Par les temps secs, la proportion d'acide nitreux va en diminuant à mesure qu'on se rapproche de la surface du terrain; mais ce RECHERCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 323 n'esl point, comme le pense le colonel Chabrier, parce que « les « nili'ites en dissolution dans riiumidité terrestre sont attirés à la « surface du sol par la capillarité et qu'ils s'y convertissent, au moins « partiellement, en nitrates ' » ; c'est simplement parce que la dessic- cation facilite l'accès de l'oxygène dans des couches de plus en plus profondes où les formes aérobies peuvent seules vivre et déterminer des phénomènes d'oxydation, M. Cliahrier en donne lui-même la preuve : « Les nitrites, dit-il, au contact de la terre, ne subsistent « qu'à la faveur d'un grand excès d'eau », c'est-à-dire dans les points où l'air ne peut arriver. 134. En résumé, l'étude que nous venons de faire, bien qu'elle ne s'applicjue qu'à ipielques microbes particuliers, démontre que la réduction des nitrates dans les sols est un phénomène corrélatif de la présence, du développement et de la multiplication d'organismes microscopiques pouvant vivre sans oxygène libre. La connaissance des faits contenus dans ce mémoire devrait tou- jours guider l'agriculteur dans l'emploi des nitrates comme matières fertilisantes du sol. En se rappelant que ces engrais se décomposent dans les miheux non aérés, il éviterait de les appliquer sur des terres trop compactes ou trop humides. Résumé et conclusions. 1° Nous avons démontré que la destruction des nitrates, dans les hquides de culture et dans la terre végétale, quel que soit le degré de réduction, n'est point un simple phénomène chimique, mais qu'elle est corrélative de la présence, du développement et de la multiplication des infiniment petits. Elle exige des milieux conte- nant des matières organiques. 2° Indépendamment des microbes qui ne font que transformer les nitrates en nitrites, nous avons isolé à l'état de pureté deux Bacté- ries dénitrifiantes (Baderium dcnilrifwans a et ^) et étudié spéciale- ment les propriétés de l'une d'elles, en insistant sur son aspect, son 1. Annales de chimie et de jihyxiqiie, 5^ série, t. XXIII, p. IGl. 1S7I. 324 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. mode de développement, les milieux qui lui conviennent, et sur les circonstances qui favorisent son activité et ses propriétés réductrices. o° Nos deux microbes se multiplient avec la même facilité dans les bouillons de viande et dans le liquide artificiel suivant : Kitrate de potasse 10''', 00 Acide citrique 7 00 Asparagine 5 00 J'iiosphate de potasse 5 00 iSuIfate de magnésie 5 00 Chlorure de calcium cristallisé 50 Sulfate de protoxyde de fer .... , O.j Sulfate d^alumine 02 Silicate de soude 02 Ammoniaque, pour neutraliser q. s. Eau pour compléter le volume à 1000*^" A" Les vapeurs de mercure nuisent au développement des Baclc- rium denilrificans , tandis que l'acide salicylique et l'acide phénique sont sans action antiseptique sur ces deux organismes. 5" Nous avons montré ([ue, suivant la composition du milieu nu- tritif, l'azote de l'acide nitrique se dégage seul ou mélangé à du pro- toxyde d'azote. La tempéralure, la concentration des liqueurs, la quantité de semence font varier la proportion de protoxyde d'azote. 6° L'oxygène de l'jacide nitrique, qui ne reste pas combiné avec l'azote dans le protoxyde, brûle le carbone de la matièi^e organique, et donne de l'acide carbonifjue qui se dissout en grande partie à l'état de bicarbonate de potasse. 1" Si la matière organique est azotée, comme dans le bouillon de viande, il y a formation d'ammoniacjue et dégagement d'un léger excès de gaz azote qui s'ajoute à celui du nitrate. 8° Les résultats obtenus dans les liquides de culture ont été éten- dus à la terre végétale. Cette application rend compte, non seulement des phénomènes de dénitrification constatés dans le sol, mais encore de toutes les particularités signalées par M. Schlœsing. 9" En cherchant à nous rendi'e compte du mécanisme de la déni- trification par les B. denitri/îcans, nous avons été amenés à étudier l'action de l'hydrogène naissant sur les nitrates. Nous avons montré que le Dacillus amylohacter peut dégager de grandes (juantités RECHEnCHES SUR LA RÉDUCTION DES NITRATES. 325 d'hydrogène dans la fermentation l)utyri(|uc du sucre, du glucose ou de l'amidon, et néanmoins ne réduire (jue de très petites quantités de nitrate de potasse. 10" Nous pensons (pn; la diflV'rence d'énergie réductrice de ces divers organismes est dm! à la ([uaiiLih' lotalc de clialciir mise à leur disposition |i;u- rensemble des réactions cliimiques, et surtout à la différence de leurs exigences thermiques, lorsqu'ils jouent le rtjle de ferments. li" La décomposition des nitrates par le /?. doiilrificans n'est ni une fermentation proprement dite, ni un phénomène secondaire, c'est une combustion des matières organiques par l'oxygène nili-i- que, produite avec dégagement d'une grande quantité de chaleur. C'est le type de fermentations qui ne peuvent s'accomplir que par le concours simultané de plusieurs réactions chimiques. ÉTUDES EXPÉRIMENTALES SUR L'ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT Par L. GRANDEÀU et A. LEGLERG DEUXIÈME PARTIE Dans la première partie de notre travail, nous avons rendu compte des expériences entreprises au laboratoire de la Compagnie géné- rale des voitures sur trois chevaux soumis au repos, à la marche ou au travail au pas, le travail étant effectué et mesuré à l'aide du ma- nège dynamomélrique. Nous allons résumer, dans cette deuxième partie, les résultats expérimentaux obtenus, avec ces mêmes che- vaux, dans les conditions suivantes : 1° En mars, avril et mai 1881, mois pendant lesquels chaque che- val passe successivement au repos, à la marche et au travail au trot avec le manège. 1. Voir les Annales, t. II, p. 325 et suiv. 1884. Cette deuxième partie résume le Rapport adressé par MM. Grandeau et Leclerc au Conseil d'administration de la Com- pagnie générale des voitures. In-i" de 200 pages, accompagné de 12 planches in-folio, Berger-Levrault et C'^ Kous renverrons les lecteurs des Annules au mémoire original pour les tableaux nu- mériques, courbes et diagrammes relatifs au poids des chevaux, quantité d'eau con- sommée et éliminée, et aux tableaux numériques indiquant, jour par jour, le travail effectué. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 327 2" En juin 1881, clia((iie cheval étant soumis tous les jours au tra- vail au trot avec le manège. :]° En août et septcml)rc 1881, les trois chevaux travaillant simul- lanément, attelés à une môme voilure, faisant régulièrement chaque jour le service de camionniige. A" Du 1"' décembre 1881 au 12 août 1882, période durant la- quelle les trois chevaux passent successivement au repos, au travail avec une voiture de place (coupé modèle n" -4), dans des conditions idcnti(ju('sà celles do tous les chevaux en service de la Compagnie générale des voitures. Si l'on se reporte au plan général des expériences exposé dans la première partie (voir les Annales, t. II, p. 373 et suiv.), on remarquera que les §§ I et 2 ci-dessus correspondent à la 2* série, le § 3 à la 3* série et le § 4 à la 4* série des expériences faisant partie du premier des deux groupes dans lesquels nous avons divisé les recherches que le Conseil nous avait donné mission de poursuivre. Nous commen- çons par indiquer, dans un chapitre spécial à chaque série, les ré- sultats numériques obtenus dans ces essais et les modifications qui ont été introduites dans l'ordre ou dans le plan des expériences. Sous la rubrique : Remarques générales, nous donnons une vue d'en- semble sur la marche des expériences et sur les causes extérieures, indépendantes de notre volonté, qui sont venues momentanément jeter quelques perturbations dans nos recherches. La dernière par- tic de cette étude sera consacrée à la discussion de l'ensemble des expériences poursuivies par nous, de 1880 à 1882, et à l'examen critique des résultats obtenus par les divers expérimentateurs qui nous ont précédés. En terminant, nous résumons les conclusions pratiques qui dé- coulent de nos expériences, en ce (jui concerne l'alimentation des chevaux de service envisagée dans ses rapports avec la production du travail mécaniijue. 328 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. I. Deuxième série. — Travail au trot. Expériences faites en mars, avril, mai et juin 1881. Ces expériences ont été faites avec les trois chevaux dont nous avons donné le signalement dans le précédent rapport. L'ordre suivi n'a pas varié : elles sont donc la reproduction exacte des expériences de la première série, avec cette seule différence que les chevaux tra- vaillaient au trot, au lieu de travailler au pas. Quant à la durée du travail, la vitesse du cheval au trot étant sensiblement le double de sa vitesse au pas, nous n'avons donné au travail au trot qu'une du- rée de 1 heure le matin et de 1 heure le soir, au heu de 2 heures matin et soir, pour le travail au pas. Cela posé, les trois chevaux ont passé successivement par les trois conditions de repos ou de marche et de travail au trot suivantes: 1 Cheval n" 1, au repos avec la ration d'entretien. En mars : | Cheval n" 2, au travail au trot avec la ration de travail. ( Cheval n" 3, à la marche au trot avec la ration de transport. i Cheval n" I , à la marche au trot avec la ration de transport. En avril : ' Cheval n" 2. au repos avec la ration d'entretien. ( Cheval n" 3, au travail au trot avec la ration de travail. Cheval n" 1 , au travail au trot avec la ration de travail. En mai : \ Cheval n" 2, k la marche au trot avec la ration de transport. Cheval n" 3, au repos avec la ration d'entretien. Cheval nM, J En juin : ^ Cheval n" 2, > au travail au trot avec la ration de travail. Cheval n" 3, ) COMPOSITION CENTÉSIMALE DES FOURRAGES. Les fourrages consommés dans la 2* série d'expériences présen- taient la composition suivante : T.AGLEAU.X. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TUAIT. 329 a A t-: o C! oo CI o -y. c f § 05 00 ..o O o o ^-« 1 ^ o -H r— co 1— l.o Cl UM CO ■-5 N • > ', < Si. *.^ ^ c« ■^ ■"^ o ■«-^ O o o o o o o o o < o o o o o O o O o o d o o o o c o o o o o o o o lO es C3 o» co r^ ■^^ o Cl ■saaNiKHaxaaiii 00 o et ■^ co m Cl f:* ^^ (M ■*-H lO r^ 05 1^ CO ■-- e>» Cf c» c» • --5 Cl «^.^ «s lO r^ f^ -o •?H o ■— Ci •<:< 1-H c< ■^_ c« cô ~* <£> ro -5}< CO Ci o CO ** -* ..-5 «o ■*— 1 "^ Cl Cl ..-5 «* o o o UO .-5 o ..-5 C-) Cl 00 C5 o vi< t^ •asoarmao • c^ oo -* o Cl ..-5 C( Cl o Cl co «1" 'Ji Ci -* r^ Cl co •asoomo c-t o *-■?* .-O CO ~5r< 00 *^ C( ■ï-H o •— o O o o •jOD "^P S88AUd o r^ o Cl o o -a" CO o ■1— < o saHQNao TO co Cl -' 1^ î-5 1^ o .o .-5 co Cl io o CO O -* D --; ■«— 1 ~* O C( ZI «3 t/3 t/1 _3 o c :/5 3 eo 3 lO 3 «3 9 c CO 3 c O U a ^^ ^ •^J 4-» _C C 1> c^ CJ) o «-» '4-J 2 a> C/3 CO S" es « ^ ^ &^ &« &. râ rt « CO ca es n C3 s S s g E S S o o •-0 o «o vr Vi 00 s 3 — ™ 3 3 3 3 Q a s Q Q G a a Q o 3 O •«1 p 3 'jj e o c _o a o 'o >• 3 O 'S cl 'Jâ f^ E-i oS aSATVKV 1 - CI en ^-4 o ' c-i Cl c< Cl ^^^" 330 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 2" COMPOSITION CENTÉSIMALE ÉLÉMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DES FOURRAGES. . t' ri il o cS H a ■4 o ÉLÉMENTS. i "à O g > >v < o os a < o s s o m a 3 « a c o te fa _>> "3 < Carbone. . . . 4G.S7 48.07 48.42 46.09 49.1 G 47.40 49.10 48.99 Hydrogène. . . 6.19 G. 19 6.14 3.79 5.54 6.47 6.17 6.08 Azote 5.G2 1.70 3.28 1.79 1.78 0.58 1.70 0.68 Oxygène. . . . il. 32 44.04 42.16 46.33 45.52 45 .55 43.03 44.25 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 COMPOSITION IMMÉDIATE ET ÉLÉMENTAIRE DES RATIONS. De la composition centésimale immédiate et élémentaire des four- rages, on déduit la composition immédiate et élémentaire des ra- tions consommées dans les expériences de la deuxième série. T.4DLEAUX. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TUAIT. 331 O •S5INIW -îia.i.oifiNi aiiaiiviï •assivjio •A O a asoimiao o ■asoomo •onbtavSjo aoNVisans ■saaa\a3 ■OTJDÇS aONVJ,SHns ta o < a 3 O a es 3 c/: C5 o cî Cl "O — oo o CI r~ (M O ■-- t^ CI CI et o» ce C3 ro 1- C5 ce Cl ■ .-5 o c< lis C3 (M r^ t- M Cl O Cl Cl o C5 if3 o Cl Ci Cl ce o es o o Cl o Cl Cl o o O r3 ^-< _ co -?" C5 CO ■^ t^ o CI 00 ..-: o en .^^ o ■•" r^ Cl c» • o -* CI ce o o o » t~ ■— C5 M -«^ o o c ce TC ■ -5 .^ co (TO Cî o Cl ce co o T-H o ■^ Cl C5 «o o -^ et 05 ^■*< ■" co --- ro ■" o Cl ce o et ro o Cl ce ■r-< -* «o Cl Cl ^-^ ce CI ■»- -^ .rs o -* O o ce o ..-5 Cl ■r- 1 c:5 o co CO ■^ ce (— ,^- ce ce Cl .,— o *-^ o 1.-3 ■»-* *^ r~ ce «^ o CO Cl Cl ce o Cl 00 Cl o CI oo ce 1^ Cl o -^ Lf5 Cl t^ Cl -T' O ^M co -* -^^ en •r- ce Cl * Cl •>-> c?> -^ Cl • o C5 -' -iJ " i-l =- ■< ii. >« ■o CO .o CO ce CO .-o • o Cl ce o CO Cl ■o >-lO CO Cl Cl ce Cl Cl 1..0 Cl CO ^ ^ &. C-. ^ ^ se te ï/5 te te tu "^H -5* -^ ce o Cl ce o -^ o «D Cl i/î ce CO O 'O Cl -^ VJ< Cl t— 332 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ce o -< es H \^ Q c: 'S !3 O O -^ ce ce tM Cl Ci CI '--' CI (M Cl S o a> 4) 4) '3 (4 :/3 •— — > "Z^ es « >• -a iS o ei- -< fi, «=5 ^ ■^ Cl ■•- C( o o C5 Cl C) «3 ce CIO ce 00 co co co Cl OO Cl co co o *î^ co C5 Cl co lO O t^ o co 1—1 co o ■.o lO co co -^ O co co O co C5 o co ..o c: co 00 o co o co O a> co • o ■-^ co Cl Cl o *^ o o lO o co co t^ co o t-~ -J»" Ci co o co o •vW co co ^-, o 1— « -*— c Cl co -* Cl ^- o c< o •^ (M CO c:i 03 co o co Cl C5 C5 co Cl o o co CI co C( co co eo co Ci o uo co •^ Cl ■ o co co Ci CI Cl Cl o ..o Cl -r-H Cl 1— 7^ o f~ CO co o Cl tO ■-0 ■JO uO Ci co co .^^ ^^ L,0 Cl .O o co Ci co ■Ci «^ CO «^ 00 -=f r^ CO CO Cl lO co 1—i co L.O Cl co co Cl Ci UO KO OO co Cl lO CI Vi co co Cl -^ -* o -^ o .M 1/3 CJi co r^ co -^ CI Ci co lO co •,—1 o -,-1 co co 1-H co 1-H •^ t^ t~ Ci I/o OD -* co c» co 1/3 o co CD uo Cl co o o co Ci o Ci o Cl Cl Ci Cl Cl -* OO co Ci '-• i. '^ -^ z^ -^ ^ &ID b/3 !:o bn &c brj &o co o ~Ti •--:< O co -* Cl co o o -rt — O -r-l -!-■ «o fO eo co" a (S •iH a 00 — -T* 'O CO t— Cl Ci Cl --— — ■ t— r- O co Cl Ci Cl ^z:: co o ..o co ■" .-O 00 Cl t— co "f Cl — -^ o C^ Ci co Ci -^ 'O Cl ■— -— r^ •^ Ci co ..o 00 Cl — Ci Ci .o Ci co -* o ■-0 -— co co eo o o iJO o o liO Ci co co Ci co c C3 s c o o o ce 00 o co co Cl o co eo -5« Cî' o Cl co CJ Ci uO co '-0 o co C3 Cl O Ci CO co o co Ci co jnt;S.io aoxvj.sa.is •sanaxa.T aoxvj.saas (S S 3 V _^ ^^ _ ^ -, 1- c^ (- Cl J^ ^ ■^ C5 TC C-l — es "^^ -s:^ co co ■^^ ir-5 .^ (^ CO ffC O .0 C5 Ci co ■'T* t^ oc -•:< -r-i Cl ro ---ri r^ -^ — -^ (M (TO T— ce ce Cl "M C: "M i;o ~T< -o co ce co ^o ce Ci o ■— -r -^- Cl Cl C-. .0 ce r— o o Cl o Ci ce -5r ce- c» c S ^- cJ ? -s te Cl 334 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. / •onbtniîS.to ^ ■^ ,-, • - C-i c-5 t-^ CO . O O (M o Cl aoiiïjsqng CI r~ Cl Cl CO -* 6 5 O C3 CO o Kl o d 00 oo o f^ o O Cl iJO CO o Cl H r^ -.- ^ o -.-H j tu O (M o CO ^ 3 *; w c^ o 6 CO t- *?^ 'a a < ■- -1 t^ C2 'S a oo II H •O (M X <£> c; -T- -1 t^ o lO 'S •oa9So.ipXH 6 _ CO <» O u s o O Cl o CO -s! Cl CI ^; o C' Cl CO es 6 ^ -1 '^ 00 CO ^ o £1 u o 1-: 6 o «o -* c-5 r^ J^ o t^ CD loO C2 lO -^ >o o U 3 , , • . , • fl -33 00 t-* o CO iO t^ «^ CI *î^ H >. o .o o o ~-< W >J 'W w » z O o PS 4J es * « a 1 (/3 O D O (H a> '4-3 c o 5J a d p O 'o 'c: "3 y. 3 o ^ Od > -< tM cz ir-i tz li £^ i-i — 6f ) SI ) • 6r ) fer ) tif ) 013 ^ -* ~^ CO o Cl CO o -=:!< O o Cl ..o 00 CO o o o ~f ■^ Cl t-^ •F-^ ■^■T ^1 ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 335 o o 1^^^^ •onl)!ni;a.io o lO o f- co c-« lO O o _4 o lO o ootit;}sqn8 «-< eo rs Ci ■ o r~ ■»— « 3 co ..o o o co Ci o -* J~ -*< .o O a ■ .5 t4 CD 05 (M co uo o» 00 >! fO C-l ; o co CI I— o Cl ■«-H vo OO 1 ■'' co c-t r- VM o .r-4 Cl oo 'ce o Cl co o o ^ ..o Cl — . a / s. , ■^ co 00 C( o 1^ T ' c^ o Es) cS -•■^ (M os et -^ co Cl d < *-< (N c< c» o ni ■I— 1 co o o co C5 •CH ^7^ rt o co o •^ o co CI a •ançâojpXii 6 co ^' C5 •^ t— o (X) •«^ co o c^ 1^ .«— t o s co O . .^ C5 c» T-H ^ t~ .n 6 a Cv» o 00 -^ r— t^ Ci o gJ «!i< CI o 110 00 co' o o co co -<^ oo 1-H c< -îj< «* (M co .f-H «£> tH v^ \ O CI , , • • • • w • • W O " " " < , , , ai « . • . • s , "J o ' o es ' fc. o c 3 • lï < il. i^ •■o 3 o . £. ; ._i c ' * ;_; ^ l^ ij a tô tj > ï/3 S) ;k) ta « ) o ^- 4 -^ o o Cl ~i < C) ^ o o .--• T— t o •^ . -^ o^ ro co^ c r — ~ 336 ANNALES DE LA SCIENCE AGHONOMIQUE. sa a Q a O 1-5 o ci -Il o u p o- s Cl es o o ^: t/. ca es H Z S ■a j 'M Z O O eu s o ■gnbin'eS.io S 00 3 ca ançSojpXH ■8nbinT;.S.io aoniîîsqtig fcJO 3 sn.iSo.ip/ij as O K-5 03 C3 00 (M ■— "^ o i^ co co co 05 co o 00 ÎO (M O o co o co co co (M co oo o co co Cl o co CI co co o o ■— . co Cl Cl Cl et C/3 co ce !0 Ci co C5 co co co co ■ o o o co >-o o co co co o o 'C3 7 Quanlilé ci composition ccnlcsimalc immédiate et élémoitairc ' des mélanges laissés. Les chevaux n'ont pas toujours ronsommé la totalité de lour ra- tion : ils cil oui laissé des poids vai'iables, de sorte que les rliilïVes des tableaux précédents ne représentent pas exactement la quantité de iiouiiituir (jui a élé réellement ingérée. Nous avons soigneuse- ment recueilli, pesé et analysé les restes des rei)as. Ces résidus avaient la composition centésimale indiquée dans les tableaux sui- vants : COMPOSITION CENTÉSIMALE IMMÉDIATE DES MÉLANGES LAISSÉS PAR LES CHEVAUX. a < r. MKLAKOE LAISSH. EAU. si ^ a o U 3 «3 O 3 w o Q ta < 5 MATIÈRE azotée. •a g 5 a Eh •3 C j «! O 6 < 2-' 4.65 0.60 2.39 9.73 2 En mars par cheval n"2. . . . 1(;.15 11.97 35.68 18.74 100.00 1.55G i;i Eu avril par cheval ii" 3. . . . 13.225 2.62 0.18 4.20 53.46 7.. 55 17.24 1.225 100.00 2.759 a."i Eu mai par cheval u" 1 12.55 4.16 0.87 8.43 40.18 2.97 13.79 17.05 100.00 2.206 L'S Eu juin par cheval n"3. . . 11.50 4.41 0.95 9.01 41.74 3.18 12.00 17.21 100.00:1.920 COMPOSITION CENTESIMALE ELEMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DES MÉLANGES LAISSÉS PAR LES CHEVAUX. i E V. •à Y. .i: y. >« MÉLANGE LAI.SSÉ. O c o o c TOT.\L. '^ M N !h < 2, < X u >■ O O') En mars par cheval n» 2 .J2.07 G. 00 i.ye 39.97 100.00 13 En avril par cheval n" 3 iS.i2 G. 14 3.28 •12.16 100.00 2ô En mai par c4ieval n" 1 47.13 G. 26 2.65 43.66 100.00 28 En juin par cheval n" 3 17.39 G.8S 2.28 43.4:. 100.00 De ces analyses, on déduit la composition suivante des résidus mensuels : A.N.V. SCIENCE .\QUO.\. «>9 338 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. c o O u CD es < eu m (/3 I— I - oc co cô •snbinBS.io aoNvxsans S-' -H Ci O Ci .1 o •M O CO M •sanaNao ■«al O 50 O co 03 CO ai co .H o ■M aoîjvj,saas oc o c o O — .-H O 6 < '-0 Ci co 00 co 5^ o C-. d = o co < ». 'H co DS M ■«! o e o ce a 'S c 1 1 o _; oc te a co" 2^ c O oc > ci a K 1 a t ^,K aSiT fSY 1 'i?, ?; 2 S I ALIMENTATION DU GUKVAI. DK TRAIT. 339 COMPOSITION ÉLÉMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DES MÉLANGES LAISSÉS l'AU LES CHEVAUX (CALCULÉE POUR 20 JOURS). CHEVAL NO .3 CFIEVAI- N" 1, CHKVAL N" 1' ELEMENTS. ea mai l^iSl. L'ii mars 18SI. on avril 18S1. en juin 1881. Cr. Cr. Gr. Gr. Carbone 715.42 0087.47 310.91 1838.26 Hydrogène 98.38 701.45 39.45 266.88 Azote 41. G3 229.75 21.05 88.57 Oxygène 686.20 4672.27 270.70 1685.34 Substance organique . . . 1571.63 11690.94 642.11 3879.05 Pour les calculs relatifs à rélablisscment du coefficient de diges- tihilité indiqué plus loin, nous admettons que chaque cheval a laissé par jour un même poids de mélange, égal, par conséquent à jt du poids total recueilli par mois. Les compositions immédiate et élémentaire des rations étant con- nues, nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs l'ensemble des résultats analytiques des fèces. Nous renverrons nos lecteurs au mémoire original pour les tableaux numériques (31 tableaux iii-4°) présentant le relevé par mois d'expériences, des observations, pe- sées, mesures, analyses effectuées pour chacun des chevaux. (V. 2* Mémoire, p. 9 à 50.) Après avoir rapporté les essais faits au camion et à la voiture, nous résumerons les chiffres relatifs au travail mécanique effectué par les chevaux dans les différentes conditions où ils ont été placés. COMPOSITION CENTÉSIMALE IMMÉDIATE ET ÉLÉMENTAIRE DES FÈCES. La composition centésimale immédiate des excréments solides a été rapportée à la matière sèche. Nous rappelons que la glucose étant intégralement assimilée fait constamment défaut dans les ex-. 340 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. crémenls : dans noire précédent Iravaii, nous avions déjà constaté le même fait. La composition centésimale élémentaire est rapportée à la matière organique. COMPOSITION CENTÉSIMALE IMMÉDIATE DE LA SUBSTANCE SÈCHE DES FÈCES. Cheval n» 1. Jlars 1881 Avril 1881 Mai 1881 Jain 1881 Cheval n" 2. Mars 1881 Avril 1881 Mai 1881 Juin 1881 Cheval n" 3. Mars 1881 Avril 1881 Mai 1881 Juin 1881. ...... g- il O o p o o j j o a S < oa aï 3 ci à -a -^ h g 11.99 20.80 20.15 3.80 10.35 12.56 22.05 20.41 3.71 10.35 11.47 21.45 21.68 3.74 11.15 12.92 22.50 21.17 3.61 9.94 11.19 21.20 20.41 4.24 12.66 12.36 20.70 19.89 4.58 11.65 11.32 21.45 20.41 5.05 12.25 11.72 21.25 20.41 4.24 12.15 11.45 21. G5 20.66 4.43 10.75 10.87 23.50 21.17 3.71 9.64 12.39 22.15 20.66 3.95 10.45 12.45 23.25 20.66 3.54 10.25 32.91 30.92 30.51 29.86 30.30 30.82 29.52 30.23 31.06 31.11 30.40 29.85 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 ^ S- g ° 88.01 87.44 88.53 87.08 88.81 87.. 64 88. 6i 88. 2S 88.55 80.13 87.61 87.55 AZOTE p. 100. 1.65 1.65 1.78 1.59 2.02 1.86 1.96 1.94 1.72 1.54 1.67 1.64 COMPOSITION CENTESIMALE ELEMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DES FÈCES. ÉLÉMENTS. JHEVAL N" 1 CHEVAL N" 2. CHEVAL N" 3. Mars. .ivril. Mai. Juin. Mars. Avril. Mai. Juin. Mars. Avril. Mai. Juin, Carbone. . . HydrugCue. . Azote .... Oxygène. . . 51.16 6.46 1.87 40.21 50.53 6.78 1.88 40.81 51.21 6.18 2.01 40.60 100.00 51.38 6.27 1.82 40.53 51.97 6.13 2.27 39.63 52.17 6.35 2.12 39.36 52.19 6.33 2.21 39.27 51.51 6.47 2.19 39.80 51.74 6.25 1.94 40.07 51.78 6.13 1.73 40.36 51.97 6.24 1.91 39.88 52.53 6.08 1.87 39.521 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 ALIMENTATION DU CHIÎVAL DK TRAIT, 341 COMPOSITION IMMÉDIAT!-: KT KLKMENTAIRE DES FÈCES RENDUES EN 20 JOLRS. Des chill'res préccdciils ou dt'duil les composition.s immédiale et élémentaire des fèces produites en 26 jours. COMPOSITION IMMÉDIATE DE LA SUB.STANCE SliCHE DES FÈCES RENDUES EN 26 JOURS. a . « ?? 3 O 03 a a @ K O o o o Gr. ■a o J J J ■à o •A O a 03 o m ^ .S Es I.NDKrER.\IINÉS. TOTAL, de la sulistanee sèclie. AZOTE. Gr. Gr Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Cheval «■> i. .\[ars IS.Sl 319G1.7 4354.3 7.5.Î3.73 7317.67 13S0.01 37.58.71 11951.58 30316.0 599.21 Avril ISSl 41070.1 5899.4 10358.77 9586.47 1742.57 4801.34 14522.95 46969.5 775.00 .Mai 1881 62283.2 8070.1 15091.85 15253.68 2631.40 7841.95 21466.32 70358.3 1252.38 Juin 18S1 61.543.8 9131.2 15901.87 149 1; 1.89 2551.38 7025.09 21103.57 70675.0 1123.73 Climal n" 2. Mars 18^1 53921.9 6794.1 12871.79 12392.13 2574.36 7686.64 18396.98 60716.0 1226.46 Avril 1881 3391)7.4 4790.4 8022 . 86 7708.91 1775.11 4515.27 11945.25 38757.8 720.89 .Mai 1881 425 04. 1 5433.2 10295.42 14595.56 9796.25 14018.61 2423.86 2912.24 5879.67 8345.23 14168.90 47997.3 940.75 1332.49 .hiin ISSl 60635 . 1 8019.9 20763.46 68685.0 Cheval n" 3. .Mars 1S81 10734.9 5^67.2 9959.43 9504.01 2037.89 4945.21 14283.27 46002.0 791.23 Avril 18,S1 61875.3 7546.1 16314.03 14696.51 2.375.53 6692 . 22 21597.01 69121.4 1069.09 Mai 1881 34630.8 4897.5 87.55.52 8160.. 55 1661.37 4130.71 12016.65 39528.3 660.12 .luiii 1881 62122.9 8834.1 16497.50 14059.72 2412.54 7273.09 21280.05 70957.0 1163.09 342 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. a p o 1-5 z en P a z es -a P o Ed CJ m ca P c/3 C < Z S 'H ■a z o o O / .^ ri X) ^ _• , •-t o O Cï ■Cl C rs h- rï oô m' co t- CD -*< o^ <-» es o (M « t-l H< o3 CO G«] CO « O lO >o Cl CO O O C2 o c^ o C es sq ci -^ lA C C-1 c; CD 1^ t-- o -< O t- O ■Cl co ^ n T-( ■^ iH c: ÏJ CD ,, n r^ o O o ■M en -M CO ■-s îg Ci CO 1-1 CO i-t c-ï iH o co OI » = ^ 1.-Ï -« o N Cft t— X -m' '5 c ■^< h3 O -1< -^ o r'^ T-) Ci iH -.2 ^ ^ ^ï ^ C3 r— -M CD fM ii ^H -* -< > Ci co Cl Cl c t* en ^x t-- -^ K ■^ o CD o XI t- O (M lO ri CD CD -r; t- »-( t- CO Ci ■ 00 C .J ^ oô CO O « z^ (M >o f^ -H >J4 ►^ rî cri H4 rH m (M O Ci i-H X M o t- ^ CO CD (M ■rî t^ t^ Cl •M GO oô o r; CO on z r^ 00 CO (M iM OJ -^ rH iO (S to ■3^ CO < >■ 'M >o O CO o t^ lO O 00 [i: E ■^ t^ 'M — 4> lO t^ o c lO CO t^ o 1- CJ -i; r- r^ I>- r- o o CM ÎD « ^ _ „^ _ r- o , ■^ r- c^ 7J I- ÇA j ï^ _J Cl o ^ rë O -* to Cï lO es ^ -TU O lo CO Oi «O 3^ CM tH \ y~t iH CO c .2* en * • '3 H * §> S5 O ; o a o ^ n o XI o 0) a ■M h-) ■M o t. o ■S bo >> ai a >> s X 3 O h- < rN C» ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 343 UTILISATION DES RATIONS : COEFFICIENTS DE DIGESTIIÎILITE. A l'aide des résuUats indiqués jusqu'ici, il est possible de détermi- ner l'utilisation des rations employées et la digestibilité relative de chacun des principes immédiats dosés. Il est clair que si de la ration journalière on déduit le mélange qui a pu être laissé, puis les principes immédiats des fèces journalières produites, la différence représentera la portion de ration qui aura été utilisée, c'est-à-dire digérée. En rapportant la quantité digérée de chacun des principes immédiats ou élémentaires à celle qui a été ingérée, on obtient leur coefficient de digestibilité, c'est-à-dire le taux pour 100 de chaque principe immédiat ou élémentaire uti- lisé. Tous ces calculs sont résumés dans les tableaux XXXII à LXVI du mémoire original. Nous en extrayons, à titre de spécimens, les tableaux suivants re- latifs au cheval n" 1 dans les trois conditions d'entretien (repos), transport au trot et travail au trot. Ces extraits suffiront pour nous permettre de discuter plus tard les différences que le trot et le tra- vail, comparés au repos ou à la marche, exercent sur la disgestibi- lité des aliments chez le cheval. Tableaux. 344 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. X X X 53 (a H U •(O • r-« 1— I cd a u o o o M fl O <5 •M bJ H fc3 Vi Ci ta H T3 03 a ♦a ?: TJ O - S O ■ ■-H •*:> S y- ce — • 1— co o ce f^ H tO .-O o* co co o t— ■— H C • • O ■;r* ce o co Ci ^^ Cl co o 'O N -^- ■— ers tH o c< co t^ < ir-t (M ce T— ' o o ce (M o en o -— à . .-n lO ..o C5 i^ o o o la « . . . H -g 1^ -,—1 o -^^ -«-H C5 Cl C5 co Cl "S S o ■^^ — ..O .O C5 'O co -* ? S ^c co c^ CO t^ ~T< co lî "^ O o — ce (M (M ^ C-( (M — ,^_, Cl eo co r~ O Ci f^ Cl Oî lO co -— -a 'OJ i^ t^ o r^ co CTî C3 ~S< tO lO ^ o o f^ r- o r- -r- co t^ i § ^ o O r~ CO tf: --H ■^ ■/: lO co ■^* "•" *■ . rs> 'O — i-O ■— r^ vj" Cl B o o o CD C5 O ce co t» w u co o co o OO o co t^ «* 5 O (M c-i ce -^ >n o o o ei O Ci co »Q ^-1 o CO co f- C^l cr o t^ C3 — 'O co — z ce ce o -^ o -=:< ■-H t^ o a jj co o co r- O co ■'-H Cl ce o co co — C5 «3 — ce ^ ce co co ■ O -9- C< Cl < o o t^ "O Cl c-< E ^_ <^-H CO .^^ ~* C) r:'\ — ce c'i (M t^ •o (M UO t- o o , ij 6 *^*« o -* CO o co O r- o P o C2 .O ^T* co Oi Ci lO 5 K Ol CI .o f^ ira Cl Cl lO .o I^ t— o ^^ "^^ . Cl (M C( Cl Ci o 02 f^ t^ r^ r^ I- o O c ce o CO O co ^' O .o o b o o o o CO o o r^ r^ r^ T-H o "^^ ■^ — '>^ O O o O ..o Ci co ce G 2 o Ci t- Cl ■-< Cl co co •-5 5. • • • • -< — C3 o o — ce •^ C5 — co î" a t. o -■■r -^ o ce r- Cl --f (^ « rt ~T< -^-f o -» co Cl •^ M bo -l-H -v^ «^ c^ -^ — co a; O (M C( co ce — < ■— ce O) o co ce ce O co ce 00 co • -0 ce -* •«j< t~ M u ce o oo •--< -* co r^ cr> c* z o co co ..o ce •— o -^ Cl K o o co Cl C( -rt ;^ tO cO -"-H ■^^ ^, co ce o ■co co r^ o -^ 5 t— t- o 1- O t^ C^t -rf co o ce -o Cl ce o — ^ ■^' r" M o co oo — 1^ ce o Ci i-- S -o O O co r- ce co ~ï' K M r^ (^ o o -=:" ■— co OT C~( Cl co o ^^ s^ 5- _ , , ce in ■ o • es * * , 3 , 'S . m M r! -^ S ^ ; z. es ! S G . o 2 ' *•"■ • • • O O ■5 '^ v^ ^ ,r. . ^~' _ = U -_;' ■o -- •flj * t? o. c/; t- t/ O tn ■ H -W b.' r~ r~ c» ^^ — 00 CO •.0 sa >« Cl ^-H 1- .0 CO c " .0 .— ce .0 CO y. ^ c< (M Cl ~* c< — ce -•*< .rî 1- ce Cl ^ (TO CO CO Ci ■ Ci .0 1- si O -2 ■2 C Cl Cl -^ c ce c: h •= iO l~ ■^ ? »0 1^ — *?M tari c. T— < -^ — ^-ri -ai r- t- Ci C «^ Cl U 1— r^ lo C Ci es œ to t-T ■ ."J .0 Cl co .0 r- ce Ci 3 ■.— ' ^— « -^rH r- «0 ;3 Ci . u CO CO 1-^ tO ■•— t a -■-:< -* — 1 et ce ce r~ „^ ce — t^ -- •i, -^ Cl r- Ci .0 II o c ^ ■— «n ., •* 00 lO \z 00 1^ -* «c r^ ce 1 53 CO CO ..0 i- 1^ CO CO II < r- Cl ^ , * r- ,.,, .0 CO Cl CO 1 M 1^ t~ t^ ca Ci 10 -<*< 1 • • • J b.* CO oc ce ce 1 '-3 rj Cl r:-i cjn -^ c- »* CO *^ ce ce CO *^ CO C( 1 Ed « ■'"' ■^ _ «r; c= C-5 CO CO CO CO CD u ^ —1 c Cl c Cl ce ce ce t^ t- J CO ce ce <•— 1 ''^ *^ g 2 1 ^ -0 c *■-: r^ CO CO ■— 1 <> CO 'C t- Cl II >^ ^ 1 • • • ■< .i • Ci C5 c c- Ci 1 H = ô •'^ -* 1- 1- VJ< t^ w cj ' ^^ I " ■"' C bo CO C 1.0 — CO 1 g = CO CÔ -î? Ci -^ -^ C ^ Ci c- — 1 w CO CO -^T^ 03 — ce II 2 t: CO — CO C5 CO ce w ^-M C5 ^ CO c ^- ca Cl c( ce CO Cl c -0 .iO Câ .0 c^ ^ - 1 U 1- r- .0 c Ci '-- ~3< «r 1 t^ • • • < 2 CI C) — CO cy; ce CJ H -S .*; . .0 ce 1- c t- S -M *- 'yj k; cî oc CO oc 00 Ci Cl ..0 — CO CO CO •-!< Oi — ' — 2 r- • es j s ^ -w « C3 3 « ^— ri , -*î > '^ z ^ >• --' ^ , es •■'' C3 11 ^ a Cl • JK •^ <£>. — u ^ 3 wlrt K , ^ "C N,__^ . z ï^ u •0 -0 ■p „ -5. >■ ■«^ -V "^ C ^^ c s -riU c ■fl. •«■J te ■- t to i- tj » ■- ^ -Cri — "" "^ 346 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. > X X X 03 H 09 t-i '03 • rH l-H a u o o M a o ^ • fH 4^ < ^H -< 1» a> TS U en Q 1-3 ert 'A •1^ O -r) 1— ( •05 H S es en 0) 04 Ol (» 0) ta _o ce c _,^ CO . OO 1 CO c; r- Cl — ■ H o o CO CO 1 o: O '- o CO u. • b « CO -^^ (M CI C5 o 00 1 — LO tSÎ oo •ojH -^ .o 03 *^ ^ 05 CO < o CO Cl CO JO CO — ■ \ Cl 1 o o - Cl 1 CO CO -!f ers Cl — o i^ CI CO 1 :o vo CO c^ t~- s "^ • • . • • H '^ fcl o -t— ' ■ o CO CO CO 1-.0 1 CI CO "~ ^ o CO c-t ^ CO -^ ■ o C< 1 CO Cl "" ^ • .n 1 ^ CO Cl -^ a Cl (M o 32 1 ^ ers t~- Cl CO Ci a> > . . • , , . -a 'i" ^* r- o t^ -* Cl ~* - CO .o "C ^ c ■*— « •o ■-.o ~^ ■« 1- - O t- cr5 1- t^ O CI i-- ■ CO CTi oo CO 1 o CO Cl f- 1 -^ CI Cl 1 - . c-l -,-« CO c 5 OO ■^ ■- 1 o CO c* o * --" < t^ 00 CI 1 o r- IX L. lO o C5 — t^ 00 - 1 t~ L,0 •< o o .o ~e< c S —* Cl o 1 Cl .o X o ■^ . cr > CO et — ^ O CO o c 1 CO o Cî r^ c/ 1 Ci lO CO t~ Ci 1^ CO "^^ o c: > C5 o o et -^ o il o CO CO c s -^ ~*' o CO -5^ l-H o o ■ o O 'r 3 -O 00 CO Ci IX s •^^ f^ -^ c 1 — t- ..o - •< c> CO .r s CO CO CO o C2 — > --C 1 ,.; C-l l- .-i ■- 1 o o i-O 1 lO CO w t^ o o c/ CO o -^ ■ CO o > • • . J fc-* K) c^ c:^ ■- t~ -T' c 1) -î^ --'H ^3 « »o tO C5 O" J o oo J t— ( ■*— ( Cî c ) o CO iS 3 CO •-^ CO Cl .J- s t^ a C^( Cl — U o '_> Ci o - o a t^ '^ Cl Cl âo OO o M . . O ^ o CO CO c CO t~ c > 1- - o o •-O ^— 1 ^^ *.-H 05 o o >-3 lO io .o •r-i O (M Cl et ^ 6 ai CO lO c ) .,o CO G > CO c( o CO o c CO t~ t- o Ci y- — -5* .^^ CO oc -T< O ..- î --■- 'O ^ '5 o -* r~ t^ o: ce Cl c 5 CO o M rt CO • o 1^ c ^ o c^ : o M to ~* y—i Cl c o t^ c * -^T* ce o oo 00 CO Cl "— — ' M ^ c 'O (- c 1^ iO c i CO .o CO -^ CO -^ et lO ■ c 5 ■— 00 Q c (M CO ~!f c > -^ o c > O 70 a o CO t^ lO t^ 00 -* -- - CO C2 CO c > t~ CO c 3 ^ oo CO oc ta o CO c< c CI 00 c- i O CO 1 lO O -^ c^ — 5 I C 3 ■— : ^< 2 œ r^ (^ t~ C^ C5 o c£ ) -*< CO rh l~ 'O c l.'t CO r- c 3 <0 CO co o et -o CO c^ et CO 1^ o K œ ro ■r- 1 c -*— ( (- e -^ L: o c: t- Cl w •— —1 _c '= ■^^ • • CO es ^ 3 -a -< a ^ 2 -a -^ c: Q (M o M ^~* o »|_ Id o O 3 v: 6«|t^ Z z s :3 c/3 ^ U2 o .p c/ .5 O M M 09 M « 'A < 'A ^ H -a •a » O o ù o ■r.\ Foin. Du U"' août au 30 sept, inclus. 11.07 7.30 0.32 19.34 27.38 1.83 9.56 23.14 100.00 1.53 M) Paillu. Du 1er août au 30 sept, inclus. 11.12 10.71 O.IG 25.33 29.11 1.45 3.25 18.87 100.00 0.52 ;ii Maïs. Du lir août au 30 sept, inclus. 1:2.71 1.50 1.27 1.45 63.88 4.01 9.91 5.21 100.00 1.59 32 Tourteau. Du li-i- août au 30 sept, inclus. 10.21 0.88 0.25 1.05 50.28 9.28 19.19 8.83 100.00 3.07 :i3 Avoiuo. Du Ir août au 30 sept, inclus. 12.70 3.72 0.97 7.55 46. 7« 4.94 10.34 13.00 100.00 1.65 :it Fcverole. Du l'r août au 30 sept, inclus. 8.43 5.13 1.3(! 6.60 48.26 1.24 27.32 1.3i; 100.00 4.37 COMPOSITION CENTÉSIMALE ÉLÉMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DES FOURRAGES. i; LE MENT s. Carbone. . Hydrogène Azote. . , Oxygène. FOIN. Analyse u° 29. 50.35 5.83 1.87 41.95 100.00 PAILLE. Analyse no 30. •18.50 G. 03 0.G6 41.81 100.00 MAIS. Analyse n" 31. 4G.2i G. 34 1.85 45.57 100.00 TOURTEltl. Analyse u" 32. 49 83 6 .42 3 45 40 30 100 00 I AVOINE. 'fé\ EKOLE. Analyse no 33. 47.58 6.47 1.97 43.98 100.00 Analyse no 3-1. 47.57 G.iG 5.07 40.90 100.00 COMPOSITION IMMÉDIATE ET ÉLÉMENTAIRE DE LA RATION. {J)u 'i" août au 30 septembre indus.) Des compositions centésimales préccdeiites, l'on dcduil les cum- positions immédiate et élémentaire suivantes de la ration: 352 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. n3 es a -a ES Cl O 2 O es 6- Q o O CL, s o c: _ _ c 1 .^ .„ >-0 B Ci *;— 1- ^ ;e CI CD Ui ■^ O o co *^ cc 1^ -.-« --^ Cl < 0( -^ CI co " ..-^ -* Vf Cl _ en ..o Cl «3 O t^ o 'O — o .s 1 i." O — ' co co co -c ,^' i s w ;3 5 co ■w-^ co cô z^ ■^- co ■.— o *-< — O o co o c: o -* . O ,_^ Cl ce co Cl Cl j" " o o i~ à-'ï C) ■vc c» -^' 2 § ^'T^ Cl o f^ -f— co T— » co "^^ Cl ci îà Cl C5 co co f^ Cl o w •^ Cl oo co o o ce M <: or OD CI . -^ t^ oo o Cl K C< -^- -v^ a: •^ Cl C3 ■^^ co 0( .Jî ~* o co o Z c^ co Gî o uO Cl Cl O • • • a Ï-' Ci o O o CI 1^ •«— I c c* *.^ CO o Cl *— r^ s »--^ CI co co ;-3 Cl Cl < ■■" ■^^ co % o o r~ ■ , »J^ co 5 S o ce 7D Cl r~ O co o -•—1 Cl -^ co ■^- co Cl Cl co a r-i .-, co ^ co co OT ^ cô v^ t-O o o co o o a ,^' 1-5 co co r^ CI Cl Cl r^ o o (M Cl Cl o Cl f^ Cl M ^ O co CI Cl Cl t— 6= 3* • • ■ S 1 es es o 1^ Cl I~ -* o co tO t~ o to -,J ■co t-- «s* Cl s r~^ co .-O Cl *-""* o • • œ •.-J •^ G o 3 5 o p CT5 •«! o ■^ rsJ o c/D "■• rz^ o =3 Ci '3 'rs > ;0 "ce O a ;^ :::- -=: s Tr-^ o . , , fe. M i« ' * ' £-^ ^ l! t/a tr. to bc in :rj SB CO 00 Cl Cl o et C( o *^ .-O co 00 co ^-^ l.'î :JZ Cl o ^-^ «^ o "" Cl Cl 1 te ALIMENTATION Dîl CHEVAL DE TRAIT. 353 COMPOSITION ÉLÉMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DE LA RATION JOURNALIÈRE DE TRAVAIL. FOURRAGES. 1,508 gr. Foin contenant 818 gr. l'aille 2,952 gr. Avoine . . . . 632 gr. Féverole. . . . 2,180 gr. Maïs 432 gr. Tourteau. . . . 8,G12 gr. Du ±" août au 30 septembre 1881. Carbone. Kl. 643.99 321.50 1173.93 258.97 804.79 191.33 Ilydro- gèuo. r.r. 71.57 39.97 159. G3 35.17 118.57 24. G5 452. 5G Azote. Gr. 23.92 4.37 48.60 27. GO 34 . GO 13.25 152.34 Oxygène. Gr. 5 3 G. 5 4 297.05 1085.13 222. G6 852.26 154.74 3146.38 Substaijco organique. Gr. 1279.02 G62.S9 2467.29 544.40 1870.22 383.97 7205 Les chevaux ayant consommé la totalité de leur ration, il n'y a pas eu de mélanges laissés. Pour évaluer le travail mécanique parles trois chevaux fait du i'"'" août au 30 septembre inclus, on ne pouvait songer à relever chaque jour au dynamomètre enregistreur et pour la voiture chargée le tra- vail kilogrammétrique effectué. 11 fallait par conséquent recourir à une évaluation moyenne journalière. A la demande de M. le prési- dent du Conseil, cette détermination a été faite par feu P. Plessis, ingénieur civil, qui nous en a remis tous les détails \ Nous indique- rons plus loin le travail efînctué par chacun des chevaux en expé- riences pour le camionnage. Des expériences de M. Plessis et des documents qui les résument, nous déduisons le tableau suivant qui donne, pour chaque jour, le poids moyen transporté, le chemin parcouru, la traction moyenne et le travail produit : 1. Voir 2° Mémoire, p. 72 et suiv. AN.N. SCIENCE AGRON. 23 354 ANNALES DE L \ SCIENCE AGRONOMIQLE. DESTINATION. POIDS transporté. CHEMIN parcouru. TRACTION moyenne. TRAVAIL produit. K O < > Ci K CD O Kiloî>r. Mètres. Kilogr. Kgrm. De Manutention à Barrière-Blanche. 3195 3208.45 144.21 462G90 De Barrière-Blanche à Manutention. 145 1961.12 40.07 7S582 De Manutention à Ségur 3155 7231.63 127.40 921309 De Ségur à Manutention 145 C7I5.50 50.44 338729 De Manutention à Grenelle. . . . 2970 6543.07 117.30 767502 De Grenelle à Manutention. . . . Totaux . ... 130 6449.35 47.915 309020 9740 H 32109.12 32109.12 » » 2877832 959277 Soit par cheval IV. Quatrième série. Expériences avec une voiture de place. Du !«=' décembre 1881 au 12 août 1882. Les expériences de la 4* série ont eu pour but de placer les che- vaux, pendant le travail, dans des conditions identiques à celles de tous les chevaux de service de la Compagnie. Dans les expériences précédemment décrites, le cheval travaillait tous les jours et rece- vait une ration journahère uniforme; mais pour les essais de la voi- ture de place, le cheval ne devait plus travailler qu'un jour sur deux; comme dans les dépôts, il recevait le jour de repos une ration diffé- rente de celle du jour de travail. Nous nous proposions d'appliquer le programme que nous avons suivi dans les essais antérieurs au ma- nège, c'est-à-dire que nous voulions faire suivre le cheval travaillaul par un second cheval attaché à la voiture, ne transportant que son propre poids et faisant le même chemin que le premier. Mais nous avons dû renoncer partiellement à ce système en raison de la Irac- lion supplémentaire et parfois considérable que ce cheval occasion- nait en se faisant traîner. Le premier essai avec le cheval n° 1 a dû même être recommencé à cause de ce A»il. ALIMENTATION DU CHEVAL DR TRAIT. 355 Le cheval n" 3 était maintenu au repos, dans sa stalle, avec la ra- tion d'entretien. On verra plus loin que cette ration d'entretien a pu être légèrement diminuée sans inconvénient. Chacun des trois che- vaux a donc passé successivement par les périodes de travail et de repos. Dans le cours de la quatrième série d'expériences, nous n'avons pu recueillir que les fèces des chevaux au repos; nous n'indique- rons donc que les coefficients de digestihilité concernant la ration d'entretien. Les 3 chevaux ont passé par les trois états de repos, de marche et de travail aux époques suivantes : Au repos : A la marche Au travail Cheval n" 1, Cheval n° 2, Cheval n" 3, Cheval n-^ 1 , Cheval n" 2, Cheval n" 3, Cheval n» 1 , Cheval n» 2, Cheval n" 3, du 1" février au II avril 1882. du 12 avril au 12 août 18S2. du 1" décembre 1S81 au 1" avril 1882. du 21 juin au 12 août 1S82. du 12 avril au 11 juin 1882. du 1" décembre 1881 au 12 janvier 1882. néant. du T"" décembre 1881 au 31 janvier 1882. du 13 juin au 12 août 1882. du l"' lévrier au 31 mars 1882. du 12 avril au 11 juin 1882. Le cheval n"! à la marche (il suivait la voiture traînée par le cheval n** 3) a parcouru du 12 avril au 18 mai inclus, le même chemin que le cheval n° 3 au travail. Comme il commençait à se faire traîner, à partir de cette date jusqu'au i\ juin, on ne lui a plus fait faire par jour de sortie, c'est-à-dire tous les deux jours, que 20 kilomètres. Le cheval n° 2 a suivi la voiture du 1" décemhre 1881 au 12 jan- vier 1882 et parcouru, par conséquent, le même chemin que le che- val n° 1. A partir du 13 janviiM", il a été maintenu au repos et ne faisait plus, conduit à la main, qu'une promenade d'environ 4 kilo- mètres en même temps que le cheval n" 3. Le cheval n" 3 n'a pas été soumis à la marche. Le cheval n" 2 s'est fait traînei' fréquemment et a contrihué pour uuo large part, non seulement à fausser les résultats du travail pro- duit par des tractions supplémentaires non évaluahles, mais à ame- ner une diminution de poids très rapide du cheval n" 1, attelé à la 356 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. voiture. Aussi avons-nous jugé nécessaire de recommencer cette expérience : c'est pour cette raison que le cheval n° 1 a travaillé une seconde fois du 43 juin au 12 août 1882. Comme on le voit, les expériences ont eu une durée suffisante pour que, comme dans les essais au manège, chaque cheval donne 30 ou 31 jours de travail effectif. Afin que nos trois chevaux fussent placés dans des conditions de travail identiques à celles des chevaux de la Compagnie, M. le Pré- sident du Conseil nous remit 31 feuilles de travail réellement fait, choisies parmi cehes que la Compagnie reçoit chaque jour, et repré- sentant le travail moyen du jour de sortie ; la moyenne de ces 31 feuilles donnait un parcours total pour le jour de sortie de 62''"', 261 . Voici, à titre de spécimen, la reproduction de l'une d'elles (feuille de travail n" 7). Tableau. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 357 COMPAGNIE GÉNÉRALE DES VOITURES A PARIS. Dé,.«f. Morlèle n» 48. PLAGE. FEUILLE DE TRAVAIL N» 7 DU 19 DÉCEMBRE 1881 '. VOITIRE N° conduite par le Cocher inscrit n° Sortie à 7 h. 30 tn. — Rentrée à 'J h. 15 m. AKUrVlOE surla place. 7 10 11 12 1 10 30 50 40 40 5 45 de la pbce. 11 45 35 30 30 TEMPS du CHAUGEMBNT. 2 heures. 120' = IGi^jOGO Course. 20' = 2 ,GG6 Déjeuner. Course. 20' = 2,G66 Course. 35' =4 ,6GG 1 h. 10 m. 70'= 9,333 1 heure. GO' = S ,000 Dîner. Course. 15'= 2 ,000 Course. 20' = 2 ,GGG Course. 30' = 4 ,000 Rentrée au dépôt. SI"", 997 TEMPS du RABAT. Rabat. 15'= 2'', 000 Rabat. 10' = 1 ,333 Rabat. 5' = ,66G Rabat. 5' = ,GG6 Rabat. 10' = 1 ,333 Rabat. 15' = 2 ,000 Rabat. 10'= 1 ,333 Rabat. 5' = ,6G6 Rabat. 10' = 1 ,333 Rabat. 15' = 2 ,000 13'"",330 ARRIVEE a lifs- lioatioD. 10 11 20 Ot) 50 35 30 35 1. Le tiavail indiqué sur cette feuille a été fait les jours suivants : Cheval u° 1. 19 déc. 18S1. 21 juiu 1S82. Cheval uo 2. 12 fév. 1882. Cheval uo 3. 20 avril 1882. G courses, 3 chargements à l'heure, 9 pour un parcours de 65'^»",327, dont Sl^-^i^Sl en courses ou heures. 358 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Noire cocher était astreint à reproduire exactement avec la voilure le travail indiqué par cette feuille. Un appareil enregistreur placé dans la voiture, nous permettait de contrôler si le travail de cette feuille avait été ponctuellement exécuté. Ce travail a été fait : Par le cheval n^ 1 , le 19 décembre 1881 et le 21 juin 1882. — n" 2, le 12 février 1882, — n-'S, le 20 avril 1882. Avant d'indiquer les résultats numériques que nous avons obtenus, il est nécessaire de faire connaître succinctement : IMes moyens que nous avons employés pour effectuer le travail et l'évaluer, ainsi que le chemin parcouru ; 2" comment le rationnement des chevaux a été fait. 1° Voiture d'expérience. Chemin parcouru. Travail produit. Nous nous sommes servis d'une voiture à 2 places du type coupé n" 4. Les voyageurs à transporter étaient figurés par 2 poids de 70 kilogr, chacun, placés sur la banquette. La voiture d'expérience ne diffère des autres voitures de service du même type que par un petit appareil additionnel destiné à enre- gistrer les allures de la voiture et le chemin parcouru. Cet appareil consiste en un excentrique calé sur le moyeu de l'une des deux grandes roues et en un tambour à levier imaginé par M. E. J. Marey, professeur au Collège de France, fixé sur l'essieu à proximité de l'excentrique, chargé de transmettre le mouvement à l'appareil enre- gistreur appelé odographe, dont M. Marey définit ainsi le but : « Un des plus grands obstacles à l'emploi de la méthode graphique pour étudier les déplacements d'un corps, c'est la difficulté qu'il y a presque toujours à fixer à ce corps un style écrivant, et surtout à placer une feuille de papier de façon qu'elle reçoive le tracé du style. Aussi est-il indispensable d'avoir un moyen de transmettre le mou- vement à distance, l'empruntant à l'organe qu'on étudie, pour l'en- voyer au style qui doit l'inscrire sur le papier. C'est par des tubes à air que j'ai obtenu les transmissions les plus satisfaisantes. « La disposition qui se prête à la plupart des expériences consiste ALIMENTATION DU CHEVAL DE TUAIT. 359 à employer deux tambours à levier, dont l'un reçoit le mouvement, tandis que l'autre le trace. « Ces tambours sont formés cliaeun d'une caisse métallique fermée on haut par une membrane de caoutchouc mince et très peu tendue. Les deux tambours portent chacun un tube métallique qui s'ouvre à leur intérieur et s'adapte à un tuyau de caoutchouc qui les fait com- muniquer l'un avec l'autre. Si l'on appuie sur la membrane du pre- mier tambour, on expulse une partie de l'air qu'il contient; cet air passe à travers le tube dans le deuxième tambour, dont il soulève la membrane. Quand on cesse de presser sur le premier tambour, la membrane du deuxième s'abaisse. C'est celte solidarité d'action des deux tambours qui permet de transmettre un mouvement à distance. Pour cela, on colle sur chacune des membranes un disque en alumi- nium relié avec un levier qui s'articule, par une de ses extrémités, à un point fixe placé dans le voisinage de l'axe. Cette articulation l)ermet au levier d'exécuter des mouvements verticaux. «: Or, si l'on imprime un mouvement à l'un des leviers, cela pro- duit, par l'intermédiaire du disque d'aluminium, une élévation ou un abaissement de la membrane du tambour correspondant. Il s'ensuit un mouvement semblable^ mais de sens inverse, dans le levier con- jugué, et si celui-ci est muni d'une plume, un tracé sera obtenu. » L'un de ces tambours est calé sur l'essieu à proximité de la roue munie de l'excentiiquc. Entre ce tambour et la roue est placé l'axe autour duquel le levier conjugué doit osciller. L'extrémité du levier opposée au tambour est munie d'un galet qu'un ressort à boudin maintient constamment en contact axec l'excentrique et force à en suivre tous les mouvements. Le second tambour est placé à l'intérieur de l'appareil enregistreur appelé odographe et actionne le style inscripteur de la translation de la voiture à l'aide d'un rouage intermédiaire analogue au récepteur télégraphique de Bréguct, qui laisse passer deux dents à chaque os- cillation. Il résulte donc de ce dispositif que l'excentrique, à chaque tour de roue de la voiture, produit l'échappement de deux dents du rouage et meut par suite le style. L'odographe se compose d'un cy- lindre vertical tournant d'une manière uniforme sous l'action de rouages d'horlogerie placés à son intérieur. Ce cylindre est couvert 360 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. de papier gradué millimétriqiiement; sa vitesse est calculé de façon que chaque millimètre corresponde à une durée connue, une minute par exemple. Parallèlement à l'axe du cylindre se meut un style inscripteur por- tant une plume chargée d'une encre à la glycérine qui ne se dessè- che pas. Ce style est conduit dans une rainure qui se trouve à la face interne d'une des colonnes de l'appareil : cette colonne est creuse et dans son intérieur est une vis qui tourne lentement et fait monter le style inscripteur. Il s'agit de commander le mouvement de la vis par celui de la roue du véhicule. Pour cela, on se sert de la soufflerie à air formée par les deux tambours décrits précédemment et réunis par un tube en caoutchouc. Chaque va-et-vient de l'air actionne la membrane dont les mouvements alternatifs commandent un enclique- tage qui fait tourner la tête de la vis motrice par laquelle le style est commandé. Une disposition particulière fait que le style une fois arrivé au sommet de la colonne, retombe au bas de celle-ci et recommence une ascension nouvelle. De cette façon, on peut écrire pendant plu- sieurs tours du cylindre sans que les tracés se confondent. La rapidité avec laquelle marche le style traceur étant liée à celle de la voiture, on verra la pointe se déplacer parallèlement aux mou- vements d'accélération ou de ralentissement de la voiture. Lorsque la voiture est arrêtée, le style trace un trait horizonlal dont la lon- gueur permet déjuger de la durée de l'arrêt. Si la voiture est en mouvement, le style trace une courbe plus ou moins sinueuse et in- clinée sur l'horizontale, suivant les variations de sa vitesse. D'après ce qui précède, on voit que le temps est une fonction de l'abscisse et le chemin parcouru, une fonction de l'ordonnée de la courbe. La vitesse en un point quelconque de la courbe est donc donnée par l'angle que forme la tangente à la courbe en ce point avec l'ho- rizontale. La planche ci-contre donne le développement du tracé obtenu sur le cylindre de l'odographe avec le cheval n" 1 , le 19 décembre 1 881 , et représente la feuille de travail n" 7, dont le détail est page 357. La voiture sort à 7'',30 du matin et se rend sur la place, où elle ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 361 arrive à 7'', 45. Elle y stationne jusiiu'à 8 lieuics/hcure à laiincllc deux voyageurs la prennent à l'heure. Les voyageurs la (luitliiil fi 10 heures ; h.^iir descente de la voiture est ligurée par un arrêt (trait horizontal) correspondant à environ ^ minutes. Le cocher ramène alors. la voiture sui' ];i place, où il arrive à 10'', 10. H y séjourne jus- qu'à il heures. 11 lait ensuite une course avec !2 voyageurs, les dé- charge à 11'', 20 et rejoint la place à 1 1'', 25. Il y stationne jus(pi'à 12'', 35. Pendant ce temps, le cocher déjeune. A 12'', 35, le cocher fait une course de 20 minutes avec 2 voyageurs (ju'il décharge à 12'', 55. Il revient ensuite sur la place, où il arrive à 1 heure. A I'',15, il fait une course (toujours avec 2 voyageurs) jusqu'à 1^50 du soir. Pendant cette course, le style, qui est arrivé à son extrême limite d'élévation, retombe instantanément au zéro et continue à enregis- trer le mouvement de la voiture. Celte chute est figurée par la verti- cale qui, dans le tracé graphique donné, en relie les deux extrémités. A l'',50, arrêt de la voiture, descente des voyageurs et à 2 heures du soir, arrivée sur la place. Stationnement jusqu'à 2'', 25, heure à la- quelle deux voyageurs prennent la voiture à l'heure. Ils la quittent à 3'', 35 ; le cocher rabat sur la place, où il arrive à 3'', 50. Il y sé- journe jusqu'à 4''',30. Il est pris à l'heure jusqu'à 5'', 30. Il rejoint la place à 5S'i0 et y stationne jusqu'à 6'',45. Dans cet intervalle, le cocher a dîné. A 6'', 45, il fait une course de 15 minutes. Pendant ce temps, le style arrive une seconde fois au sommet, retombe au zéro et continue à enregistrer les mouvements de la voiture. A 7 heures, le cocher décharge ses 2 voyageurs et rabat sur la place où il arrive à 7'', 5. A 7'', 15, 2 voyageurs le prennent à la course ; il marche jus- qu'à 7'', 35. Le cocher rabat de 7",35 à 7^45 et à 8'',30, il fait une course de 30 minutes jusqu'à 1) heures. Il descend les 2 voyageurs et rentre ensuite au dé[)ôt où il arrive à 0'',15 du soir. Telle est la représentation graphique du mouvement de cette voi- ture, le 19 décembre 1881. 11 s'agit maintenant d'évaluer le chemin qu'elle a parcouru à l'aide de la courbe représentative de sonmouvemeut. Ce chemin est donné d'une façon tout à fait expérimentale. Pour l'obtenir, on a procédé de la façon suivante : la voiture d'expérience munie de l'odographe est conduite sur une route kilométrée et arrêtée devant une borne 362 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. kilométriffue. L'odographe étant en marche et ayant marqué l'arrêl de la voiture, on part jusqu'à la borne kilométrique suivante. Arrivé à la hauteur de cette borne, on arrête. Le style a tracé une ligne plus ou moins inclinée, dont la différence des ordonnées de l'origine et de la fin de la courbe, représente graphiquement le chemin . par- couru, c'est-à-dire 1 kilomètre. Cette différence est notée avec soin. On répète la même opération un grand nombre de fois, en faisant parcourir à la voiture non plus seulement 1 kilomètre, mais 3, 4 et 5 kilomètres, etc., en ayant soin de bien marquer l'arrêt entre les distances parcourues et de noter exactement la différence ordonnée des courbes, correspondantes aux chemins parcourus. Cela fait, on calcule séparément la valeur, en mètres parcourus, du millimètre ordonnée de chaque tracé; on en fait la moyenne, et l'on obtient ainsi, pour la voiture expérimentée et l'odographe employé, la dis- tance en mètres parcourue par la voiture, correspondant au tracé d'une courbe de 1 millimètre d'ordonnée. Pour notre voiture d'expérience, nous avons trouvé que 1,000 mètres de chemin parcouru correspondaient à une différence d'or- données de 4-"", 66. Il en résulte que 1 millimètre d'ordonnée a une valeur égale à 2 14™,592. D'après cela, pour avoir le chemin parcouru, il suffira donc de déterminer en millimètres la somme des longueurs des ordonnées de la courbe tracée par le style' sur le papier millimétrique, puis de multiplier cette longueur par 214'",592. Pour le cas qui nous occupe on trouve que l'ordonnée totale est de 317"'",8. Le chemin parcouru est donc 2i4'^,59-2 x 317-,8 = 68'"",197. Pour avoir le chemin parcouru dans le rabat, il suffît de faire la somme des ordonnées correspondant à ce travail et de la multiplier par 2 M--", 592. Il reste maintenant à évaluer le travail produit. Pour épargner le temps considérable qu'eût exigé le calcul de la courbe obtenue chaque jour par le dynamomètre enregistreur, nous nous sommes astreints à faire parcourir constamment au coupé n° 4, une même piste, disposée en forme de fer à cheval, pavée, dont la longueur était de 323", 25 et dont la différence de niveau des extrémités était de 4™, 382. La pente moyenne était donc de 13""", 5 par mètre. Les deux extrémités de la ALINfENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 363 piste n'ctaiont séparées que par un chemin de 34"', 80 ayant une pente de 126 millimètres par mètre. Gomme il n'était pas possible de faire passer la voiture par ce chemin, le coupé n" 4 retournait à son point de départ en revenant sur ses pas. La longueur totale de la piste, aller et retour, était donc de : 323'",25 X 2 = 646™, 50 Sur cette piste, M. P. Plcssis, ingénieur civil, a déterminé, par un grand nombre d'expériences, la traction moyenne du coupé n''^. Les résultats auxquels il est arrivé sont consignés dans la lettre sui- vante adressée à M. le Président du Conseil d'administration de la Compagnie générale des Voitures : Paris, le 4 janvier 1882. Monsieur le Président, J'ai riionncur de vous remettre ci-dessous les résultats de l'expérience que j'ai faite à la Manutention pour déterminer la résistance du coupé n" 4 en charge et à vide et le travail nécessaire pour effectuer la traction de celte voiture sur une piste partant de l'angle du Laboratoire et revenant au même endroit sans passer par la rampe qui côtoie la rue du Ruisseau. Cette rampe, excessivement raide, donne lieu à des efforts de traction que le dynamomètre ne peut accuser et qui troublent, par les change- ments de vitesse qu'ils occasionnent, les résultats des autres parties de la piste à peu près horizontale que j'ai suivie. J'ai d'ailleurs donné dans une note précédente les chiffres imbquant théorirpiement les offels de celte rampe dont rinclinaison extraordinaire ne se rencontre jamais dans la pratique de la traction des voilures. Toutes raisons pour lesquelles j'ai dû l'éviter, en faisant des circuits complets, mais en allant et revenant sur le même tracé. 1° Voiture en charge, coupé n" 4. — 2 voiju(jeurs el 1 cocher. (Poids total : GG9 kilogr.) 1° Longueur de la piste complète. Aller et retour . . . GlG^j.JO 2" Durée du parcours 248" 3° Vitesse moyenne par seconde 2", GO 4" llésistance moyenne à la traction 2G'',01 d" Travail moyen par seconde G7''"°',Gl G" Travail en kilogrammètres pour un tour de piste complet, comprenant l'aller et le retour 16,81 j''S'",4G 364 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 2" Voitiyre à vide. — 1 cocher. (Poids total : 529 kilogr.) 1° Longueur de la piste 640™ 50 2" Durée du parcours 261" 3° Vitesse par seconde 2" 47 4° Résistance moyenne à la traction 21'' 85 5" Travail par seconde 53kgm 99 6" Travail total pour un tour de piste complet .... 14,113''S'»,09 Veuillez agréer, Monsieur le Président, etc. P. Plessis. Ainsi, la résistance moyenne à la traction est par mètre de chemin parcouru : i" Pour la voiture en charge de SG^Ol ; 2" — àvidede21^85; Le travail effectué sera donc égal à la somme des produits : 1° Pour la voiture en charge, au chemin parcouru multiplié par 26S01 ; 2" Pour la voiture à vide (rahat), au chemin parcouru multiplié par 21S85. C'est-à-dire que pour l'expérience du 19 décembre 1881, on aura : 1" Travail produit par la voiture chargée : 44,807 X 26,01 = 1,166,990 kgrm. 2° Travail produit par la voiture à vide (rabat) : 13,330 X 21,85 = 291,260 — Travail total. . . . 1,458,250 kgrm. Tous les résultats qui, de cette manière, ont été obtenus pendant les expériences avec la voiture, sont consignés dans les tableaux L à LXII. (Voir p. 94 et suiv.) En raison des soins qui ont été pris pour les obtenir, ils peuvent être considéi^és comme des moyennes très approchées de la vérité. 2° Rationnement des chevaux. I. Ration de travail. Dans les expériences du manège et du camionnage, le cheval tra- vaillant tous les jours recevait une ration uniforme composée de : ALIMENTATION nU CHEVAL DE TRAIT. 365 Foin I ,ôG6 grammes ; soit pour 2 jours: 3, liiG grammes. l'aille (Favoinc. . SiS — 1,09(; — Avoine 2,952 — 0,90 i — Féverole G32 — 1,264 — Maïs 2,180 — 4,300 — Tourteau de maïs. 432 — 864 — Total. . . 8,012 grammes. 17,224 grammes. M. le Président du Consoil nous imposa pour ces essais à la voilure, les conditions suivantes : 1° Le sac de ville doit avoir la mémo composition que celui que reçoivent les chevaux de la Compagnie le jour de sortie ; 2" La ration totale de 2 jours, pendant les expéi^iences à la voiture, doit être égale à celle de 2 jours pendant les expériences au ma- nège. Le jour de travail, le cheval faisait le premier repas à l'écurie, et recevait, en outre, sur la place 250 grammes de foin et le sac de ville composé de 4^500 d'avoine et 500 grammes de féverole. Le jour de repos, le cheval faisait quatre repas égaux à l'écurie. Il suit de Là qu'en retranchant de la ration totale de 2 jours, les 250 grammes de foin et le sac de ville consommés sur la place, le reste sera le mé- lange suivant, devant être consommé en cinq repas égaux : Foin 2,886 grammes; soit par repas: 577 grammes. Paille d'avoine. . . 1,G9G — 339 — Avoine 1,404 — 281 — Féverole 764 — 153 — Maïs 4,3G0 — 872 — Tourteau 8G4 — 173 — 2,395 grammes. Par conséquent, le cheval à la voiture recevait : LE JOUR UE TRAVAIL : liE JOUR DE REPOS : — -^■^^».^— -~- —— ^^» ■ — 4 rations lit ro|';is. Sar dv ville. composées chacune de Foin 577 grammes. 250 grammes. 577 grammes. l'aille d'avoine . . 339 — » 339 — Avoine 281 — 4,500 — 281 — Féverole 153 — 500 — 153 — Mais 872 — » 872 — Tourteau .... 173 — » 173 — 2,395 grammes. 2,395 grammes. 366 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. II. Ration de transport. La ration de transport est la même que celle que nous avons utilisée dans les essais au manège. Elle se composait par consé- quent de : Foin 1,148 grammes; soit par repas: 287 grammes. Paille d'avoine. . . 620 — 155 — Avoine 2,164 — 541 — Féverole 464 — 116 — Maïs 1,600 ' — 400 — Tourteau 316 — 79 — Total. . . . 6.312 grammes. 1,578 grammes. III. Ration d'entretien. Pendant les essais à la voiture, nous avons expérimenté deux ra- tions d'entretien : d'abord la ration qui nous avait servi pendant les expériences au manège, et qui était composée de : Foin 1,044 grammes; soit par repas: 261 grammes. Paille d'avoine ... 564 — 141 — Avoine 1,968 — 492 — Féverole 420 — 105 — Mais 1,452 — 363 — Tourteau de maïs. . 288 — 72 — Total. . . . 5,736 grammes. 1,434 grammes. En second lieu, la ration suivante, dans laquelle les quantités des divers fourrages sont inférieures de '/lo ^^^^ quantités des mêmes fourrages de la ration ci-dessus : Foin 940 grammes; soit par repas: 235 grammes Paille d'avoine. . . 508 — 127 — Avoine 1,772 — 443 — Féverole 380 — 95 — Maïs 1.308 — 327 — Tourteau de maïs. . 260 — 65 — Total 5,168 grammes. 1,292 grammes. COMPOSITION CENTÉSIMALE DES FOURRAGES. Les fourrages utilisés dans les expériences à la voiture avaient les compositions suivantes : ALIMENTATION DU CIIRVAL DE THAIT. 367 O <: es c u, 1/} a H Z U O O o " H 5 Ci 1- t- ■n t- 1- o co rH lO iT. 01 o r-t N ^^ ÏO f.^ ■^ »H O c »H H co r- *-( < O, ^_^ o ^ O o ^ G O o O o o o o O o o O O o o ui O o o o o o o O O o o o o o o o c O C h -H -H .-H *^ ?H ^^ I-( " " -H »-^ ■à S te « o t^ »0 Cï lO .-1 CS .. (N » C) « C-I oo et: »r; -r »1 '^ Ci! v: \o 00 co T-< o w e*: O -* -i" co -H (N 1?* M .H ■M IKRB tée. •^ C5 ■^ M O o tO •^ co m (N CI Ol i-H ro CO l~ »0 c: »H C-. 1- o c:) C5 — t- t— Ol ?I c- co Ci O I>- ^ -M w^ H —M •^ ■* co o O 00 O eo CO -^ O (>4 es C^ co o co t- -^ 00 w uO C5 •^ O -^ r-^ rH rH iH co ^ t- ^ ^H >i O 00 ce ce O C5 0< ir » cr te O co Q ce (N c~ 00 iM '-' rH -3 « O CD o o »o tH C (M c^ o o ^ ^ c: t^ o rH ir co c: cr. '^ tM 'TJ ^ Qâ u-î » o »o X P- co t^ r- c. (N Cl ^5 ■*^ •r (M w O o r-4 o O C »- =J C t-H «JS ^. '-« 31 * es ^ O o » (M eo -* Cf. t- ■^ o (?: lO GO t- 11 co t- [-- co I-- o tH -1* =«J — 1, .^ O r^ in I'- CO ^ rH ■^ o CO t* - — TT & •< H H* O co o lO -^ co o o C c- Ir- (M t- •^ 00 T^ »H ^ 3^ ta ■^ CN O) O (M 00 ^ co CO (N O CO • T" > m > s 3 "-1 ci a ri ri ' % ev 00 oc '15 ^^ __, ' ._« ^ , co :r oc 00 oc 00 r: :o co co co »-< *■ c ci c3 3 3 ri 3 c o t * r' ;- ^- o o ;= > ^ v» •c t3 •^ •« "3 -d 'O t*. « V «4-i %- s t. h h b h b u (N ^ o; .-* ;; ^ ^ i ^^ ;! 2 3 - 3 ^ ^ ' ! ■ : a - 3 -, ;:i a 3 3 - ; ^ 5 C Q ^ 2 'i 3 cj c > 3 C <; eo O C3 o -■ o c j c c : c C c5 ^ <0 o - O S S O > U c3 c pi s ) o < B < ^ oN WSATVKV 1 ^ î^ co co uO 'O t^ a- ?" ^ ^ O) 368 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. COMPOSITION CENTESIMALE ÉLÉMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DES FOURRAGES. m il â o c in n •i. à ce . o m fi 5â !5 a ELEMENTS. H 3j < ■^ a < = 0) > >-. 'S 3 - 0) o « a. ^ ■5 -< -< 05 o ■| "5 o w ~ 0) Carbone . . 46.24 49. S3 47.58 47.57 48.80 49.75 4S.94 16.62 46.67 48.76 48.11 49.66 Hydrogène . 6.34 6.42 6.47 6.46 5.89 5.66 6.26 6.42 6.62 6.61 6.09 5.81 Azote. . . . 1.85 3.45 1.97 5.07 1.51 0.55 0.53 1.7« 5.29 5.59 1.91 1.60 Oxygène . . 45.57 40.30 43.98 40.90 43.80 44.04 44.27 •io.lS 41.42 41.04 43.89 42.93 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 lOj.OO COMPOSITION IMMÉDIATE ET ÉLÉMENTAIRE DES RATIONS. De la composition immédiate et élémentaire des fourrages, on déduit la composition immédiate et élémentaire des rations données dans les tableaux suivants : COMPOSITION IMMEDIATE DE LA RATION JOURNALIERE DE TRAVAIL. FOURRAGES. a 'd a « oî t» «3 o ^' U sa < X s *! ^ O j Q u a EAU. ^ T; Q t- a o 3 t-t ^g a -a 05 --J Z M ci & j *~* J o Or. o Gr. Gi-. Cr. Gr. 3 E- ■a a Gr. Du 1" février au 31 mars 1882 inclus. (Cheval n" 2. I. Du Jouit DK SOUTIK. — 1" Premier repas. .')77 gr. Foiticoiilenanl ■i'M gr. Paille. . ■JSl gr. Avoine . l.^.■5 gr. Févorole 872 gr. Maïs . . 173 gr. Tourteau •-',:!;i5 gr 85.39 61.49 31.84 15.61 108.39 23.53 191.(31 277.51 24G.16 137.39 793.61 119.47 42.64 448.97 2.31 16.20 261.31 0.61 8.77 237.39 2.73 7.28 130.11 1.73 11.95 751.66 12.47 1.56 147.91 0.46 88.40 1977.35 20.31 112.57 160.93 7.96 42.47 84.92 81.87 U.IO 8.64 26.69 128.14 11.61 28.44 8.11 65.22 2.14 43.04 10.46 580.40 32.96 81.06 5.28 88.14 13.. 55 33.20 248.03 1104.70 74.32 239.85 122.73 79.17 39.78 9.87 31.31 7.28 .14 2o Sac de ville. 2.'i0 gr. FûincoiUenaïU. ■1,500 gr. Avoine . . . .".Oïl gr. Fùverolo . . 7,ii45 gr 37.00 213.00 18.47 194.53 1.00 48.78 69.73 3.45 18.40 53.17 558.00 3942.00 140.40 3801.60 43.65 427.50 2052.00 185.85 455.40 637.20 51.00 449.00 23.80 425.20 5.65 26.50 213.15 7.00 140.65 32.25 975.25 6669.75 271.07 6398.68 70.61 750.81 3439.58 270.62 854.30 1012.76 II. Du JOUIi DE REPOS. 9,580 gr 11317. 0018263. 001353. 6017909. 40] 81.211992. 1214418. 801297. 281959. 4011160, Du 12 avril au 12 août 1882 inclus. (Chevaux n" 3 et n" 1.) I. Du JOUR DE SORTIE. — 1° Premier repas. .'i77 gr. Foinciintenaut 3:i9 gr. l'aille. . 281 gr. Avoine . 153 gr. Féverolo !S72 gr. Maïs . . 173 gr. Tourteau 76.68 61.49 34.84 15.61 108.39 23.53 500.32 277.51 246.16 137.39 763.61 149.47 42.99 16.20 8.77 7.28 11.95 J.56 457.33 261.31 237.39 130.11 751.66 147.91 ,:)y5gr 320.54 2074.46 88.75 1985.71 27.75 241.05 1094.54 75.24 243.08 301 9.75 0.61 2.73 1.73 12.47 0.46 108.59 84.92 26.69 8.11 10.46 5.28 150.77 81.87 128.14 65.22 580.40 88.14 8.88 45.70 133.64 6.10 8.61 79.17 11.61 28.44 39.78 2.14 43.04 9.87 32.96 84.06 31.31 13.55 33.20 7.28 75.24 243.08 301.05 250 gr. Foin contenant. 1,500 gr. Avoine . . . 500 gr. Fovorole . . 7.645 1 2" Sac de ville . 33.22 216.78 18.62 198.16 4.23 47.05 65.33 3.85 19.80 57.90 558.00 3942.00 140.40 3801.60 43.65 427.50 2052.00 185.85 455.40 637.20 51.00 449.00 23. SO 425.20 5.65 26.50 213.15 7.00 140 . 65 32.25 962.76 6682.21 271.57 6410.67 81.28 745.10 3425.02 271.94 S58.93 1028.40 Gr. 6.81 1.39 4.. 55 6.88 13.43 5.31 38.. 37 2.95 72.90 22.50 136.72 561 153.48 7.33 1.3".i 4. 55 6.SS 13.43 5.31 38.89 3.17 72.90 22.50 137.46 II. Du joui: db repos. '.l.riSOgr 1 1282. 1618297. 84|3.55.00l79t2.Sll 111. 001976.2014378. u;|300.96!090. 3211186.201 155.56 I AN.\. SCIE-NGE AGROX. 24 370 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. COMPOSITION IMMEDIATE DE LA RATION JOURNALIERE DE TRANSPORT. FOURRAGES. Gr. Gr. ta Q a o Gr. Gr. o & o Gr. O Gr. Gr. Gr. Gr. I,l-I8gr. Foin contenant 620 gr. Paille . 2,1G4 gr. Avoine. 464 gr. Féverole 1,600 gr. Maïs . . 316 gr. Tourteau 6,312 gr 169.90 81.53 274.83 39.11 203.36 32.36 801.09 978.10 538.47 1889.17 424.89 1396.64 283.64 5510.91 84.84 893.26 54.19 484.28 80.50 1808.67 25 . 19 .399.70 24.00 1372.64 2.78 280.86 271.50 5239.41 4.59 223.97 320:i8 0.93 168.27 162.56 20.99 163.38 1013.32 6.31 30.62 223. 9y 20.32 23.20 1022.08 0.79 3.32 158.88 63.93 612.76 2900.95 15.84 84.49 6.57 16.74 106.90 223.76 5.75 126.76 64.64 159.04 29.24 60.64 228.94 671.43 Du 12 avril au 12 juin 1882 inclus. (Cheval n° 1. 1,148 gr. Foin contenant 620 gr. Paille . 2,164 gr. Avoine. 461 gr. Féverole 1,600 gr. Maïs . . 316 gr. Tourteau 6,312 gr 152.57 112.46 268.30 47.31 198.88 42.98 822.53 995.43 .507.54 1895.70 416.66 1401.12 273.02 5489 . 47 85.53 29.63 67.53 22.08 21.93 2.85 229.55 909.90 477.91 1828.17 394.58 1379.19 270.17 5259.9; 19.40 1.11 21.02 5.25 22.88 0.84 70.50 216.05 155.31 195.54 24.60 19.19 9.64 620.33 298.97 149.73 976.81 197.79 1064.96 160.99 2850.25 17.68 11.56 89.41 6.49 60.48 24.75 210.37 90.92 15.80 219.02 130.53 151.24 60.64 671.15 ■H Gr. Du 1" décembre 1881 au 31 janvier 1882 inclus. (Cheval n° 2. 244.19 129.21 280.32 6.33 83.36 27.99 771.40 265.88 144.40 326.37 29.92 57.44 13.31 837.32 COMPOSITION IMMÉDIATE DE LA RATION JOURNALIÈRE d'eNTRETIEN. FOURRAGES. a r.. X u a 3 ,, '^ ^; H m . Ui ÎC O 2 ta ^1 (H EAU. K o O Q < m •a M "' a « s hj a < W :) Q a J J H -^ o Gr. Gr. r.r. Du !«'■ février au 31 mars 1882 inclus. (Cheval n" 3. 9-10 gr. Foin contenant ."(lis gr. Paille. . l,77i' gr. Avoiue. 3S0 gr. Féverole 1,.jOS gr. Maïs . . L'CO gr. Tourteau .''),1(;S gr 139.12 800.88 92,1.T 41,5.8,5 219.73 1552.27 38.76 341.24 162.58 1145.42 35.36 224.64 687.70 4480.30 69.47 731 41 24.28 391 57 55.28 1496 99 18.09 323 15 17.92 1127 50 2.34 222 30 187.38 4292 92 3.76 183.39 262.17 12.97 0.91 127.27 122.68 9.14 17 . 19 168.34 808.03 73.18 4.29 20.14 161.99 5.32 18.70 15.69 870.00 49.44 0.70 7.93 132.47 20.36 45.55 522.74 2357.94 170.41 Du l*""^ février au 11 avril 1882 inclus. (Cheval n" 1.) I,0l4gr. Foin contenant 5(11 gr. Paillo . . 1 ,968 gv. Avoine. . 120 gr. Féverole . 1, 152 gr. Maïs . . . 2S>J gr. Tourteau. 5,736 gr. 154.51 102.31 244.03 42.84 180.48 39.17 763.34 889.49 461.69 1723.97 377.16 1271.. 52 248.83 4972.66 77.15 26.96 61.40 19 . 99 19.89 2.59 207.98 812.34 431.73 1662.57 357.17 1251.63 240.24 4764.68 4.18 1.01 19.09 4.74 20.70 0.77 50.55 203.68 141.28 186.96 22.26 17.42 8.78 580.38 291.17 136.21 897.41 179.05 966.45 146.74 2617.03 Du 12 avril au 20 juin 1882 inclus. (Cheval n" 2. 1,044 gr. Foin contenant 564 gr. Paillo . 1 ,968 gr. Avoine . 120 gr. Féverole 1 , 152 gr. Maïs . . 28S gr. Tourteau 138.75 102.31 244.03 42.81 180.48 39.17 747.58 905.25 77.78 461.69 26.96 1723.97 61.40 377.16 19.99 1271.52 19.89 248.83 2.59 4988.42 208.61 827.47 17.64 196.48 434.73 1.01 141.28 1662.57 19.09 186.96 357.17 4.74 22.26 1251.03 20.70 17.42 210.21 0.77 8.78 4779.81 64.01 573.18 272.80 16.08 136.21 10.15 897.41 81.28 179.05 5.88 966.45 54.88 146.74 22.. 55 2598. 6(1 190.82 82.68 14.38 199.16 118.15 139.97 55.27 609.61 Du 21 juin au 12 août 1882 inclus. ^Chevaux n»' 2 et 3 9 10 gr. Foin contenant. 124.93 815.07 70.03 5IXS gr. Paille . . . 92.15 415.85 24.28 1,772 gr. Avoiue. . . 219.73 1552.27 55.28 3S0 gr. Féverole l,:;u8 gr. Maïs . . 260 gr. Tourteau 5,168 gr 124.93 92.15 219.73 38.76 162.58 35.36 673.. 51 815.07 415.85 1552.27 311.24 1115.42 224.64 4494.49 18.09 17.92 2.34 187.94 745.04 391.57 1496.99 323.15 1127.50 222.30 4306. 5.- 15.88 0.91 17.19 4.29 18.70 0.70 57.67 176.91 127.25 168.34 20.14 15.69 7.93 516.26 245.62 122.68 808.03 161.99 870.60 132.47 2341.39 14.47 9.14 73.18 5.32 49.44 20.36 74.45 12.95 179.33 106 . 89 126.09 49.39 171.91 519.60 Gr. 69.18 199.94 12.95 118.64 179.33 250.92 106.89 21.52 126.09 46.98 49.89 10.95 544.33 651.95 14.41 76.84 222.06 10.15 14.38 131.70 81.28 199.16 278.07 54.88 118.15 27.09 5.88 139.97 52.15 22.55 55.27 12.13 189.15 603.77 723.80 241.79 131.70 278.67 27.09 52.15 12.13 743.53 217.71 118.61 250.92 24.52 46.98 10.95 669.72 Gr. 11 .(19 2 . OS 28.71 17.10 20.14 7.98 87.10 12.32 2.31 31.88 18.90 22.36 8.84 96.61 13.26 2.31 31.88 18.90 22 36 8.84 97.55 11.94 2.08 28.71 17.10 20.14 7.93 87.95 372 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. > H Q M es -a -s! Ci p o 2 o K o O -M co tO tH Ci iC t- CO -:;■ \o -w co m o o o lO « :o (>• ■^ ^ T-( 03 X co co co o 00 co co CO c- ^ n< co r-1 IC co ■-3 CO ^ CD es IN C5 o -* 00 co es -H •M !>- r- ^ O T-ï 'M »— O -71 -^ »H r- rH Cï i-l co •^ lO C5 CO CO tH co Ci co n _ r- O _ t- o- -4< co CO >o -f r- ^ "M a th QQ co ._ --; ^ .- co ^ tî; et ~i* co Tl c^ Ci cr; r^ _■ Ci ^ [M t— « rH ^ 1-1 '"' 1 o T _ Ol Cl "M o en C-I t- -^ ri -c< 61 O [>- HH o o -M -^ OI co «n t* -w H (M co o c; r- .— ; 'X' — ,— ^ ir- w Cl r- CO t- o Ir- î-1 Q nn H< ■^ (-1 no co ^1 -^ CO CO co -^f lO ■-jO -^ r>> :m 1-H h- Ci » 1— ( O •-3 Oï iH en ,_, cr r— r- C3 CO ■M C5 CO Ci ri o -O CO CO o tH co r-. i.O H< CO I-- T-H 1— 1 1-) CO co l-H rH CO -H rr co _ co iX -^ CO co yD co t- •O ^ -# co co iO co •<-M rn> Ci ,_, co I^ --1 ^ c^ »H o ■^ c/r^ rt* pn <*44 >r^ GO r-- Ci "M 7ï ■"^ '^ -rî< ■M -i '^ GO t£> CO CO CO rH CO fN »1 in lO th co co co ic co M Cï C5 o 0^ lïï ^ ^ -1 o Cï co co rt r- Tfi co co co o > te o eo o iO CO CTJ Cî co co -f en co ^H rn Ol co o in •M co o O 60 o CO ^ ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 373 es O a, t« c ■* m o ci J3 (S O I-* 5 Cî t^ (^ m - U) 1 "^ S c- -f ce m 5J 1 • ^ k «; 1 o 1 V 1 ? c 1- lO M -■ ^3 1 o 1 v; ^ lO !M -d o ce 1 t^ 1 1 v. fcj ■ 1 ?" o C ,H « m O 1 w 1 *i 1 -^ a> — c 5 o ce 1 i^ p: 51 Ji — ^. « 00 o 51 1 u (T -* «£ ce -Il o 1 c ■^ y - m •n c 00 o I- -: "M < s Tf IN m o -« Cï 1 h- ^ ^ « 51 W o :3 -^ j 1 ;;;; è o tr _ r^ 5 1 -* O 1 51 " ce ri « - . 1.-5 ce O 1 rs a 1 k" - o ^ ci -i -O co t~^ O >Jr; î- 1-1 51 CO '-( 1 51 Cl iH 05 f ■ Q 1 QJ a o o « in co co 1 -« X oc lO — m t- 1 ^ O l^ • ^ o « o -+' 5J -H 1 -Il ;.« »r C^ r~ XI -t « 51 rt -^l Ol 00 -1 o ^ lO \ 'J 51 auce ique. çr ce t~ o -* — iH w CM (N o w i: ce -î* P 1« P '1 .rtl 00 C5 5 C O J C^ CO C> Cî t- cr co u cc .^ 00 CO CO 5 51 >-< 'M 3 tT ira !» O i y. k lù co 1 Ç3 1 ^ c- t- t- t^ C- ce lO 1-H - .^ 51 ce c:) ^ -^ lo co >r ce a 1 ^ o o 51 o 1 ^< cb 1 ^ 51 >T> iH u- t^ W r^ -:H C > -)l CO u" O r^ 51 -f}< r- CO D 1 ^ ,~ « ■?! o o o c J b- ■< ~ CQ 51 51 O •-I iH S £ o -H 51 51 5 c ï M ctf ^D -^ o CO o c > Cl s /•art 51 t* t^ »rî 1^ GT o 51 rt ri co »- 51 u Q W CO / i- g rs r^ -ti ^ ir _^ T-^ ^' ::^ Ci >0 w t- c- 51 O .o lO O O O ^ c- 51 Q r5 . c u a > •A. a t. t- . t- u ù ti £ i. > 5 > - 5 1 te ot ) c -^ c ^ 51 -f Ov 1 ^ ■^ 0- TO^ 'r 374 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. u 'S es o o -Il c ->; H c z 'M ■a z o O a^ a^ t^ ■to I— t-- ;o ~i* 5^^ g .1- -î* t- o 0-i CO 03 3 t^ -H Ti l^ Ci ■M CO o ».o -^ O (« o OD -a co CO 'fî ■M r^ c »"' ^" -H oo (N lO 00 ■^ T-) >o j-^ , i ci t^ O "M O C5 (N -^ o en '3 •A CI5 '^ i- rH lÔ tH ôi -X) --t -T) O o _M lO J l î^ CO CO c: co co irs o < \ •OJO-/V '"^ CO M *-( cô M ÛO* w > 1-( co 1—1 ^1 Ci 5 tr^ ■^ «o -* ■ O -J3 -+ :;j •anaS t^ O fM m -o co G^l co > -o.ip^CH o ^ (M o cô o co r-t CD Ci r3 •H OI iM tD «O Ci ^ r— _ Gi t-- QO O lO O 00 a •anoqj'E,^ o O M Ci O co O co Ci co <» ■M Ci i -f 'M t^ 1-t >o '"' OI «^ aj -w ':0 t- r^ co -^ 00 2 ^ co I>- uO rH •o G^ m 3 ^ ~ r^ c^* -n C^ï t^ vH ^ID -^ co o '-O >n -T* o o 9 E_ 00 ■^ o co ot (M co oo c^ o ï-» -5 ^ o co ., ^ O ce •ansS.Cso ■~ 0-1 Ci t^ 'O O ■M tn ^ Ci -M -tt ta o Ci co t^ lO o a o ■M 5^ »-t --C o o -+" 1— > co ^< < •ojozy O CO <>1 co 00 Ci co co CO o 3 > '^ co i-H o^ Cl U 1-. t-H IC -t< o co co •anaS c/ô Cï 'î -_ co iTl lO > -o.ipkH - 3^ ■o co o ce 1-H Ci •O) '"' w j; -^l '^ o Ci *-( l>- 1—1 ^^ ^ t- i:o O lO o co 3 ■anoq.iVQ ^ to (M Ci to C-^ o Ci Q Ci ■Ci o 33 01 t-- :o G-1 c- -H o ■^ '71 -f' _jj i-s 'VO t^ X O oo i 1- co O CO t^ t3 cr. - 00 ■S 1 o 0^ O -■# ^ O o ^ ^^ ■S s -rH ^ o ^ o ■^ u GO -rfl •^ co c^l t- a> ^^ o •^ *-* -^ *> d ^-^ i-H -M o Ol o -* rt t^ O CO Ci -^ ^ co ■aiiaS.■ rJ co -^ c^ ICÎ Ci 'îl -1< O o Ci co co tH h- y-^ lO »H c 'M -M co t^ lO 00 -*H Ci ^.^ J . îO -* -* co c> =c ^ oo oo < •ojozv r^ (M 5^ ^ cô CO co r- »— 1 > iH co !-( 0-1 Ci £ »o CO w t- t^ co t— s a> Q •angS ^' co os ^ co Ci Td Ci -ojpXH 6 o co CM co to Ci o rH M •d) (M c* 3^ ■o o .fs CD ^^ -^ iH tO r- o 1.0 00 .^ •anoqn;Q ,*r t£ ri ■M -M co ^I co 3 -O t>- 03 r^ a -^ Ti l'- i-( •o '^ l OQ - • • » , . . • O . O 3 •< eu O s a 2 t^ es a 'S ^ 'o > > =3 5 o o py P^ < ^ t^ b ïZ C ■2 tl £i« »^ u bO tfl bo so ûO ta bu •^ *^ co o Ol co co ■^ tb ZO CM lO 00 co O o Ci_ -* "1 G^ t- ^~* iH ^^ o ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 375 COMPOSITION KLÉMENTAIRR DE LA RATION JOI'RNALIÈRE d'ENTRETIEN. Du U" février au 31 mars 1882 inclus. Du 21 juin au 12 août 1882 inclus. FOUKU AOES. CUBVAh N" 3. «IIIOVAU.X N" 2 ET K'' 3. r' ~ " o a o r: o < a Subslanci' organique. S 5 O o • ■= a 6 o < a -V y. O Substance organique. (Ir. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. OU) gr. Foiu .... 356.9.'! 43.08 11.09 320.31 731.41 309.99 43.29 11.94 319.82 745.04 508 g-r. Paille. . . . i;u.fi3 L'1.51 2.08 173.35. 391.57 191.63 24.51 2.08 173.35 391.57 1,77:! gr. .'\voiu(> . . . 720.20 91.17 28.71 (iôG.Dl llîKj.OO 720.20 91.17 2>i.71 0.50.91 1490.99 .'i8U gr. Féverole . . 1.')0.S1 21.39 17.10 133.85 323.15 150.81 21.39 17.10 133.85 323.1.5 1,308 gr. Maïs .... ô-2->Aii 72.38 20. U 509.34 11 27.. 50 525.01 72.38 20.14 509.34 1127.50 2G0 gr. Tourtuau . . 108.39 11.69 7.98 91.24 222.30 108.39 14.69 7.98 91.24 222.au r),li:s gr L>0,-|3.C0 207.22 87.10 1855.00 1292.92 2000.06 207.43 87.95 1884.51 4300.. =15 Dans ce.s expériences, il n'y a pas eu de mélange laissé par les chevaux. Il est vrai qu'en passant de la ration d'entretien à la ration de travail, le cheval, pendant les premiers jours, ne consommait pas intégralement cette dernière ration; mais après 8 à 10 jours, il in- gérait la totalité des fourrages qui lui étaient donnés; de plus, il a toujours consommé dans le courant des essais le mélange qu'il avait laissé au déhut et qui a été ajouté à la ration. Il ne nous pas été possible de recueillir les excréments des che- vaux au travail. Nous ne possédons pour eux que leur variation de poids journahère et les quantités d'eau qu'ils ont bue. En ce qui concerne les chevaux au repos, indépendamment de leur poids et de l'eau bue qui ont été notés, nous avons recueilli et analysé leurs fèces, afin de pouvoir déterminer le coefficient d'utilisation des ra- tions d'entretien. Tous les résultats sont consignés dans les tableaux L à LXII (voir 2« Mémoire, p. 93 à 11 G). Nous y renverrons les lec- teurs désireux d'avoir sous les yeux tous les chiffres de nos essais ; les résumés que l'on trouvera plus loin suffiront pour donner une idée exacte des résultats moyens dont les éléments journaliers figu- rent dans ces tableaux. COMl'OSITION CENTKSniALlî IMMÉDIATE ET ÉLÉMENTAIRE DES FÈCES. Les fèces des chevaux soumis au repos avaient la composition suivante : 376 ANN.1LES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. COMPOSITION CENTESIMALE IMMEDIATE DE LA SUBSTANCE SÈCHE DES FÈCES. Cheval n° 1. Février 1882 Mars 1882 Cheval n" 2. 20 avriI-20 mai 1882 . 21 raai-20jnia 1882. . 21 juin-lS jnillet 1882 19 juillet-12 août 1882 Cheval no 3. Décembre 1881. . . . Janvier 1882 Février 1882 Mars 1882 24 juin-18 juillet 1882. 19 juillet-12 août 1882 CENDRES privées deC02. o 13.59 12.27 11.74 11.71 17.39 17.21 13.80 13.93 13.60 11.65 13.97 12.91 CELLD- LOSE. 21.20 20.68 19.20 19. G2 18.10 18.07 21.50 21.35 21.28 20.44 19.33 19.95 AMIDON. 19.37 20.54 19.71 19.54 18.51 18 » 19.71 19.87 19.71 20.21 18.87 18.87 GRIISSE. 5.32 4.96 5.77 5.68 6.00 5.61 4.60 4.58 3.98 4.96 5.67 5.85 MATIERE azotée. 9.14 9.74 12.45 11.55 10.35 11.15 8.94 8.74 9.14 9.74 10.35 9.74 31.38 31.81 31.13 31.90 29.62 29.96 31.45 31.53 32.29 33.00 31.81 32.68 100.00 100,00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 86.41 87.73 88.26 88,29 82.61 82.79 86.20 86.07 86.40 88.35 86.03 87.09 AZOTE p. 100. 1.46 1.56 1.99 1.85 1.65 1.7.5 1.43 1.40 1.46 1.56 1.65 1.56 COMPOSITION CENTESIMALE ELEMENTAIRE DE LA SUBSTANCE ORGANIQUE DES FÈCES. ÉLÉMENTS. CHEVAL NO 1. CHEVAL N" 2. CHEVAL N" 3. u ■- CO ■S 2 "S! S2 ■= '2 ?)" ■- c . 51 3^ c — . ■r ~ s-1 .r, = CO 1- .- 51 r- <» te. 4. _2 "^ — iCO •=-^i2 Carbone . . Hydrogène . Azote. . . . Oxygène . . 52.54 6.46 1.69 39.31 53.02 6.25 1.78 38.95 51.79 6.41 2.25 39.. 55 51.75 6.78 2.09 39.38 52.43 6.40 1.99 39.18 52.41 6.63 2.15 38.81 53.22 5.96 1.66 39.16 51.77 6.62 1.63 39.98 51.63< 6.50 1.69 40.18 52.81 6.41 1.77 39.01 54.44 6.30 1.92 37., 34 52.55 6.06 1.79 39.60 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 COMPOSITION IMMEDIATE ET ELEMENTAIRE DES FECES. MOYENNE JOURNALIÈRE. De.s tableaux précédents, l'on déduit les compositions suivantes des fèces rendues par jour (moyenne journalière). ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 377 u c: •u 3 ■< o i-s u o tn u u •w u: O S u •a c« U O coiHr^co •-)OG0r:i'> 1-4 N 'M IM en Cr2 Oi ■> ■ri Tl W iH T 1 Ol -C • - ■ oo oooo oooooo TOTAL lie la substaiii seelie. o - -^ Ci rï -o w ^ Ci r- -? o en '>i 'r:i T- J ri >o rî >ô ^ ; - >.-5 -f -JO - oOiOiH r^O'-'r- -H Ci o -f r- r- ^o ^D -f -^ 'T 1 î I en en r- 1-t T- r- * .-( .H »- * -H ^ CD ■» O^ 0 30 — o o m t^ - (M'^^O -^OO-WOCSOI H ? — CO iH cr> t^ CO C-3 CI .^ ■?! « TT 1 < b •-H (M i-« -H iH »- <- ^ ^ H y- »- r-l S u -^ t^ ^S> Ci -i- ÎI? o CO C3 r- >o (A -,' '> c C^ '■^ \o <£ C- iH -H -+ ■7- »o < ;j -* o 00 ^ Si c; OO t^ ci ^ te ^ S X r- o Ci cï (X --0 -^ -H '-; t^ x o z. en -^ H^iO-f-H rï'-Hcc-^-t COCOOC5 cïCi-^finoo S C03^ COCOC^-JI (M^fMtMC^I^ < y) o 0500 lO— *-^-^ COOr/DC5COo ^ •OO ocLt-^cs cocoî-irîo^ -^ o 'O-M h-rjO-H ^i'M-**-00^ ^ co C5 ^1 « ^ O -M ^ to O îr> r- UJ CO '7 CO««(^ COCOfNS^tMG-l Q b o oo oooo oooooo u '/) ÎOO GOCïO-^ OCiOrs-Mt^ ■^ ^ iOO OTG^OO GCOCS^CSCï o fc.* lO'^î ciosoôoo «oHloo-ïjib^as ir. t^ OiCJQOt— OOO'^OOt^ u 'M^ tHiHCJÇI G^'Mi-f'-HiHW u " U c; r- o «■! ^ -H*:0 iHw^r^coco z 5- 00 'H -T *JD -M lO CO o o "TJ (>1 o ^ c 5 b- Ci CO "M - !>- (M w ri O t— -*" a « '^ :■: o o T- r3 o « « î- (?! o o ^ ri --t -H ,H ^ ^ »H ^ ^ « O « o o rfS •et ^ O O r or. X QC cr X ^ 00 00 OO 'i c o ôc •M o ta de X r G 1 : ^ -, a X a. or X t. S .s *r •~ .E 1 1 c. - c S V > Z- ^ s C, :' a: - 3 > c " f -> — > ^ -f Ci ^ ^ r — t^ 7 378 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. es 'M ce p o O î/3 •a b fc; Q p o -< o ce o u < « P 1/2 -s! I-:! Z o en O & S o ^ l— r- i-T ^^ co ^ '"5 o ..^ 1— I— o = « 7D •-' r^ co ,^- . d -i? "^ -M '^ (^0 t^ C-( ce o ~Tl c^» "^" ^ (^« -,-« C5 O ce i 5 . O Ci ■— -« Cl ■- *:: "M s ■_ ce — f**^' (>< <>( C-( t^ O r^ c-t co 'O ■^ o o 1^ ^- '— B •r M • • • • K i 1 c o C5 o co co co O fe .o o ■ri 00 -»— t o .^_ ^ C} 00 -* lO C( o •- ÏJ > 03 t- et I^^ o •^ .,_, ci ri t-5 c .-5 co c-t o co O ■-0 Cl "'^ JJ t^ C^( ^■~t ce- -,_, rÛ t^ o -=;' O co S 5 t< t- t^ .^^ eo c» t5 -o r^ ot O i.O CI Q — ' *1* — 1 -Ji ■^ , — co O *f o cr- i — T-t o o o oc ce 00 C5 1^ C5 iH r^ O cô ■■^ ^ *^ o Ci ^o ^™( c £ . Ci 1— co — CI tri = ~ =o :j cr> r^ r^ J-~ ^_ °« t^ oc e-i co L,0 co < 1 o i^ ce CO ^_ k j, ^ o ce *^ iO co « 5 r '^î b t^ _■ ^" _■ Cl o 1-H o rH ^ o co o o Cl r^ o co Cl —" .-* o CC' o »o •o* Ib^ C ce co ,^ co d ^ ^ '— (- Ci co C72 o o ?i " r^ .o ■ o ■>i ^* 1^ ^H co o o CO c^ -^ ^ o » '^ »-( ÛD • '-H O co I^ o< c^ C5 3 en o r^ C( co co ■o -* Cl .^ ^ S ^-* ce o ~^^ CI t^ ^ o ':o ro — t^ ce K •— "M t* 00 ce *0 t- r^ U "" 1^ ce c-l CO L.O o co "'""' a^ M H .^ IZi . e:) o C • ci e s c 'Si c 4) •s o X3 p ci ■H •a o >^ "S? — >-> r«; X -2 Ô '— -=î o t>ô ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 379 UTILISATION DES RATIONS. — COEFFICIENTS DE DIGESTIHILITÉ. Des résiillnts floniics ci-dessus, oiidédiiil, ainsi qu'il a (''h' dil })i'é- cédouimcnt, les cocfiîcieiits de diguslibililé de cliacun des principes iiiiinédiats des rations d'entretien : Les deux tableaux suivants, extraits du 2" Mémoire, se rapportant au cheval n" 1 suffisent pour fixer les idées à ce sujet. UTILISATION DES PRINCIPES IMMÉDIATS DES RATIONS. JOURNALIÈRE. RATION d'eNTRETIEN. - MOYENNE Tableau LXIII. o K -' M — t- ~ 2 'S ta m o U O tri O u 2: o û B < X ■fi < es h- 5 < c: S -M 2 il u H u o -< Gi-. Gr. Gr. Gr. (il-. Gr. (h: Gr. Gr. Gr. Cheval n« 1 . — Février 1882 1 Ingéré 4972.66 207.98 4764.68 50.55 580.38 2617.03 189.15 603.77 723.80 96.61 Fcccs IJigéré 1583.00 215.13 1337.87 .335.59 306.63 81.21 144.68 496.76 23.11 :i.;s:i.(;6 » 3396.81 50.55 214.79 2310.40 104.91 459.09 227.01 73. ÔO Soit p. lOi) . . . (JS.ll) » 71.29 100.00 42.17 88.28 55.48 76.03 31.36 76.03 Cheval n" 1. — Mars 1882. Iiigéri; 4972.06 207. US 4764.68 50.55 580.38 2617.03 189.15 603.77 723.80 96.61 Fccos Digéré 1112.40 173.30 1239.10 292.08 290.11 70.06 137.57 449.28 22.03 3560.26 31.68 3525.58 50.55 288.30 2326.92 119.09 466.20 274.52 74 . 5S Soit p. 100 . . . 71.59 » 73.99 100.00 49.69 88.91 62.96 77.21 37.92 77.21 UTILISATION DES PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DES RATIONS. — MOYENNE JOURNALIÈRE. — RATION d'enTRETIEN. Tableau LXIV. Gd y. a < y. o o Û H O N U ir •w >• O s i ■% 5- » o O ca a: < T. ! o < O " 3 Gr. (ir. 9;.5S 9G.G1 2092.18 4764.68 2279.31 296.58 96.61 2092.18 4761.68 Fécos Digéré. . . . 718.68 88. ao 23.11 537.72 1367.87 G5G.97 77.44 22.03 482. GG 1239.10 1560.63 208.22 73.50 lô.")t.4(i 3396.81 1622.31 219.14 74.53 1G09.52 3525.58 Soit y. 100 . . 68.46 70. 2U 76.03 74.29 71.29 71.17 73.88 77.21 7G.93 73.90 380 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. V. Observations générales sur les expériences. Nous venons d'exposer les résultats obtenus dans les expériences qui ont duré du i'*"' novembre 1880 au 12 août 1882. Quelques-unes des observations consignées dans les tableaux nu- mériques ont pu être altérées, par des causes extérieures acciden- telles, indépendantes de notre volonté, qu'il est nécessaire d'indiquer ici. Nous allons donc les passer rapidement en revue. Beaucoup per- mettront d'expliquer les variations souvent considérables, surtout en ce qui concerne le cheval n" 1, qui ont été constatées dans les poids journaliers des chevaux ou dans les poids d'eau consommée. Expériences au manège. Nous signalerons mois par mois, dans l'ordre chronologique, les particularités qui se sont présentées. Les trois chevaux ont été mis à la ration d'entretien le l'' novembre 1880. DU i*' AU 30 NOVEMBRE 1880. Leur poids baissa notablement dans les premiers jours : cette diminution due au changement de ration, nous la retrouverons pres- que constamment au début de chaque nouvel exercice, lorsque toutefois elle ne sera pas compensée par une absorption très grande d'eau en boisson. Cheval 11" 1. Le II. Très agité à la promenade. Le 19. Essai de l'urinai; très agité. Le 20. Travaille une demi-heure au manège. Le 30. Travaille une demi-heure au manège. Cheval n° 2. Le 14. Très agité à la promenade. Le 20. Travaille une demi-heure au manège. Cheval n" 3. Le 20. Travaille une demi-heure au manège. Ze 21. Essai de l'urinai ; très agité. Le 26. Essai de l'urinai; très agité. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 381 l"-:]! DKCKMimi; ISSO. Cheval n" 1. — Itat/on de travail. AugiTionlalion considér;il)l(; dans le poid.s de Tcaii uljsurhée ; les poids nioxiina ont lii'ii tous les huit jours, les 1:2, 20, 28. Le Irnvail a élé suspendu le G soir el le 7 matin, le 27 soir et le 28 uialin, le cheval étant déferré. cheval n" i. — Halion de trunspoii. Le cheval n'a pas marche les G et 27 soir et les 7 et 28 malin. Cheval «"3. — tiolion d'entre! /en. Bien que ce cheval soit resté à la ration d'entretien, comme pen- dant le mois précédent, il a diminué notablement de poids du 1" au 9, Cette diminution doit être attribuée: 1" A la solitude dans laquelle il se trouvait pendant les heures d'exercices des deux autres chevaux, tem])s pendant lequel il était très a ai té ; 2" Aux dernières tentatives d'essai de l'emploi de l'urinai, à la suite desipielles nous avons abandonné ce mode de récolte de l'urine. JANVIKIl ISSl. Cheval II" 1. — Ration d'entretien. L(î passage du travail au repos avec la ration correspondante a donné lieu à une diminution de poids du cheval el de l'eau consom- mée. 2. i'ist purge avec -iO grammes de sull'nto de soude. 22. 1-e cheval est effrayé par le moteur à gaz açlionnant les appareils de hacliage de nos l'oiuTages d'expériences pendant que h^s deux autres chevaux sont au manège, il transpire abondamment. Diarrhée. Le soir, il refuse de boire et de manger ainsi que le 23 au matin. Sous l'influence de cette Iraveur, son poids est tombé de -130 à 423 kijogr. en 24 heures. Pendant les 2 heures qu'a duré le hachage, sa perte de poids en eau transpirée et acide carbonique produit par la lespiration a été de 3,180 grammes. Cheval 7i° 2. — Ration de travail. 7. Perte d'urine. 8. Le cheval a mangé toute sa ration de travail. 9. Perte d'urine. 18. 11 n'a pas travaillé le matin. Déferré. 382 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Cheval n" 3. — Ration de transport. IS. N'a pas marché le matin. FÉVUIER 1881. Cheval n" {. — Ration de transport. 1 i. Déferre ; n'a pas marché le soir. 15. N'a pas marché. 16. N'a pas marché le matin. 17. Très fougueux au manège. 27-28. Effrayé par la corne de bouquetin, dimanche gras. 28. N'a pas marché le soir. 1" mars. N'a pas marché. 2 mars. N'a pas marché le matin. Corne de bouquetin, mardi gras. Cheval n° 2. — Ration d'entretien. 25. Effrayé par le moteur à gaz. 27-28. Effrayé par la corne de bouquetin. Cheval n" 3. — Ration de travail. 12. Perte d'urine ; le cheval s'est détaché pendant la nuit. 28. N'a pas travaillé le soir. Déferré. 1" mars. .N'a pas travaillé. MAJIS 1881. Cheval n° {. — Ration d'entretien. Rien à noter. Rien à noter. Rien à noter. Cheval n° 2. — Ration de travail. Cheval n" 3. — Ration de transport. AVIUL ISSl. Cheval n° [. — Ration de transport. 6. Il passe du repos à la marche .au trot. 14. Est craintif, inquiet le soir. Nuit très agitée, l'ourquoi ? 15. Perte d'urine, 16. Très fougueux au manège et agité dans sa stalle. 4 mai. Effrayé par le hachage. Cheval n° 2. — Ration d'entretien. 6. Passe de la ration de travail à la ration d'entretien. 20. N'a pas bu le soir. Cheval n° 3. — Ration de travail. 17. 11 commence à laisser le tourteau de maïs de sa ration. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TUAIT. 383 MAI 1881. Cheval n° I . — Ration de travail. 2 juin. Glicval effraye pendant la nuit par tapage et chiens dans la rue. 3 juin. Semble boiter. 4. Boite légèrement et ne mange plus toute sa ration. 5. Boite. lUiumatisme articulaire. G. Boite. 7. Mis au repos. Cheval n" 2. — Ration de transport. 25. Perte d'urine. Cheval n° 3. — Ration d'entretien. Rien à noter. JDIN 1881 {du 8 juin au 9 juillet inclus). Cheval n° 1. — Ration de travail. Le cheval est laissé au repos du 7 au juin après midi, en raison de sa boitcrie. 'i juillet. S'est cassé deux incisives pendant la nuit. Cheval n° 2. — Ration de travail. Rien à noter. Cheval n" 3. — Ration de travail. 10. Le cheval galope, se fatigue et fait difficilement son travail du soir. Inllamma- tion légère des articulations des boulets postérieurs. 13. Sueur et diarrhée abondantes. Dans le mois de juillet, le 14, nous notons la Fête nationale, les chevaux ont été changés d'écurie du 26 au 29. Ce changement paraît avoir occasionné une légère diminution dans les poids des chevaux n" 1 et n" 2. Il n'y a aucun fait particulier à noter pendant les deux mois de camionnage, août et septembre 1881. Nous arrivons aux expériences à la voiture qui nous ont fourni les observations suivantes : Cheval n" 1 . 10 décembre 1881. Le cheval est pris de coliques. 11 est légèrement ballonné. 1 1 décembre. On évite de le presser à la voilure : aussi le chemin effectivement parcouru est-il légèrement inférieur à celui qui était demandé par la feuille de travail. 13 décembre. A la fin de la journée de travail, le cheval parait boiter un peu. 384 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 25 décembre. Très agité pendant la nuit. Refuse de manger. 27 décembre. Traction difficile : le cheval n° 2 se fait traîner derrière la voilure. G janvier 1882. Traction très diiTicile. Piste glissante. Le cheval n'' 2 se faisant troj) traîner est supprimé dès 5 heures du soir- 10 Janvier. Surcroît de traction déterminée par le cheval n" 2 qu'on supprime à 9 heures du soir. 1 1 janvier. Coliques. 12 janvier. Très faible en raison des coliques de la veille. Le cheval n" 2 n'est plus placé derrière la voiture. 2G janvier. Coliques. Difficulté très grande d'uriner; le travail est arrêté sans qu'on ait rempli la feuille. 28 janvier. Traction difficile. Cheval très fatigué. On Farrête avant d'avoir épuisé la feuille. iQ février. Coliques. 1 1 février. Coliques. 5 mars. Le cheval s'est pris dan.s sa longe pendant la nuit. Il paraît craintif et ne mange pas. 13 mars. Agité pendant la nuit. 15 murs. Le hruit éloigné, pendant la nuit, d'un rouleau compresseur à vapeur em- ployé pour le cylindrage de la rue du Ruisseau l'effraye. IG mars. Très effrayé ; à 10 heures du soir, il est entièrement couvert de sueur, le rouleau couipresseur travaillant en face des stalles d'expérience. 17 mars. Le i)ruit du rouleau, quoique éloigné, l'effraye toujours. Pendant ce temps, le cheval a peidu un poids très notable: il est passé de 381'', 3 le 14 mars à 379'', 5 le 15; à ZGl^,'^ le IG; à 360S2 le 17, soit une diminution de 2l'',l, dont ll'',7 en 24 heures du 15 au IG. 17 mai. Coliques. Cheval n" 2. Les 15, 16 et 17 mars IS82, le cheval est effrayé aussi par le rouleau compresseur, Moins agité que le cheval n' I. Il ne se couche pas. 23 mars. Il boite. 30 mars. Boite beaucoup. 31 mars. Boite. Le genou antérieur droit est enflé. On suspend le travail. Cheval n° 3. Les 15, 16 et 17 mars 1882, ce cheval a paru peu effrayé par le rouleau compres- seur à vapeur. Il ne se couche pas. Pour terminer ces observations générales , il est nécessaire de rappeler que les chevaux n'ont jamais reçu de litière. Le cheval n" 1 ne s'est jamais couché pendant toute la durée des expériences ; les chevaux n° 21 et n° 3 se sont couchés fréquemment. Dans ces cas, ils reposaient directement sur le sol bitumé. Si, indépendamment de ces observations, l'on tient compte des chutes de pluie ou de neige, on aura tous les éléments qui ont pu ALlMlvNTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 385 influer sur les résullats de nos expériences, La pluie permet d'expli- quer bon nonil)re de résultats qui, traduits en courbes, présentent de très grandes irrégularités, incompréhensibles au premier abord, irrégularités que l'on serait tenté d'attribuer à des erreurs d'obser- vation. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple relatif ou cbeval n°3, le 18 juin 1881, ce cheval n'a lui (pic 15^5 d'eau, tandis que le 17 et le 10 il il lui .")4 kilogrammes d'eau, ot cependant le 18 il a augmenté de poids, puisqu'il pesait 441'', 2, tandis que la veille et le lendemain il ne pesait que AW,'^ et 439'', G. 11 semble (pi'il y ait là une contra- diction, mais le fait s'explique facilement. En effet, le 18 juin, il a l)lu ; pendant son travail, le cheval n° 3 a été mouillé ; sa transpira- tion est devenue presque nulle, puisqu'il n'a perdu en poids pendant son ti-avail que 390 grammes, alors que la veille il avait perdu 4,200 grammes et le lendemain 4,260 grammes. Ayant très peu transpiré, il a moins bu, et c'est pourquoi la courbe s'abaisse consi- dérablement le 18. Toutefois, des variations du même genre s'observent également sans qu'on puisse les expliquer par une chute d'eau ou autrement. Ainsi, nous le voyons le môme jour, 18 juin, pour le cheval n" 1. Mais il est à noter que le lendemain, 19 juin, le fait inverse se pro- duit pour le même cheval. Ce sont là des phénomènes que la suite de nos études nous permettra peut-être d'expliquer. Maintenant que nous connaissons les influences qui ont pu modi- fier les résultats, nous pouvons jeter un coup d'œil sur la marche du poids des chevaux pendant les quatre séries d'expériences et tirer les conclusions pratiques qui en découlent. VI. Variations du poids des chevaux dans les quatre séries d'expériences par rapport au travail produit. Conclusions pratiques qui en découlent. L'étude attentive des variations de poids des chevaux nous con- duit à quelques conséquences pratiques relatives à la valeur de nos rations, que nous allons d'abord établir. Pour cela, il est nécessaire, en tenant compte de toutes les influences perturbatrices signalées, de rechercher comment le cheval s'est comporté dans chacune des aN.N". SCIliNGE ACiRÛ.X. 25 386 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. séries d'expériences lorsqu'il recevait la ration d'entretien, de trans- port on de travail. Nous allons donc nous livrer rapidement à celte étude en grou- pant nos résultats sous les trois chefs suivants : Ration d'entretien, Ration de transport, Ration de travail. Nous ferons suivre notre examen concernant chacune de ces rations des conclusions qui en découlent, 1° Ration d'entretien. Cheval n° I. — Ce cheval a été soumis à cette ration pendant les mois suivants : Novembre iSSO. — La courbe du poids du cheval indique que la ration était trop forte pour son entretien au repos, avec une prome- nade journahère de 4 kilomètres environ au pas. En effet, son poids a augmenté : il y a eu formation de chair. On ne saurait attribuer cette augmentation à la fixation d'eau dans les tissus, car la courbe movenne de l'eau bue et celle de l'eau rendue sont sensiblement mi parallèles et horizontales. Janvier i881. — Du 2 au 19 janvier, le cheval augmente encore de poids. La perte du 22 est, comme nous l'avons dit, due à une frayeur. Il est très probable que cette perte a été produite, pour une bonne part, par une élimination d'eau et non de chair. Il est en effet im- possible d'admettre que du 22 au 30 janvier le cheval ait pu, avec sa faible ration, passer de 423 kilogrammes à 435 kilogrammes, c'est-cà-dire former 12 kilogrammes de chair en huit jours. Nous en trouvons une preuve dans la constance du poids de l'urée ou de l'azote total dans l'urine : il est évident qu'à une diminution notable de chair aurait répondu une augmentation d'azote dans l'urine. Nous ne prétendons pas toutefois que toute la perte porte sur l'eau ; il y a eu évidemment usure de muscles, puisque le cheval était très agité, mais nous prouvons que celte usure a été relative^ ment faible. Nous y reviendrons à propos de l'azote de l'urine. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 387 Malgré celte diminulion noiabic, Ui cheval arrive, avec la même ra- tion, à atteindre le 31 janvier ^M'^jD, lorsijue le 2 janvier il ne pesait que 432'', 2 : les conséquences de la frayeur avaient entièrement dis- paru. On peut donc ici encore affirmer que cette ration est trop forte j)our l'entretien du cheval n° I . Mars i88'L — Du 12 mars au 5 avril, il y a encore augnienlalion de poids. Février 1882. — Pendant ce mois, la courbe indique encore une augmentation de poids du cheval. Mors i882. — Ici la courbe est très irrégulière ; mais si l'on se reporte aux observations qui ont été données précédemment, on voit que ce cheval a été soumis à l'influence de frayeurs fréquentes du 1" au 18 mars ; du 18 au 31, le cheval a été plus calme ; aussi son poids a-t-il augmenté à partir du 18. Mais il n'a pu, comme en janvier 1881 , regagner en aussi peu de temps le poids qu'il avait perdu. Cependant la ration a été plus que suffisante pour l'entretien du cheval n" 1. Elle a conduit ;'i une augmentation de poids, c'est-à-dire à une production de chair. Cheval n" 2. — Ce cheval a été soumis à la ration d'entretien pendant les mois suivants : Novembre i880. — Si l'on tient compte des observations relatives aux 14 et 20 novembre, on trouve que le poids du cheval est resté sensiblement le même pendant ce mois de repos. En effet, si l'on traçait la courbe moyenne du poids du cheval, elle serait à peu près horizontale. Février i88i. — Si l'on excepte le 12 février, dans laquelle l'ac- croissement considérable de l'eau rendue s'est traduit par une dimi- nution de poids de l'animal, on voit qu'il y a eu augmentation de poids du 2 au 23 février. La diminution ultérieure a été produite par les frayeurs successives que nous avons indiquées. Avril i88'L — Ici la marche générale de la courbe moyenne in- dique encore une augmentation du poids du cheval. Le faible poids d'eau bue le 20 a amené la dépression notable signalée par la courbe. i2 avril-i2 août 1882. — Pendant ce temps, le cheval n" 2 a reçu 388 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. deux rations différentes: du 1^2 avril au ^0 juin inclus, il a reçu, comme pendant les essais au manège, la ration d'entretien dont le poids du mélange journalier est de 5,736 grammes. Sous l'influence de cette ration, il a augmenté de poids ; il est passé de 379 kilo- grammes le 12 avril à i08\3 le 20 juin. A partir du 21 juin, il a reçu comme ration d'entretien les '/^o de la ration précédente, jusqu'au 12 août. La courbe montre que le cheval a encore augmenté de poids du 21 juin au 18 juillet et qu'il s'est maintenu ensuite dans un état presque stationnaire du 18 juillet au -12 août. Il résulte que la ration journalière pesant 5,736 a été pour le cheval n° 2 plus que suffisante pour son entretien, puisqu'il y a eu augmentation de poids ; et que les ^/^^ de cette ralion peuvent être considérés, sinon un peu trop forts, tout au moins comme entiè- rement suffisants pour maintenir le cheval dans un bon état d'en- tretien. Cheval n" 3. — L'examen de la courbe du cheval n" 3 conduit à des résultats analogues. 11 a reçu la ration d'entretien aux époques suivantes : JSovembre 1880. — En éliminant les causes que nous avons indi- quées des variations de poids, on trouve que la courbe moyenne du poids du cheval est sensiblement horizontale, c'est-à-dire que le cheval s'est maintenu en état sans augmentation ni diminution de poids. On remarquera, en effet, que les poids des 3 et 30 novembre sont 433'', 5 et 433 kilogrammes, c'est-à-dire presque égaux. Décembre i880. — Aussitôt que nous avons supprimé l'urinai, le cheval augmente de poids et passe de 420 kilogrammes le 9 décem- bre à 433'',5 le 31. Pendant ce temps, la ration avait donc été trop forte. Mai i88L ■ — L'inspection de la courbe montre encore que, dans ce mois, la ration d'entretien a conduit à une augmentation de poids. Du i" décembre 1881 au 31 mars :/SS2. —Du 1" décembre 1881 au 31 janvier 1882, ce cheval a reçu la môme ration d'entretien. 11 y a eu augmentation de poids notable, puisqu'il pesait 437 kilo- grammes le 1" décembre, 444'',2 le 1" janvier et 454'',5 le 31 jan- vier. ALIMENTATION DU CHKVAL DE TRAIT. 389 Du l'"" février nu o\ mars iH<^^2, le ch(!val n'n plus voc.u quo les "/jo de la ration précédeiile ; malgré colle diniinuliou, nous avons encore constaté une augmentation de poids: le h'' février il pèse 449 kilogrammes, le T'' mars 454'', I et le 31 mars 458"', o, après avoir passé par 4(11 kilogrammes le 14 mars. Du 13 juin au 12 août 188^. — Pendant ce temps, le cheval ne reçoit, comme du h'' février au 31 mars 188i^, (}uc les ^/^^ de la ration (reiilri'licii ipii avait été expérimentée antérieurement. La courbe moyenne du poids du dieval montre encore ici qu'il y a eu augmen- tation de poids. Le poids des chevaux soumis à la ration d'entretien s'est donc constamment accru. De cet examen, il résulte que la ration d'entretien composée de : Fuin 1,0 i4 grammes Paille d'avoine 5Gi — Avoine 1,9GS — Féveroie 420 — Maïs I,i.j2 — Tourteau de mais 288 — 5,736 grammes s'est trouvée être trop forte, puisqu'elle a conduit à un accrois- sement de poids vif chez nos trois chevaux et que la ration com- posée de : Foin 040 grammes l'aille d'avoine 508 — Avoine 1,772 — Féveroie 380 — Mais 1,308 — Tourteau de maïs 260 — 5,168 grammes (|ui représente sensiblement les 7,o ^^'^' 1'^ l'ation précédente et qui a conduit aussi à une légère augmentation de poids vif chez les che- vaux n" 2 et n" 3 (on n'a pas essayé cette ration sur le cheval nM), doit être considérée, sinon comme un peu forte, du moins couime très suffisante pour maintenir le cheval dans un bon état d'entretien, en tant qu'il sera placé dans des conditions idcntiipiesà celles de nos chevaux d'expériences. 390 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 2" Ration de transport. Cheval in'' 1 . — Le cheval a reçu la ration de transport pendant les mois suivants : Février 1881. — La courbe moyenne du poids du cheval pendant ce mois s'élève légèrement du 6 au 26 février. Il y a donc augmen- tation de poids et formation de chair. Cette formation de chair sem- ble mise en évidence par ce fait que la courbe moj^enne de l'eau bue va en diminuant alors que la courbe de l'eau rendue reste horizon- tale. Nous avons vu que la perte de poids que la courbe indique pour les 27 et 28 est due à la frayeur occasionnée par les cornes de bou- quetin pendant le carnaval. Le cheval marchait au pas et parcourait en moyenne 18, 254 mètres par jour. Avril i88i. — Le cheval marche au trot et parcourt, en moyenne, 20,126 mètres. Du 6 au 20 février, la courbe accuse une perte de poids impor- tante : c'est la période d'entraînement que l'on observe aussi, mais avec une plus courte durée, dans l'essai au pas. A partir du 20 fé- vrier, le poids du cheval se maintient jusqu'à la fin du mois d'expé- rience, c'est-à-dire le 7 mai. La courbe moyenne de celte dernière période tendrait même à accuser un légei- accroissement de poids. Mais il faut observer aussi que la courbe moyenne de l'eau consommée suit sensiblement la même marche, tandis que la courbe moyenne de l'eau rendue dans les urines et les fèces reste horizontale. On peut donc en conclure qu'ici l'augmentation de poids n'est probablement due qu'à une fixation d'eau dans les tissus de l'animal. Quoi qu'il en soit, la ration nous paraît avoir été suffisante pour l'entretien du cheval. Du i2 avril au i2 juin 1882. — Le cheval suivait la voiture. Du 12 avril au 18 mai inclus, le cheval n" 1 a parcouru le même chemin que le cheval n° 3 attelé à la voiture. Il sortait tous les deux jours. Il a parcouru en moyenne 66 kilomètres par jour de sortie. A partir du 19 mai jusqu'au 12 juin inclus, il n'a plus lait, pour les raisons cpie nous avons indiquées, que 20 kilomètres par jour de sortie. Le 12 avril, le cheval pèse 387'',o, le 18 mai 387'',2 après avoir passé par o09^3 le l""" mai, et le 12 juin r]92'',5 après avoir touché -iOO^O ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 391 le 9 juin. Ln perte de poids considérable coiislalée le 17 mai corres- pond à des coliques dont le cheval a été atteint et à un rninimiiin d'eau bue. La ration a donc été suffisante pour l'entretien du cheval du 12 avril au IcS mai, temps pendant lequel il a parcouru tous les deux jours environ 00 kilomètres. Cheval n" 2. — Ce cheval a reçu la ration de transport pendant les mois suivants : Décembre dSSO. — L'examen des courbes montre que le poids du cheval a augmenté du 1" au 31 décembre et qu'il y a eu une légère formation de chair, car les courbes moyennes de l'eau bue et de l'eau rendue sont presque parallèles et leurs ordonnées croissent moins rapidement que celle de la courbe du poid.< vif du cheval. Dans ce mois, le chemin parcouru au pas était en moyenne de 18,990 mètres par jour. Mai 1881. — Pendant ce mois, le cheval a parcouru au trot en moyenne 17,745 mètres. La courbe moyenne du poids du cheval tend à s'abaisser légère- ment. Toutefois, la perte de poids est très faible, puisque le 8 mai il pèse 408'' ,3 et le 7 juin 400 kilogrammes, après avoir passé par 408'', le 21 mai et 40 'î'',^ le juin. Et encore faut-il remarquer que le poids minimum correspond à un minimum d'eau bue. Dans ce cas, la ration semblerait avoir été un peu juste pour l'entretien du cheval. Du J^' décembre 1881 au 12 janvier 1882. — Le cheval suivait la voiture au trot et faisait, par jour de sortie, une moyenne de 02 ki- lomètres. L'examen des courbes montre que la ration a été insuffi- sante pour maintenir le cheval en état. En effet, au début, le l^"" dé- cembre, il pesait 415'', 5 et le 12 janvier son poids tombait à 400'',2 après avoir passé par 424'',5 le décembre et 403 kilogrammes le 10 janvier. A partir du 12 janvier, ce cheval a été mis au repos avec la ration d'entretien. Cheval n" 3. — Janvier 1881 . — L'examen des courbes montre que le poids du cheval s'est constamment accru et que cet accrois- sement est dû, pour une large part, à une production de chair. En effet, on remarque que les courbes moyennes de l'eau consommée cl de l'eau rendue sont assez concordantes ; il n'est donc pas proba- 392 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ble que raiigmentalion de poids de l'animal soit, due à une fixation d'eau dans ses tissus. Le poids du cheval, qui était le 1" janvier de 4âO kilogrammes, était le 31 janvier de 436 kilogrammes, après avoir passé par 420 kilogrammes le 3 et 437 kilogrammes le 23. Le che- min parcouru au pas était en moyenne de 20,7(i3 mètres par jour. i)/ar.s' 1881. — Pendant ce mois, le cheval a parcouru au trot en moyenne 18,448 mètres par jour. Ici la courbe moyenne du poids du cheval s'abaisse du mars au 5 avril. 11 y a eu perte de poids. Cette perte de poids est évidente, car les courbes moyennes de l'eau bue et de l'eau rendue restent sensiblement parallèles et horizon- tales. Cependant, le cheval a toujours mangé la totalité de sa ration journalière. Nous devons noter toutefois que le cheval a le pas très court et qu'il galopait de temps en temps pendant l'exercice pour fournir dans le même temps le chemin parcouru par le cheval n° 2 qui actionnait le manège ; peut-être est-ce là la cause principale de la perte de poids constatée. Quoi qu'il en soit, il ressort clairement de l'examen des courbes que la ration a été insuffisante pour l'entre- tien de ce cheval faisant au trot 18,448 mètres par jour. Pendant les expériences à la voiture, le cheval n" 3 n'a pas été soumis à la ration de transport. De ce qui précède, nous pouvons conclure que la ration de trans- port composée de : Foin 1,148 i;ramiiies Paille d'avoine 620 — Avoine 2,164 — Féverole 4G4 — Maïs 1,000 — Tourteau de maïs 316 — 6,312 grammes est plus que suffisante pour maintenir le cheval en état, tout en fai- sant un parcours journalier au pas de 18 à 20 kilomètres. En ce qui concerne le parcours au trot au manège, cette même ration, qui paraît avoir été plus que suffisante pour le cheval n° 1 , à peine suffi- sante pour le cheval n" 2, ne l'a plus été pour le cheval n" 3. Les différences constatées dans la marche au pas et dans la mar- che au trot ne sauraient être attribuées probablement qu'aux difie- ALIMENTATION DU CURVAI, DE TRAIT. 393 renccs du travail mécanique de tiaiispoil des chevaux et à celles (riitilisaiion des principes immédiats des fourrages. Nous reviendrons ultérieurement sni" l'examen de ce point rpie nous ne faisons qu'iii- diipier en passant. Les expériences à la voiture montrent que, pour le cheval ii" 1, \r. chemin parcouru peut alteindro environ ."W kilomètres j)nr jour sans aucun inconvénient pour son enireticn. Quant au cheval n" 2, dont l'entretien était à peine suffisant lors- (pi'il ne parcouraitau dot qu'environ 18 kilomètres, il est clair (pi'il ne pouvait se maintenir en état du 1" décemhre 1881 au 1:2 janvier 1882 en fournissant un parcours moyen journalier d'environ ;:]1 ki- lomètres. Ces résultats montrent le compte (ju'il faut tenir de l'indi- vidualité de l'animal. 3° Ration de travail. Cheval n" 1. — Dccambre 18S0. — Pendant ce temps, le cheval a parcouru en moyenne 19'"",345 chaque jour et effectué au manège dynanométrique 552,50i kilogrammètres. Si l'on compare les cour- bes relatives à ce cheval, on voit d'abord que son poids a augmenté; qu'il y a eu formation de chair, notamment du 20 au S\ décembre. Or, il est à remarquer que du 1" au 20 décembre la traction du ma- nège est de o3'',oo, tandis que du 21 au 81 décembre inclus elle n'était plus que de 21 '',77. La courbe moyenne du poids vif du che- val est horizontale du 1"" au 21 : la ration qu'il consommait était donc suffisante pour son eniretien et pour produire enviion 700,000 kilogrammètres par jour. Du 21 au ."M, le travail journalier n'a plus été que d'environ 4r)0,000 kilogrammètres. .\ussi y a-t-il eu produc- tion de chair avec la portion de la ration qui du 1"' au 21 décembre avait donné un travail journalier d'envii'on 270,000 kilogrammè- tres. Bien qu'il y ait eu foimalion de chair et que le jioids d'eau rendue soit resté sensiblement constant pendant tous le mois, les écarts des poids du cheval sont dus principalement aux variations de poids de l'eau consommée. Or, les maxima d'eau bue (qui ont lieu tous les huit jours) ont été atteints les lendemains des jours où le cheval avait 394 . ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. les poids vifs les plus faibles ; ils ont toujours contribué à élever no- tablement son poids. La marche de ces courbes fait supposer que le cheval peut perdre graduellement, pendant plusieurs jours, de l'eau de ses tissus jusqu'à une certaine limile minimum : lorsque cette li- mite est atteinte, il comble le déficit par une absorption d'eau plus considérable qui est généralement un maximum. 31ai 1881 -juin i88i. — Pendant ces deux mois, le cheval a travaillé au trot au manège, effectuant, en mai, un parcours de 21''"', 256 et un travail de 440,893 kilogrammètres, et, en juin, un parcours de 2P'",039 et un travail de 435,286 kilogrammètres. Si, en raison de la boiterie due à un rhumatisme articulaire qui a été bien constaté dès le 3 juin et qui a sans doute occasionné la perte de poids observée du 2 au 6 juin, on élimine la portion de courbe correspondant à ces jours, on trouve que du 8 mai au 1"' juin inclus, il y a eu augmentation de poids vif, tandis que du 15 juin au 8 juil- let il y a eu diminution, diminution faible, il est vrai. A quoi attri- buer cette diflérence ? La perte de poids du cheval pendant le travail, qui avait été en moyenne de 8,335 grammes par jour en mai, est montée à 8,744 grammes en juin, et cependant le travail mécanique produit dans les deux cas est resté sensiblement le même : 440,893 kilogrammètres en mai, et 435,286 kilogrammètres en juin. Le poids d'eau consommée, en mai, était de 23,446 grammes et, en juin, 25,616 grammes. Cette différence a-t-elle eu une influence, ainsi que les écarts très grands dans les quantités d'eau bue ? La piste qui était très poussiéreuse en juin a dû fatiguer beaucoup le cheval; mais les deux autres chevaux, chez qui l'on n'observe pas le même phénomène, se trouvaient dans la même situation. Pour l'ins- tant, nous ne savons pas à quelle cause attribuer la perte de poids constatée, malheureusement nous ne possédons pas de données sur la quantité d'eau rendue ; nous ne pouvons donc savoir si cette perte ne serait pas due à un accroissement de cette dernière ou bien à une diminution de l'eau des tissus, comme on l'a observé, pour le même cheval, en décembre 1880. Il faut toutefois noter que du 22 juin au 9 juillet, la courbe moyenne est presque horizontale. Quoi qu'il en soit, nous pensons que la ration a été suffisante. Août-seplembre 1881. — Pendant ces deux mois, le cheval fai- ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 395 sait le service du capionnage. Avant, il était an repos depuis le 10 juillet. La courbe accuse une perte de poids très considérable du 1" au ^0 août. \ partir de cette date, les variations de poids sont plus faibles, mais le cheval ii'allcinl un poids que l'on peut considérer comme constant que du cS au .'lO scptend)iT'. Le tenijjs qui s'est (îcoulé du ]''' août au 8 septembre, soit oO jours, doit être considéré comme période d'entraînement. On sait que les trois chevaux étaient attelés à la même voiture, le cheval n" 1 était en flèche et les chevaux 2 et;] de chatiue coté du timon. Le cheval n" l, qui n'était pas habitué à ce nouvel exercice, a dépensé beaucoup de force dans des mouve- ments inutiles : c'est sans doute pour cela que, pour lui, la_périodc d'entraînement a été plus longue que pour le cheval n° 2. Les résul- tats obtenus au manège autorisent du moins cette supposition. La courbe du poids du cheval suit assez bien les variations de la courbe du poids d'eau consommée. On peut conclure que, dès le 8 septem- bre, la ration était suffisante. Le chemin parcouru était de o2,10U mètres elle travail produit de 959,277 kilogrammètres par jour. Le chemin total j)arcouru par le cheval n" 1, dans cette expérience, a été de 1,858""', 649 et le travail produit de 58,515,897 kilogram- mètres. Décembre iSSi-jamier 1882; i2 juin-i2 août i882. — Dans ces expériences avec la voiture, le poids du cheval augmente d'abord: il passe de âOi kilogrammes le 1"' décembre à 421 ",5 le 8. Puis il diminue graduellement jusqu'au 19 janvier 1882, époque à laquelle il est minimum, 079^5. Du 19 au 31 janvier, il reste slationnaire et oscille entre o82 kilogrammes et 388'',5. On doit noter que le cheval 11° 2, (pii a suivi la voiture du 1"' dé(;einbre 1881 an 12 janvier 1882 a déterminé, en se faisant traîner, un surcroît de traction (pTil n'est pas possible d'évaluer, mais (jui sans doute a eu une iniluence con- sidérable sur la |)erte de poids du cheval n" 1. On remarquera, en outre, que le cheval n" 1 a eu des coliques fréquentes ; toutes causes qui font que celte expérience se trouvait avoir été faite dans de mauvaises conditions. Aussi, l'avons-nous recommencée du 12 juin au 12 août. Ici, toutes les causes perturbatrices qui avaient altéré nos premières z'echerches font défaut, aussi la courbe montre-t-elle que le cheval s'esl maintenu en bon état. Nous trouvons, en effet, 396 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ([ue son poids était le :^5 juin de 391 kilogrammes après une journée de travail su laquelle dail avait, parcouru 6!:2,554 mètres et effectué 1.5(i7,801 kilogrammètres, et de ."391 kilogrammes le 21 juillet après un travail correspondant à un parcours de 71,180 mètres et un travail de i, 773, 758 kilogrammètres. Le poids minimum a été at- teint le 10 août, jour de travail dans lequel le cheval a bu le mini- mum d'eau. Les résultats nous autorisent à considérer la ration em- ployée comme suffisante au cheval n" 1, pour parcourir, un jour sur deux, une moyenne de 65,248 mètres en effectuant pour ce par- cours un travail de l,634,i38 kilogrammètres- Ces chiffres sont déduits de l'expérience du 12 juin au 12 août dont les résultats sont indiqués au tableau LXII et qui a donné un parcours total de 2, 022'"", 695" et un travail de 50,658,310 kilogrammètres. Cheval n" 2. — Janvier 18SI. ■ — Le passage de la ration de transport à la ration de travail au manège a déterminé une perte de poids très rapide du 2 au 7 janvier : c'est la période d'entraînement. Du 7 au 31 janvier, la courbe moyenne des poids vifs s'élève : il y a eu évidemment formation de chair. La ration était donc trop forte pour maintenir ce cheval dans le même état et lui fournir en même temps les éléments nécessaires pour la production, au pas, d'un tra- vail moyen journalier de 421,778 kilogrammètres sur un parcours de 20,185 mètres. Mars '188ï-juin i881. — Dans ces deux mois, le cheval tra- vaihait au manège au trot. Du 6 au 20 mars, le poids du cheval passe de 408 kilogrammes à 405 kilogrammes, après avoir atteint 415"', 3 le 14 : c'est la période d'entraînement. Du 20 mars au 5 avril, son poids devient stationnaire et ne varie plus que de 404 kilogrammes le 22 mars à 406'', 6 le 30 mars : le cheval a donc été maintenu en état, tout en faisant un travail moyen journalier de 433,591 kilo- grammètres et un parcours de 20,805 mètres. Du 8 juin au 9 juil- let, la courbe moyenne est sensiblement horizontale : le cheval s'est aussi entretenu, tout en parcourant 20,773 mètres et effectuant un travail de 429,332 kilogrammètres. La ration dans ces deux cas a été suffisante, tandis (ju'elle avait été trop forte peiidanl le travail au pas. Août- septembre 1881. — Le cheval fait le service du camionnage ALI.MKNTATION DU GHHVAL DK TRAIT. ;]97 (|iii rommcncc le I"'' août. Du 10 aiiol jnillt>t,leclieval était au repos. L'examen do la courbe du j){)i(ls du cheval montre que la période d'entraîncmcnl va du i"' au ^ septembre, car i'i p;ii'lir de cette der- nière date, la courbe moyenne est horizontale. Ainsi, iiource cheval la période d'entraînement a une durée de3:} jours, au lieu de 30 jours constatés pour le cheval n" I . On peut conclure de là (jue du '2 au 30 septend)re la ration consommée a été sufïisantc pour entretenir ce cheval Aiisant lous les joiu's en moyenne, S)7)l ^-ill kilogrammètres, avec un parcours de 3:2,109 mètres. Le chemin total (pi'il a parcouru a été, comme pour le cheval ii" 1, de I,858'"",Gi9 et le travail Intul 58,515,807 kilogrammètres. i""" février-Si iinn's I8S2. — Dans cet essai, nous avons à te- nir compte de diverses inllucnces perturbatrices déjà signalées : d'abord du 15 au 17 mars, la IVayeur occasionnée par un rouleau compresseur à vapcui', ensuite du 43 au 31 mars, une boiterie qui nous oblige à suspendre les essais. Nous nous trouvons donc, en léalité, en lace d'une expérience dont la durée ne va (pie du 1'^'' fé- vrier au 15 mars. On remarque que le poids du cheval était de 305 kilogrammes le 6 février, 389 kilogrammes le 8 février, 30:^'', I le 15 et 389^1 le l(i mars. Le 8 février, le cheval avait parcouru 09,957 mètres et fait 1,755,813 kilogrammètres et le 10 mars 04,097 mètres et 1,007,910 kilogrammètres. La ration semble donc avoir été suffisante pour le maintenir en état et lui permettre de fournir, du 8 février au 10 mars, c'est-à-dire pendant ."adjoins, un Iravail moyen journalier de 1,597, HO kilogrammètres pour un parcours de 03,850 mètres. Dans cet essai, le chemin total parcouru a été de 1,851^'",909 mètres et le travail effectué de /iG,310,000 ki- logrammètres. CuEVAL N" 3. — Février IS81. — Le cheval n" 3 au travail au manège au pas a constamment augmenté de poids : il passe de 430 kilogrammes le 1" février à MO kilogrammes le 3 mars. Il a produit par jour, en moyenne, 395,429 kilogrammèlres et parcouru 18,505 mètres. Bien qu'il ait travaillé chaque jour pendant le môme temps que les chevaux n" 1 et n° 2, il a parcouru le chemin minimum ; cela tient sans doute à ce ({u'ayant des jambes courtes, il laisail îles pas plus i)etits. 398 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Avril i881-juin 188i. — Mais il n'en a pas été de même au tra- vail au trot. Pendant le mois d'avril après la période d'entraînement, le poids du cheval, si l'on a égard aux variations de poids d'eau bue, est resté sensiblement stationnaire du 14 avril au 7 mai. Ce poids était le 14 avril de 432'', 8 et le 7 mai iSS^S. Pendant ce temps, la ration a donc été suffisante pour la production moyenne journalière de 416,597 kilogrammètres et un parcours de 20,126 mètres. Dans l'essai du mois de juin, le cheval n° o a encore augmenté de poids du 8 au 29 juin ; mais il faut noter aussi que les poids d'eau con- sommée ont suivi une marche parallèle, de sorte qu'il peut se faire que l'augmentation de poids ne porte que sur de l'eau. Ce qui ten- drait à corroborer cette manière de voir, c'est cjue du 8 au 23 juin, lorsque l'eau bue augmentait tous les jours, la perte de poids du cheval pendant le travail était, en moyenne, de 8,230 grammes, tan- dis que lorsque le poids d'eau bue diminue du 23 juin au 4 juillet, la perte de poids du cheval est de 8,640 grammes. Quoi qu'il en soit, si l'on envisage l'ensemble de l'expérience, on reconnaît que la ration a été suffisante. Le travail moyen journalier a été de 390,815 kilogrammètres et le chemin parcouru de 18,898 mètres. Août-septembre i88i. — Pendant ces deux mois, le cheval fait le service du camionnage. D'après le travail produit par ce cheval dans les expériences antérieures, et la manière dont il s'est comporté vis- à-vis de la ration employée, il était à présumer qu'il devrait avoir quelques peines pour se maintenir en état en fournissant sa part de travail journaher dans le service commun de camionnage ; on se rap- pelle que les trois chevaux étaient attelés à la même voiture. Ayant les jambes plus courtes que les chevaux n" 1 et n" 2, il lui était dif- ficile de suivre leur allure. Les eftbrts qu'il a dû faire dans ce ser- vice se sont traduits par une diminution de poids rapide et considé- rable. Pour lui, la période d'entraînement, d'après les courbes, irait du 1" août au 12 septembre; elle comprendrait donc 43 jours. Ce n'est guère qu'à partir de cette date que l'on peut considérer le poids du cheval comme se maintenant dans un état presque station- naire, du 12 au 30 septembre. Pour lui, la ration paraîtrait avoir été juste suffisante ou plutôt un peu faible. Le chemin parcouru a été de 32,109 mètres et le travail effectué de 959,277 kilogram- ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 399 mètres. Le clieniiii total qu'il a parcouru et le travail ([u'il a |ti(t(Jnil sont les mêmes que ceux des chevaux n° 1 et n° 2 pour la même pé- riode. Du 12 a mil cm 12 juin i882. — Le cheval n" 3 était resté au re- pos du 1''' décembre 1881 au 31 mars 1882. Avant de le soumettre au travail régulier de la voiture, nous avons commencé du 1" au 1 1 avril, par le faire travailler progressivement de façon à atténuer au- tant que possible la transition du repos au travail. 11 faisait alors, en moyenne, de 20 à 22 kilomètres tous les jours avec la voiture char- gée et recevait la ration de travail. Dès le 12 avril, ou lui l'ait faire le travail régulier de la voiture jusqu'au 12 juin. La courbe du poids du cheval montre que cette période peut se diviser en trois parties très caractéristiques: la première va du 12 au 20 avril, dans la- quelle le poids du cheval diminue; la seconde, du 20 avril au 13 mai,dansla(iuelle le poids oscille entre iol'',5 et M4^,8, suivant les quantités d'eau ingérée, et paraît rester stationnaire ; eniin la troi- sième, du 13 mai au 12 juin, à laquelle correspond une diminution de poids vif. Pendant la seconde période, la ration semblerait avoir été suffisante ; mais si l'on remarque que le poids d'eau ingérée a été en augmentant du 12 avril au 12 mai, on est conduit à attribuer celte constance de poids à une fixation momentanée d'eau dans les tissus, analogue à celle que nous avons signalée pour le cheval n" 1. On observe, en effet, les maxima d'eau ingérée les 2, 12, 22 et 30 mai ; cette eau aurait disparu peu à peu avec la prolongation des expé- l'iences, en même temps que le cheval buvait mpins du 13 mai au 12 juin. S'il en était autrement, on ne comprendrait pas comment le cheval n'aurait pas perdu de poids en parcourant, du 20 avril au 12 mai inclus, une moyenne de (*»(>, 797 mètres, alors qu'il en aurait perdu du 13 mai au 12 juin en ne parcourant que 6i,847 mètres en moyenne. Du 12 avril au 12 juin, le cheval n" 3 a elTeclué un par- cours total de 2, 039"'",528 et un travail de 51,095,771. kilogram- mètres, ce qui donne, pour un jour sur deux, un parcours moyen de 05,791 mètres et un travail de 1,0 i8, 250 kilogrammètrcs. Si l'on rapproche ces chitTres de ceux que nous avons obtenus dans les es- sais de camionnage , nous trouvons que ce cheval a fourni en moyenne par jour: 400 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. un parcours de 32,100 mètres. Au caniionnoge, A la voiture, un travail de 959,277 kilogrammètrcs. un parcours de 32,890 mètres. un travail de 821,125 kilogranimèlres. Le travail de la voiture a donc été inférieur d'environ 135,000 ki- logrammètres à celui du camionnage, et cependant le cheval, après une période de 43 jours d'entraînement au camionnage, s'est main- tenu dans un poids stationnaire. Toutefois, nous ne saunons tirer aucune conclusion de ces chif- fres, car nous ne devons pas oublier que, les trois chevaux travail- lant ensemble au camionnaqe, nous ne savons si le cheval n° 3 a fait exactement les 959,i^77 kilogrammètres correspondant à sa part de travail journalier Ç/'j du travail total). D'un autre côté, nous de- vons remarquer que, pendant ces deux expériences du camionnage et de la voiture, les rations, quoique égales, n'ont pas été données de la même manière, et rien, à priori, ne peut faire admettre que ces deux modes de distribution n'ont pas influencé les résultats. En outre, il reste à savoir si la dépense organique du cheval demeure la même pour un même parcours et un même travail kilogramme- triques soit que le cheval travaille tous les jours où seulement un jour sur deux. Enfin, il ressort de l'examen de nos données analy- tiques relatives au coefficient d'utilisation des principes immédiats des rations, que l'état de travail ou de repos a une influence mar- quée sur l'assimilalion des aliments : le cheval n" 3 paraît avoir été le plus sensible à cette influence. Ainsi, le coefficient de digestibilité de la substance organique de la ration, qui en mai, pendant le repos, était de 71.79 p. iOO, tombe à 04.94 p. 100 en avril et à 65.57 p. 100 en juin pendant le travail au trot au manège. Il est dès lors très probable que, bien que la ration soit restée la même, un fait ana- logue s'est produit pendant les expériences du camionnage et de la voiture ; la ration par suite serait devenue insuflîsante et aurait produit la perte de poids constatée. Ces considérations nous obU- gent à être très réservés quant aux conclusions à tirer des expé- riences de camionnage et de voiture de place en ce qui concerne le cheval n''3. En résumé, et comme conclusions pratiques ressortant de l'exa- ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 401 men anqiiPl nous venons de nous livrer, nous dirons que la ration de travail, qui était composée par jour de : Foin l,ijGS grammes l'aille ({"avoine 84S — Avoine 2,952 — Féverole G32 — Maïs 2, ISO — Tourteau 432 — Total. . 8,612 grammes i° A été trop forte pour chacun des trois chevaux travaillant au manège au p;ts et effectuant en moyenne par jour : Le cheval n" 1, 552,504 kilc ^rammètres et un parcours de 19, 345", 5 — n° 2, 421,789 — — 20,185'°,l — n" 3, 395,429 — — 18, 507", 6 2° A été suffisante pour chacun des trois chevaux travaillant au manège au trot et effectuant en moyenne par jour : , \ en mai : 440,893 kilogrammètres et un parcours de 21, 250", Le cheval n" 1 , . . ,„.' „ o, non \ ' en juin: 435,280 — 21,039 ,7 Le cheval n" 2, en mars: 433,591 — 20,805,5 en juin: 429,332 — 20,772 ,9 , ^ , l en avril: 416,597 — 20,126,4 Lecheva n^S, { . . „ ,„.. o < ' ( en juin: 390,815 — 18,898 ,1 o° A été suffisante pour les chevaux n° 1 et n° 2 faisant le service du camionnage et effectuant chacun en moyenne par jour : 950,277 kilogrammètres et un parcours de 32, 109", 12; 4° A été suffisante pour les chevaux n" 1 et n*" 2 travaillant à la voiture, dans des conditions normales, et effectuant en moyenne par jour de sortie : Le cheval n» 1 : 1,034,138 kilogrammètres et un parcours de 05,218 mètres — n''2: 1,598,126 — — 63,859 — 5" Cette ration semhle avoir été un peu faible sinon insuffisante pour le cheval n" 3, pendant la durée du camionnage, pour elTec- tuer en moyenne par jour 959,-277 kilogrammètres et un parcours de-32,109'",l2. A.NN. SCIENCE AGUOX. 26 402 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. G" Elle a été insuffisante pour ce même cheval n° 3, dans l'expé- rience avec la voiture, dans laquelle il a été efîectué en moyenne, par jour de sortie, 1,648,^^50 kilogrammètres et un parcours de 65,791 mètres. Le cheval n° 3 a fourni le travail maximum à la voilure. Nous avons vu que les feuilles de travail ne demandaient en moyenne, par jour de sortie, qu'un parcours de 6i'"",^61. Les che- vawx ont donc fait en trop : Le cheval n" 1 : 2,987 mètres. — n° 2: 1,598 — — n° 3 : 3,530 — Cet excès de travail produit a incontestablement influé sur l'état d'entretien du cheval : il nous est entièrement impossible de fixer les limites de cette influence. On considérera que dans le travail à la voiture nous n'avons pas eu à tenir compte des à-coups, arrêts brus- ques, démarrages fréquents et autres causes analogues qui se ren- contrent à chaque pas sur le pavé de Paris et qui nécessitent parfois des eflbrts musculairestresnotables.il est fort probable que la ration que nous avons utiUsée n'aurait pas été suffisante pour faire face à ce surcroît de travail. Aussi devons-nous envisager cette ration comme la ration minimum qui puisse être employée si l'on n'a pas à compter avec des causes imprévues ou accidentelles de travail sup- plémentaire. Nous rappellerons que la ration expérimentée avait été, à dessein, diminuée d'environ 520 p. 100 du poids de la ration consommée parla cavalerie de la Compagnie. VII. Discussion des expériences. Arrivés au terme de cette étude, il nous reste, pour la compléter, à discuter nos expériences et à en comparer les résultats à ceux qui ont été obtenus par d'autres expérimentateurs. Le nombre considé- rable des données que nous avons recueillies, la durée de nos expé- riences, les conditions diverses et bien déterminées auxquelles ont été soumis nos chevaux, nous mettent en possession d'un ensemble de documents du plus haut intérêt sur l'alimentation du cheval de ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 403 trait considérée dans ses rapj)orts avec les divers régimes, repos, niardic au pas et au trot, de cet animal. Nous nous bornerons, dans les pages qui vont suivre, à la discussion des points fondamentaux aux applications directes. Nous suivrons, pour cette discussion, l'ordre même de nos re- cherches : 1" slati(iue de l'eau ; "2" statique de l'azote; 3" production du travail, origine de la force musculaire; 4" digestibilité des ali- ments : influence du repos, de la marche et du travail sur la digesti- bilité des fourrages. ^O' I. statique de l'eau. La statique de l'eau comprend la comparaison des quantités d'eau consommée, éhminées par l'intestin et par le rein, expirées ou pers- pirées par les voies pulmonaire et cutanée. Cette étude, des plus ins- tructives, est complète pour chacun des trois chevaux, pendant les mois de repos, de marche ou de travail au manège, tant au pas qu'au trot. Elle est limitée aux quantités d'eau bue pour les mois de camionnage et de travail à la voitui'C, pendant lesquels nous n'avons pu recueillir les fèces ni l'urine. Nous commencerons par résumer dans les tableaux, suivants : i° les quantités moyennes, maxima et minima d'eau consommée, par jour, dans les diverses conditions où les chevaux se sont trouvés placés durant nos expériences. Sous cette désignation eau consom- mée, sont compris les poids d'eau contenue dans les fourrages et ceux de l'eau bue dont le détail se trouve dans les tableaux journa- hers du 1"" et du S'^ Mémoire. A. Eau consommée. 1° Pour le cheval n'^ 1. .oo« „ -,.„ a imaximuni. 11,789 gr. le 15 nov. ISSO. En nov. 1880, au repos. . 8,a7l8f,9 . . „ „ , ' (minimum. G, 089 gr. Je 30 nov. 1880. V .• ^oon ) ^" ''^'^'' i ir aoc-r - unaximum. 20,071 gr. le 12 déc. 1880. En (iec. 1880, < au pas, au } 10,998=%/ . . , manège. (minimum. 10,971 gr. le 27 dec. 1880. ^ . . ,„„, ., ., „„ „ (maximum. 10,952 gr. le lOjanv. 1881. En janvier 1881, au repos. 7,789'%9 .. /.„« , „^ ,oo, '' , f , 1 (luininium. 1,132 gr. le 22 janv. 1881. En février 1881, à la mar- j maximum. 13,871 gr. le 3 mars 1881. che au pas 9,2i5S'', 2 | minimum. 3,711 gr. le 27 février 1881. 404 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIOUE. En mars 1881, au repos. . 8,003°'' En avril 1881, marche au trot 14,559S'- En mai 1881, travail au trot. 23.4iGS'' En juin 1881, travail au trot. 25,010^'" En juillet 1881, au repos. 20,70is'- En août 1881, au camion- nage 27,946-'' En septembre 1881, au ca- mionnage 24,413°'" En déc. 1881, à la voilure. 22,i64S'' En janv. 1882, à la voiture. 21,209S'' En février 1882, au repos. 8,907''" En mars 1882, au repos. . 7,829''" Du 12 avril au 12 mai 1882, à la marche au trot. . . 19,304'"" Du 13 mai au 12 juin 1882, à la marche au trot. . . 13,911°'" Du 13 juin au 13 juill. 1882, à la voiture 27,355°'" Du 14juill.au 13 août 1882, à la voiture 30,226-''" maximum. minimum . maximum. minimum. i maximum. ( minimum, j maximum. ) minimum . l maximum. I minimum . i maximum. ( minimum, l maximum. ( mininmm . i maximum. ( minimum . ' maximum. minimum . maximum. mininmm . maximum. mininmm . maximum. miniauim . maximum. minimum. maximum. minimum . maximum. mininmm . 11,938 gr. 3,818 gr. 20,333 gr. 10,053 gr. 26,789 gr. 9,729 gr. 35,738 gr. 17,388 gr. 31,663 gr. 8,033 gr. 43,319 gr. 15,909 gr. 32,119 gr. 14,249 gr. 34,428 gr. 7,818 gr. 35,378 gr. 8,738 gr. 19,113 gr. 5,403 gr. 17,143 gr. 703 gr. 33,072 gr. 5.092 gr. 33,522 gr, 4,552 gr. 45,693 gr. 15,052 gr. 44,253 gr. 17,312 gr. le 18 mars 1881. le 12 mars 1881. le 18 avril 1881. le 29 avril 1881. le 22 mai 1881. le 7 juin 1881. le 5 juillet 1881. le 22 juin 1881. le 19 juin 1881. le 10 juillet 1881. le 5 août 1881. le 24 août 1881. le 20 sept. 1881. le 9 sept. 1881. le 21 déc. 1881. le 24 déc. 1881. le 2 janvier 1882. le njanvier 1882. le 14 février 1882. le 19 février 1882. le 25 mars 1882. les 16 e( 26 mars 1882. le 14 avril 1882. le 15 avril 1882. le 18 mai 1882. le 12 juin 1882. le 3 juillet 1882. le 18 juin 1882. le 19 juillet 1882. le 10 juillet 1882. 2" Pour le checal rC 2. „ , , ^, „„, , maxmium. 13,9/9 gr. En novembre 1880, repos . 11,0646'^, 4 .. r\ r. ( minimum. 5,789 gr. En décembre 1880, marche (| maximum. 10,210 gr. au pas 13,858°'", 6 1 minimum. 8,880 gr. En janvier 1881, travail au \ maximum. 21,331 gr. pas 17,820?'", 3 ( minimum. 11,189 gr. (maximum. 14,818 gr. En février 1881, repos . . 12,374s%5 .. '. ( minimum. a,o28 gr. En mars 1881, travail au (maximum. 24,121 gr. trot 10,409°'" I minimum. 15,241 gr. .... ":'^i""""- I mmnnum . En mars 1882, à la voiture. 24,921^^ | maximum. I minmium. Du 20 avril au 20 mai 1882, \ maximum. au repos 10,9G2"' hiiinimum. Du 21 mai au 20 juin 1882, i maximum. au repos 13,187»'' /minimum. Du 21 juin au 18 juillet ^ maxiniuni. 1882, au repos . . . . 17,^35"'' /mininiiim. Du 19 juillet au 12 août l niaxiiiuuii. 1882, au repos 25,4058'^ |miniiimm. DE TRAIT. 33,(i78 -r. 21,218 gr. 27,GÔ3 {,'r. 12,883 fc'r. 40,629 gr. 17,329 gr. 37,019 gr. 21,789 gr 22,G71 gr, 6,121 gr. 21,961 gr, 5,471 gr. 37,S.:)5 gr. 12,277 gr. 35,785 gr. 16,887 gr, 17,597 gr, 3,817 gr 19,397 gr 6,887 gr. 27,023 gr 10,983 gr 30,403 gr 15,963 gr 405 le 5 juillet 1881. le 19 juin 1881. le 16 juillet 1881. le 11 juillet 1881. le 4 août 1881. le 16 août 1881. le 19 sept. 1881. le 10 sept. 1881. le 21 déc. 1881. le 22 déc. 1881. le 6 janvier 1882. le 20 janvier 1882. le 24 février 1882. le 1" fév. 1882. le 14 mars 1882. le 5 mars 1882. le 11 mai 1882. le 28 avril 1882. . le 4 juin 1882. le 11 juin 1882. le 16 juillet 1882. le 25 juin 1882. le 11 août 1882. le 28 juillet 1882. 3" Pour le cheval n° 3. En novembre 1880, au repos. 10,159"'' Endécembrel880,aurepos. 10,622''',5 En janvier 1881, marche au pas 12,068-% 8 En fév. 1881, travail au pas. 19,092S'",8 En mars 1881, marche au trot 16,314-' En avril 1881 , lra\ail an trot 24,005^'' En mai 1881, au repos. . . 15,055»'' Enjuin 1881, travail au trot. 31,596"'" En juillet 1881, au repos. . En août 1881, au camion- nage. 23,262»'" 35,565»' \ maximum. / minimum. i maximum. ( minimum . \ maxinmm. / minimum. \ maximum. ( minimum . \ maximum. ( minimum . I maximum. l mininium . ( maximum. / minimum . j maximum. I minimum, i maximum. ( minimum. ( maximum. ) minimum . 13,519 gr. 4,369 gr. 13,767 gr. 8,254 gr. 15,168 gr. 6,971 gr. 22,574 gr. 15,474 gr. 19,353 gr. 13,073 gr. 31,069 gr. 19,339 gr. 18,295 gr. 10,895 gr. 39,628 gr. 18,878 gr. 33,863 gr. 15,453 gr. 54,939 gr. 24,889 gr. le 24 nov. 1880. le 26 nov. 1880. le 11 déc. 1880. le 30 déc. 1880. le 29 janvier 1881. le 19 janvier 1881. le 16 février 1881. le 20 février 1881. le 11 mars 1881. le 3 avril 1881. le 6 mai 1881. le 3 mai 1881. le 1" juin 1881. le 28 mai 1881. le 5 juillet 1881. le 18 juin 1881. le 16 juillet 1881. le 28 juillet 1881. le 9 août 1881. le 2 août 1881. 406 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. En septembre ISSI, au ca- mionnage 32,055''" En déc. 18S1, au repos . . 10,05dS'" En janv. 1882, au repos. . 9,796''' En février 1882, au repos . 9,694"'' En mars 1882, au repos. . 11,3S3«' Du 12 avril au 12 mai 1882, à la voiture 34,015^'' Du 13 mai au 12 juin 1882, à la voiture 36,389S'' Du 21 juin au ISjuilI. 1882, à la voiture 22,222='' Du 19 juillet au 12 août 1882, à la voiture . . . 22,53l"'' j maximum. 36,809 gr. I minimum . 2i,709 gr. \ maximum. 4,158 gr. (minimum. 16,418 gr. I maximum. 12,698 gr. ( minimum. 7,788 gr. \ maximum. 14,248 gr. ( minimum. 7,278 gr. \ maximum. 15,018 gr. ( minimum. 8,738 gr. j maximum. 59,933 gr. ( minimum. 15,972 gr. ( maximum. I minimum. \ maximum. ( minimum . \ maximum. ) minimum . 52,513 gr. 20,422 gr. 27,873 gr. 15,093 gr. 29,693 gr. 8,243 gr. 14 sept. 1881. 29 sept. 1881. 25 déc. 1881. 13 déc. 1881, 5 janvier 1882. 21 janvier 1882. !e 15 fév. 1882. e 24 fév. 1882. ;e 8 mars 1882. le 2 mars 1882. le 12 mai 1882. le 17 avril 1882. e 22 mai 1882. le 8 juin 1882. le 4 juillet 1882. le 2 juin 1882. le 31 juillet 1882. e 24 juillet 1882. La moyenne journalière d'eau consommée, par les 3 chevaux, dans les différentes conditions de repos, de marche ou de travail, est exprimée par les chiffres suivants : Repos lO^SS? — 100 Marche au pas 11 ,557 = 109.7 Marche au trot 15 ,542 = 147.5 Travail au pas 17 ,971 = 170.5 Travail au trot 22,280 = 211.5 Si l'on représente par 100 la quantité moyenne d'eau consommée par cheval et par jour au repos, les quantités d'eau bue dans les di- verses autres conditions et par jour sont à l'eau consommée au repos comme les nombres 109.7, 147.5, 170,5, 211.5. Les causes qui influent d'une façon extrêmement notable sur les quantités d'eau bue par les chevaux de service sont : le travail kilo- grammétrique produit, la température de l'atmosphère, l'état de mouvement, de repos. Les minima correspondent à l'état de repos en hiver; les maxima, aux mois de travail pendant l'été. Les poids maxima d'eau bue ont été de : 45\693 le 3 juillet 1882 pour le cheval n" 1. 40 ,629 le 4 août 1881 pour le cheval n° 2. et 59 ,933 le 12 mai 1882 pour le cheval n° 3. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT, 407 La moyenne mensuelle d'eau bue, pour les mois de travail et de repos, a été de : j maximum. 30,220 gr. du li juillet au 12 août 1882. ' (minimum. 7,829 gr. mars 1SS2. ^maximum. ;i0,31'i gr. août 1881. * I miiiiiiium. 10,700 gr. avril l,S8l. maximum. 36,389 gr. du 13 mai au 12 juin 1882. (minimum. 9,694 gr. lévrier 1882. Pour le cheval n" 1 . i'our le cheval n" 2 . Pour le cheval n" 3. /?. Eau éliminée par le rein. (Eau de l'urine.) Le poids de l'eau contenue dans l'urine a varié dans les proportions suivantes : 1° Pour le cheval n" 1. (maximum. 2,520'S'i le 14 nov. 1880. /ennov. 1880. . 2,1748%0 . . , .,^-Jni ^n yod« 1 ' ' (minimum. l,39o'î^7 le 19 nov. 1880. ' maximum. G,699-^3 le 20 janv. 1881. Au repos ( en ianv. 1881 . 3, 035°'', 7 { . . , „,„„. ^ , „„ . <„„. ' j "' . , , (minimum. 1,819^^5 le 29 janv, 1881. f , maximum. 3,6G98'',0 le 20 mars 1881. en mars 1881 . 2,76is'',4i .. oo.n.r-i on . ^oci ' (minimum. 2,240'^a le 25 mars 1881. A la marche au pas, en l maximum. 3, 690»'",9 le 1 1 février 1881. février 1881 3,004s'', 3 | minimum. 2, 516-', 3 le 16 février 1881. A la marche au trot, en ^maximum. 7,389=''",3 le 4 mai 1881. avril 1881 3,670""', 2 | minimum. 2, 388"%! le 30 avril 1881, Au travail au pas, en dé- ^ maxiiimm. 4,16.j'^ô le IJ déc. 1880. cemhrel880 3,690=°% 6 | minimum. 2,4848%4 le 7 déc. 1880. Au travail au trot, en mai (maximum. 5, 022°'", 7 le 2 juin 1881. 1881 3,403°'', 2 (minimum. 2, 684"'', 7 )e 22 mai 1881. 2° Pour le cheval n" 2. .„„„ „ .«„.„( maximum. en nov. 1880. . 2,8Ô6'%2 . . (minimum. ' .., ■ . . ,„„.„,„ \ maximum. Au repos (en lévrier ISS 1. 4,66I'%3 . . * ( minimum . -, .„^. „ «,.«„ \ maximum, en avril 18S1. . 3,932S'',3 . . ( minimum. A la marche au pas, en dé- ( maximum. cembre 1880 4,238-% 9 ( minimum. A la marche au trot, en mai ( maxiimiin. 1881 i,424s%7 I minimum. Au travail au pas, en jan- ^ maximum. vier 1881 3,666-'', 7 ( minimum. Au travail au trot, en mars \ maximum. 1881 3,599"'", 4 I minimum. 4,564s%4 le 10 nov. 1880. l,552-%9 le 21 nov. 1880. 7,5i6''",5 le 21 fév. 1881. 2,317s%9 le 28 fév. 1881. 5,620e%9 le 29 avril 1881. 2,657s%4 le 24 avril 1881. 6,496s%9 le 23 déc. 1880. 2,S61sf,l le 15 déc. 1880. 6,0i:.?M le 30 mai 1881. 3,0Ms%7 le is mai 1881. 5,29 1"%4 le 30 janv. 1881. 2,052«%0 le 7 janv. 1881. 4,940s%8 le 19 mars 1881. 2,272"%7 le 10 mars 1881. 408 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. 3° Pour le cheval n" 3. /en nov. 1880. . 4,616"%G . . l ' I minimum. 2,59 1»^7 . j- ^n^,/^ , «,^„. (maximum. 6,511^^4 Au repos ' en dec. 1880. . 4,349»^5 ' I minimum. 2,277»^8 • .oo. „ o^c. i maximum. S.SSSe^Q en mai 1881. . 0,880?', 5 . . ' ' (minimum. 3.913S'',1 A la marche au pas, en jan- ( niaximum. 7,447°'',C vier 1881 5, 796"%3 j minimum. 3,i3Ss^9 A la marche au trot, en mars ( maximum. G,6i0=^0 1S8I 5,215e'', 8 /minimum. 2,679''',3 Au travail au pas, en fé- (maximum. 9, 198''', 9 vrier 1881 6,860=% 8 | minimum. 5,002S%1 Au travail au trot, en avril \ maximum. 8,027»%0 1881 5,096«'', 3 I minimum. 3,I92S'^,0 le 19 nov. 1880. le 26 nov. 1880. le 12 déc. 1880. le 7 déc. 1880. le 23 mai 1881. le 19 mai 1881 le 12 janv. 1881. le 19 janv. 1881. le 22 mars 1881. le 20 mars 1881. le 14 février 1881. le 20 février 1881. le 6 mai 1881. le 17 avril 1881. C. Eau éliminée par l'intestin. {Eau des fèces.) L'eau contenue dans les fèces a donné les moyennes suivantes : Cheval n" 1 . . ^ ,„.„ l maximum. en nov. 1880. . 3,595S',8 . (minimum. i .... „^^„ , i maximum. Au repos (en janvier 1881. 3,308""^, 4 .. 1 (minimum. f .„„. j ,„^ (maximum. \en mars 1881 . 3,l94s%8 ( minimum. A la marche au pas, en fé- \ maximum. vrier 1881 3,874s'', 8 ( minimum. A la marche au trot, en avril ( maximum. 1881 4,02.i8'', 7 ( minimum. Au travail au pas, en dé- ( iiinxiiuum. cembre 1880 5,744*''', 8 ( minimum. Au travail au trot, en mai l maximum. 1881 6,617S'',3( minimum. Cheval n" 2. ' maximum. en nov. 1880. . 4,728"'', 2 Au repos/ en février 1881. 5,123°'", 5 ,en avril 1881. . 4,37SS'',5 minimum . maximum, minimum, maximum, minimum . 4,378?'' le 13 nov. 1880. 2,520S'" le 28 nov. 1880. 5,574»'' le 22 janv. 1881. 2,348S'' le 23 janv. 1881. 3,740?'' le 15 mars 1881. 2,537?'' le 22 mars 1881. 4,675?'' le 10 fév. 1881. 2,924?'' le 21 fév. 1881. 6, 729?'-, 7 le 14 avril 1881. 3,050si-,3 le 22 avril 1881. 6,386?'' le 25 déc. 1880. 4,635?'' le 13 déc. 1880. 10,265?'',5 le 2 juin 1881. 5,019?'',8 le 5 juin 1881. 5,705?'' le 30 nov. 1880. 3,534?'' le 18 nov. 1880. 6,411?'' le 17 février 1881. 4,17 7?'' le 16 février 1881. 5,426?%3 1e 15 avril 1881. 3,127?^,9 1e 6 mal 1881. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 409 A la marche au pas, on dii- ( iiiaxiiiiiiin. o.T.s.s-'' le 31 déc. isso. cenibre I8S0 'i,7ii''''', 1 | ininimuiii . 3,092"'" le G déc. 18.S0. A la niarciie au trot, en mai ( maxiinuiii. ô^^ll'^^O le 30 mai 1881. 1881 1,828'''% 3 (minimum. 'i,16'.)B%7 le 7 juin 1881. Au travail au pas, er) jan- \ maximum. 10,358-'' le iGjanv. 1881. vier 1881 7,8'JG'^'', 9 j minimum. 5,091?'" le 7 janv. 1881. Au travail au trot, en mars i maximum. 8,990»'" le 22 mars 1881. 1881 7,027''" Iminimum. 5,055''" le 23 mars 1 881. Cheval no 3. . , .„ A maximum, en nov. 1880. . S.iol'^'.i . . (minimum. Au repos (en déc. 1880. . 3,i828%9 ! "';'^""""'- f miiumum. • . o . ^ r„ A maximum, en mai 18S1 . . 3,708S'-,1 . . (minimum. A la marche au pas, en jan- ( maximum. vier 1881 3,881"'", 2 I minimum. A la marche au trot, en mars i maximum. 1881 i,257S'' I minimum. Au travail au pas, en février l maximum. 1881 G,21GS'",7 ( minimum. Au travail au trot, en avril \ maximum. 1881 CSOis--, 7 (minimum. 'i,393«'- 2,859"'" ■1,175?'" 2,090?'" 4, 9 59?'" 3,007?S5 4,778?-" 3,000?'" 5,925?'" 3,400?'" 7,578?'^ 4,837e'' 7,431?'", 3 5,334?% 4 le 21 nov. 1880. le 27 nov. 1880. le 11 déi:. 1880. le 29 déc. 1880. le K) mai 1881. le 4 juin 1881. le G janv. 1881. le 11 janv. 1881. le l^"" avril 1881. le IG mars 1881. le 13 mars 1881. le 1" mars 1881. le 20 avril 1881. le 10 avril 1881. C'est le cheval n" 2 qui a donné les fèces qui contenaient le plus d'eau ; c'est ce môme cheval qui a fourni le moins d'eau sous forme d'urine. D. Eau totale rendue. {Urine et fèces.) Sous cette rubrique, nous comprenons l'eau contenue dans l'urine et l'eau des fèces. Nous ne l'avons déterminée que pour la période allant du i" novembre 1880 au 7 juin 1881. Elle a été, par jour, en moyenne de : 1" Pour le cheval n° 1. en nov. 1880. Au repos (en janv. 1881. en mars 1881 5,770?% 4 G,3ii?M 5,950?% 2 \ maximum. ( minimum. i maximum. ( minimum . i maximum. / minimum. G,72i?%7 le 13 nov. 1880. 4. 730?'", 7 le 19 nov. 1880. 10,287?%3 le 20 janv. 1881. 4,733?%8 le 23 janv. 1881. 7,050?%2 le 20 mars 1881. 5,049?%Gle 14 mars 1881. 410 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. A la marche au pas, en fé- i maximum. S,009s^9 le 11 fév. 1S81. vrier 18SI 6, STOS"', 1 | minimum, ô.ogSs^O le M fév. 1881. A la marche au trot, en j maximum. 12, 068»'', 1 le 4 mai 1881. avril 1881 7,6958'', 9 | minimum. 6, 087»'', 2 le 30 avril 1881. Au travail au pas, en dé- ^maximum. 10,i23»^5 le 15 déc. 1880. cembre ISSO 9,4-ile'', 4 | minimum. 7, 31GS'', 4 le 7 déc. 1880. Au travail au trot, en mai (maximum. 15, 888»'', 2 le 2 juin 1881. ^881 10,080^'', 3 (minimum. 8,107S'',6 le 5 juin 1881. 2° Pour le cheval n° 2. maximum. Au repos < en fév. 1881. . I mmnnum . ' maximum. minimum . 'en nov. 1880. . 7,584»'', 4 9,7848'-, 8 en avril 1881. . 8,310»-, 8 S "^'''"^""'- (minmium. A la marche au pas, en dé- i maximum. cembre 1880 8,9838'',0 ( minimum. A la marche au trot, en mai l maximum. 1881 9,2528'',4| minimum. Au travail au pas, en jan- i maximum. vier 1881 1 1,563?'', 6 ( minimum. Au travail au trot, en mars \ maximum. 1881 10,G268'',0( minimum. 10,313»°'', 8 6,1798^,9 12,927»^G 7,610'%9 9,521»'', 5 7,2848^5 11, 047»'% 8 7,1908'-, 3 12,0238'' 8,0468'- 14, 1778'', 1 7,7468'-, 12,8818'' 8,5578'' le 13 nov. 1880. le 9 nov. 1880. le 12 fév. 1881. le 28 fév. 1881. le 5 mai 1881. le 24 avril 1881. le 31 déc. 1880. le 19 déc. 1880, le 30 mai 1881. le 19 mai 1881. le 10 janv. 1881. le 7 Janv. 1881. le 22 mars 1881. le 21 mars 1881. 3° Pour le cheval n" 3. i maximum, en nov. 1880. . 8,0688'', . . ( mmimum . , ,, , (maximum. Au repos /en déc. 1880. . 7,8328'', 4 . . ^ ( ininiiimm . l maximum, en mai 1881. . 10,5888%6 . . ( minimum . A la marche au pas, en jan- ( maximum. vier 1881 9,6778'-,5 I miniiiium. A la marche au trot, en mars ( maximum. 1881 9,4738%0| minimum. Au travail au pas, en février ( maximum. 1881 13,0778% 5 I minimum. Au travail au trot, en avril ( maxiiiiuiii. 1881 ll,4018'-,o| minimum. 10,0288% 2 6,4228'-, 7 10,586»"', 4 6,2728'', 8 13,4778% 7 7,6958% 3 12,7018'-, 5 7,529"% 9 11,5148'- 7,1638'- 16,2308%9 10,0048% 3 13,8448% 9 8,59I8%4 le 21 nov. 1880. le 20 nov. 1880. le 12 déc. 1880. le 7 déc. 1880. le 16 mai 1881. le 19 mai 1881. le 10 janv. 1881. le 19 janv. 1881, le l'"- avril 1881. le 13 mars 1881. le 14 fév. 1881. le 1^'- mars 1881. le mai 1881. le 16 avril 1881. La quantité moyenne journalière d'eau expulsée par le rein et par l'intestin, rapportée aux 3 chevaux dans les différentes conditions de ALIMENTATION nil CHEVAL DE TRAIT. ' 411 repos, de marche ou de travail est repi'csentce par les chiffres sui- vants : Repos 7'',80i, soit 7 i. OC p. 100 de l'eau consommée. Marche au pas .S ,.")13 — 7^.(56 — — Marche au trot .... 8 ,S07 — .")i.77 — — Ti^vail au pas 11,301 —63.22 — — Travail au trot 10,702 — iS.03 — — Le taux centésimal minimum de l'eau expulsée par le rein et par l'intestin correspond au travail au trot, le taux maximum à la pé- riode de repos. L'état de marche, de repos, de travail et de mou- vement et la température de l'atmosphère sont autant de facteurs qui influent notahlement sur la quantité d'eau rendue, comme nous les avons vu influencer la consommation de l'eau par nos che- vaux. E. Eau expirée et perspirée. {Voies pulmonaire et cutanée.) Le rein et l'intestin ne sont pas les seules voies d'élimination de l'eau consommée par un animal. L'air ex{)iré sort des poumons sa- turé de vapeur d'eau ; de jjIus, la transpiration et la perspiration (transpiration inscnsihle) de la peau entraînent une perte incessante d'eau. Lorsqu'un animal, sous l'influence d'une ahmentation plus que suffisante pour couvrir les pertes journalières de l'organisme, aug- mente de poids par suite de formation de chair, une partie de l'eau bue est fixée par les tissus nouveaux. Dans le cours de nos expérien- ces, l'augmentation de poids des chevaux a été nulle ou très faible, et comme elles embrassent toutes une période de 30 jours au moins, nous croyons pouvoir négliger complètement au point de vue de la statique de l'eau, les légères variations de poids consta- tées. Il résulte de là que l'on peut considérer comme ayant été éliminés par les poumons et par la peau, les quantités d'eau formant la diffé- rence entre les poids d'eau consommés et les poids du môme licfuide contenus dans l'urine et dans les fèces. Les quantités moyennes éliminées par jour, par nos chevaux, sous ■^^^ ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. forme de vapeur d'eau (voies pulmonaire et cutanée), sont les sui- vantes ' : 1» Pour le chei'al «» 1. ennov. ISSO. . 2,80 1=-, 5 h'"™""'- ( minimum . Au repos { en janv. 1881 . 1 ,445?'', 6 \ ™'^^'""^™- ( minimum . ,en mars 1881 . 2,UG"^^ j, i maximum. ' ( minimum . A la marche au pas, en fé- j maximum. vi'ier 1881 2, see""--, 1 ) minimum. A la marche au trot, en avril \ maximum. 1881 6,863«'-,l I minimum. Au travail au pas, en déc. j maximum. 1880 7,557S'-, 3 I minimum. Au travail au trot, en mai ( maximum. 1881 13,36GS'-,2( minimum. 5,8GG?'",7 le l.j nov. 1S80. 41G-'-^3 le 8 nov. 1880. 4,791»^9 le 10 janv. 1881. 346°'^ le 31 janv. 1881. 6,li7S'-,G le 18 mars 1S81. 69°^4 le 5 avril 1881. 6,909S'',0 le 3 mars 1881. 191"^4 le 12 fév. 1881. 12,675S'-,8 le 30 avril 1881. 2,161"^8 le 14 avril 1881. 16,.j.i.i'^3 le 12 déc. 1880. 2,5Sls'-,5 le 30 déc. 1880. 24,261'^4 le 5 juin 1881. 8,29iS'-,5 le 28 mai 1881. 2° Pour le cheval h° 2. ennov. 1880. . 3,480^S0 S ™'''"'"'"- ( minimum. Au repos.{cn fév. 1881. . 2,589'^ . j maximum. ' ( minimum . en avril 1881.. 2,389=-,=' * ""'"""™- / minimum . A la marche au pas, en dé- \ maximum. cembre 1880 4, S75s%6 ( minimum. A la marche au trot, en mai ^ maximum. 1881 6,502='", 6 I minimum. Au travail au pas, en jan- \ maximum. vier 1881 6,256'"'-, 7 | minimum. Au travail au trot, en mars ( maximum. 1881 8,783'^'-, oj minimum. 7,07ls^0 !e 479s^.J le 5,391?^2 le 537'^l le 8,779'^3 le l,332"^3 le 6,909"%8 le 831SS5 le 12,918ï^3 le 2,493"^l le 9,193''",9 le 2,G85='',i le 14,0SGS'' le Ô,38SS'- le 15 nov. 1880. 20 nov. 1880. 13 fév. 1881. 24 fév. 1881. 21 avril 1881. 7 mai 1881. 16 déc. 1880. 7 déc. 1880. 4 juin 1881. G juin 1881. 8 janv. 1881. 25 janv. 1881. 14 mars 1881. 4 avril 1881. 1. Il importe aussi de remarquer que la quantité d'eau rendue en un jour a été quelquefois supérieure au poids d'eau consommée; dans ces cas peu nombreux, du reste, et qui peuvent être considérés comme accidentels, les tissus organiques du cheval ont fourni le déficit. Ces cas se sont présentés pour le cheval n" 1 : les 2, 3, 14, 20 et 30 novembre 1880, les 2, 9, 20, 22 janvier 1881, pendant le repos, les 14, 22, 24, 27 février, 2, 7, 12 mars et 3 avril 1881 ; pour le cheval n» 2 : les 1" et 19 novembre 1880, 1, 12 et 27 février 1881, 6, 18, 20, 2i, 27 avril, l" mai 1881 ; pour le cheval n" 3 : les !«■•, 2, 19, 20, 2G novembre, 1", 8 décembre 1880, 19 et 28 janvier, 16 mai 1881. Ces dates correspondent aux jours dans lesquels les che- vaux ont bu les poids minima d'eau. ALIMENTATION DU CHEVAL DK TUAIT. 413 en nov. ISSO. . 2,0918^0 , . ( miiiiiiiiiiii . .>,JO'''^.S le 21 nov. ISSO Au repos /on dcc. 18.S0. . l?,790"^ 1 ^ ' / niinimiini. 1 10'%G le 12 déc. 1.S80. 3" Pour le cherul n" ;j. \ maximum. 5,G.Jô8r_3 [g 24 nov. 1880. miiiiiiiiiiii . .>.J0'''^8 le 21 nov. 1880. iiKixiiiiiuii. ."), 87. ■)"■',.■) le 13 déc. 1880. minimum. 110'%G le 12 déc. 1880 . , , , , \ maxiiiiiHii. 7,08G''',8 le .j juin 1S81. LMi mai IS8I . . 4/^G7«^0 . . . ' (minimum. 2C0i;^9 le 28 mai 1881. A la nuirclie au pas, enjan- \ maximum. i,7S.jS'",8 le 2'J janv. 1881. vier 18S1 2,391''", 3 | minimum . 270-'V-' le ;î(» janv, 1881. A la marche au (rot, en mars ^ maximum. 8, 821''", le !."> mars 1881. 1S81 G,838"'^o'/ minimum. 4,'i8.j8'",0 le 29 mars 1881. Au travail au pas, en (é- \ maximum. 8,Sji"'",9 le IG fév. ISSl. vrior ISSl G.Gl,"."''. 3 ( minimum . 3,0:)0-'",9 le 28 fév. 18S1 . Au travail au trot, en avril ^maximum. 17,22i^^l le G mai issl. 1881 12,604«'",0'j minimum. 7,372S',7 le 3 mai 1881. Les écarts que présentent ces nombres sont parfois considérables; il est toutefois aisé de se rendre compte de ces dilTérences, si l'on reniaiTjiie ({u'elles dépendent de deux facteurs éminemment varia- bles : la cpiantité d'eau bue et le poids de l'urine excrétée. 11 ne pourrait y avoir quelque constance dans ces nombres qu'au- tant (pie ranimai aurait bu à peu près le môme volume d'eau cbaque jour et rendu exactement l'excès de l'eau qui n'a pas été vapoiisée. Mais ces irrégularités disparaissent si, après une expérience sulli.^am- ment prolongée, on ne tient compte que des moyennes. L'eau provenant des tissus organiques, qui a été éliminée dans les quelques cas que nous avons cités, peut quelquefois atteindre un poids notable. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, le cheval n" 1 aurait perdu de cette façon 8,74.0 grammes le 22 janvier. On se rap- pelle que cet accident physiologique a été occasionné par une frayeur. Cette perte et celle îles 15, '16 et 17 mars 1882 suffisent ample- ment pour donner mie idée de relVet que peuvenf produire des in- fluences fâcheuses sur l'état psychique du cheval. De l'examen de ces nombres, il ressort que, pour un même tra- vail kilogrammétrique, le mode de mouvement suivant leipiel ce tra- vail est produit exerce une notable influence sur le poids d'eau pers- pirée. Ainsi, on voit que pour les trois chevaux, pendant la marche au trot ou le travail au trot, la quantité d'eau perspirée a été cons- 414 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. tarament supérieure à celle trouvée pour la marche au pas ou le tra- vail au pas. Celte différence est très importante à constater ; nous y reviendrons plus loin lorsque nous nous occuperons de la relation qui lie les éléments de nos rations au travail kilogrammétrique pro- duit et à la constance du poids du cheval. Le tableau suivant résume, pour les trois chevaux en expériences, les quantités d'eau bue, rendue par l'urine et par les fèces, expirée etperspirée, par jour et par cheval : _ Eau rendue par Pour cent Eau expirée Pour cent „, „ . l'urine de l'eau. et de l'eau consommée. ^ i ^a • ■ i et les fèces. consommée. perspirée. cousommee. llepos 10S537 7^804 7i.06 2\733 25.94 Marche au pas. 11 ,557 S ,513 73. G6 3 ,014 26.34 Marche au trot. 15,542 8,807 54.77 7,735 45.23 Travail au pas. 17 ,971 11 ,361 63.22 6 ,610 36.78 Travail au trot. 22,280 10,702 48.03- 11,578 51.97 Dans le travail au trot, plus de moitié de l'eau consommée est expulsée du corps par les voies pulmonaire et cutanée, tandis que le quart seulement de l'eau bue est éliminé par les mêmes voies, dans l'état de repos. II. Statique de l'azote. Absolument indispensables dans l'alimentation de tous les animaux, les substances azotées y remplissent des fonctions sur lesquelles, malgré les nombreux travaux pubhés jusqu'à ce jour, les physiolo- gistes ne sont pas encore d'accord. Les uns, en effet, considèrent les matières protéiques comme la source exclusive de la force muscu- laire, tandis que d'autres ne veulent y voir que les éléments répara- teurs de V instrument qui transmet et métamorphose la force sans la produire, c'est-à-dire du muscle, et attribuent l'origine de la force, du mouvement ou de la chaleur, ce (jui est tout un, aux principes hydrocarbonés des aliments (amidon, matières grasses, sucre, etc.). Suivant la solution définitive (jue l'expérience, seule juge irrécusa- ble, donnera à cette question, la ration de travail devra contenir des quantités très différentes, pour ainsi dire inversement propor- tionnelles, de principes azotés ou de principes hydrocarbonés. L'im- ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 415 portance pratique et économique de cette solution, alors qu'il s'agit d'une cavalerie de plus de 10,000 chevaux de service, ne sau- rait échapper à l'ohservatour le plus superficiel. Les suhstan- ces azotées, dans les fourrages, se payant un prix beaucoup plus élevé, quintuple ou sextuple, du prix de l'amidon et de ses congé- nères, ti'iplc de celui des matières grasses, on voit, par là, l'intérêt capital que présente, pour la Couq)agnie générale, l'étude du rôle de la matière azotée dans la production du travail utile du cheval. La substance protéi(jue doit-elle être définitivement considérée comme la source de la force musculaire ? il faut nécessairement la faire en- trer en très large proportion dans la ration du travail ; est-ce au con- traire, le carbone, l'hydrogène des aliments qui, par leur oxydation et par leurs transformations dans la nutrition engendrent la force et le mouvement et couvrent les pertes résultant du /raya//. ^ ce sont les matériaux carbonés et hydrogénés dont il faudra accroître la quantité dans la ration, proportionnellement au travail réclamé de l'animal. Le prix de revient de la ration variera notablement sui- vant la réponse que l'expérience donnera à l'une ou l'autre de ces hypothèses. La solution rigoureuse de ce problème fondamental est entourée de grandes difficultés dont il nous faut dire quelques mots. L'azote de l'air n'intervenant directement en rien dans les phénomènes de la nutrition des animaux, pas plus que dans la nutrition des plantes, c'est dans les matières azotées des aliments seules que l'animal puise l'azote de ses tissus. L'organisme, en voie de transformation incessante, détruit les substances azotées des aUments, en produit, à l'aide de leurs éléments, de nouvelles qui se dédoublent et se dé- truisent à leur tour, et finalement l'azote qui ne sert plus au fonc- tionnement des organes s'éhmine du sang par un appareil spécial, le rein et ses annexes \ On peut donc trouver, dans la (juantité d'azote éliminée chaque jour j)ar l'urine du corps d'un animal, la mesure exacte de l'utili- sation de l'azote chez cet animal, c'est-à-dire l'indication précise du 1. L'azote des fèces n'entre pas en ligne de compte dans ces transformations; il est éliminé, par défaut d'assimilation, sans avoir été utilisé par l'organisme. 416 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. poids d'azote mis en jeu sous l'influence de la vie par les phéno- mènes complexes dont l'ensemble constitue l'acte de la nutrition. Pour qu'il en soit ainsi, il faut préalablement rpie l'expérience éta- blisse si la totalité de l'azote est éliminée par le rein et s'il n'en est point rejeté dans l'atmosphère à l'état d'azote gazeux ou sous d'au- tres formes par les voies pulmonaire et cutanée. La première opi- nion, celle d'après laquelle tout l'azote qui a servi à l'organisme est rejeté au dehors dans l'urine sans qu'il y ait élimination d'azote par le poumon, est admise presque universellement par les physio- logistes, et Lavoisier déjà l'avait exprimée en disant : « Il n'y a ni dégagement ni absorption d'azote pendant la respiration'. » Cette manière de voir ne rencontre plus que de rares contradicteurs et nous verrons plus loin qu'elle semble confirmée à nouveau par nos expériences de longue durée snr la statique de l'azote chez le che- val. Ce n'est point le lieu d'entrer dans la discussion de cette ques- tion et d'exposer les expériences sur lesquelles reposent l'opinion généralement admise à ce sujet : nous y reviendrons plus tard. L'intérêt qui s'attache à la détermination exacte du rôle de l'azote dans l'alimentation, les conséquences économiques qui découlent d'une étude de ce genre nous ont conduit à ne reculer devant aucun labeur pour conduire à bien cette partie de nos expériences. Nous ne nous sommes laissé décourager ni par les difficultés que présente la récolte de l'urine durant des mois chez des chevaux au repos, à la marche ou au travail, pas plus que par le nombre énorme des do- sages d'azote sous ses diverses formes auxquels il fallait procéder durant ces expériences de longue haleine, sans aucune interruption. Nous pensons que les résultats obtenus, si imparfaits qu'ils puis- sent paraître encore, ont une importance réelle à raison des con- ditions, absolument comparables entre elles pour les divers états (travail, repos, marche), dans lesquelles ils ont été constatés et que, tels qu'ils sont, ils conduisent à des applications pratiques dont la va- 1. Lavoisier et Séguin, Œuvres complètes, t. II, p. 694. 1789. Les expériences de Lavoisier et Séguin ont montré, il y a près d'un siècle déjà, que les phénomènes de la vie animale se continuent dans une atmospiière oxygénée dont Tazote est remplacé par l'hydrogène. (V. Lavoisier, Œuvres complètes, t. II.) ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. ' 417 loiir nous dédommage des longueurs parfois fastidieuses de sembla- bles rechercbes. Nous nous sommes efforcés de déterminer aussi complètement que possible les produits de désassimilalion des substances azotées cliez le cbeval. Nos dosages ont porté : 1° sur l'azote total de l'u- rine ; 2" sur l'urée ; 3" sur l'acide bippurique ; 4." sur la créatinine dont aucun expérimentateur ne paraît s'être préoccupé avant nous chez les animaux de service. Malgré toutes les précautions dont nous nous sommes entourés et par suite de l'imperfection des métbodes de dosage de l'acide bippurique et de la créatinine, nos dosages ont incontestablement donné, pour ces deux composés en particulier, des chiffres trop bas. Nous n'avons pas la prétention d'avoir atteint une exactitude absolue dans ces déterminations. La limite des erreurs peut atteindre '/^o peut-être pour le dosage de l'azote de certains produits. Mais il ne faut pas perdre de vue que le point capital, dans des expériences du genre de celles que nous avons entreprises pour résoudre les problèmes que le Conseil nous avait donné mission d'é- tudier, est d'opérer dans des conditions identiques, par les mêmes métbodes, de façon à rendre les résaltats comparables entre eux ; nous ne nous sommes jamais départis de cette règle, aussi nous croyons-nous autorisés à tirer de ces expériences comparatives des conclusions rigoureuses, malgré l'imperfection de quelques-uns des procédés de dosage que nous avons employés, faute de mieux. Nous allons maintenant, après ces réflexions préliminaires qui nous ont semblé indispensables, examiner, dans l'ordre suivant, les divers points sur lesquels ont porté nos études de la statique de l'azote. 1. Variations du poids d'urée, d'acide bippurique et de créatinine éliminés par jour par chacun de nos trois chevaux, à l'état de repos, de marche, ou de travail au pas et au trot. 2. Variation du poids d'azote total éliminé par le rein et par l'in- testin (urine et fèces) dans les mûmes conditions diverses. 3. Utilisation des matières azotées pour la production du travail. 4. Causes des déficits entre les poids d'azote consommé dans les fourrages et retrouvé dans l'urine et dans les fèces. 5. Variations dans le taux de chlore, d'acide sulfuriquo et d'a- ANN. SCIENCE AlillON. 27 418 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. cide pbosphorique éliminés par l'urine, au repos, à la marche et au travail. Dans les tableaux qui vont suivre, nous n'indiquerons, pour éviter les longueurs et suivant les points de vue auxquels nous nous place- rons, que les principes immédiats azotés de l'urine ou que leurs taux d'azote. Nous rappelons que l'urée correspondant à un poids d'azote s'ob- tient en multipliant ce poids d'azote par ^jii:^?; la créatinine cor- respondant à un poids d'azote s'obtient en multipliant ce poids d'azote par 2,690 ; l'acide hippurique correspondant à un poids d'a- zote s'obtient en multipliant ce poids d'azote par 12,7877. 1° Urée. Cheval n" 1, ennovenib. 1880. 108S'',28 \ maximum. ( minimum . i maximum. Au repos Un janvier 1881. 117°%75 .. *^ j ' ( minimum . f , , , i maximum, en mars 1881. . 12ls'-,0 . . ( minimum . A la marche au pas, en fé- (maximum. vrier 1881 133S"", 56 | minimum. A la marche au trot, en (maximum. avril 1881 140"'', 53 | minimum . Au travail au pas, en décem- \ maximum. bre 1880 ITO'', 4 (minimum. Au travail au trot , en mai \ maximum. 1881 163S'', 43 (minimum. 120?'', 32 le 17 nov. 1880. 85S%88 le 8 nov. 1880. 142S'-,23 le 25 janvier 1881. 69S'-,75 le 29 janvier 1881. UQs^eo le 4 avril 1S81. 102sr,36 le 25 mars 1881. 176»'',66 le 2 mars 1881. ]04S'-,26 le 7 février 1881. 159'^ 54 le 29 avril 1881. 125§'-,44 le 28 avril 1881. 19GS^83 le 14 déc. 1880. 135^^48 le 7 déc. 1880. 209Sf,172 le 6 juin 1881. 137='',99 le 22 mai 1881. Cheval n° 2. ennovemb. 1880. 81S'",29 Au repos < en février 1881. en avril 1881. . A la marche au pas, en dé- cembre 1880 A la marche au trot, en mai 1881 maximum, minimum . „ç„r i maximum. 107»% 97 minimum . maximum. minimum. l maximum. llôs"", 75 ( minimum. \ maximum. 120S'",G5| minimum. 101»% 29 le 47»% 35 le ll(is%32 le 52s%70 le 122»% 75 le 80»% 01 le 143?% 84 le 90?% 39 le 13i»%62 le 94»°% 86 le 5 nov. 1880. 24 nov. 1880, 16 février 1881. 14 février 1881. 27 avril 1881, 19 avril 1881, 8 déc. 1880. 31 déc. 1880. 27 mai 1881, 25 mai 1881. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT, 419 Au travail au pas, en jan- vier 1881 Au travail au trot, en mars 1S81 en novemb. 1880. Au repos mars 1881. 137S%34 (minimum. 115S'',2l le 21 mars 1881. Cheval m» 3. 113»%C9 108e'', 94 119î'',G3 ' maximum. minimum. maximum. minimum . maximum. minimum . j maximum. 121°'', 17 I minimum . \ maximum. 127S'',02 \ minimum. j maximum. 15G°'",4i ( minimum. l maximum. 1G7"'",92 I minimum. 141?', 39 83«%G0 123'^ 4 S 8.3S'-,<)9 1348'', 52 103S',33 153K'',S7 98?'', 00 1Ô0°"%70 97''', 3G 188S'',73 89"''', 37 189"'', 20 1338'', 94 le IG nov. 1880. le 2G nov. 1880. le 6 (léc. 1880. le 7 déc. 1880. le 18 mal 1881. le 29 mai 1881. le 28 janvier 1881. le 22 janvier 1881. le 14 mars 18S1. le 20 mars 18sl. le 17 février 1881. le 7 février 1881. le G mai 1881. le 12 avril 1881. 2° Acide mrpuRiQUE. Cheval n° 1. en novemb. 1880. Au repos /en janvier 1881. en mars 1881. . A la marche au pas, en fé- vrier 1881 A la marche au trot, en avril 1881 Au travail au pas, en décem- bre 1880 Au travail au trot, en mai 1881 en novemb. 1880. Au repos { en février 1881. 98^96 maximum, minimum. l maximum. 12S'-,28 . . ( minimum . maximum. ' " t minimum . maximum. 1 18'",32 ( minimum. i maximiiiii. 1 48'', 09 I minimum . \ mavimum. lôer,.iy ( minimum. j maximum. 188'', 84 ( minimum. Cheval n° 2. en avril 1881. 108'-, 87 9S%91 138^08 \ maximum. \ minimum. \ maximum. ( minimum. \ maximum. minimum . 178'', 77 le 9 nov. 1880. 68'',54 le 10 nov. 1880. 288'-, 39 le 23 janv. ISSl. 78'-, 03 le 29 janv. 1881. 308'', 43 le 11 mars 1881. 68'', 41 le 15 mars 1881. 308% 40 le 2 mars 1881. 48r,yG le 27 février 1881. 238'-, 02 le 18 avril 1S81. 78'', 97 le 29 avril 1881. 318'-, 59 le 31 déc. 1880. 8e'", 31 le 12 déc. IsSO. 338'", 52 le G juin 1881. G8'',34 le 3 juin ISSl. 17e'',52 le G nov. 1880. 58^,88 le 29 nov. 1880. 16e'',75 le 10 février 1881. 58'', 50 le 6 février 1881. 316'', 41 le 18 avril 1881. 78'', 85 le 13 avril 1881. 420 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. A la marche au pas, en dé- (maximum. 21"'', 74 le 15 déc. ISSO. cembreISSO 13»% 21 | minimum. 8»% 82 le 14 déc. 1880. A la m.irclie au trot, en mai \ maximum. 16"'', 00 le 13 mai 1881. ISSI 10s%42 I minimum. 7^'', 42 le 28 mai 1881. Au travail au pas, en janvier j maximum. 38»% 36 le 13 janv. 1881, 1881 1 T"'', 50 I minimum. 4»'',48 le 7 janv. 1881. Au travail au trot, en mars (maximum. 24s'', 62 le H mars 1881, 1881 15S'', 14 I minimum. 9s% 17 le 16 mars 1881. Cheval n" 3. 1 en novemb. 1880. \ l maximum. 9"% 38 . . ( minmium . 16'"% 24 5-% 12 Au repos ', en déccmb. 1880. i maximum. ' " ( minimum . 17B%14 6"% 78 ' en mai 18S1 . . (maximum. 11"% 93 . . ( minimum . 16s%09 88% 34 A la marche au pas, en jan- \ maximum. 16"'% ,54 vier 1881 11"% 38 1 minimum. 6""% 3 6 A la marche au trot, en mars ( maximum. 29"'% 50 ISSl 1 is%7i ( minimum. 7S%84 Au travail au pas, en février l maximum. 21"% 76 1881 12"%21 ( minimum. S?%74 Au travail au trot, on avril ( maximum. 31"%69 1881 16"% 84 ) minimum. 8""% 68 le 7 nov. isSO. le 26 nov. 1880. le 17 déc. 1880. Ies7,25,30déc. 1880. le 23 mai 1881. le 6 juin 1881. le 30 janv. 1881. le 14 janv 1881. le 2 avril 1881. le pr avril 1881. le 13 février 188 (. le 21 février 1881. le 24 avril 1881. le 17 avril 1881. 3° Créatini^e. Cheval n" 1. en novemb. 1880. Au repos 6t, d'autre part, à la présence, en quantité variable, des corps énumérés ci-dessus et que nous n'avons pu doser séparément. Quoi qu'il en soit, le dosage direct de l'azote total a donné les ré- sultats moyens suivants : tion : peut-être y a-t-il là une corrélation entre cette diminution et réliminntion exagérée de Tacide hippurique beaucoup plus riche en carbone et beaucoup plus pauvre en azote que Purée. 424 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Cheval 71° 1 . /en novemb. 1880. ô9^-,23 j "i^^™"'"- «'""M^ 1« ^ «"^'- IS^O- l (rainiimini. ôl»'',OG le 30 nov. 1880. Au repos !en janvier 1881. . C3e-,088 \ "'^^'"^""^- ''"'''^ "^ ~' J'^"^''^'" ^^''^- /minimum. •lO'^07 le 29 janvier 1881. en mars 1881. . . 64^^G7G ^ ™''^^""""'- ^'^'^'•^^'^ '« ^^ '^^^''^ ^^'^^ (minimum. ai''', 924 le 25 mars 1881. A la marche au pas, en le- (maximum. 9G'^G4 le 2 mars 1881. vrier 1881 7.^?^044 | minimum . G0"^83 le 1 G février 1881. A la marche au trot, en avril (maximum. 86'%258 le 3 mai 1881. 1881 72"'", 741 (minimum. 62S^907 le 30 avril 1881. Au travail au pas, en décembre (maximum. 103»%ô7 le 14 déc. 1880. 1880 92='',289( minimum. 70S'-,26 le 7 déc. 1880. . . -, . . -.oo. „-.^r , ->^ ( f"''>>^i"'""i- 99'^443 le G juin 1881. Au travail au trot, en mai 1881. 82»^430 ' (minimum. 67S'-, 995 le 22 mai 1881. Cheval n" 2. 1 ^oor^ //.-r-n (maximum. G0S^36 le 23 nov. 1880, en novemb. 1880. 44=^o0 . . ^ /„^ . (minimum. 31=^,22 le 23 nov. 1880. / ,. . ,,-.0^ -oor /o i maximum. G5'"%88 le 12 février 1881. Au repos { en février 1881. .■ o3S',48 l . . , ^ (minimum. 37"^09 le 3 mars 1881. ., ,„„, ^^^^ ^,„ (maximum. 65°', 051 le 18 avril 1881. En avril 1881 . . 56°^042 . . , ' , , (minimum. 45"^047 le 17 avril 1881. A la marche au pas, en déc. j maximum. 7G''",91 le 8 déc. 1880. 1881 G3»%74 (minimum. 5?s'',82 le 27 déc. 1880. A la marche au trot, en mai (maximum. GG"'',213 le 3 juin 1881. 1881 603%258| minimum. 42=^436 le 25 mai 1881. Au travail au pas, en janvier (maximum. 89?'', 61 le 21 janvier 1881. 1881 G8S'',92 (minimum. 44'^70 le 7 janvier 1881. Au travail au trut, en mars (maximum. 8G'^2I8 le 2 avril 1881. 1881 74'%319 (minimum. 64»^5G6 le 30 mars 1881. Cheval n" 3. ^ ^ ^ ^^„,. ^ (maximum. 75'^90 le IG nov. 1880. , en novemb. ISSO. G0=^G3 . . ,. , 1 (minimum. 4.dS^67 le 2G nov. 1880. , ' ,. . .n.r. .<.r ^r^ (niaximum. G7'%9G le 6 déc. 1880. Au repos < en decenib. ISSO. Gis%29 • . . ,,/,,„,. (minimum. 44'^14 le 7 déc. 1880. „^ (maximum. 79''^297 le P-'juin 1881. en mai 1881. . . 59S'-,931 . . ,^'^ „, „ ^ .^ (minimum. 4S=%7G3 le 29 mai 1881. A la marche au pas, en janvier ( maximum. 82''', 18 le 30 janvier 1884. 1881.. 68'', 53 (minimum. 5U'',1G le 14 janvier 1881. A la marclie au trot, en mars (maximum. 76''', 153 le 14 mars 1881. 1881 6G='",198) minimum. 52'', 574 le 20 mars 1881. Au travail au pas, en février l maximum. 107''',95 le 12 février 1881. 1881 915',898( minimum. 77'', 9g le 28 février 1881. Au travail au trot, en avril (maximum. 9oS'",,siG le 3 nui 1S81. 1881 85«',52G (minimum. 75S',58G le 21 avril 1881. ALIMICNTATION DU GHRVAL Dli TUAIT. 425 Les icsullals dumics pai' le clicval ii" ''l suiiL iiiréricurs à ceux four- nis par les chevaux n" i et ii" ."î. Ils concordent, comme l'on devait s'y attendre, avec les coenicients de digestibilité de la matière azotée qui, pour ce cheval, sont inférieurs à ceux des chevaux n° 1 et n" 3. Si l'on rajjproche ces chilïres moyens des variations du poids des chevaux pendant les mois correspondants, l'on trouve ([ue : Pendant le repos, lorsqu'il y a eu augmentation de poids du che- val, le poids de l'azote do l'urine a diminué, et inversement. Ainsi, le cheval n" 1, qui est passé de 4i^8'',5 le 3 novembre à 438 kilogr. le ^9 novembre 1880, n'a d'onné, en moyenne journalière, que 58°'', 44 d'azote dans l'urine, tandis qu'en 1881, en passant de 437^5 le i" janvier 1881, à 434'',5 le 31 janvier, le poids de l'azote rendu a été de 65^'',088 et qu'en mars 1881, en passant de 435 kilogr. le i3 à 437'', 6 le 5 avril, lo poids de l'azote rendu a été de 64''',676. 11 est donc manifeste qu'à la formation de chair et, par suite, à l'augmentation de poids du cheval, sont liées les variations de poids de l'azote total contenu dans l'urine. Cela se montre par- ticulièrement pour le cheval n" i , dans l'expérience du mois d^ janvier, que nous pouvons scinder en deux parties bien distinctes : la première va du 6 au 21 janvier, elle est antérieure à la frayeur éprouvée par le cheval, le 22 janvier. Dans cette période, le poids moyen de l'azote contenu dans l'urine était de 66"'',73 par jour et il y avait formation de chair. La deuxième partie va du 22 au 31 jan- vier; elle est postérieure à la crainte du cheval ; l'azote rendu dans l'urine n'est plus, en moyenne, que de 62"',45 par jour, soit, avec la première période, une différence de 4^'',28 d'azote par jour qui, sans doute, a servi à reconstituer les tissus usés le 22 janvier et permet d'expliquer partiellement l'accroissement rapide du poids du cheval du 22 au 31 janvier. Nous disons partiellement, car l'augmentation de poids du 22 au 31 janvier est surtout due à une fixation d'eau par l'organisme. En effet, en supposant que les 00°', 73 d'azote émis par jour dans les urines correspondent exactement à l'entretien du che- val, les 4^'',28 d'azote seraient considérés comme fixés par jour dans les tissus sous forme de chair. A défaut d'expériences sur le cheval, supposons qu'il y a idenlité chez le cheval et chez le bœuf dans l'ac- croissement total du poids de l'animal, dans le cas de formation de 426 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. chair. Or, Henneberg a trouvé que, chez le bœuf, pour 85 grammes d'azote assimilé, il y avait une augmentation de poids vif de 1,035 grammes. En appliquant cette proportionnalité à notre cheval, nous aurions donc, du 22 au 31 janvier, un accroissement de poids vif de : 4,28 X 10 X 1,035 = 1,265 grammes. Ainsi, les tissus du cheval n° 1 n'auraient augmenté, du fait des matières azotées, que de 1,265 grammes et cependant son poids vif s'est accru de 11"', 005 grammes. Nous avions donc bien raison d'in- sister sur ce point, que c'est à la perte d'eau qu'était surtout due la diminution du poids . On voit aussi, par les mêmes considérations, que la chute du 8 au 20 avril 1881, lorsque le cheval est à la marche au trot, est due surtout à une perte d'eau et non de muscles. En effet, l'azote contenu dans l'urine du 12 au 20 est, en moyenne, de 72s%757 par jour et du 21 avril au 7 mai de 72s'', 733. Mais pendant la marche comme pendant le repos, le plus grand accroissement de poids correspond à la plus faible quantité d'azote dans l'urine. Pendant le travail, les mêmes faits se reproduisent. Mais il faut re- marquer aussi que le coefficient de digestibihté delà matière azotée, qui était de 73.70 p. 100 dans le travail au pas, tombe à 65.61 dans le travail au trot : la diminution de l'azote dans l'urine, par rapport au travail au pas, n'implique donc pas une formation de chair cor- respondant à cette diminution. Enfin, il y aurait bien lieu d'envisager si la différence dans le travail kilogrammétrique produit n'a pas une influence quelconque : nous examinerons ce point dans notre discus- sion sur la production du travail. En ce qui concerne le cheval n''2, les mêmes phénomènes ne s'ob- servent bien que pour le travail. Pendant le repos et la marche, il y a quelques irrégularités que semblent expliquer les observations suivantes : le cheval ii° 2 a constamment donné des fèces très char- gées d'eau. Au début, pendant le mois de novembre, il est arrivé quelquefois qu'un peu d'urine s'y est trouvé mêlée accidentellement, et c'est ce qui rend compte de la proportion relativement faible d'a- zote dosé dans l'urine. Mais à partir de décembre on s'est arrangé de façon à rendre tout mélange impossible, et du 1"" décembre au 7 juin, les fèces n'ont plus été chargées d'urine ; malgré cela, les ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 427 fèces du cheval n° 2 se sont toujours montrées riches en eau et char- gées d'urée. La dépuration uriiiaire s'eiïcctuait-elle imparfaitement chez ce cheval ? Toujours est-il que nous devons attribuer à cette cause la faiblesse des poids d'azote que nous avons dosés directe- ment. Quant à leur irrégularité, elle peut provenir tant de cette même cause que des variations du coefficient de digestibilité avec le travail mécanique. L'examen des chiffres fournis par le cheval n° f\ conduit à des con- séquences analogues. Si nous exceptons novembre 1880, dans lequel nous avons vainement essayé l'urinai sur ce cheval, nous voyons, pour le repos, que le poids minimum d'azote dans l'urine corres- pond au mois de mai, tandis que le poids maximum d'azote corres- pond au mois de décembre 1880. Précisément en mai, le cheval est passé de 428 kilogrammes à •440'', 1 et en décembre de 430 kilo- grammes à A'3S kilogrammes, bien que le coefficient de digestibilité de la matière azotée ait fléchi de 7G.;39 en décembre à 7o.08 en mai. Lorsque, pendant la marche au pas, le cheval émet, par jour, dans ses urines G8''''',53 en janvier 1881 en passant de 430 à 436 kilogr. d'azote, pendant la marche au trot en mars 1881, il ne rend plus que GO"', 198 d'azote et passe de 441 kilogr. à 43:2'', 8. Mais le coeffi- cient de digestibilité de la matière azotée, qui était de 75.84 en jan- vier tombe à 70.22 en mars. De plus, il faut se rappeler que ce che- val, ayant les jambes courtes, était obligé à un effort soutenu pour faire, dans le même temps, le chemin parcouru par le cheval attelé au manège. Pendant le travail, on constate les mômes faits que pendant la marche : mais il faut noter aussi que le coefficient de digestibilité, qui était de 74.58 p. 100 pour le travail au pas en février, tombe à G7.62 p. 100 pendant le travail au trot en avril 1881. Il résulte de ce qui précède que la détermination des variations de l'azote dans l'urine ne peut conduire à la connaissance rigoureuse de l'état d'entretien du cheval qu'autant que le coefficient de digestibilité de la matière azotée reste constant. 428 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. AZOTE DES FECES. L'azote a été dosé, par la chaux sodée, sur un mélange moyen des fèces établi par mois d'expérience et proportionnellement au poids de la matière sèche des fèces excrétées chaque jour. Nous rappelons que la matière sèche était obtenue par une dessiccation à 110" dans une étuve. Nous n'examinerons ici que les fèces qui ont été recueil- hes du i" novembre 1880 au 7 juin 1881. Les résultats que nous avons obtenus sont les suivants : cheval 71° 1. Moyenne jourualière. 1 en novembre 1880 23e'',592 Au repos | en janvier 1881 19 ,832 (en mars 1881 23 ,05 A la marche au pas, en février 188) 55 ,088 A la marche au trot, en avril 1881 29 ,81 A travail au pas, en décembre 1880 36 ,199 Au travail au trot, en mai 1881 48 ,17 Cheval n" 2. /en novembre 1880 30 ,029 Au repos | en février 1881 28 ,G95 (en avril ISSl 27 ,73 A la marche au pas, en décembre 1880 30 ,398 A la marche au trot, en mai 1881 3G ,18 Au travail au pas, en janvier 1881 44 ,370 Au travail au trot, en mars 1881 47 ,17 Cheval n° 3. (en novembre 1880 23 ,213 Au repos ' en décembre 1880. ...;..... 21 ,898 (en mai 1881 25 ,39 Moyenne journalière. A la marche au pas, en janvier 1881 24s'',303 A la marche au trot, en mars 1881 30 ,43 Au travail au pas, en février 1881. . 35 ,8C9 Au travail au trot, en avril 1881 41 ,12 De ces chiffres se dégage nettement l'influence, sur l'assimilation, du mode de mouvement dans le transport du cheval ou dans le tra- ALIMENTATION DU CHEVAL DK TRAIT. 429 vail. En effet, pendant la ma relie au trot ou le travail au trot, le poids d'azote rendu dans les fèces a été constamment supérieur à celui émis pendant la marche au pas ou le travail au pas. Nous retrouve- rons le même phénomène pour d'autres principes immédiats des fourrages, lorsfjue plus loin nous ferons la discussion des coefficients de digeslihilité. Au point où nous en sommes arrivés, nous possédons tous les élé- ments qui vont nous permettre de faire la balance de l'azote mis en jeu dans nos expériences. Il est clair que dans le cas d'entretien parfait de l'animal, le poids de l'azote ingéré sous forme de matières azotées doit se retrouver en totalité dans les poids d'azote dosé directement dans l'urine et dans les fèces, défalcation faite de l'azote employé à pourvoir à l'u- sure des poils ou des sabots. S'il y a une différence, elle ne peut être due, suivant Boussingault, RegnauU et Reiset, qu'à une exhalation d'azote gazeux pendant la respiration. On sait d'autre part que des expériences postérieures à colles des savants français, notamment les travaux de Pettenkoffer, Voit, Stoliinann, etc., ont conduit les expérimentateurs à nier ce déficit d'azote. Nous nous trouvons donc en présence de deux théories basées toutes deux sur des expérien- ces. Voyons d'abord les résultats auxquels nous conduisent nos pro- pres essais ; nous examinerons ensuite, après l'avoir discutée, la valeur de chacune des théories ayant cours aujourd'hui. Le tableau suivant résume, par cheval et par jour, nos propres résultats : Tauleau 430 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ÉTATS DES CHEVAUX en expérience. AZOTE ingéré. AZOTE dans l'urine. Gr. AZOTE dans les fèces. AZOTE rendu. DIFFÉUESCE. Gr. Gf. Gr. Gr. Cheval n° 1. (en novembre 1880 93.967 59.240 23.592 82.832 — 11.135 Au repos | en janvier 1881 . . . . 91.942 92.83 103.528 65.088 64.676 75.044 19.832 23.05 25.088 84.920 87.726 100.132 — 7.022 — 5.104 — 3.396 ( en mars 1881 A la marche au pas, en février 1S81 A la marche au trot, en avril 1881. 102.21 72.741 29.81 102.551 -+- 0.341 Au travail au pas, en décembre 1880 137.729 92.289 36.199 128.488 — 9.241 Au travail au trot, en mai 1881 . . 140.09 82.43 48.17 130.60 — 9.49 Cheval n° 2. ( en novembre 1880 93.967 94.029 92.83 101.825 44.50 53.48 56.042 63.74 30.029 28.695 27.73 30.398 74.529 82.175 83.772 94.138 — 19.438 — 11.854 — 9.058 — 7.687 Au repos ) en février 1881 ( en avril 1881 A la marche au pas, en décembre 1880 . A la marche au Irot, en mai 1881 , . . 103.89 60.258 36.18 96.438 — 7.452 Au travail au pas, en janvier 1881 . . . 136.621 68.92 44.370 113.290 — 23.331 Au travail au trot, en mars 1881 . . . . 130.56 74.317 47.17 121.487 — 9.073 Cheval «"3. ( en novembre 1880 . . . . - 93.967 92.777 60.63 61.29 21.213 21.898 81.843 83.188 — 12.124 — 9.589 Au repos ,G 8007310 Autrot, en avril 1881 20,126,38 8G03570 Cheval 71" 2. Au pas, en décembre 1880. . . 18, 996", 3 7865347 Autrot, en mai 1881 17,745 ,2 7242290 Cheval n° 3. Au pas, en janvier 1881. . . . 20,763'",6 9078663 Au trot, en mars 1881 18,448 ,47 8039635 Chevaux au travail. Cheval n° i. Au pas, en décembre 1880. . . 19,34d'",49 8731057 552504.2 5,473^^8 Au trot, en mai 1881 21,256,04 9377260 440893.0 8,335 ,3 Au trot^ en juin 1881 21,039 ,7 9413759 435286.7 8,744 ,5 Cheval n° 2. Au pas, en janvier 1881 . . . . 20,185°',10 8615533 421779.9 4,130 ,7 Au trot, en mars 1881 20,805,50 8758921 433591.0 5,426 ,0 Au trot, en juin 1881. .... 20,772 ,9 8780439 429332.1 7,452 ,0 Cheval n" 3. Au pas, en février 1881. . . . 18, 505"°, 66 8444262 395429.0 4,396 ,0 Au trot, en avril 1881 20,126,38 8814064 416597.6 7,554 ,2 Au trot, en juin 1881 18,898,1 8538235 390814.9 8,313 ,0 On est immédiaitement frappé de ce fait que la ration qui avait conduit à un accroissement de poids chez lés trois chevaux pendant le travail au pas, n'est plus que suffisante pendant le travail au trot pour un travail mécanique extérieur sensiblement égal. De même, dans le transport seul du cheval au pas, là ration est trop forte, tandis que pour le transport au trot elle semble être insuffisante. Ces différences sont dues à un supplément de travail qu'exige le trot sur le pas et auquel correspond l'accroissement en poids du cheval pendant le travail ou le transport au pas. Si l'hypothèse qui consiste . ALIMENTATION DU CHEVAL DK TRAIT. 443 à admellrc que dans la marche au pas le cheval, [tour faire avancer son corps, développe un eflbrt égal à 7.20 ^^ son propre poids, alors (pie, pour le cheval au tiol, l'cflorL s'élève à '/^o» est exacte, il fau- drait altribucr au travail résultant de cette différence d'effort, la différence constatée dans l'entretien du cheval dans les essais au pas et au trot. Mais une cause, qui n'est pas négligeable, intervient aussi, et dans le même sens, pour accroître le travail au trot sur le travail au pas au manège. Nous voulons parler de la force centrifuge, négligeable pendant le transport au pas au manège, mais contre laquelle le cheval est obligé de lutter pendant l'exercice au trot. Ainsi, par exemple, pour le cheval n" 2 qui, en mars, étant au travail au trot a parcouru, en moyenne, 10,o59'",5 en 1 heure le matin, son poids étant de •418''«,25, on trouve que la force centrifuge qui le sollicitait était de 77 kilo- grammes. De sorte que, pour vaincre cette force, il était obhgé d'in- cliner son corps vers le centre de la piste. 11 y a là évidemment un travail supplémentaire développé, que notre dispositif expérimental ne permet pas de mesurer, dont il faut tenir compte cependant et qui exige, pour sa production, une fraction de l'excédent de la ration de travail au pas qui avait produit l'augmentation de poids. Le calcul montre que l'axe du corps du cheval devait être incliné de lO^SG' sur la verticale. On voit aisément que, dans cette position, le bipède latéral le plus rapproché du centre de la piste étant obhgé de supporter presque tout le poids du corps de l'animal, doit se fati- guer très rapidement : aussi peut-il y avoir perte de poids vif. Si ce n'était l'incertitude des coefficients, exprimant l'effort que le cheval doit développer pour transporter son propre corps, soit au pas, soit au trot, la question, qui paraît quelque peu compliquée, se résou- drait facilement : mais nous préférons ne pas donner ici de calculs basés sur l'emploi des coefficients incertains que nous avons rappelés plus haut. Nous indiquerons tout à l'heure une méthode indirecte permettant de résoudre cette question et de vérifier les coefficients. On s'explique donc pourquoi la ration, trop forte pendant la mar- che ou le travail au pas, est devenue seulement suffisante dans les mêmes exercices au trot. Ce que nous venons de dire relativement au travail supplémentaire exigé par la marche au trot, s'applique 444 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. également aux essais du camionnage et de la voiture. Toutefois, il n'y a pas lieu ici de se préoccuper de la force centrifuge. Le camion- nage comportait le travail au pas et au trot, la voiture le travail au Irot seulement. La détermination du travail produit dans le transport horizontal du cheval n'est pas sans quelque difïîculté. Poisson d'abord, les frères Weber ensuite, on donné des formules qui ne nous paraissent pas suffisamment exactes. L'hypothèse de Poisson est inadmissible et les frères Weber ne tiennent aucun compte des mouvements relatifs des divers éléments des membres dans la progression. Au jeu des os et des muscles correspond évidemment un travail, relativement faible, en raison de leur faible poids par rapport à la masse totale des corps à mouvoir. Sans employer des formules plus ou moins comphquées, il est possible d'évaluer assez exactement le travail produit dans le trans- port horizontal du corps par la considération des puissances vives. Avant d'aborder cette discussion, nous croyons utile de donner ici l'extrait suivant de l'analyse des mouvements pendant la locomotion que nous empruntons au Traité de physiologie comparée des ani- maux, de G. Cohn (2'' édition, t. I, p. 401 et suiv.). Les deux membres d'un bipède, soit antérieur, soit postérieur, en jouant ensemble, chacun suivant un mode spécial, représentent assez exactement deux pendules dont l'un, celui du membre levé, oscille par son extrémité inférieure, et dont l'antre, celui du membre appuyé, oscille par son extrémité supérieure. Leurs oscillations, qui commencent et qui finissent ensemble dans le pas, sont, par conséquent, isochrones et de même vitesse, mais elles n'ont point une égale amplitude : nous verrons tout à l'heure que celles de l'extrémité qui est en l'air ont une étendue double de celles de l'extrémité qui repose sur le sol. Ge que les deux membres d'un bipède, antérieur ou postérieur, font ensemble, dans un même temps plus ou moins fractionné, chacun d'eux le fait en deux temps successifs. Puisque, d'une part, l'action d'un membre, dans un pas complet, comprend deux grandes périodes, l'une de soutien, l'autre d'appui, et que, d'autre part, chacune de ces périodes se subdivise en trois situations ditlerentes, il est évident que quand le pas sera achevé, l'extrémité aura passé successivement par les six situations a' ,b' ,c' ,d' ,e' ,f . (V. figure.) Ces six situations parfaitement distinctes représentent, si l'on veut, six ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 445 temps, dont Irois: lt3 lever, le soutien c\ le poser, ont été rapportés ;"i la période peiulant la(]uelle le membre est en l'air et considérés coiiwne correspondant au commencement, au milieu et à la fin de l'appui, for- mant les trois temps de la période pendant laquelle le membre sup- porte le corps. Mais de ces six temps, deux sont des intermédiaires: le 446 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lever est autant la fin de l'appui que le commencement du soutien, et le poser autant la fin du soutien que le début de l'appui. Partant des données qui précèdent, nous pouvons déterminer l'étendue de l'espace parcouru par le membre à l'une et à l'autre de ses extrémités. Pendant qu'il est au lever, il éprouve, par son extrémité inférieure, une oscillation dont l'amplitude gh est double de l'oscillation il'f qui se produit à son extrémité supérieure lorsqu'il est à l'appui. En effet, en même temps que le pied levé décrit l'arc gh, le membre opposé a,b,c, que la figure représente sur un second plan, décrit l'arc a'c' par son extrémité supérieure. Ce dernier arc étant le résultat de la progression en avant du centre de gravité, progression qui dérive de l'impulsion communiquée au corps par les membres abdominaux, il est clair qu'il sera également décrit par la partie supérieure du membre levé. D'où il suit que le pomt a' , considéré comme centre du mouvement du membre levé, se meut autant que le point correspondant du membre à l'appui. Il passe en b' lorsque le pied se trouve à sa situation moyenne, et arrive en c' quand celui-ci est parvenu à sa situation finale. Le pendule repré- senté par ce membre en l'air éprouve donc un double mouvement; il oscille à la fois et par son extrémité supérieure et par son extrémité inférieure. Dans l'allure au pas, par exemple, pendant que l'amplitude de l'oscil- lation de la partie inférieure du membre est de 1°,50, celle de l'extré- mité supérieure n'est que de 75 centimètres. C'est du déplacement de sa partie supérieure que résulte pour le membre la possibilité de parcourir, de son lever à son appui, un trajet qui va jusqu'à 5 à 6 mètres, dans l'allure du galop, par exemple. De plus, le membre, pendant son lever, ayant parcouru supérieurement le trajet a h' c' , et devant parcourir pendant son appui, c'est- a -dire pendant la seconde des deux grandes périodes de son action, le trajet d'e'f , lesquels mesurent ensemble l'espace parcouru par le centre de gravité, il faut nécessairement que, dans la durée de ces deux périodes, le pied parcoure un trajet égal à celui du centre de gravité, ou, en d'autres termes, que le membre, pendant la durée totale de son action, éprouve un déplacement rectiligne de même étendue à l'une et à l'autre de ses extrémités. Aussi la corde de l'arc gh décrit par le pied est-elle équi- valente à la somme des cordes des deux arcs d'f décrits par l'extrémité supérieure du membre. Enfin, comme l'extrémité supérieure du membre emploie toute la du- rée de la période du lever et de celle de l'appui pour effectuer son trajet, tandis que l'extrémité inférieure ne met, pour effectuer le sien, que la durée d'une seule de ces périodes, il faut que dans l'une d'elles le pied parcoure le même espace que l'extrémité supérieure dans les deux réu- ALIMENTATION DU CHEVAL DK TUAIT. 447 nies. Et comme ces deux prriodes sont do môme durée dniis le |i;is, |;i vitesse du pied doit être doulile de l;i vitesse de l;i p.irtic supérieure du nieuihre ou du centre de gravité. Voilit pourquoi les oscill.iliuns du pied levé sont deux fois aussi rapitles que les oscillations de la partie su|)érieure du membre il l'appui, l)ien (pie les premières et les secondes commencent et finissent ensemble, ou, en d'autres termes, qu'elles soient parfaitement isoclirones. m.'i Soil un clicval au pas : examinons los mouvements du centre de gravité du bipède antérieur pendant la progression. On sait qu'il décrit à ciiaipie pas un arc de cercle dont le rayon est égal à la dis- tance du sol et dont la longueur de la corde est égale à la moitié du pas double. La flèche mesure son élévation verticale. Or, pour que la ^ ' jirogression de toute une longueur de ^ corde soit possible, il suffît que le cheval développe un efTort capable d'élever le centre de gravité du bipède de la hauteur de la llèclie ou, ce qui conduit au môme but, de faire déci'ire au centre de gravité la moitié ce de l'arc correspondant à un pas ce . 't> Il suit de là que, lorsque la longueur du pas double est de i'",CO, par exemple, le centre de gravité a progressé de ^-^ = 0'",80. Le mouvement du centre de gravité à chaque pas se décompose donc en deux : \° Un mouvement de montée qui exige un effort musculaire du cheval ; 2" Un mouvement de descente produit par la pesanteur, sans tra- vail musculaire du cheval. On peut admettre que le cheval ne développe (lue l'effort juste nécessaire pour produire le mouvement de montée du bipède anté- rieur, et qu'a])rès la descente, dont l'arrêt est produit parla projec- tion en avant de l'une des jambes s'arc-boutant sur le sol, le corps resterait au repos si l'animal ne faisait un nouvel effort succédant au premier. Le pas dans la marche peut donc être considéré comme produisant un mouvement dans lequel le bipède, d'abord au repos, s'élève jusqu'n un point maximum, grâce à un effort musculaire, et 448 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. revient ensuite au repos après une descente égale et inverse de la montée et produite par la pesanteur. Le travail développé par le cheval réside donc dans l'élévalion seule et, dans ce cas, le travail serait égal au poids du bipède multiplié par la hauteur d'élévation. Mais cette hauteur ne peut se déterminer directement. Supposons que le poids du bipède antérieur soit concentré au centre de gravité. On sait que le travail produit par une force (effort du cheval) sur un corps est toujours égal au gain ou à la perte de puissance vive qu'é- prouve ce corps pendant l'action de la force. Par conséquent, le travail pour un pas pourra s'exprimer par : mais le bipède partant au repos, sa vitesse est nulle à l'instant initial du mouvement; par suite, la relation précédente se réduit à : m, niasse du bipède antérieur; Vj vitesse du centre de gravité. Un raisonnement analogue pour le bipède postérieur conduirait à la formule similaire donnant le travail produit pendant la même progression par ce bipède : m', niasse du bipède postérieur ; V, vitesse du centre de gravité. Les bipèdes antérieur et postérieur étant considérés comme inva- riablement liés l'un à l'autre, la vitesse du centre de gravité de cha- cun d'eux est forcément la même. Le travail total développé par le cheval pour le transport de tout son corps pour un pas sera donc donné par : '/, mv- ■+- '/j m'v- = 'Uv- {m -+- m'). Or, m + m' n'est autre que la masse totale du cheval, qu'il est toujours facile de déterminer, ainsi que le nombre de pas effectués dans un parcours donné. On a donc tous les éléinents nécessaires pour évaluer le travail. Cette formule très simple donne des résul- tats très approchés de ceux qu'on obtient en faisant usage de la for- ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 449 mule des frères Weber. On a vu dans noire premier mémoire fjue 0. Kellner évalue à 50,00(1 kilogrammètres le travail correspoiidaul, pour un clicval de 500 kilogrammes, à un parcours au pas de 2,Gr]9 mètres en une heure (1,800 pas). En introduisant dans notre formule les données fournies par le cheval de Kellner, nous trouvons que le cheval aurait dû produire -49,320 kilogrammètres. Nous avons dit plus haut que le travail de transport, par pas, était égal au poids du cheval P multiplié par la hauteur de flèche h. On a donc : Nous déterminons ainsi indirectement le déplacement vertical du centre de gravité du cheval pendant la marche soit au pas, soit au trot. Kellner évalue à 0'",04-5 en moyenne le soulèvement du centre de gravité de son cheval pour un pas double. Notre formule conduit à une élévation de 0'",05'î'. Dans le calcul du travail total, nous supposons qu'à chaque pas, dans la descente, le cheval perd exactement la puissance vive qu'il avait produite dans la montée. Dans la marche au pas, on comprend aisément que les choses puissent se passer ainsi lorsque le cheval, en projetant un pied en avant, s'arc-boute sur le sol. Au trot, le même fait se reproduit, mais en raison de la vitesse acquise, il peut se faire que la perte de la puissance vive ne soit pas complète et qu'une partie soit utilisée pour commencer la montée du second pas, en sorte que l'effort nécessaire pour exécuter le second pas soit un peu inférieur à celui qu'a exigé le premier. En raison de l'impossibilité de déterminer cette diminution, nous n'en tiendrons pas compte et nous supposerons qu'au trot les efforts se produisent comme au pas. En introduisant dans la formule les éléments fournis par nos che- vaux soit au pas, soit au trot, on obtient les résultats moyens suivants pour le manège : ANN. SCIENCE AGUON. 2'.1 450 ANN.^LES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Cheval 7i° 1. RAPPORT de IVfforl au poids du cheval. POIDS du cheval. MASSE P ~~ 9 CHEMIN parcouru. VITESSE par se- conde. TRAVAIL par seconde TRlTilL total. EFFORT du cheval jiour le transport de son poids. Kilogr. Mètres. Mètres. Kgrm. Kfrrm. Kilogr. Marche au pas, eu février 1881 . O.Ofii 438.6 44.715 18254.6 1.267 35.883 516715 28.32 Marche au trot, eu avril 18S1 . . 0.U2 427.0 43.. 532 20126.38 2.795 170.036 1224259 60.83 Travail au pas, en décembre 1881. 0.068 451.3 46.010 19345.49 1.343 41.478 597283 30.88 Travail au trot, en mai 1881 . . O.l.ôO 441.2 44.1)80 21256.04 2.952 195.977 1411034 66.39 Travail au trot, en juin 1881 . . 0.U9 447.4 45.612 21039.7 2.922 194.717 1401962 66.64 Cheval n" 2. Marche au pas, eu décembre 1880. 0.067 414.0 42.207 18996.3 1.319 36.698 528451 27.82 Marche au trot, eu mai 1881 . . 0.125 408.1 41. 605 17745.2 2.464 126.292 909301 51.25 Travail au pas, eu janvier 1881. 0.071 426.8 43.512 20185.10 1.401 42.707 614980 30.48 Travail au trot, eu mars 1881. . 0.U2 420.8 42.900 20-05.50 2.803 168.511 1213279 60.11 Travail au trot, eu juin 1881 . . 0.14y 422.6 43.837 20772.9 2.885 182.427 1313474 63.23 Cheval jjo 3. Marche au pas, en janvier 1881 . 0.073 436.3 44.480 20763.6 1.441 46.170 664848 32.04 Marche au trot, en mars 1881 . . 0.130 435.4 44.388 18448.47 2.562 145.659 1048744 56.85 Travail au pas, en février 1881 . 0.065 456.2 46.509 18505.66 1.285 38.393 552859 29.87 Travail au trot, en avril 1881 . . 0.142 446.1 45.479 20126.38 2.795 177.640 1279008 63.55 Travail au trot, eu juin 1881 . . 0.134 452.2 46.101 18898.1 2 . 624 158.702 1142654 60.48 Ces chiffres expliquent siiffî.sararaent les variations que nous avons constatées dans l'entretien du cheval soumis, soit à la ration de trans- port, soit à la ration de travail. Pour les expériences du camionnage, nous pourrions faire un calcul analogue si nous connaissions le chemin qui a été parcouru au pas et au trot. Quant aux expériences à la voiture, le travail ayant été fait au trot, on en déduit les chiffres suivants : Cheval n° 1. RAPPORT de l'effort au poids du cheval. POIDS du cheval y com- pris le bariiais. MASSE p g CHEMIN parcouru. VITESSE par se- conde. TRAVAIL par seconde TRAVAIL total. KFPORT du cheval pour le transport de son poids. Kilogr. Mètres. Mètres Kgrm. Kgrm. Kilogr. Du 1" déc. 1881 au 31 janv. 1882. 0.118 414.6 42 268 61031 2.319 113.053 2991006 49.01 Du l:j juin au 12 août 1882 Cheval no 2. . . . 0.121 409.7 41 768 65248 2.391 119.387 3257952 49.93 Du 1" février au 31 mars 1882 . 0.116 410.5 41 850 63859 2.294 110.115 30G5271 48.00 Cheval n" 3. Du 12 avril au 12 juin 1882 . . . 0.123 449.0 45 775 65791 2.430 135.148 3658997 55.61 ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 451 En ajovUant ce travail exigé pour le transport du clieval au travail exlérieur que nous avons déjà donné, on obtient le travail total auquel correspondent les diflcrenccs entre les rations de transport ou de travail et la ration d'entretien. On remarquera que le rapport de l'effort au poids du cheval varie peu pour un même mode de mouvement. Ce rapport, que nous désignons sous le nom de coeffi- cient de transport, varie dans le même rapport que la vitesse. Ainsi, pour un même poids, pour une vitesse double, le cheval développera un effort double. Les coefficients admis de '/.o po^r l'effort au trot et de '/.o P^^'ii" l'elï'ort au pas présentent ce rapport. On voit qu'ils ne peuvent être appliqués (jue lorsque la vitesse moyenne du cheval est de 1 mètre par seconde au pas ou de 2 mè- tres au trot. Mais il est toujours possible de connaître le coefficient de transport correspondant à une vitesse quelconque. V. — Des coefficients de digestibilité. L'étude des coefficients de digestibilité dans les essais au repos, à la marche ou au travail conduit à des faits importants qui n'ont pas encore été signalés jusqu'ici. Min de pouvoir les comparer plus faci- lement dans les divers modes de mouvement ou de travail, nous les résumons dans le tableau suivant. Nous rappelons que, pendant les expériences du camionnage ou de la voiture, il ne nous a pas été possible de recueillir les excréments des chevaux au travail. Tableac. 452 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Cheval «o t. o < S -a O O a a > O N a •z. -a o V. o SI a = s 1 1= ° O o D O tu o 3 o o Q w < w »! a — S S -a c 1 novembre 18S0 . . 69.86 68.55 74.88 76.08 72.65 100.00 47.65 84.73 .56.11 74.88 52.08 1 janvier 1881 . . . 71.05 72.99 78.42 76.07 73.53 100.00 46.96 85.30 68.95 78.42 51 . 67 Au repos < mars 1S81 71.55 71.64 75.17 76.17 73.63 100.00 50.61 88.71 64.82 75.17 42.01 i février 1882. . . . 68.46 70.20 76.03 74.20 71.29 100.00 42.17 88.28 55.48 76.03 31.36 1 mars 18S2 .... 71.17 73.88 7i.21 76.93 73.99 100.00 49. C9 83.91 62.96 77.21 37.92 Marche au pas, février 1-^81. . 70.42 70.73 75.75 76.0(1 73.02 100.00 46.47 84.55 69.64 75.75 .=,2.59 Marche au trot, avril 1881 . . 67.38 65.25 70.72 71.76 69.27 100.00 38.43 86.56 59.62 70.72 35.92 Travail au pas, décembre 1880. 70.09 70.63 73.70 75.08 72.41 100.00 46.74 85.36 62.08 73.70 49.14 Travail au trot, mai 1881. . . 63. 4G 65.28 65.61 68.68 65.92 100.00 34.38 84.49 55.76 65.61 28.72 Travail au trot, juin 1881 . . . 64.08 65.50 69.49 69.37 66.61 100.00 31.33 84.91 57.51 69.48 30.66 Cheval n" 2. 1 Bovembre 1880 . . 66.59 65.76 68.03 73.73 69.75 lOO.OO 42 17 82.99 53.96 68.63 49.96 l février 1881. . . . 68.19 68.48 69.47 73.36 70.52 100.00 41.19 82.98 58.86 69.47 53.40 ] avril 1881 69.35 70.38 70.13 75.21 72.03 100.00 47.54 88.11 54.76 70.13 42.01 Au repos • iO avril-mai 1882 . 66.08 67.53 65.21 71.57 68.54 100.00 42.94 87.07 48.50 65.21 23.67 1 21 mai-juin 18S2. . 66.10 65.67 67.75 71.71 68.56 100.00 41.74 87.20 49.34 67.75 26.98 (f.) 1 24 juin-juillet 18>2. 65.21 67.18 68.74 71.49 68.15 100.00 41.80 86.85 42.06 68.74 26.58 (f.)\ 19juil.-12 août 1882. 66.08 66.84 67.22 72.45 6!i.94 100.00 43.45 87.58 47.27 67.22 27.73 ilarehe au pas, décembre 1880. 68.59 69.04 70.13 74.31 71.19 100.00 43.91 83.65 48.57 70.13 ,54.71 Marche au trot, mai 1881 . . . 65.57 67.13 65.17 71.99 68.49 100.00 .39.29 86.52 44.92 65.17 36.44 Travail au pas, janvier 1831. . 65.59 66.49 67.51 71.61 68.35 100.00 39.10 81.65 61.62 67.51 47.74 Travail au trot, mars 1S81 . . 65.28 67 . 69 63.87 72.00 68.40 100.00 39.29 86.54 53.50 63.87 34.72 Travail au trot, juin 1881 . . 64.50 64.93 63.83 70.37 67.11 100.00 36.97 85.86 51.50 63.83 31.78 Cheval n" 3. 1 novembre 1830 . . 70.73 71.86 77.41 75.61 73.10 100.00 49.15 84.63 53.55 77.41 52.56 1 décembre 1880 . . 70.17 70.08 76.39 75.60 72.70 100.00 46.24 84.26 61.21 76.39 52.83 l mai 1881 69.31 70.99 73.08 74.53 71.79 100.00 43.22 87.63 60.98 73. OS 40.71 1 décembre 1881 . . 69.75 74.15 78.02 75.80 72.85 100.00 42.14 SS.78 66.87 78.02 32.85 Au repos /jauvier 18S2 . . . 71.29 71.98 79.00 75.89 73.51 100.00 43.85 88.95 67.77 79.00 34.21 (f.) 1 février 18î2. . . . 73.02 73.90 79.14 77.12 75.00 100.00 49.44 89.61 70.99 79.14 38.49 (f.) f mars 1883 71.83 73.72 77.81 77.33 74.48 100.00 51.52 89.37 63.91 77.81 37.25 (f )f 24jaiu-lSjuil.l8S2. 69.51 72.73 74.66 77.06 73.12 100.00 49.63 89.15 55.63 74.66 36.10 (f.)' l9juil.-12aoûtl882. 69.13 72.49 75.29 74.49 71.81 lOO.OO 46.13 88.76 52.56 75.29 31.97 A la marche au pas, janv. 1881. 70.35 69.91 75.84 69.90 72.53 100.00 41.76 83.97 60.09 75.84 57.22 A la marche au trot, marslSSl. 66.87 68.23 70.23 72.50 69.52 100.00 40.79 86.68 52.78 70.22 36.96 Au travail au pas, février 1881. 67.65 69.24 74.58 71.37 69.53 100.00 32.54 82.04 62.59 74.58 52.32 Au travail au trot, avril 1881 . 62.96 65.18 70.33 69.06 65.94 100.00 28.83 84.83 55.83 70.33 30.19 Au travail au trot, juin 1881. . 62.14 65.41 67.63 69.21 65.57 100.00 27.46 84.92 58.82 67.62 28.21 De ce tableau, il ressort que la digestibilité varie avec le repos et le mouvement, et que le mode même de mouvement pendant la marche ou pendant le travail a une influence très nette. A part la glucose, qui a été constamment digérée en totalité, si l'on examine les résultats obtenus pour les essais du l^' novembre 1880 au ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 453 juillet 1881 et pai'ticuliùremont ceux de mars à juin, on voit d'a- Ijord : l^Que les coeflîcicnts sont ditïërents pour les trois chevaux: il y a donc ici une influence individuelle dont il faut tenir compte ; 2" Que l'utilisation la plus grande de la totalité de la ration a eu lieu pendant le repos et la marche au pas, tandis que la plus faible correspond à la marche au trot ou au travail au trot ; 3" Que l'assimilation pendant le travail au pas a été plus grande que pendant le travail au trot. En ce qui concerne les principes immédiats, considérés séparé- ment dans les rations de repos, de marche au trot et de travail au trot, de mars à juin 1881 : 1" L'utilisation de l'amidon a été sensiblement plus faible pendant la marche au trot et le travail au trot que pendant le repos ; pendant la marche au pas et le travail au pas, de décembre 1880 à février 1881, elle était restée sensiblement la même ; "i" La graisse offre des variations analogues ; elle a été moins bien utilisée pendant la marche et le travail au trot que pendant le repos ; 3" Les matières azotées ont été moins bien digérées pendant le travail que pendant le repos. Les coeflicients minima correspondent au travail au trot; 4" Mais ce sont surtout les indéterminés et la cellulose qui ont donné les plus grands écarts. Le coefficient qui était pour la cellu- lose d'environ 50 p. 100 pour les chevaux n° 1 et n° ;:) au repos, tombe à o\.oo p. 100 pour le cheval nM et à i^7.46 p. 100 pour le cheval if 3 pendant le travail au trot en juin 1881. Chez le cheval n° 2, le coefficient est tombé aussi à 30.97 p. 100. Pour les indéter- minés, on observe des écarts plus grands et dans le même sens. Une conséquence remarquable résulte des faits que nous venons d'éta- blir : c'est la nécessité qu'il y a de déterminer isolément, dans les rations, l'amidon et de ne pas confondre celui-ci avec les indéter- minés, comme cela a eu lieu jus(iu'ici dans les expériences faites en Allemagne. Il importe de noter ici que les différences constatées, principale- ment celles qui sont relatives à la cellulose et aux indéterminés, ne 454 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sauraient être attribuées à l'analyse. En effet, les dosages de ces principes, soit dans les aliments, soit dans les fèces (expériences de mars à juin 1881), ont été faits simultanément par les mêmes mé- thodes et dans des conditions tout à fait identiques. On ne saurait invoquer ici les influences des réactifs qui ont constamment agi dans le même temps et dans des conditions tout à fait similaires et irré- prochables. Nous avons rappelé dans notre premier mémoire que E. Wolff a trouvé que, quelle que soit la quantité de foin ingérée, la digestibi- lité des principes immédiats n'augmente pas et qu'un travail journa- lier très différent, soit comme durée, soit comme effort de traction, n'exerce aucune influence sur la digestibilité de l'ensemble du four- rage. Si les observations de E. Wolff sont exactes, les différences que nous avons constatées dans les coefficients de digestibilité ne sau- raient être attribuées au mode de mouvement suivant lequel le tra- vail a été produit. Mais nous ne pouvons admettre cette hypothèse, car, à part la graisse qui offre quelques irrégularités, nous trouvons que, pour les essais du 1"'" novembre 1880 à février 1881,1a marche au pas a constamment donné, pour les chevaux n" 1 et n°2, des coefficients de digcstibihté plus forts que pour le trot ou le travail au pas, et que c'est à la marche au pas que l'utihsation totale du fourrage paraît avoir été la plus grande. Nous sommes conduits à atti'ibuer au travail, et particulièrement au mode de mouvement qui l'a produit, une influence déprimante sur le coefficient de diges- tibilité. Nous nous trouvons donc en concordance avec cette observation pratique journalière : que c'est pendant le repos et avec un exercice modéré que l'assimilation se fait le mieux. C'est l'amidon qui a toujours donné le coefficient le plus élevé : il joue un rôle prépondérant dans la nutrition. Aussi croyons-nous utile de présenter quelques observations à ce sujet. On se rappelle que nous avons dosé comme amidon la portion des fourrages qui, sous l'influence des acides, se transforme en glucose. Or, indépen- damment de l'amidon, la cellulose peu agrégée jouit aussi par- tiellement de cette propriété. Les taux d'amidon que nous avons indiqués comprennent donc cette fraction de cellulose qui a été dis- ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 455 soute. Or, A. Mûntz vient d'établir par quelques expériences sur le clieval que : 1" l'aniidoii est intégralement assimilé par l'orga- nisme ; ii" la partie cellulosique qui se transforme en glucose sous l'inlluence des acides n'est utilisée que dans la propoi'tion de 75 à 95 p. lUO. Nous avons cherché, par des dosages spéciaux, à déterminer la quantité d'amidon qui restait dans les fèces provenant de nos chevaux d'expériences et nous n'en avons trouvé qu'une i)roportion variant de O.Cl à i.5^ p. 100 de la substance sèche. Cette faible teneur est due sans doute à la présence de grains ayant échappé à la digestion, soit qu'ils n'aient pas été mastiqués, soient qu'ils aient été entraînés mécaniquement dans les fèces. L'amidon a donc été dosé, en réalité, trop haut dans les fèces en suivant la méthode ordinaire, et, par suite, a conduit à des coefficients de digestibilité trop faibles. Gela montre que ce que nous avons appelé amidon dans nos analyses de fèces ne correspond, presque en totalité, qu'à de la cellulose sac- cbarifiablc soluble dans les acides. Il suit de là que cette portion de cellulose, soluble dans les réactifs, qui n'est pas assimilée au môme degré que l'amidon, doit être envisagée à part. En apphquant à nos expériences les données fournies par A. Mûntz, relativement à la proportion de cellulose saccharifiable, nous trouverions en effet que la totahté de l'amidon aurait été digé- rée dans toutes nos rations. L'étude de la digestibilité des matières azotées conduit à un fait très important: c'est pendant la marche ou le travail au pas, alors que le travail kilogrammétrique était mini- mum, que les chevaux en ont assimilé les poids maxima, tandis que pendant la marche et le travail au trot, lorsque le travail kilogram- niélri(pie était maxiinun, ils en ont assimilé des poids minima. Nous reviendrons plus loin sur cet intéressant résultat. VL — Valeur dynamique des aliments. Pour compléter cette étude, il était nécessaire de rechercher la relation qui lie les éléments organiques ou les principes immédiats des fourrages consommés au travail mécaniijue produit. La connais- sance de cette ration est très importante pour nous. 11 n'est pas in- 456 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. difïerent, en effet, de donner à un cheval, pour la production d'un même travail extérieur utilisable, des matières azotées ou des ma- tières amylacées. Ces dernières ne reviennent, dans la ration de nos chevaux qu'à fr. 10 c. ou fr. 15 c. le kilogramme, alors que la protéine nous coûte de fr. 50 c. à fr. 60 c. le kilogramme. Nous avons donc tout intérêt à connaître, parmi ces deux ordres de prin- cipes immédiats, celui que nous devons considérer comme produc- teur du travail. On sait que les physiologistes sont partagés aujour- d'hui relativement à la production de la force dans l'organisme, entre deux opinions différentes qui semblent avoir été, l'une et l'autre, une conséquence de la division remarquable des aliments étabUe par Liebig, en aliments plastiques et en aliments respiratoires. Cette di- vision absolue, que les progrès de la science ont condamnée, est re- produite aujourd'hui sous un autre aspect, au point de vue de l'ori- gine de la force musculaire. Suivant Liebig, Wolff, Playfair, Kellner, c'est la matière azotée qui l'engendre, tandis que, d'après Frankland, Pettenkofer, Voit, etc., c'est aux matières hydrocarbonées qu'il faut attribuer la prépondérance. Les résultats expérimentaux que nous avons obtenus, joints à l'observation pratique de l'état de toute la cavalerie de la Compagnie générale des voitures, pendant ces deux dernières années, nous rattachent à la dernière école et nous font envisager les matières hydrocarbonées comme sources de la force musculaire. Les principes immédiats digérés, grâce à l'oxygène charrié constamment par le sang, se dédoublent, s'oxydent dans l'organisme avec dégagement de chaleur. Cette chaleur, si elle n'est utilisée immédiatement pour faire un travail, s'accumule sous forme d'énergie qui, à un moment donné, se transforme en travail méca- nique. La transformation de la chaleur en énergie ou en travail méca- nique s'effectue suivant un rapport constant. Il suit de là que l'on peut passer de l'un à l'autre, et que les principes immédiats qui, dans l'organisme, produisent le plus de chaleur ou d'énergie, doivent être considérés comme fournissant le plus de travail. Mais le calcul de la chaleur produite dans l'organisme ne saurait s'établir qu'autant que nous connaîtrions les transformations suc- cessives des aliments dans l'économie. Les expériences de Dulong et Despretz reposaient sur des hypothèses qui n'ont pas été entière- ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 457 ment justifiées; elles ont donne toutefois des résultats assez rappro- chés pour ce genre de recherches, à ^/'j environ. Les travaux remar- quables de mécanique chimique dus à M. Rerthelot montrent comment doit être compris aujourd'hui le problème de la chaleur animale. Il est indispensable de connaître les produits intermédiaires en lesquels se transforment les aliments : car les dédoublements, les hydratations, les déshydratations, les combustions complètes ou in- complètes qui s'effectuent dans l'organisme, sont les origines de la production de la chaleur. La connaissance incomplète, d'une part, des matières azotées et des indétermiaés dans les rations, d'autre part, des inodilications des principes immédiats dans les tissus ne nous permettent pas d'aborder entièrement ce problème. Cependant, il nous paraît utile, en nous basant sur les faits actuellement connus, de rechercher quelle relation lie le travail mécanique produit à la ration consommée. Tout incomplète que soit cette tentative, elle n'en mettra pas moins en évidence certains faits dont l'interprétation ne saurait être douteuse. Malheureusement, toutes nos expériences ne nous permettent pas ces déductions. En effet, dans la plupart d'entre elles, le cheval a augmenté de poids et nous ne savons pas aux dépens de quelle fraction de la ration. Les essais ayant conduit à une perte de poids doivent aussi, pour la raison inverse, être né- gligés. Nous ne pouvons, par suite, nous servir que des résultats fournis par le cheval n" 2 en novembre et décembre 1880 et en jan- vier 4881. Gomme nous n'avons aucun moyen d'évaluer directement le tra- vail mécanique intérieur effectué par le cheval au repos, il ne nous paraît pas nécessaire d'établir la valeur calorifique de la ration cor- respondante. Nous ne nous occuperons que de la ration de transport et de la ration de travail. Nous rappelons que le cheval au repos faisait chaque jour une promenade d'une heure correspondant à 4,000 mètres environ de parcours. Le cheval n" 2, qui s'est maintenu à un poids statioimaire en novembre, a légèrement augmenté en décembre. Mais négligeons cette faible augmenlation et supposons qu'il s'est maintenu dans les deux cas à un poids stationnaire. Il est bien évident que la dillerencc constatée dans la quantité di- 458 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONaMIQUE. gérée des principes élémentaires ou immédiats en novembre et en décembre correspond au travail développé pendant la marche et aux conséquences de pertes de chaleur auxquelles ce travail a donné lieu (excès d'évaporation, etc.). Calculons d'abord la valeur calorifique de cette différence, d'après la méthode de Dulong. Nous admettons que l'azote correspondant à la matière azotée digérée s'est retrouvée en totalité dans l'urine et s'est partagé proportionnellement aux quantités d'azote de l'urée, de l'acide hippurique et de la créatinine dosées directement: Digéré en décembre 1880. . . . Digéré en novembre 1880. . . . Différence L'urine contient en décembre . . L'urine contient en novembre . . Différence 11 reste donc CARBONE. HYDROGÈNE. AZOTE. OXYGÈNE. 1680?'", 41 3 1487 ,279 2l0"^877 183 ,296 71g^427 63 ,938 16988"", 090 1542 ,787 193^^,134 38 ,80 38 ,67 278^581 10 ,91 9 ,86 7ï^4«9 71 ,427 63 ,938 155'^303 44 ,01 40 ,07 0«'',13 193 ,004 18^05 26 ,531 7^^,489 1) 3s^,94 151 ,363 pour donner la chaleur exigée pour la production de la marche au pas. Or, l'oxygène correspond à lll^hi = 18^', 92 d'hydrogène. Il ne reste donc, en définitive, comme producteurs de chaleur dans l'organisme que : Carbone 193S'',004 Hydrogène. ... 26 ,53 — 18S'',92 — 7»'",6l En adoptant les chiffres de M. Berthelot (6 grammes de carbone = 47 calories), ces quantités donnent : Mais le cheval a En décembre 1880. En novembre 1880. Différence . C= 0.193 X 7833 = H = 0,00761 X 34500 Total. . Eau. 1,511"',7 262 ,5 1,774'"»', 2 Ingéré : Substance sèche. 13,858 gr. 11,064 2,794 gr. 5,377g%97 4,914 ,10 463Sf,87 Rendu par la p erspiration : Eau. 4,875 gr. 3,480 1,395 gr. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT, 459 L'eau ingérée et la substance sèche de la ration ont exigé, pour être portées à la température du corps (3(S°), une certaine quantité de chaleur qui est comprise dans les 1,774"''',2, ainsi que la chaleur employée à la vaporisation à la température du corps, à 38", des 1,395 grammes d'eau en excès. E^i admettant que la température de l'écurie ait été constamment de 5% celle de l'eau bue 8" et la chaleur spécifique de la substance sèche égale à 0,(35, on obtient: 1" Chaleur nécessaire pour porter de 5" à 38" l'excès de boisson:- 2.791 X (3S — 8) = 83.82; ci 83"',82 2-^ Chaleur nécessaire pour porter de 5° à 38° l'excès de substance sèche : 0. 40387 X 0.65 X (38 — 5) = 9.93; ci 9 ,93 3" Chaleur nécessaire pour vaporiser l'excès d'eau rendue : 606.5 + 0.305 X 38 — 38 = 580.1 (pour 1 kilogr., Regnault). 580.1 X 1,395 = 809.23; ci 809 ,23 Total 902"',98 Si les conditions de rayonnement et de mouvement dans la stalle sont restées les mêmes qu'en novembre, il est bien évident, en ad- mettant que le poids du cheval soit resté constamment stationnaire, que la diflérencc de chaleur : 1,771"', 2 — 902,98 = 871"',32 correspond au travail dû à la marche, c'est-à-dire en appliquant l'é- quivalent mécanique de la chaleur égale à : 425 X 871.32 = 369,311 kilograniniètres. Si, à la même expérience, on applique, aussi bien qu'on peut le faire dans l'état actuel de nos connaissances, les principes de méca- nique chimique posés par M. Berthelot, on arrive à des résultats très approchés des précédents. La chaleur de combustion des ma- tières azotées a été calculée en prenant pour base l'albumine et admellant que la totalité de l'azote est passée dans l'urine en don- nant des poids d'urée, d'acide hippurique et de créatinine exacte- 4G0 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ment proportionnels à ceux (jui ont été dosés directement dans l'urine du cheval n" 2, en décembre 1880. Nous avons tenu compte de la chaleur dégagée par l'hydratation de la cellulose ; l'amidon et les indéterminés ont été transformés en glucose à laquelle on a appliqué la chaleur de combustion déduite des données de M. Berthelot. Voici les résultats que nous avons obtenus : Digéré en décembre 1 880 . . Digéré en novembre 1 880 . . Différence MATIÈRE azotée. GRAISSE. AMIDON, cellulose et iiiiiéteriiiinés. CELLULOSE. GLUCOSE. 446S'-,23 399 ,42 80'^o4 83 ,46 3,0o9s^40 2,729 ,14 288°^48 252 ,73 7 48'-, 6 4 65 ,28 46s%81 » 330°S26 35^^75 9 ,3G Chaleur produite par les matières azotées: 0,04681 X 4668 = 2l8"',5; ci 2l8'=^',5 Hydratation de la cellulose : 35.75X1.111X149^ _ 3.^ 180 ' Chaleur produite par l'amidon, la glucose, les indéter- minés et la cellulose calculés en glucose : 0,37626 X 3961 := l,490"i,36; ci . ..... 1,490 , Total l,74r^^G au lieu de 1,774'"''', 2 données par la méthode de Dulong\ Ces 1,741"*', 6 doivent être considérées comme un minimum, car, faute de données suffisantes, nous n'avons pu tenir compte ni de la cha- leur de formation des matières azotées, ni de celle d'hydratation de l'amidon. Le travail mécanique de la marche serait donc donné par : 425 (1,741"',6 — 902"', 98) = 356,413 kilogrammètres. Rapprochons maintenant de ces résultats celui qui est donné par l'application à la marche de la formule mécani(|ue du travail que nous avons précédemment indiquée. ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 40 1 Le poids moyen dn choval était en déccmhrc (malin et soir) "'•''''+"•''' = 41 4 kilogrammes. Le parcours moyen en 4 heures était de 18,990"',3 et la vitesse par conséquent de ^^^ = l'",319. Mais, pendant le repos, le cheval faisait, par jour, environ 4,000 mètres de promenade. L'excédent de la ration de transport sur la l'atioii de repos ne s'applicpic donc qu'à un chemin parcouru de 18,000,3 — i,000 = 1 4,900"',3, en ^-^:-;-i = i 1,300 secondes. Or, on a : T = ' /; mv'- = :,l :' = 3Gk=™,347 par seconde, d'où pour le parcours correspondant à l'excès de ration : 36,347 X 11,3G0 = 413,229 kilogrammètres. Le travail de la marche, déduit soit de considérations mécaniques, soit de l'examen chimiciue de la nutrition, est représenté par des résultats satisfaisants. Leur concordance devient très grande si l'on lient compte que la méthode de Dulong ne permet pas de calculer en totalité la chaleur réelle développée dans l'organisme. Si l'on fait des calculs analogues pour l'expérience du travail de janvier 1881, on trouve les chillres suivants: Digéré en janvier 1881 Digéré en novembre 1880. , . . Différence L'urine contient en janvier 1881 . 1/urine contient en nov. 1880 . . Différence Il reste donc CAKBONB. HYDROGÈNE. AZOTE. OSVOKXE. 213G""^70 1187 ,28 2G8«^81 183 ,20 92SS19 03 ,00 216l8^78 1542 ,18 Gi9S'V42 5G ,G8 38 ,G7 85°"-, 52 14 ,28 9 ,80 28sr,29 02 ,10 G3 ,00 G22S^00 45 ,55 40 ,07 18''^01 631 ,41 4»^42 SI ,10 28S^29 » 5-%.lS CI G ,52 qui ont fourni la chaleur nécessaire pour le travail au pas. Les 01Ge^52 d'oxygène exigent '-^-^^ = TT^'^OO d'hydrogène. La quantité d'hydrogène à brûler est donc de 81,10 — 77,00 = 4-^^04. 462 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Ces éléments fournissent : Le carbone 0,63141 X 7,833 = 4945'',8 L'hydrogène 0,00401X34,500= 139,4 Le cheval a Total 5085^2 INGERE : lÉVAPORÉ : Eau. Substance sèche. Eau En janvier 1881 17820='" 7l42»f,47 6256»'' En novembre 1880 11064 4914 ,10 3480 Différence 6756Ï'' 2228S^37 2776e'' 1" Chaleur nécessaire pour porter de 8° à 38° l'excès de boisson : 6756X30 = 202%7; ci 202"=,7 2° Chaleur nécessaire pour porter de 5° à 38° l'excès de substance sèche : 2,22837 X 0,65X33 = 47,80; ci 47,8 3° Chaleur nécessaire pour vaporiser l'excès d'eau : 580,1 X 2776 = 1610^3; ci I6l0 ,3 Total 1S60%8 Si l'on suppose que le rayonnement soit resté constamment le même, la différence 5, 085%2 — 1,860,8 = 3,324%4 représentera la quantité de chaleur qui a dû produire le travail. Elle correspond à un travail mécanique de : 425 X 3224,4 = 1,370,370 kilogranimètres. En partant des principes immédiats, on aurait: Digéré en janvier 1881 . . Digéré en novembre 1880. . Différence . . . MATIÈRES azotées. GRAISSE. CELLULOSE. AMIDON et indéter- minés. GLUCOSE. 376»S24 399 ,42 13GSM1 83 ,46 336-°'',59 252 ,73 3513SS85 2476 ,41 99»^76 65 ,28 176g%82 52S^65 83S'-,86 1037S'-,44 348^48 ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 4G3 Clialcur ilonné(î par les matières azotées : 0,17(;82X4,GG8 = 825=,i; ci 825^4 Chaleur donnée par la graisse : O,Oô2GJX'J,0Gy ^-iTTSi; ci 477,5 Chaleur donnée par l'hydration de la cellulose : 0,0838li X 1,1U X 119 ISO = 77^0; ci 77 ,0 Chaleur donnée par l'amidon, la glucose, la cellulose et les indéterminés calculés en clucose : O' 1,2802X3,901 =5, 070^S; ci 5,070,8 Total 6,450^7 d'où chaleur correspondant au travail : 6,450'=,7 — 1,860,8 = 4,589%9 = 425 X 4,589S9 = 1,950,707 kilograniniètres. L'écart est ici, pour le travail au pas, beaucoup plus grand que pour la marche. Les considérations mécaniques conduisent aux chiffres suivants : Poids moyen du cheval : '^''^'^ '^ ^"^'^ = 42G'',8. Parcours movcn : 20Sl85,lO, à la vitesse de !M^ = r,.l01. Parcours effectif correspondant à l'excès de la ration de travail sur la ration d'entretien : 2,0185,10 — -1,000 = 1G,185"',10 en ,^^^^^= 11,552 secondes. On a par seconde : ''>" d'où : Travail dû à la niarclie, 42,70G X 11,552 = . . . 493,339 kilograniniètres. Le travail extérieur utilisable du manège a été en moyenne de 421,780 — Le travail total a donc été de. . . . 915,119 kilogramniètres. 464 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Si l'excès digéré de la ration de travail sur la ration de repos a pu produire un travail mécanique total de 1,950,707 kilogramraè- tres, et si le travail dû à la marche au pas sans traction est bien de 493,339 kilogrammètres, la différence 1,950,707 — 493,339 = 1,457,368 kilogrammètres sera le travail mécanique développé par le cheval pour effectuer avec le manège mi travail extérieur uldisable de 421,780 kilogrammètres. Le coefficient économique du cheval serait donc de 177777777= 0,29, c'est-à-dire sensiblement égal à celui de 0,30 qui est actuellement admis. Tous ces développements montrent clairement la possibilité d'é- valuer, la digestibilité des fourrages étant toutefois connue, la quan- tité de travail mécanique utihsable que pourra fournir une ration donnée. Pour cela, il suffirait de connaître sa valeur calorifique. La force musculaire a son origine tout entière dans la chaleur produite par les oxydations dont le muscle est le siège lorsqu'il entre en acti- vité. La physiologie nous apprend que les matériaux de ces combus- tions intramusculaires sont fournis par le sang et dérivent de la graisse et des hydrates de carbone des aliments. L'expérience de Béclard sur la variation de chaleur du muscle en activité et au repos a vérifié expérimentalement, pour les êtres vivants, le grand prin- cipe de la transformation de la chaleur en travail mécanique. Le muscle peut être comparé à une sorte de machine transformant la chaleur en travail. Mais, pendant cette transformation de la chaleur en travail, le muscle use très peu de sa propre substance, et les produits de la combustion intramusculaire dérivent surtout des graisses et des amylacés. Si, comme le prétendait Liebig, le travail musculaire était produit aux dépens du muscle lui-même, il est évident que l'on au- rait trouvé dans les produits de sa combustion des dérivés azotés en quantité proportionnelle au travail effectué. Il n'en est rien ; l'excès d'urée constaté dans l'excrétion ne s'est jamais trouvé en rapport direct avec le travail. En outre, la combustion du muscle ne pour- rait produire la chaleur correspondante au travail exécuté : les cal- culs établis plus haut montrent en effet que la chaleur développée par les matières azotées n'est qu'environ le 1/8 de celle qui était né- cessaire pour la production de la marche ou du travail. En comparant les quantités d'azote rendues par nos trois chevaux, ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 4G5 dans les urines, pendant la marche au pas et au trot, on trouve ce fait caractéristi({ue et assez inattendu : que pendant la marche au trot, tout en prodnisant un travail mécanique environ deux fois plus considérahle qu'au pas, nos trois chevaux ont constamment rendu dans l'urine moins d'azote que pendant la marche au pas. Et les chevaux n° 2 et n" 3 surtout n'ont pas formé de chair: ils ont plutôt hrùlé de leurs tissus, puisqu'il y a eu diminution de poids ; et cependant malgré cela, leur urine contenait moins d'azote pendant la marche au trot que pendant la marche au pas. On peut en conclure que l'excès de travail de la marche au trot sur la marche au pas n'a pas été produit par les matières azotées. Nous n'avons pas à tenir compte de l'augmentation dans l'urine de l'azote pendant la marche, par rapport à l'azote dérivant de la ration d'entretien, ni de l'accroissement de l'azote rendu pendant le travail. On se rappelle que la matière azotée des rations de marche et de travail se trouvait reliée à celle de la ration d'entretien par les rapports suivants: Ration de transport = "/,(, de la ration d'entretien. Ration de travail = ^/j de la ration d'entretien. Or, ces rapports se conservent précisément entre les quantités d'azote rendu dans les urines. Bien plus, pendant la marche ou le ti^avail au pas au manège, nous avons noté constamment une augmentation de poids des chevaux, tandis que pendant la marche ou le travail au trot, le poids des che- vaux s'est maintenu stationnaire, ou a diminué. Il suit de là que dans les essais au pas, le poids d'azote dosé dans l'urine devait être inférieur à celui des urines recueillies dans les essais au trot. Or, c'est précisément l'inverse qui s'est produit. Cela montre que l'aug- mentation ou la diminution de poids n'ont pas porté principalement sur les muscles et qu'à un accroissement dans le travail produit ne répond pas un surcroît dans le poids de l'urée rendue. Quant au travail au pas et au trot, à l'exception du cheval n° 2, pour lequel on a constaté en janvier 1881 un déficit anormal d'azote, les résultats sont les mêmes que dans le cas de la marche pour les chevaux n" 1 et n" 3. ANN. SCIENCE ACIUIN. 30 466 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Pour nous, et d'après nos expériences, il est certain que les ma- tières azotées ne sont pas les éléments générateurs de la force muscu- laire. Si l'on examine d'un peu près les résultats obtenus par E. Wolff, on voit qu'ils corroborent pleinement cette opinion. 0. Kellner qui les a discutés, semble adopter une conclusion diamétralement opposée à la nôtre et que rien ne justifie selon nous. En effet, l'expérience de Wolff et d'O. Kellner comprend 5 périodes dans lesquelles le travail produit a été différent; elle a fourni les chiffres suivants : PÉRIODE TRAVAIL effectué en kilogrammes. POIDS du cheval. PROTÉINE assimilée. AZOTE con'cspon- dant à la protéine assimilée. AZOTE dosé dans l'urine. DIFFÉRENCE entre l'azote asb^imilé et l'azote rendu. I. 475,000 534^1 840'S08 134-^4 99'^0 35'^4 n. 950,000 529 ,5 802 ,04 128 ,3 109 ,3 19 ,0 iif. 1,425,000 522 ,5 829 ,53 132 ,7 116 ,8 15 ,9 IV. 950,000 508 ,8 790 ,04 126 ,4 110 ,2 IG ,2 V. 475,000 518 ,0 808 ,89 129 ,4 98 ,3 31 ,1 Pendant les quatre premières périodes, il y a eu perte de poids du cheval, la cinquième a donné une augmentation. Voyons d'abord le mode de raisonnement de Kellner et s'il est vrai que 1' « augmen- tation de la transformation de l'albumine s'est faite d'une manière très régulière et corrélative du travail effectué par l'animal ». Cette proposition est déduite de la comparaison du poids d'azote dosé dans les urines. Or, dans la période I, l'azote dosé était de 99'%0 et dans la période II de iOO'^o. La différence dans l'azote rendu dans ces deux pério- des, soit 10^'',3, correspond donc à un travail de 475,000 kilogram- mètres. La comparaison des périodes II et III donne une différence d'azote de 7^',5 pour un même travail (•iTo ,000 kilogrammètres), les périodes III et IV, pour le même travail, donnent une différence de 6^^0 d'azote, et les périodes IV et V, ii^^Q. Voilà donc 475,000 ki- logrammètres auxquels correspondraient, suivant les périodes, des excès d'azote variant de G^'^ô à 1 1^%9, presque du simple au double : il n'y a donc pas proportionnalité. Et encore nous ne tenons compte que du travail extérieur utilisable en négligeant entièrement celui ALIMENTATION DU CHEVAL DE TRAIT. 4G7 de la marche qui, ici, a une grande importance, puisque, suivant les périodes, le chemin parcouru a varie du simple au triple. Mais ces comparaisons nous paraissent entièrement défectueuses en raison des causes d'erreurs que nous avons signalées et qu'incontes- tablement nous retrouvons ici. L'observation de Kellner que les uri- nes contenaient environ i7 p. 100 de leur azote total sous forme d'ammoniaque, nous autorise à penser qu'il a dû y avoir des perles dans l'évaluation de l'azote : pertes qui motivent l'écart considérable constaté entre l'azote assimilé et l'azote rendu. Gomme le cheval a diminué de poids pendant les A premières pé- riodes, il est impossible d'admettre qu'il y ait eu formation de mus- cles. L'azote de la protéine assimilée aurait du parconsé((ucnt passer intégralement dans les urines, sauf la portion utilisée pour la forma- tion de la corne et des poils, que l'on peut considérer comme cons- tante. Si la théorie de Liebig était vraie, c'est donc cette quantité de protéine assimilée qui serait corrélative du travail, puisque, assimi- lée, elle aurait servi à reformer les muscles détruits par le travail, de sorte que l'on devrait trouver une proportionnalité entre elle et le travail produit. Or, cette proportionnante n'existe pas ; bienphis, si l'on compare les périodes I et 11, les périodes IV et V, on remarque qu'au travail maximum correspond le minimum de protéine assimilée, et réciproquement. Nos recherches nous ont amenés au même résul- tat. Quant à la période III, les 900 tours du manège et les Ij-ii 5,500 kilogrammètres auraient été effectués aux dépens des 8:29''''',53 de protéine assimilée, alors que dans la première période, 840°'',08 n'auraient fourni que 300 tours et 4-75,000 kilogrammètres, c'est-à- dire le tiers du travail. Ici encore, le maximum de protéine assimilée correspond au minimum de travail produit. Nous pensons donc que les résultats obtenus par E. Wolff ont été mal interprétés et que ses expériences, confirmées par les nôtres sur certains points, prouvent que les matières azotées ne sont pas les éléments générateurs du travail mécanique. Les substances protéiques nous paraissent avoir pour rôle princi- pal d'entretenir dans son intégrité, l'instrument du travail (jui, chez l'animal, est le muscle : elles réparent les pertes que celui-ci doit né- cessairement subir par un exercice plus ou moins prolongé, s'oppo- 468 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. sant ainsi à la destruction de la substance même du muscle pendant le travail. S'il nous était permis d'établir une comparaison, nous di- rions volontiers que, pendant le travail, les matières azotées nous semblent empêcher la disparition des muscles , comme l'huile à graisser ralentit l'usure dans la machine à vapeur par exemple. Mais la source de la force musculaire réside, pour la plus grande part, sinon entièrement, dans la chaleur développée par la combus- tion des matières amylacées et grasses des ahments (carbone et hy- drogène). Cette conclusion de toutes nos expériences se traduit, dans la pratique de l'alimentation du cheval de trait et de service, par un fait économique du plus haut intérêt : l'introduction, dans les rations de la cavalerie, d'une proportion de principes immédiats amylacés très supérieure à celle qu'on admettait il y a quelques années. Le rap- port nutritif de la ration de travail doit être beaucoup plus voisin de j^ que de ~, qui était autrefois considéré comme très favorable à la production de la force chez l'animal de trait. Dans les expériences qui forment la dernière partie du programme que nous a tracé le Conseil d'administration, nous étudions les coef- ficients de digestibilité de chacun des fourrages qui entrent dans la composition de la ration et la valeur nutritive de cette ration envi- sagée dans ses rapports avec la production du cheval dans les diver- ses saisons. Les nombreux documents que nos études antérieures nous ont fournis nous permettront de mener à bien cette nouvelle série de recherches dont le résultat sera de fixer, sur des bases sohdes, les variations à introduire dans le régime de la cavalerie aux diverses époques de l'année. TRAVAUX DU LABORATOIRE DE LA STATION AGRONOMIQUE DE L'EST SUR LA PREPARATION DE L'ACIDE CARBONIQUE, DE L'HYDROGÈNE ET DE L'ACIDE SULFHYDRIQUE Par a. vivier PnÉPAUATKUK DU COURS DE CHIMIE ET DE PHYSIOLOGIE APPLIQUÉES A Li'AORICULTUKB Les appareils continus employés dans les laboratoires pour la pré- paration de l'acide carbonique, de l'hydrogène et de l'hydrogène sulfuré dérivent d'un type unique : l'appareil de M. IL Sainte-Claire- Deville. Ils permettent d'obtenir rapidement une grande quantité de gaz, à une pression généralement faible; mais leur débit diminue conti- nuellement. Le gazogène de M. Schûtzenberger, par exemple, donne des quan- tités énormes d'acide carbonique dans les premières minutes de sa mise en marche ; mais le dégagement diminue de plus en plus, pour devenir presque nul au bout de deux ou trois heures. Cela tient à ce que l'acide employé pour dégager le gaz arrive sur le carbonate de chaux par la partie inférieure; il se sature promptement en donnant une solution de chlorure de calcium plus dense, de sorte qu'on est obligé de relever continuellement le réservoir à acide pour que l'at- taque puisse continuer. M. Cloëz a fait connaître, il y a quelque temps (Bull, de la Soc. chim. de Paris, 5 fév. 1885), les modifications qu'il a apportées à un 470 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. appareil de M. Tissandier, publié dans le journal la Nature. Les ré- sultats auxquels il est arrivé constituent un notable progrès; mais la construction de son appareil est trop délicate, à cause de la pré- sence de deux longs tubes au sein d'une colonne étroite de marbre, de sulfure de fer ou de grenaille de zinc. De plus, l'élimination des liquides épuisés se pratique au moyen d'un tube de sûreté plongeant jusqu'au fond de l'appareil, ce qui nécessite dans celui-ci une pres- sion minima relativement considérable pour que cette élimination se produise (80"" d'eau environ). Enfin les quantités de gaz obtenues par M. Cloëz n'ont pas dépassé 3',50 à l'heure pour l'hydrogène, d'après les chiffres que l'auteur lui-même donne dans son mémoire. J'ai utilisé pour la préparation des gaz, sous pression et à débit constants, les dispositions imaginées autrefois par M. Th. Schlœsing dans ses recherches classiques sur la dissolution des carbonates et sur la nitrification. Dans les deux cas, il fallait obtenir pendant très longtemps un cou- rant lent d'acide carbonique pur, à une pression très faible; de petites trompes à eau puisaient l'acide carbonique et l'envoyaient dans les appareils où il devait être utiUsé. La forme à laquelle je me suis arrêté permet d'obtenir très faci- lement, avec de petits appareils, de l'acide carbonique, de l'hydro- gène et de l'acide sulfhydrique dans les conditions suivantes : 1° A des pressions variant de 1 centimètre à 1 mètre d'eau, ou plus, suivant les besoins; 2° Sous des débits de 1 à 60 litres à l'heure pour rhydrogène^ de 4 à 40 litres pour l'acide carbonique et de i à 15 htres pour l'acide sulfhydrique, tout en épuisant complètement les acides employés pour le dégagement. L'appareil présente, en outre, cet avantage qu'il permet de faire varier le débit et la pression du gaz indépendamment l'un de l'autre. Il se compose d'un flacon de Mariotte F, d'une contenance de 5 à 10 litres, rempli d'acide chlorhydrique étendu, muni à sa tubulure inférieure d'un long tube capillaire S recourbé comme l'indique la figure. Ce tube est destiné à donner un débit très lent d'acide. Il suffit de le faire tourner autour de sa partie horizontale de manière à le rele- PRÉPARATION DE l'aCIDE CARBONIQUE, ETC. 471 ver le long du flacon, pour arrêter récouleinciit de l'acide. On peut lui substituer avec avantai^e un tube à robinet court et terminé par un morceau de tube très capillaire ajuste au moyen d'un bout de tube de caoutcliouc. La vitesse d'écoulement du liquide est donnée par la formule de Poiseuillc : Q = K HD' qui peut s'applicpier ici d'une façon suffisamment approcbée , et dans la- quelle Q est la quantité de liquide écoulée dans l'unité de temps, K une constante, D le diamètre ^ du tube capillaire, L sa longueur et H la pression à la surface du liquide. Il est commode de faire ^ varier à la fois L et D : on choisit quelques mor- ceaux de tubes capillaires de longueurs et de dia- mètres convenables pour constituer une sorte d'é- chelle de débits pour la liqueur acide. L'appareil ainsi monté est moins fragile et l'on peut en un instant chan- ger la vitesse d'écoulement de l'acide et par conséquent celle de dé- gagement du gaz. 472 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Le réservoir à acide est disposé sur une tablette au-dessus de la deuxième partie de l'appareil qui consiste en une grande éprouvette à dessécher les gaz, d'une hauteur de 40*=" environ, remplie de gre- naille de zinc, de marbre ou de sulfure de fer en petits fragments; elle est munie d'un bon bouchon de liège paraffiné, ou de caoutchouc, portant un tube à robinet R pour la sortie du gaz, et un tube T ser- vant à l'introduction de l'acide. La distance verticale AB, entre les deux extrémités de ce tube, doit être un peu supérieure à la pression maxima, évaluée en eau^ que l'on se propose d'obtenir dans l'appareil. Enfin, la tubulure inférieure de l'éprouvette porte, au moyen d'un bouchon, un tube de plomb /, de petit diamètre, d'une longueur un peu moindre que la colonne d'eau représentant la pression maxima que l'on désire employer, et qui sert à l'écoulement du liquide épuisé. On a soin de développer ce tube en hauteur ou de l'enrouler jusqu'à ce que la différence de niveau entre son extrémité supérieure et l'élrangleraent inférieur de l'éprouvette représente un peu moins que la pression maxima. De cette façon, on est certain que l'appareil ne se noiera pas, et en même temps que le gaz ne sortira jamais par le tube de plomb. Les Uquides épuisés coulent dans un vase V, ou dans un entonnoir muni d'un tube de caoutchouc qui les dirige dans un égout, si on ne veut pas les utiliser. Pour mettre l'appareil en marche, on remplit d'eau l'éprouvette jusqu'au-dessus de l'étranglement inférieur, on la rebouche, puis on fait arriver l'acide en abaissant le tube S. La courbure inférieure du tube T se remplit peu à peu, et le liquide monte jusqu'à ce que la différence de niveau entre la grande et la petite branche représente la somme des pressions que rencontre le gaz au delà du robinet R. L'acide commence à couler dans l'éprouvette et le dégagement se produit; il en résulte quelques oscillations de la colonne acide qui se fixe rapidement au niveau correspondant à la pression convenable. Le régime permanent est alors établi, et le dégagement continue avec la même vitesse tant qu'on ne change pas la pression. PRÉPARATION DE l'aCIDE CARBONIQUE, ETC. 473 Sien veut l'aire varier la pression dans l'appareil, il se présente deux cas : ou bien on l'augmente, et alors le dégagement s'arrête pendant un instant jusqu'à ce que l'acide ait atteint un niveau assez élevé dans le tube AB, puis recommence sous la pression existante; ou bien on la diminue, et l'acide s'écoule un peu plus vite du tubcT jusqu'à ce que le niveau se soit abaissé en AB au point convenable. Dans les deux cas, il se produit quelques petites oscillations très rapides, et l'appareil reprend une marche régulière. La durée de l'état variable est très courte, à cause du petit dia- mètre du tube S (1''" environ). Il est utile de remarquer qu'ici , contrairement à ce qui se passe dansl'appareil de M. Cloëz, la pression du gaz dépend unicpiement des pressions qu'il doit vaincre sur son passage (à condition que les sections des tubes et du robinet soient suffisantes), de même que la quantité de gaz produite dans un temps donné ne dépend que du débit de l'acide. Il en résulte que l'on peut faire varier ces deuxéléments indépen- damment l'un de l'autre, et obtenir: 1° Un gaz à haute pression sous un faible débit; 2° Un fort courant de gaz à basse pression; 3° Un fort courant à haute pression ; 4° Un faible courant à basse pression; 5" Tous les intermédiaires entre les quatre cas précédents. On n'a pas à s'occuper de la pression, puisque c'est l'emploi que l'on fait du gaz produit qui la règle ; mais on peut agir sur la quan- tité, en faisant varier le débit de l'acide, et cela de deux manières. La première consiste, un acide étant donné, à changer la pression dans le flacon F, la longueur de l'ajutage, ou son diamètre. L'emploi d'une série d'ajutages choisis permet d'obtenir toutes les vitesses de débit désirables, sans qu'on ait besoin d'agir sur la pression dans le flacon F. La deuxième manière consiste à changer la concentration de l'acide en employant un appareil donné. J'emploie habituellement de l'acide chloihydrique à 10° ou \[°W contenant environ 4 équivalents (14C gr.) d'acide chlorhydrique IICl par litre. Si le flacon F est réglé de manière à débiter i litre à l'heure, 474 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. l'appareil produira 4 équivalents d'acide carbonique, soit 44 litres environ dans le même temps. En étendant l'acide de son volume d'eau sans changer l'appareil, on n'obtiendra plus que 22 litres à l'heure, etc. J'ai vérifié le fait pour l'acide à 1 équivalent de HGl : un litre de cet acide dégage 11 litres d'acide carbonique. 11 ne faudrait pas diluer outre mesure l'acide; car il n'attaquerait plus suffisamment le marbre. Dans les cas où l'on désire de très faibles débits, il vaut mieux employer en même temps un tube long de très petit diamètre et un acide peu concentré. En général, il est bon de combiner ces deux manières de régler l'écoulement : on assure ainsi une marche plus régulière. L'épuisement de l'acide se fait d'une façon à peu près complète, même avec des colonnes de marbre, de zinc ou de sulfure de fer de peu de longueur. On en aura la preuve dans le tableau suivant qui résume quelques expériences. Le débit était estimé en recueillant les gaz sur l'eau dans des cloches graduées. Pour l'acide sulfliydrique, on employait une cuve dont l'eau était saturée à l'avance de ce gaz. J'ai fait en outre, comme vérification, une détermination par pesée en absorbant H S desséché au moyen de ponce imprégnée de sulfate de cuivre anhydre. L'acide chlorhydrique employé contenait environ 144 gr. HGl par htre. NATURE HAOTEUR de la DIAMÈTRE de la DÉBITS de ACIDITÉ des DÉBITS dn PRESSION en du gaz. colonne. colonne. r acide. résidus. gaz. eau. cm. cm. cm'. par litre. litres. cm. Acide carbonique . . 30 7 800 0',06HC1 35 20 Hydrogène 20 6 1.420 ,73 61 40 Hydrogène sulfuré. . 17 5 500 1 ,09 15 10 Je me suis assuré d'ailleurs que les débits restent constants tant qu'il y a dans l'éprouvette une quantité suffisante de matière solide. PRÉPARATION DE l'aCIDE CARBONIQUE, ETC. 475 Ces quelques exemples suffisent pour montrer tout le parti que l'on peut tirer de ces appareils. Pour terminer, je signalerai une disposition qui permet d'arrêter le fonctionnement de tout l'appareil par la fermeture du robinet R. Elle consiste en un système de deux vases communicants contenant du mercure, et dont l'un est relié par le tube f au tube à robinet R. L'autre est fermé par un bouchon dans lequel passe à frottement un petit tube de verre relié par un tube de caoutchouc /' au tube du flacon F. En o' est pratiqué un petit trou dans le tube large pour l'écoule- ment du gaz. Quand on ferme le robinet R, le gaz est refoulé dans le système r et chasse le mercure dans la branche de gauche : celui-ci vient obturer l'extrémité o de la prise d'air du flacon F et l'écoulement de l'acide s'arrête. L'excès de gaz traverse le mercure et s'échappe par le trou o' . Celte disposition est surtout utile quand le tube AB est très grand et (piand le flacon F est hors de portée de la main. CONSEIL SUPÉRIEUR D'AGRICULTURE DE BELGIQUE (Session de 1885) RAPPORT SUK LA QUESTION DES ENG-RA.IS PRÉSENTÉ PAR M. A. PETERMANN DIRECTKUU DB LA. STATION AOKICOLIÎ EXPÉRIMENTALE DE l'ÉTÀT A GEMBLOUX Messieurs, La question soumise à l'examen de la commission des engrais est ainsi posée : Convient-il de prendre des mesures pour vulgariser l'emploi des engrais complémentaires et pour prévenir les falsifications? Convient- il de réclamer l'intervention de l'Etat pour favoriser, par des primes, l'établissement de citernes à purin ? Afin de mettre de l'ordre dans la discussion et pour assurer la clarté du rapport, la commission a été d'avis de scinder la première partie de la question. Elle a donc examiné successivement les points suivants : a) Convient-il de prendre des mesures pour vulgariser l'emploi des engrais complémentaires ? h) Convient-il de prendre des mesures pour prévenir les falsifi- cations? c) Convient-il de réclamer l'intervention de l'État pour favoriser, par des primes, l'établissement de citernes à purin? RAPPORT SUR LA QUESTION DES ENGRAIS. 477 a) Convient-il de prendre des mesures pour vulgariser l'emploi des engrais complémentaires ? L'emploi rationnel des engrais complémentaires présente des avantages considérables. Les données fournies par les cultures expé- rimentales et les résultais obtenus par la pratique depuis une tren- taine d'années le prouvent d'une manière péremptoire. Aussi l'impor- tation et la production d'engrais complémentaires ont-elles déjà pris une grande extension. La Belgique à elle seule en consomme annuel- lement 174 millions de kilogrammes. Cette évaluation, qui, naturel- lement, ne peut être exacte qu'à quelques millions près, résulte des chiffres suivants : Importation d'engrais, principalement: KILOGRAMMES. Guano, niJrate de soude et sels de potasse 70,474,000 Production de superpliospliates de chaux 39,000,000 — de sels ammoniacaux 4,000,000 — de phosphate d'os, poudre d'os, noir animal, poudre de sang, de viande, de cornes et de cuir. . . 37,000,000 Déchets de l'industrie lainière 35.000,000 Tourteaux employés comme engrais 20,000,000 Matières diverses 10,000,000 215,475,000 A déduire l'exportation 41,537,000 Reste 173,938,000 soit un total de 174 millions de kilogrammes. La consommation réelle d'engrais complémentaires dépasse cer- tainement ce chiffre déjà considérable, car on utilise un certain nombre de produits très appréciés comme matières fertihsantes et dont la quantité employée se soustrait à toute évaluation. Si on répartit la consommation totale en engrais auxiliaires sur la surface cultivée, qui est de 2,100,000 hectares, on arrive à fixer l'achat moyen de matières fertihsantes à 83 kilogrammes par hectare. En tenant ensuite compte que dans beaucoup de contrées du pays, surtout dans le Hainaut, dans certaines parties des provinces de Brabant, de Namur, de Liège et des Flandres, on emploie fréquem- ment un minier de kilogrammes, et au delà, d'engrais artificiels, 478 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. que la dose à laquelle on répand les déchets de laine, qui constituent à eux seuls plus de la moitié de la consommation en engrais azotés, est de 2,000 à 3,000 kilogrammes à l'heciare, on voit combien doit être immense l'étendue des champs qui n'ont jamais reçu, sous forme d'engrais auxiliaires, un atome des principaux éléments nutritifs des végétaux, combien doit être grand le nombre des cultivateurs qui ne se préoccupent pas de la restitution de l'azote, de l'acide phos- phorique et de la potasse exportés de leur ferme sous forme de grains, de plantes industrielles, de viande et de lait. En se basant sur les chiffres précédents, on peut affirmer qu'un hectare à peine sur vingt-cinq est fumé à l'aide de matières fertihsantes du commerce. La culture intensive, la production de plus en plus grande de plantes industrielles, le développement de la culture maraîchère, l'extension à donner à l'élevage du bétail, par conséquent à la pro- duction de fourrages à hauts rendements, tous ces remèdes préco- nisés avec raison pour améliorer la situation actuelle de l'agricullure, ne sont réalisables qu'à l'aide d'une application raisonnée des engrais concentrés du commerce; il y a donc utihté incontestable à favoriser par tous les moyens possibles l'extension de l'emploi de ces auxiliaires puissants du progrès agricole. Il ne suffit pas de fumer intensivement, il faut fumer rationnelle- ment. Cette condition est indispensable pour que l'argent consacré à l'achat d'engrais complémentaires ne soit pas seulement remboursé par une augmentation de récolte, mais produise un bénéfice. Malheu- reusement, l'instruction insuffisante de beaucoup de consommateurs d'engrais est cause qu'ils les choisissent ou les emploient mal. La commission croit même pouvoir affirmer, sans s'exposer à être taxée d'exagération ou de pessimisme, que la situation pénible dans laquelle se trouvent beaucoup de cultivateurs provient en grande partie des dépenses considérables faites pour l'achat d'engrais auxiliaires choisis ou appliqués d'une manière irrationnelle. L'acquisition de matières fertilisantes non appropriées aux condi- tions spéciales d'une culture donnée; l'achat d'engrais complets là où il n'y avait utilité à rendre à la terre que l'un ou l'autre des élé- ments manquants; l'abus d'engrais exclusivement azotés, tels que le nitrate de soude, le sulfate d'ammoniaque, les laines, produisant ici RAPPORT SUR LA QUESTION DES ENGRAIS. 479 In verse dos céréales, là des bcUeraves pauvres en sucre et d'une \ maluralion lardivc; rapidicalion d'engrais pliosplialés et polassitjucs dans des terres naturellement riches en matières minérales, où une faihle fumure exclusivement azotée aurait sufli pour les porter à leur maximum de production; la ré])aitition en couverture de certains engrais qui ne produisent la totalité de leurs eiïelsquc lorsqu'ils ont été enterrés avant les semailles; l'achat de matières fertilisantes à un prix beaucoup au-dessus de leur valeur intrinsèque, abstraction faite pour le moment des falsifications ;• toutes ces erreurs, — et nous n'en citons que quelques-unes, — fréquemment commises par des cultivateurs sans connaissances spéciales dans la matière, sont des causes de perles sensibles qui grèvent lourdement le prix de revient des produits de la terre. Et ce qui est pis encore, c'est que ces insuc- cès font naître dans l'esprit de ces cultivateurs des doutes sur la vérité des principes scientifiques sur lesquels se base l'emploi des engrais ailificicls. On trouve que les engrais n'ont pas du tout agi, ou au moins que l'augmeulation de récolte produite est loin de compenser le surcroît de dépenses faites, et plus loin encore de donner un bé- néfice. Les désillusions sont grandes. Mais au lieu de chercher la cause de l'insuccès dans sa propre ignorance, au lieu de tirer profit de la leçon si chèrement payée, on trouve plus facile de retourner à l'ancien régime et l'on devient réfractaire au progrès. Cette considération aussi vient puissamment à l'appui de la con- clusion à laquelle nous étions arrivé plus haut, que l'on peut rendre à l'agriculture des services réels et immédiats en favorisant l'exten- sion de l'emploi des engrais complémentaires basé sur l'application raisonnée des principes scientifiques. Quelles seraient les mesures à prendre à cet égard? La commission, après avoir longuement discuté les divers moyens proposés par ses meml)res et en se ralliant à quelques vœux émis par la commission provinciale du Brabaut, s'est arrêtée à proposer les mesures suivantes, les unes d'ordre matériel, les autres d'ordre intellectuel : L — Augmenter le nombre des laboratoires agricoles de l'Elat, de façon à ce qu'il y en ait un par province. Ces établissements ont pour mission, non seulement de faire les analyses de matières ferli- 480 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. lisantes, mais aussi de donner aux cultivateurs de la région où ils fonctionnent des conseils gratuits sur leur emploi rationnel. II. — Augmenter le nombre des conférences données dans les campagnes par des personnes compétentes, d'après un programme méthodique et conformément à un plan d'ensemble arrêté par le Gouvernement. III. — Instituer des professeurs nomades, tels qu'il en existe en France (professeur départemental d'agriculture) et en Allemagne ( Wanderlehrer), chargés de donner dans les centres agricoles une suite de leçons pratiques sur la question des engrais et sur les ma- tières intéressant spécialement la production agricole locale. IV. — Distribution par l'État, les provinces et les sociétés agricoles, de publications traitant du choix, de la composition, de la falsifica- tion et de la manière d'employer les engrais commerciaux. Éventuellement mettre au concours la rédaction d'une brochure populaire sur la question des engrais. V. — • Réduire d'une manière sensible le tarif actuellement en vigueur pour le transport des matières fertilisantes de toute nature. VI. — Conseiller aux cultivateurs de se constituer en sociélés coopératives pour l'achat des engrais. VII. — Déposer au siège des sections agricoles et dans les écoles des communes rurales des collections rationnellement faites de types de matières fertihsantes du commerce. VIII. — Création par le Gouvernement ou par les sociétés agricoles de récompenses spéciales en faveur des personnes qui auraient établi de petits champs d'expériences, organisés, non pas dans un but de recherches, mais en vue de démontrer et propager les faits acquis à la science agronomique. , IX. — Création d'un prix spécial (triennal ou quinquennal) pour récompenser des découvertes scientifiques ou industrielles qui auraient pour résultat d'ouvrir de nouvelles sources de matières fertilisantes ou de réduire sensiblement le prix des engrais artificiels connus. b) Convient-il de prendre des mesures pour prévenir les falsifi- cations ? Une cause qui nuit considérablement à l'extension de l'emploi des RAPPORT SLR LA QLESTlON DES ENGRAIS. 481 engrais commerciaux consiste dans leiir falsification, (jui s'opère sur une vaste échelle. Quoique cette fraude ait été combattue par les stations agricoles et par tous les moyens dont elles disposent, le mal n'est pas déraciné. 11 a seulement changé de forme. Il est incontes- table, et tous les chimistes sont, je pense, de notre avis, que les fal- sifications grossières deviennent de moins en moins nombreuses. Les fraudeurs ont changé leurs procédés. La fabrication est devenue un art véritable, dirais-je, se perfectionnant avec les progrès de la science, tirant parti des nouvelles découvertes, modifiant la manière d'opérer avec le perfectionnement des méthodes dont disposent la chimie analytique et la microscopie pour dévoiler les manœuvres frauduleuses. Les stations agricoles auxquelles on a confié la défense des intérêts de l'agriculture, sont naturellement impuissantes pour prévenir les fraudes, mais elles fournissent aux consommateurs d'engrais les movens de s'en garantir, ou bien, une fois commises, de les recon- naître. La fraude dûment constatée, c'est à la partie lésée de déposer une plainte, c'est dans son intérêt particulier comme dans l'intérêt général. Le chimiste avant dévoilé la fraude ne peut ordinairement se faire le dénonciateur auprès du procureur du roi. Il ne connaît qu'excep- tionnellement le nom du vendeur et, sauf les cas où il s'agit d'allé- rations frauduleuses par l'introduction de matières étrangères, il lui mamiue le plus souvent les éléments nécessaires pour apprécier s'il y a tromperie ou non, ignorant les conditions de vente. C'est donc évidemment à la personne dont la bonne foi a été surprise qu'il appartient de faire réparer le tort qui lui a été infligé et de venger la conscience publique. Mais ici on rencontre des difficultés. Fréquemment les personnes trompées s'abstiennent de poui*suites par indolence. C'est ainsi que dans un cas de guano honteusement falsifié, le cuhivateur qui en avait adressé un échantillon à la station agricole de Gembloux pour l'analyser, a refusé d'indiquer la provenance de ce produit, en disant : « Je ne veux avoir de démêlés avec personne ni faire tort à qui que ce soit et je ne puis vous indiquer la maison qui m'a vendu celte marchandise. ?» Souvent on rencontre cette objection : « Je ne ga- axx. science agrox. 31 482 ANNALES DK LA SGIENCF. AGUONOMIQ CE. gncrai pas mon procès, la loi est incomplète et insniïisante ponr punir la falsification des engrais, -a A force d'entendre souvent ce propos, le public finit par y croire. Plus fréquents encore sont les cas où l'acheteur, tout en étant disposé d'abord à demander répara- tion par la justice, s'abstient sur les conseils de personnes compé- tentes. Ayant, par ignorance ou par excès de confiance, négligé de prendre, lors de la conclusion du marché ou lors de la levée des échantillons, les précautions les plus élémentaires, il reconnaît, trop tard, qu'il lui est impossible de fournir les preuves nécessaires pour établir avec certitude la culpabilité du fournisseur qui a abusé de sa bonne foi. Il résulte de ce que nous venons d'exposer que l'on ne poursuit pas assez souvent et que, par conséquent, un bon nombre de falsi- fications d'engrais restent sans châtiment. En présence de cette situation fâcheuse, des voix nombreuses se sont élevées depuis longtemps déjà pour réclamer des pouvoirs publics l'établissement de mesures propres à y mettre un terme. On demande que les lois existantes soient changées, que les tribunaux soient armés d'une loi spéciale pour réprimer la fraude dans le com- merce des engrais. De nouveau, le Conseil supérieur d'agriculture est saisi de cette grave qucsiion, touchant à l'intérêt vital de l'agri- culture. La connuission, à l'avis de laquelle le troisième point du question- naire de M. le minisire de l'agriculture a été soumis, s'est avant tout posé la question suivante : « Les articles du Code pénal traitant de la trompei'ie suffisent-ils pour punir les falsifications en matière d'en- grais? » La loi étant reconnue incomplète ou insuffîsaute ou trop indulgente, il y auiait naturellement lieu, pour le Conseil supérieur d'agi'iculture, de réclamer l'intervention du ministre auprès de la Législature pour obtenir la promulgation d'une loi spéciale, quels que puissent être d'ailleurs les mconvénients des lois spéciales. Mais si, au contraire, la commission était amenée par un examen approfondi à reconnaître que la loi arme le juge d'une manière suf- fisante pour punir les fraudes dont tant de cultivateurs ont à souffrir, il y aurait lieu pour elle de recliercher les causes auxcpielles, malgré l'existence d'une bonne loi, il faut attribuer que les condamnations nAPi'Onr sin i,a question ntis RNf.nAis. 483 soni si ])iMi iKiiiihiciises. Ces causes uni; fuis (Hiililies il finidiiiil rccliciclii r les luoyciis de les coiiihiillix;. Le Code jM'iiiil coiilicnt les articles suivants : « Art. 498. Sci-a puni d'un oniprisonncnicnt (Tnii mois à un an ot (TniK; amende de cinquante à mille francs on d'uiK; de ces peines seulement, celui ([ni aura liompé l'acheteur: « Sur l'identité de la clios^ vendue, en livrant frauduleusement une chose autre que l'ohjet déterminé sur l(Miuel a i)orté la transaction; « Sur la nature ou l'origine de la chose vendue, en vcndaiil i)\\ en livrant imc chose semhlahle en apparence :à celle (pi'il a iicjiclée ou qu'il a cru acheter. » « Art. -499. Seront condamnés à un emprisonnement de huit jours à un an et à une amende de vingt-six francs à mille francs, ou ;'i une de ces peines seulement, ceux qui, par des manœuvres frauduleuses, auront trompé l'acheteur sur la (juantité des choses vendues. » La commission a attentivement passé en revue toutes les fraudes qui peuvent se commettre dans le commerce des engrais. Elle a tiré profit des l'egistres des lahoratoircs agricoles où sont consignées plus de 25,000 analyses de matières fertilisantes provenant de toutes les parties du pays et renfermant des spécimens instructifs de tout ce que l'esprit le plus ingénieux et le plus dénué de sens moral peut imaginer en fait de tronq)eries et de manœuvres déloyales. Toutes les pratiques frauduleuses rentrent dans l'un ou l'autre des cas suivants : 1" Maujiue de poids; 2" Introduction de matières étrangères inertes ou ce qui est pis encore, de matières nuisihles; 3° Fourniture d'une marchandise autie que celle sur kKjuelle a porté la transaction; 4" Fourniture d'une marchandise d'une valeur moindre que celle sur laquelle a })orlé la transaction; 5" Fourniture sous le nom « d'engrais » d'une matièie qui, d'après les données de la science agronomique, ne possède point de propriétés fertilisantes. La loi est-elle insuffisante poui- i)unir les fraudes se rattachant à l'un ou à l'autre des cas précités? Nullement. La nalnre Videnlilc, 484 ANNALES DE LA SCIENCE AGI'.ONO MIQLE. Vorigine d'une chose, lui assignent un certain nombre de caractères dont dépend sa valeur. Cette valeur est réduite et, par conséquent, l'acheteur est lésé dans ses intérêts, si d'une manière ou de l'auti'e on Ole, altèie ou diminue les propiiétés sur lesquelles elle repose. Le juge clairvoyant ne rencontrera aucune difficulté pour découvrir, dans chaque cas de falsification d'engrais, une fraude, soit sur la nature^ Vorigine ou sur Y identité de la matière fertihsante qui a été l'objet de la transaction. Mais serrons la question de plus près. Examinons si les sophisti- cations les plus fi'équenles n'entrent pas dans le cadre des fraudes sur la nature, Vorigine ou Y identité de la chose vendue. La falsifi- cation du guano par l'introduction de terre, de sable, de plâtre, de phosphates minéraux; le mélange de sel de cuisine ou de kaïnite, dépourvus d'azote, au nitrate de soude, dont la valeur comme engrais dépend du titre en cet élément; l'introduction de plâtre, ne renfer- mant point de potasse, dans le chlorure ou le sulfate de potassium, dont l'effet est en rapport avec la richesse en ce principe; l'addition de phosphates minéraux bruts dont facide phosphorique n'est pas immédiatement assimilable au phosphate précipité qui, par une pré- paration chimique, est devenu une matière fertilisante d'une valeur hautement appréciée; toutes ces manœuvres frauduleuses ont pour résultat une altération profonde de la nature, par conséquent des propriétés et de la valeur d'un produit. Et la loi serait impuissante à frapper, malgré (jue le Code pénal prévoit la fraude sur la nature de la chose vendue? Un cultivateur a conclu un marché pour acquérir un lot de guano. L'analyse fait découvrir que l'engrais livré n'a du guano que le nom et ipi'il est constitué d'un mélange de sulfate d'ammoniaque et de superphosphate légèrement coloré en jaune ou en brun par finlro- duclion de matières organi(|ues dans l'acide sulfurique qui a servi à attaquer le pliosphate. N'est-ce pas là une fraude manifeste sur Y iden- tité et sur Vorigine du produit sur lecpiel a porté la transaction ? Le vendeur n'a-t-il pas trompé l'acheteur aussi's'urla?««/«r6'de la chose vendue, en lui livrant une chose semblable en apparence à celle qu'il a achetée ? L'article AQH du Code s'applique parfaitement à cette tromperie si frécjuemment mise en œuvre. HAPPOnr SLH I.A OL'KSTION DES ENfiBAIS. 485 Alliic par les plus habiles rcclaiiies, un IViinicraclièlc sous le nom d'engrais, sans spécification du nom ou de lit couiposition, une ma- tière qui, à l'analyse, se montre composée de tout, saut d'éléments nutritifs des végétaux. Aucune convenlion spéciale n'ayant été conclue entre les parties intéressées, il n'y a donc tromperie ni sur V origine, ni sur Videnlilé du produit. Mais faut-il poiu- cela f(ue la personne dupée subisse en silence la fraude dont elle a été vicliuie ? Nous ne le pensons pas. Une matière qui ne renferme point de principes fer- tilisants et cela en dose suffisante pour produire un eff(^t, n'est de sa nature point un « engrais », ou, c'est un « engrais » ([ue le fermier « a acheté ou a cru acheter ». Si, d'a()rès l'appréciation de f expert, la marchandise livrée ne peut être considérée comme un engrais, le juge, dans le cas de lésion que nous venons d'exposer, est aussi cer- tainement à môme d'appliquer la loi sur la fraude. D'ailleurs, pour ce cas, comme pour tous les cas de tromperie, les plus fré(juents peut-être, où le marchand déloyal, profilant d'un manque de convention spéciale, de l'omission de garantie de titre, fournit une marchandise d'une richesse beaucoup en dessous de celle que l'acheteur était en droit d'attendre d'après le prix qu'il a payé, le juge n'a-l-il jias le moyen de faire établir par expert si, dans les conditions où s'est fait le marché et d'après les usages du commerce des engrais, la marchandise doit être considérée comme loyale? La commission, après mùr examen, est donc d'avis que les articles du Code pénal traitant de la fraude en général sont parfaitement applicables à la falsificalion des engrais. Qu'une interprétation juste et intelligente de cette loi suffît pour protéger les intérêts des con- sommateurs et pour leur donner appui dans leurs réclamations. La nécessité d'une loi spéciale ne lui paraît nullement démontrée. Les lois spéciales ont, dailleurs, ce grave inconvénient de n'être efficaces (jue pour aut.uit (pTclles mentionnent tous les cas de fraude qu'elles doivent, réprimer. Tandis que la sagesse et la clairvoyance du juge peuvent faire rentrer dans le droit commun toutes les tentatives de fraude ou toutes les tromperies commises, elles ne peuvent, en appli- quant une loi d'exception, que punir les délits spécialement mention- nés dans cette loi. C'est précisément ce qui est arrivé en France. L'opinion publique, 486 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. justement émue par les proportions inouïes qu'avait prises la falsifi- cation des engrais, « par les fortunes scandaleuses qui n'ont pas eu d'aulres bases ({ue l'exploitation des besoins et de la crédulité des cultivateurs », avait obtenu la satisfaction de voir adopter une loi spéciale sur la matière : cette loi porte la date du 27 juillet 1867. Après 17 ans qu'elle fonctionne, M. Méline, minisire de l'agriculture en FrancCj doit reconnaître, dans l'exposé des motifs qui accompagne' un nouveau projet de loi concernant la répression des fraudes dans le commerce des engrais, « que les mesures édictées par la Législa- ture de 1867 étaient restées impuissantes ». Des modilications y ont été apportées. Mais la nouvelle loi aura le même sort que la précé- dente. Elle contient un article déplorable concernant la garantie de composition à donner par le vendeur. N'adoptant pas pour l'indication des principes fertilisants la dénomination qui a été proposée par une commission comptant dans son sein les chimistes français les plus illustreSj le projet de loi ouvre une large porte de sauvetage aux fraudeurs. Les protestations ncmanquent d'ailleurs'déjà pas et l'on demande purement et simplement de faire rentrer le commerce des engrais dans le droit commun régi par l'article 423 du Code pénal français. La promulgation d'une loi spéciale sur la falsification des engrais présenterait encore cet inconvénient, qu'elle devrait être immédia- tement suivie d'une loi spéciale sur les fraudes dans le commerce des s'emences et des matières alimentaires pour le bétail, car ici les sopliisticalions se pratiquent sur un pied au moins aussi important et sont dans leurs conséquences beaucoup plus funestes ((ue la fraude dans le commerce des matières fertilisantes. Mais une fois engagé, où s'arrèterait-on dans cette voie? Les précédents ne manquent d'ailleurs pas pour prouver que la loi actuellement en vigueur est suffisante pour donner satisfaction à la morale publique et punir ceux qui trompent le premier producteur de la nation. Qnoique la commission ait son opinion parfaitement arrêtée, elle s'empresse néanmoins deproposer au Conseil supérieur d'agriculture de demander à M. le ministre de l'agriculture d'inter- venir auprès de son collègue de la justice pour faire une enquête sur les condamnations pour falsifications d'engrais, sur les acquittements RAPPOltT SUU LA QUKSTION DKS ENGRAIS. 487 el, sur l(.'s iiiolifs (jiii les uni miiicik's, uliii de (■(Hislnter si coux-ci uiit eu pour cause riusufTisancc de la lui ou le niamiue de précautions de la pari de l'acheteur. Mais en attendant le résultat de cette entpiète, (pii ne pourra man- quer do fournir les renseignements les plus intéi'cssants sons tous les rapports et (|ui permettra de trancher la question d'une manière délinilive, il y a certaines mesures à prendre en faveur de la moralité du commerce des engrais. La continuation de la fraude dans le commerce des engrais est évidemment due en grande partie à ce (pi'on ne les fait pas analyser assez souvent. C'est sur ce manque de j)récaution de la part du con- sommateur que spécnlele petit détaillant chez (jui se commet princi- palement l'altération frauduleuse des matières fertilisantes. Pourquoi ne parle-t-on pas de fraude dans le commerce des sucres? Tout sim- plement parce qu'il est de règle depuis longtemps de faire vérifier {lar le chimiste chaque lot de sucre. Et s'il est vrai qu'il est maté- riellement impossihic d'analyser chaque sac d'engrais que l'agricul- ture helge consomme, pour([uoi les petits consommateurs de quelques centaines de kilogrammes de guano ou d'engrais chimi(pies ne s'as- socient-ils pas pour acheter ensemhle im wagon ? Les sociétés coo- pératives rendraient d'immenses services sous ce rapport et l'aug- mentation du nomhre des laboratoires agricoles devrait faciliter par tous les moyens possibles l'exécution rapide, soigneuse el peu coû- teuse des analyses. Les fabricants d'engrais honnêtes étant d'ailleurs les premiers intéressés à voir disftaraître la fraude, ont sur leur propre demande placé leurs produits sous le contrôle des chimistes, en supportant môme les frais de cette vérification. Mais au lieu de s'a- dresser à des maisons connues, comme on le lui a déjà si souvent conseillé, le cultivateur crédule se laisse séduire par les promesses de certains courtiers sans moralité, qui ne présentent aucune espèce de garantie. Nous avons déjà fait voii- plus haut quelles sont les conséquences d'un manque de prévoyance, causé par l'ignorance, dont font preuve beaucoup de cultivateurs dans l'acquisition et dans la réception des engrais. Il est évident que si l'on ne s'est pas entouré de toutes les précautions possibles lors de la levée des échantillons, ou, ce qui 488 ANNALKS DE LA SCIENCE AGUONOMIQUE. arrive encore plus souvent, si l'on n'en a pas piis du tout et que l'on remarque seulement la tromperie au moment de la récolte, il est trop lard de se plaindre sur ses espérances déçues, aucune législa- tion du monde ne peut venir en aide au malheureux qui a été la victime d'un plus malin que lui. Sous ce rapport, la plus grande publicité à donner, par voie administrative ou par les organes des sociétés d'agriculture, aux fraudes dévoilées, aux précautions à prendre pour les prévenir, est d'une utilité manifeste. La commission est d'avis qu'il peut être fait beaucoup dans ce sens. Elle pense aussi que l'autorité judiciaire pourrait intervenir d'une manière plus directe dans la répression des tromperies qui se com- mettent dans le commerce des engrais. Le procureur du roi peut poursuivre d'(jffice. Il devrait le faire chaque fois qu'une manœuvre frauduleuse lui est signalée, la personne trompée négligeât-elle de réclamer la réparation civile à laquelle elle a droit et il devrait tou- jours, nous semble-t-il, mettre l'action publique en mouvement quand une condamnation civile à charge dun vendeur d'engrais révèle une tromperie punissable. Les mesures que nous avons proposées en vue de propager l'em- ploi des engrais complémentaires auront pour résultat final de déve- lopper et de répandre des connaissances spéciales sur la nature et la composition des matières fertilisantes et sur les falsilications qu'elles peuvent subir. La diffusion de ces connaissances contribuera largement à diminuer les cas de fraude. Il devient facile de se dé- fendre contre un ennemi quand on le connaît. Les fermiers instruits ne sont pas rares qui achètent depuis de longues années des matières fertilisantes pour des sommes considérables sans avoir jamais été trompés. L'ancien adage est toujours vrai : « N'est trompé que celui (pii veut l'être. » La commission s'est arrêtée aux conclusions suivantes : « Le Conseil supérieur d'agriculture propose à M. le ministre de l'agriculture d'intervenir auprès de son collègue de la justice pour ordonner une enquête sur les poursuites exercées pour falsifications d'engrais, sur les acquittements intervenus et sur leurs motifs, afin de constater s'ils sont dus à une insuffisance de la loi ou à un manque de précautions de la part des acheteurs. » RAPPORT SUR LA QUESTION DES ENGRAIS. 489 En allcndaiit le résultat de l'enquête, le Conseil supérieur d'agri- culture propose au Gouvernement les mesures suivantes pour com- battre la falsilication des engrais : I. — Uecommandcrà l'aulorilé judiciaire d'appliquer avec sévérité les articles 498 et 499 du Code pénal à la répression des fraudes ou tentatives de fraudes commises dans le commerce des engrais et de poursuivre d'office toute manœuvre frauduleuse. II. — Recommander aux officiers du ministère public et de la po- lice judiciaire etaux bourgmestres des communes rurales, d'informer le procureur du roi de toute fraude ou tentative de fraude dûment constatée, venue à leur connaissance. III. — Faciliter par tous les moyens possibles la pratique des ana- lyses d'engrais et le contrôle tel qu'il est organisé par les stations et laboratoires agricoles de l'Etat. IV. — Recommander par voie administrative aux cultivateurs de prendre lors d'un acliat d'engrais les précautions suivantes : a) Demander au vendeur une facture portant la désignation du nom et de la nature de l'engrais, et une garantie du titre en prin- cipes fertilisants exprimée dans les termes suivants : Azote ammoniacal; azote nitrique; azote organique; acide pbos- phorique anhydre soluble dans l'eau; acide pliosphorique anhydre soluble dans le citrate d'ammoniaque alcalin; acide pliosphorique anhydre soluble dans l'acide; potasse anhydre soluble dans l'eau. h) Prélever, au moment de prendre livraison de l'engrais, en pré- sence du vendeur ou de deux témoins honorables, un échantillon moyen, en remplir deux flacons en verre, boucher ces flacons à la cire et y apposer soit les cachets de l'acheteur et du vendeur, soit les cachets des témoins; constater la levée des échantillons par une déclaration portant la signature des intervenants; envoyer un des échantillons à un chimiste })ublic pour être analysé et conserver l'autre pour servir en cas de contestation. c) Convicnl-il de réclamer V intervention de l'État pour favoriser par des primes l'établissement de citernes à purin? La commission, tout en ayant proposé une série de mesures pour favoriser l'extension de l'emploi des engrais complémentaires, recon- naît hautement l'utilité des matières fcrtiUsantes }»roduites dans la 490 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. ferme. 11 est évident qu'avant de remuer et de fouiller les entrailles de la terre pour y puiser les phosphates, avant d'affréter des navires pour aller chercher sur les côtes de l'Amérique le guano et le nitrate de soude, ou au pôle Nord les engrais préparés à l'aide de poissons desséchés, il convient de recueillir, de conserver et d'utiliser d'une manière rationnelle les principes ferlilisants contenus dans les excré- ments des animaux ou dans les déchets du ménage et de la ferme. L'agriculture y est aussi intéressée que i'hygiène puhlique. Tous les efforts faits pour améliorer les moyens de recueillir et de conserver les engrais naturels par une honne appropriation des étables, par l'établissement de plates-formes couvertes, defossesà purin étanches et munies de pompes disposées pour arroser facilement et sans perte le tas de fumier, tous les soins apportés à la préparation de composts à l'aide des nombreux déchets de toute nature produits journelle- ment dans la maison, la ferme, les établissements industriels et sur la voie publitpie, enfui les recherches faites dans le but de découvrir de nouvelles matières aptes à servir de litière économique et douées à un haut degré du pouvoir absorbant, toutes ces initiatives méritent d'être encouragées dans l'intérêt du progrès agricole. L'ignorance ou la négligence sous ce rapport font perdre à l'agriculture des sommes considérables. Chaque mètre cube de purin qui s'écoule du tas de fumier et qui n'est pas recueilli, constitue une perte sèche de . plus de cinq francs. L'intervention de l'État dans une ([uestion comme celle qui nous occupe doit avant tout être dirigée vers l'extension des connaissances agronomiques, vers le développement de l'instruction agricole. Comme il ne peut entrer dans l'esprit de personne de réclamer au Gouvernement, au nom de l'agriculture souffi'ante, de fournir gratuitement les engrais chimiques au cultivateur ou de se charger de battre ses récoltes, on ne peut avec plus de raison demander que l'État construise à ses frais, dans des fermes de particuliers, des fosses à purin ou des plates-formes à fumier. Ce n est même pas le rôle des sociétés d'agriculture. Cependant, comme celles-ci ont inscrit sur leur drapeau le progrès agricole et que la question que nous examinons y est intimement -liée, que les soins intelligents à donner à ce bon vieux fumier tant RAPPORT SUR LA QUESTION DES ENGRAIS. 401 calomnie sont dans certaines parties du pays absolument ignorés ou d('laissés, les sociétés agricoles peuvent rendre des services sérieux en inscrivant dans le programme de leurs concours, expositions et concours de fermes, des primes spéciales [imir les installations ou procédés les plus convenables pour recueillir et conserver les excré- ments et autres décliets renfermant des piincipcs utiles à la végéta- tion. La construction de citernes à i)urin y figurerait naturellement au piemier rang. Ces primes, qui devraient être surtout des primes en argent, seraient cerlainement un stimulant actif pour la réalisation si longtemps attendue de ce desideratum : qu'il ny ail plus de ferme sans cilerne à purui. D'-iiilleurs, en parcourant les rapports faits sur jes concours de fermes organisés déjà dans plusieurs provinces, on remarcpie que les jurys ont donné à ce point toute l'attention (pi'il mérite. Les sociétés agricoles ne disposant que des faibles cotisations de leurs membres, les expositions et les concours ne sont possibles (prà l'aide de subsides du Gouvernement. 11 serait vivement à désirer (pie celui-ci augmentât, pendant un certain nombre d'années, chacun de ces subsides de quel(|ues centaines de francs, en exigeant de la part des sociétés agricoles de consacrer cet argent à la destination spé- ciale que nous avons en vue. La commission est d'avis qu'il convient d'émettre les vœux suivants : LeConseilsupérieurdes ministres recommande au Gouvernement: i° De demander aux conférenciers agricoles cl aux professeurs uoinades de Irailer fréquemnicut cl avec lotis les déueloppenicnls qu'elle mcrile, la queslion de ^utilisation rationnelle des inaliéres fcrlilisaiiles produites dans la ferme; 2° D'accorder aux sociélés agricoles, principalemenl à l'occasion, des expositions cl des concours de fermes, un subside spécial destine à recompenser par des primes les efforts faits pour la rcalisalion de ce progrès. ACTES OFFICIELS MINISTERE DE L'AGRICULTURE ARRETE Le Ministre de l'Agriculture, Arrête : Art. 1". Une Commission spéciale est instituée près du Ministère de l'agricul- ture, sous le nom de Comité consultatif des Stations agronomiques et des laboratoires agricoles. Art. 2. Ce Comité est chargé de l'étude et de l'examen de toutes les questions relatives aux Stations agronomiques et aux laboratoires agricoles qui lui sont soumises par le Ministre et spécialement en ce qui concerne : L'organisation et le fonctionnement de ces établissements ; La création de nouvelles Stations et de nouveaux laboratoires ; Les méthodes d'analyse à généraliser dans les Stations et laboratoires ; Les travaux et recherches à y entreprendre ; Les subventions à leur accorder. Il reçoit en communication les rapports des directeurs des Stations et des laboratoires et indique ceux de ces rapports qu'il peut être utile de livrer à la publicité officielle. 11 présente enfin chaque année un compte rendu général des travaux effectués par les Stations et les laboratoires et donne son avis sur les réformes et les améliorations à introduire dans ces établissements. Art. 3. Le Comité consultatif des Stations agronomiques et des laboratoires agricoles est composé de 10 membres. 11 comprend le directeur de l'Agri- culture et deux membres élus, dans le courant de janvier, l'un par les ACTKS OI'FICIELS. 403 directeurs de Stations agronomifiuos et par les directeurs de laboratoires agricoles, et le 2* par la cliaiiilm! syndicale des engrais chimiques. Les inenihres nommés par le Miidstre et les membres élus sont renou- velables par tiers ciiarpic année. Les membres sortants ne peuvent être renommés (|u'après un intervalle d'un an au moins. Le présiileiit et le secrétaire soiil nommés par le ^linistre. Art. 4. Le directeur de l'Agriculture est chargé de Texécution du présent ariété. Fait à Paris, le 11 août 1883. Hervé-Makgon. MINISTERE DE L'AGRICULTURE ARRÊTE Le Ministre de l'Agriculture, Vu l'arrêté en date de ce jour, instituant le Comité consultalif des Sta- tions agronomiques et des laboratoires agricoles ; Arrête : Art. 1". Sont nommés membres du Comité consultalif des Stations agrono- miques cl des laboratoires agricoles: MM. Cornu, professeur administrateur tlu Muséum d'histoire naturelle. Aimé Girard, professeur de technologie agricole à Tlnslitul nalional agronomique. Liéraut, ingénieur-constructeur à Paris. MuNTZ, chef des travaux chimiques à 1 Institut national agronomique. Prillieux, inspecteur général de l'Enseignement agricole. RiSLER, directeur de l'Institut nalional agronomique. SciiLOESiNG, membre de l'Institut, professeur df chimie agricole à rinslitut national agrouomif|iie. Tisserand, directeur de l'Agricullure. Art. 2. M. Tisserand remplira les fonctions de président et M. Muntz celles de secrétaire. 494 ANNALES DE LA SCIENCE AGRONOMIQUE. Art. 3. Un tirage nu sort indiquer;! l'ordre d.-ins lequel sortiront les sept pre- miers membres désignés à l'article 1" ainsi que les deux membres élus pendant la première période triennale. Art. 4. Le conseiller d'État, directeur de l'Agriculture, est chargé de l'exécu- tion du présent arrêté. Fait à Paris, le 11 août 1885. Hervé-Mangon. En exécution des arrêtés précédents, M. le Ministre de l'Agriculture a adressé aux directeurs des Stations agronomiques et des laboratoires agricoles la circulaire suivante Paris, le 21 décembre 1885. MoNSiEun, Par arrêté en date du 11 août 1885, tlont vous trouverez le texte ci- inclus, il a été institué auprès du Ministère de l'Agriculture, un Comité comuUatif des Slalions agronomiques et des laboratoires agricoles. Ce Comité est chargé de l'étude et iie rexamen de toutes les questions relatives aux Stations agronomif|ues et aux laboratoires agricoles et spé- cialement en ce qui concerne l'organisation et le ("onclioiinement de ces établissements, la création de nouvelles Stations et de nouveaux labora- toires ; les méthodes d'analyses à y généraliser, les travaux et recherches à y entreprendre; les subventions à leur accorder. Aux termes de l'article 3 de cet arrêté, le Comité doit comprendre un membre élu dans le courant de janvier par les directeurs des Stations agronomiques et les directeurs de laboratoires agricoles. J'ai décidé que le dépouillement des bulletins de vote serait effectué par les membres du Comité nommés paf l'arrêté du Jl août 1885 que vous trouverez ci-inclus. Pour être élus au premier four de scrutin, les candidats devront réum'r la majorilé absolue des suffrages exprimés, et le nombre des votants devra atteindre au moins le quart des électeurs inscrits dont la liste est ci-jointe. Les bulletins de vote seront renfermés dans une première enveloppe cachetée portant la mention : ACTKS 0(''KIC.li:i>S. 4'J5 Comité consultalif des Slal/ons (/{/ronoini/jiics cl des laboratoires agricoles. Election d'un vicmbrc du Coniitd. Collo première envol()|)po sci'a sans sit^nes nxlérioiii's pouvant faire (•oiinaili'(! le nuni de l'éleclciir. Elh; sei'a renrcrniC'e dans une seconile envely|ipe cachetée et portant la mention Election pour le Comité consultatif des Stations agronomiques et des laboratoires agricoles. Bulletin de vote de M Directeur de Le lonl sera mis sons enveloppe Lf l'adresse de M. le Ministre de l'Agri- culture à Paris. Ces bulletins de vote devront être parvenus au ministère, le 15 janvier 4880 au plus tard. En cas de ballottage, des instructions vous seront adressées, potir le deuxième tour de scrutin ([ui aura lieu 15 jours après. Uecevez, Monsieur, l'assurani^e de ma consiilération distinguée. Le Ministre de l'Agriculture^ GOMOT. La {('lire ministérielle élait accompagnée de la liste suivante compre- nant les noms des électeurs appelés à désigner le délégué des stations agronomiques et des laboratoires agricoles. Liste des Électeurs M Andouahd, directeur de la Station agronomique' de Nailtes (Loire- Inférieure). Bahiuî, directeur du laboratoire agricole de Vitry-le-Fraucois (Marne). Bariu)Is, directeur du laboratoire agricole de Villefranclie (.Vlpes- Maritimes). Baudoin, directeur du laboratoire agricole de Cognac (Charente). Berthelot, sénateur, membre de l'Institut, directeur de la Station de chimie végétale, à Meildon (Seine-et-Oise). CiiAL'ZiT, professeur dé|tartemeMtal d'agriculture, directeur du labo- ratoire agricole de Kîmes (Gard). DaNguy, pharmacien, directeur du laboratoire vinicole de La Ferté (Loiret). 496 ANNALES DE LA SCIENCE AGnONOMIQUE. MM. DiTTE, professeur h la Faculté des sciences de Caen, directeur de la Station agronomique de Caen (Calvados). Dl'beuxard, directeur de la Station agronomique de Lille (Nord). DucLAUX, professeur à Tlnstitut national agronomique et ii la Faculté des sciences, directeur de la Station laitière du Fau (Cantal) Caillot, directeur du laboratoire agricole de Bétimne (P.isde-Calais). Cakola, professeur départemental d'agriculture, directeur de la Sta- tion agronomique de Chartres (Eure-et-Loirj. Gassend, directeur de la Station agronomique de Melun (Seine-et- Marne). Gayon, professeur à la Faculté des sciences, directeur de la Station agronomique de Bordeaux (Gironde). Grandeau, professeur, doyen de la Faculté des sciences, directeur de la Station agronomiipie de l'Esî (Meurthe-et-Moselle). Grandvoinnet, professeur départemental de l'agriculture, directeur du laboratoire agricole de Bourg (Ain). GuiNON, directeur de la Station agronomique de Cliàteauroux (Indre). HouzEAu, directeur de la Station agronomique de Bouen (Seine-Inf.). De Lagaze-Duthiers, membre de l'Institut, professeur de la Faculté des sciences de Paris, directeur de la Station zoologique de Banyuls (Pyrénées-Orientales). Lauhot, directeur du laboratoire agricole de Granville (Manche). Lechautier, professeur à la Faculté des sciences, directeur de la Station agronomique de Bennes (Ille-et-Vilaine). Leizour, professeur départemental d'agriculture, directeur du labo- ratoire agricole de Laval (Mayenne). Levallols, directeur de la Station agronomique de Nice (Alpes- Maritime.-;'). Le Verrier, directeur du laboratoire agricole de St-Étienne (Loire). Mancheron, jirofesseur départemental d'agriculture, directeur du laboratoire agricole de Nevers (Nièvre). Margottet, directeur de la Station agronomique de Dijon (Côte-d'Or). Nantie», directeur de la Station agronomique d'Amiens (Somme). Pagnoul, directeur de la Station agronomique d'Arras (Pas-de-Calais). Parize, directeur de la Station agronomique de Morlaix (Finistère). Peneau, directeur de la Station agronomique de Bourges (Cher). PiCHARD, directeur de la Station agronomique d'Avignon (Vaucluse). Raulin, professeur à la Faculté des sciences, directeur du labora- toire agricole de Lyon (Rhône). Sauvage, directeur de la Station agricole de Boulogne (Pas-de-Calais). ScHRiBAux, directeur de la Station d'essais de semences de Joinville- le-Pont (Seine). ACTKS OI'l'ICIliLS. 41) iMM. I)k la SciUCIIKRE, professeur, direetnir du l;il)()r;iti)ire ;i|:rirole de M;irseille (I5oiiclies-dii-lîliùiic). Thomas, professeur ii l'école pratique d'iii^ricuUiue du Lézardenii, directeur de la Station aiîronomitpie du Lézardeau (P'inislère). Truchot, professeur ii la Faculté des sciences, directeur de la Station agrononiique de Clin'niout-Ferrand (Puy-de-Dôn)e). Vauciikz, professeur départeiuental d'agriculture, directeur du labo- ratoire agricole de la IlocIie-sur-Yon (NCndée). Ville (Georges), professeur au Muséum d'histoire naturelle, direc- teur du champ d'expériences de Vincennes (Seine). De Wl'llf, professeur à l'école pratiijue d'agriculture de la Brosse, directeur de la Slaliou agronomique d'Âuxerre (Yonne). Les memhres du Comité consultatif nommés par le Ministre se sont réunis le lô janvier 188G, sous la présidence de M. E Tisserand, pour procéder an dépouillement du scrutin des votes des directeurs des Stations agronomiiiues et des laboratoires agricoles. Le dépouillement de ce scrutin a donné les résultais suivants : Nombre des électeurs AO Nomhre des votants 35 Majorité 18 Ont obtenu : M. L. Graiideau 20 voix. M. Berlhelot. 9 voix. M.M. Duclaux, Lecouteux, Levallois, llouzeau, Lecliartier, Gayon, cha- cun 1 voix. En conséquence, M. L. Grandeau a été proclan)é membre du Comité consultatif. La chambre syndicale des fabricants d'engrais a désigné M. Joulie pour son représentant au Comité. Dans sa séance du '1 février, le Comité définitivement constitué a décidé de se réunir tous les mois. ^ TABLE DES MATIERES ou TOME PREMIER Pages. A. Ronna. — Chimie ngricole. — Tr.ivnux et expériences du doc- teiii- A. Vœlcker. — 1. Le Sul. — 2. La IMiiiite 1 U. Gayon et G. Dupetit. — Reclierclies sur la réduction îles ni- trates par les organismes microscopiques 220 L. Grandeau et A. Leclerc. — Éludes expérimentales sur Tali- mentation du cheval de trait. 326 A. Vivier. — Sur la prépai'ation de raciile carbonique, île l'hy- drogène et de l'acide sulftiydrique 409 A. Petermann. — Rapport sur la (luesiiun des engrais, pi'ésenté au Conseil supérieur d'agriculture de Belgique 470 Actes officiels. — Comité consultatif des Stations agronomiques et des laboratoires agricoles 402 Election du Comité consultatif 4'J7 Nai.cy iiiiiir. Borgcr-LeviMuit rt 0":. It. 1 ^.' • ■• S--;i-,t mm Illii I ini"iii iiin'"j- l»'™'^'g^'"'00258 597 iJil ^'^% 'i/>^^ ^i%. .* I.V